Marne et Finance : Avis et Conséquences pour les Investisseurs
Il y a urgence pour les épargnants ayant investi dans la foncière Marne et Finance, créée par le même entrepreneur que Bio c’ Bon. Pour les nombreux épargnants qui ont investi à la fois dans le réseau de magasins Bio c’ bon et dans la foncière Marne et Finance, ce pourrait être la double peine. Alors que le groupe Bio c’ bon a été liquidé l’année dernière et ses actifs repris par Carrefour, c’est au tour de la société Marne et Finance, spécialisée dans l'investissement en immobilier commercial, de se retrouver officiellement en cessation des paiements.
Les groupes Bio c’ bon et Marne et Finance ont été créés par Thierry Brissaud, connu pour avoir, dans le passé, été responsable de plusieurs faillites d’entreprise et condamné pour banqueroute.
Cette annonce est catastrophique pour les 5 500 investisseurs particuliers qui pourraient perdre la majorité de leur capital investi, à l’instar des 2 200 personnes ayant participé au financement du réseau Bio c’ bon. La SAS Marne et Finance serait redevable d’environ 320 millions d’euros à ses apporteurs de fonds particuliers.
Les particuliers ayant investi dans Marne et Finance (plus exactement dans 140 sous-filiales) ont été démarchés par des conseillers financiers, avec la promesse d’un rendement de 6 % par an. Courant 2021, de nombreux investisseurs ont demandé le paiement de leur capital et des intérêts à la SAS Marne et Finance. Mais celle-ci s’est toujours dérobée. Et le 12 septembre 2022, sans que les épargnants en aient été avertis, le tribunal de commerce de Paris a déclaré la SAS en redressement judiciaire.
Quels sont les recours pour les épargnants ?
Pour de nombreux investisseurs particuliers, c’est un véritable coup de tonnerre. « Les milliers d’investisseurs particuliers découvrent tout d’un coup que Marne et Finance ne respectera jamais son engagement de paiement du capital et d’un intérêt contractuellement garanti de 6 %. En réalité, ils ne sont que des associés marginalisés dans des sociétés-supports dont les actifs immobiliers leur sont inconnus tout comme le niveau d’endettement bancaire », commente un proche du dossier.
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Le plus urgent pour ces épargnants consiste à déclarer leur créance le plus rapidement possible auprès des mandataires judiciaires nommés par le tribunal de commerce de Paris. Les plaignants n’ont en effet que jusqu’au 25 novembre prochain pour le faire.
La situation est d’ailleurs d’autant plus sérieuse qu’un certain Patrick Schiltz, ancien juge au tribunal de commerce de Bobigny, chercherait à reprendre les actifs du groupe Marne et Finance, sans le passif associé, grâce à une possible autorisation du tribunal de commerce de Paris.
Une affaire de placements financiers frauduleux devait être examinée mardi 20 mai 2025, au tribunal correctionnel de Paris. Des dizaines de Bretons se trouvent parmi les 600 parties civiles. Les produits financiers vendus devaient permettre le développement de la chaîne Bio C’Bon.
Les dirigeants des sociétés Marne & Finance et Bio C’Bon seront jugés à Paris à partir du 20 mai 2025.
« On parle de gens à la rue, qui n’ont plus rien ! » Michel, habitant des Côtes-d’Armor, peine à contenir sa colère. En 2018, il reçoit un héritage familial. Sur les recommandations d’un conseiller en investissements financiers (CIF), il décide d’investir 40 000 € de cette somme dans un fonds d’investissement qui lui promettait « une bonne rémunération, et peu de risques ». On lui annonce alors qu’il touchera ses intérêts au bout d’un an et demi, et qu’il pourra récupérer son argent après cinq ans.
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Les deux hommes ont aussi été gérants « de droit » et « de fait » d’une société nommée Marne & Finance, liquidée fin 2023, et qui a commercialisé pendant près de 10 ans des produits financiers plus risqués qu’il n’y paraissait, selon l’avis à victime envoyé le 19 juillet par le parquet de Paris, consulté ce vendredi.
Les autorités estiment que plus de 9 000 contrats ont ainsi été souscrits, pour près de 400 millions d’euros levés et, pour une large part, non récupérés, selon une source proche de l’enquête. Il est reproché aux deux hommes d’avoir pu induire en erreur au sujet des « caractéristiques » des produits proposés à la vente par l’intermédiaire de conseillers financiers (CIF) ou conseillers en gestion de patrimoine.
Les deux produits en question, « Immo Capital Builder System (ICBS) » et « Bio C Bon builder » (BCBB), devaient permettre de contribuer au développement de l'activité commerciale de Bio C'Bon, ou d'acquérir des locaux commerciaux.
Une enseigne de Bio C'Bon à Paris, le 17 juillet 2024.
Thierry Chouraqui et Jean-Bernard «Thierry» Brissaud, respectivement ancien dirigeant et fondateur des supérettes Bio C'Bon, seront jugés en mai 2025 pour pratiques commerciales trompeuses, accusés d'avoir trompé des milliers de petits investisseurs en leur vendant des produits financiers risqués, pour un préjudice estimé à environ 400 millions d'euros.
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Un dirigeant d'une entreprise coopérative des Côtes d'Armor, a expliqué avoir été convaincu par la proposition de son conseiller financier de souscrire à l'un de ces placements, pour optimiser la trésorerie de l'entreprise, à hauteur de 500.000 euros. «Nous avons touché les intérêts les trois premières années, trois fois 30.000 euros, et puis plus rien», a déclaré le dirigeant.
Un retraité a témoigné avoir vendu en 2018 une «propriété dans le Finistère», devenue «un peu lourde à entretenir». Le produit de la vente, 200.000 euros, est investi sur le produit ICBS, sur les conseils d'amis.
Est en outre reproché aux deux hommes d'avoir omis «sciemment» de signaler aux partenaires et investisseurs la présence dans l'écosystème Marne & Finance et Bio C'Bon de Jean-Bernard Brissaud, généralement connu sous le nom de Thierry Brissaud, faussant possiblement leur perception.
Les sommes collectées sont vertigineuses: dans un tableur saisi fin 2021 par la Répression des fraudes chez Marne & Finance, il est question de plus de 7.600 investisseurs en produit ICBS pour un engagement total, intérêts inclus, de près de 330 millions d'euros. Coté BCBB, le montant collecté serait compris entre 100 et 150 millions d'euros.
Fin 2018, un avertissement de l'Autorité des marchés financiers (AMF) refroidit l'appétit des investisseurs et de nombreux conseillers. La situation économique de Bio C'Bon se tend en 2019 et 2020, et un vent de panique souffle chez les investisseurs demandant à se faire rembourser, infructueusement dans la majeure partie des cas.
Quant aux biens immobiliers, d'une valeur estimée par le tribunal de commerce à 437 millions d'euros à fin 2020, ils ont été logés dans une filiale, Boissières Part renommée Pierres Investissement au premier semestre 2022, qui n'avait pris aucun engagement financier à l'égard des investisseurs. Dit autrement: impossible pour ces derniers de récupérer tout ou partie de leur mise.
En 2018, lorsque le Briochin Xavier se décide à placer un héritage, cela fait sept ans que la société Marne & Finance propose aux particuliers d’investir dans ses sociétés. Et il faut dire qu’à l’époque, son conseiller en investissement financier (CIF), installé en Côtes-d’Armor, lui en parle comme d’un placement intéressant.
Placée en redressement judiciaire en 2020, l’enseigne de distribution Bio C’Bon a été reprise par Carrefour en 2021.
Tableau récapitulatif des éléments clés :
| Élément | Description |
|---|---|
| Sociétés Impliquées | Marne & Finance, Bio C'Bon |
| Personnes Clés | Thierry Brissaud (fondateur), Thierry Chouraqui (ancien dirigeant) |
| Produits Financiers | ICBS (Immo Capital Builder System), BCBB (Bio C Bon builder) |
| Montant Collecté | Environ 400 millions d'euros |
| Nombre d'Investisseurs | Plus de 7 600 |
| Procédure Judiciaire | Procès pour pratiques commerciales trompeuses prévu en mai 2025 |
Les gestion du risque - Partie 1 : Risques liés aux opérations financières
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