Situation financière et procédure de redressement judiciaire de Maxi Toys
Le 18 mai, l’enseigne belge spécialisée dans la vente de jouets, Maxi Toys, comptant environ 200 magasins principalement en Belgique et en France, a été placée en procédure de réorganisation judiciaire par le tribunal de l’entreprise de Mons. Cette démarche vise à protéger Maxi Toys contre ses créanciers dans un contexte économique délicat, marqué par la crise sanitaire et ses conséquences sur le secteur de la distribution non alimentaire.
Origines de la crise financière et démarche de redressement
Après près de 30 années sous le groupe Blokker Holding, Maxi Toys a été racheté début 2019 par le fonds d’investissement portugais Green Swan. Cependant, la société n’a pas bénéficié des financements essentiels pour renouveler ses stocks, plongeant l’enseigne dans une situation financière critique. L’intégration déficitaire en 2019 de la chaîne de magasins Bart Smit, ainsi que la pression sur les ventes, ont conduit Maxi Toys à clôturer l’année avec une perte, une première dans son histoire, comme l’a exposé Alain Hellebaut, PDG de Maxi Toys. Malgré le soutien d’acteurs tels que Sogepa et la Banque de France, les financements nécessaires au fonds de roulement n’ont pas été obtenus à temps, freinant ainsi une reprise rapide.
Face à une baisse massive du chiffre d’affaires (une chute estimée à 93 % sur la période de confinement, soit 30 millions d’euros de perte entre le 14 mars et le 11 mai), Maxi Toys a demandé la protection judiciaire pour ses sociétés Maxi Toys Belgium S.A, Logitoys S.A. et Bart Smit Speelgoedpaleizen België NV. En France, un projet similaire a été envisagé, devant être validé par le Comité social et économique en mai.
L’offre de reprise par King Jouet à travers New MT
Fin juillet 2020, l’actionnaire familial historique de King Jouet a fait une offre de reprise via une nouvelle entité, New MT, associée à King Jouet. Cette offre concerne la reprise de deux tiers des actifs de Maxi Toys : 95 magasins sur 129 en France, 20 sur 26 en Belgique et 2 magasins sous l’enseigne City. Le tribunal de Mons a validé cette proposition le 11 août, assurant ainsi la continuité d’activité de Maxi Toys ainsi que le maintien de 826 emplois sur 1 200 postes, y compris le maintien de l’équipe de direction actuelle.
Philippe Gueydon, dirigeant du groupe King Jouet, souligne la complémentarité des enseignes et la proximité des cultures managériales des deux groupes : « Les synergies possibles donnent du sens à cette opération et ouvrent de belles perspectives à Maxi Toys pour relever les défis actuels. Sur un marché du jouet résilient, marqué par la concurrence de l’e-commerce et l’adaptation aux nouveaux modes de consommation, l’expérience acquise avec King Jouet valide notre ambition. »
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Impact sur le marché du jouet et le secteur de la distribution
Cette consolidation dans l’industrie du jouet intervient dans un contexte largement impacté par la pandémie, qui a accéléré la fermeture de plusieurs magasins dits « non-alimentaires », à l’instar des enseignes Conforama ou Picwic Toys en France. Picwic Toys, par exemple, a supprimé 23 magasins et 447 emplois sur un total de 1 237 employés, conséquences d’une baisse significative du chiffre d’affaires.
L’union des réseaux King Jouet et Maxi Toys entraînera une présence renforcée avec un total de 350 magasins, réalisant un chiffre d’affaires combiné d’environ 400 millions d’euros, soit environ 10 % du marché français du jouet. Cette opération bénéficiera également à Maxi Toys en termes de stabilité, d’investissement dans les points de vente, de digitalisation et de différentiation, comme le souligne Alain Hellebaut.
Analyse de la concurrence et mesure de la Commission de la concurrence
Dans le cadre de cette reprise, l’Autorité de la concurrence a examiné l’impact local de l’acquisition des magasins Maxi Toys par Fijace, société mère de King Jouet. L’analyse portait sur le risque de restriction de concurrence, en prenant en compte la présence d’autres magasins spécialisés et des ventes en ligne.
Des préoccupations ont été soulevées quant à l’animation concurrentielle et la diversité de l’offre, risquant de nuire aux consommateurs dans certaines zones. Pour y remédier, New MT s’est engagé à céder certains magasins à des concurrents afin de maintenir une offre différente et compétitive dans ces secteurs. Cette mesure permet de garantir la diversité des prix et des produits aux clients.
Perspectives pour Maxi Toys et l’avenir du commerce physique
Selon Alain Hellebaut, malgré la crise, « il y a un avenir pour le magasin physique », mais cet avenir dépendra d’une stratégie omni-canal performante, d’un financement solide et d’une coopération renforcée avec les fournisseurs. La différenciation, la supply chain et la transformation digitale joueront un rôle clé dans cette stratégie de croissance et de pérennité.
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Le redressement judiciaire s’accompagne donc d’un projet ambitieux porté par King Jouet et son expérience dans le secteur, qui ambitionne de consolider le réseau tout en protégeant au maximum l’emploi et en poursuivant la transformation digitale nécessaire face à la concurrence accrue de l’e-commerce.
Entretien : Philippe Gueydon, Directeur Général du Groupe King Jouet :
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Nombre total de magasins Maxi Toys | Environ 200 |
| Magasins repris par King Jouet via New MT | 95 en France, 20 en Belgique, 2 City |
| Postes sauvegardés | 826 sur 1200 |
| Chiffre d’affaires combiné attendu | 400 millions d'euros |
| Part de marché sur le marché français du jouet | Environ 10% |
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