Statut micro-entrepreneur profession libérale : guide complet

Vous souhaitez exercer une profession libérale au sein d’une micro-entreprise ? Une profession libérale est une activité indépendante comprenant des prestations intellectuelles, techniques ou de soins. Elle englobe un grand nombre d’activités qui peuvent être réglementées ou non. Selon l’activité exercée, vous pourrez bénéficier du régime micro-fiscal de l’auto-entrepreneur et/ou de son régime micro-social. Découvrez les professions libérales pouvant être exercées en micro-entreprise, ainsi que les modalités des régimes applicables.

Qu’est-ce qu’une profession libérale ?

Une profession libérale est une activité professionnelle exercée de manière indépendante et qui consiste à effectuer des prestations intellectuelles, techniques ou de soins. Elle englobe toutes les activités qui ne sont ni agricoles, ni artisanales, ni commerciales, ni industrielles. L’article 29‑I de la loi du 22 mars 2012 définit ainsi les professions libérales : “Les professions libérales groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile ayant pour objet d’assurer (…) des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées (…) sans préjudice des dispositions législatives applicables aux autres formes de travail indépendant.”

Professions libérales réglementées et non réglementées

On distingue les professions libérales réglementées et les professions libérales non réglementées. Les professions libérales réglementées répondent à des conditions d’exercice particulières (comme des règles déontologiques visées par un code professionnel ou des instances professionnelles). Elles sont soumises à des conditions d’accès (un diplôme ou un agrément). Citons quelques professions libérales réglementées : architectes ; expert·es devant les tribunaux ; diététicien·nes ; géomètres ; guides-conférencier·es ; guides de haute montagne ; accompagnateurs et accompagnatrices de moyenne montagne ; moniteurs et monitrices de ski ; mandataires judiciaires à la protection des majeurs ; ostéopathes ; psychologues ; psychothérapeutes...

Quant aux professions libérales non réglementées, elles comprennent toutes les autres activités libérales, mais qui ne sont pas soumises à un statut législatif ou réglementaire. Quelques exemples : rédacteur·rice web ; graphiste ; webdesigner ; coach/prof ; consultant·e ; développeur·euse web…

Peut-on exercer une activité libérale en micro-entreprise ?

Toutes les professions libérales non réglementées sont compatibles avec le statut de micro-entrepreneur et que seules certaines activités libérales réglementées se pratiquent en micro-entreprise. En revanche, la plupart des professions libérales réglementées n’ont pas le droit d’opter pour ce statut. Néanmoins, ils peuvent choisir le régime micro-fiscal de l’auto-entreprise. Certaines professions libérales sont même interdites avec le statut de la micro-entreprise : les professions juridiques comme les avocat·es ; les professions relevant du Code de la santé comme les médecins, les dentistes, les infirmier·ères, par exemple ; les professions techniques comme les expert·es-comptables.

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Exemples d’activités autorisées

  • Consultant, coach, formateur, rédacteur, graphiste, développeur web, traducteur.
  • Quatre métiers du secteur de la santé sont compatibles avec le statut de micro-entrepreneur : psychologue, ergothérapeute, psychomotricien et diététicien.

Exemples d’activités exclues

  • Professions judiciaires et juridiques : avocat, notaire, huissier…
  • Professions du Code de la santé : médecins, chirurgiens-dentistes, infirmiers (selon cas).
  • Experts-comptables, agents généraux en assurance.

Démarches pour devenir auto-entrepreneur libéral

Pour devenir auto-entrepreneur libéral, il faut envoyer un dossier d'immatriculation au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) de l'URSSAF. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les démarches de création d’activité se font en ligne sur le portail du Guichet unique de formalités des entreprises, géré par l’INPI. Pour déclarer votre activité, vous devez : remplir le formulaire en ligne en renseignant la nature de votre activité, votre identité et votre adresse professionnelle ; choisir une date de début d’activité ; choisir vos options fiscales (périodicité de la déclaration de chiffre d’affaires, option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu) ; télécharger les justificatifs demandés.

Le dossier comprend le formulaire de création (cerfa P0 PL Micro-Entrepreneur) ainsi que les pièces justificatives nécessaires au traitement du dossier, comme la copie de la pièce d'identité. Pour les professions réglementées, joindre le justificatif d'adhésion ou d'inscription à l'ordre ou à la chambre compétente. Une fois que vous avez reçu votre numéro SIRET, vous pouvez créer votre espace personnel sur le site de l’URSSAF dédié aux auto-entrepreneurs.

Si votre dossier d'immatriculation est complet, vous recevrez votre avis de situation INSEE, précisant vos n° SIREN et SIRET ainsi que votre code APE, dans un délai de 1 à 6 semaines. Les formalités de création d’une auto-entreprise libérale sont assez rapides : 1 à 3 jours pour le traitement administratif de votre dossier ; 8 à 15 jours pour la réception de votre numéro SIRET ; 4 à 6 semaines pour la notification d’affiliation à la Sécurité sociale des indépendants (SSI ou CIPAV).

Régime fiscal : micro-BNC, abattement et versement libératoire

En micro-entreprise, les professionnel·les sont soumis·es à l’impôt sur le revenu. Les revenus des professionnels libéraux relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC) : on parle micro-BNC. Dans le chiffre d’affaires que vous allez déclarer chaque mois ou chaque trimestre, vous allez inclure vos charges, non déductibles en micro-entreprise. Pour pallier ce fonctionnement, l’administration fiscale va appliquer un abattement forfaitaire sur le CA. Le taux de l’abattement forfaitaire est de 34 %. C’est après cet abattement que l’administration fiscale va calculer le montant de votre impôt selon le barème progressif de l'impôt.

Si vous activez l’option du versement forfaitaire libératoire, vous réglerez votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales. Le montant de l'impôt sera alors calculé en appliquant un taux sur le chiffre d’affaires que vous déclarez chaque mois ou trimestre à l’URSSAF. Ce taux fixe est de 2,2 %. Pour 2026, cette option est ouverte aux micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence de 2024 n'excède pas 29 315 € pour une personne.

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Abattement forfaitaire ou versement libératoire ?

Vous devez faire une simulation en tenant compte de votre situation personnelle (enfants...). En général, le versement libératoire n'est pas intéressant si vos revenus sont faibles mais devient intéressant s'ils augmentent.

TVA et franchise en base

Par défaut, les micro-entrepreneurs bénéficient d’une franchise en base de TVA. Ils ne facturent donc pas la TVA à leurs client·es. Pour bénéficier de la franchise de TVA, votre chiffre d’affaires ne doit pas dépasser : 37 500 € (seuil classique) ; 41 250 € (seuil de tolérance). Si vous dépassez le seuil de tolérance, vous êtes automatiquement assujetti·e à la TVA dès le jour du dépassement. Vous devrez facturer la TVA à vos client·es et déclarer la TVA collectée auprès de l'administration fiscale. Si vous dépassez le seuil de la franchise de TVA, vous serez redevable de TVA au 1er janvier de l'année suivante.

Protection sociale, affiliation SSI ou CIPAV

Si vous exercez une profession libérale et que vous choisissez la micro-entreprise, votre statut sera celui de travailleur·se non-salarié·e (TNS). Votre protection sociale sera gérée par la Sécurité sociale des indépendants (SSI) pour tout ce qui concerne : l'assurance maladie ; la maternité ; les indemnités journalières ; les allocations familiales ; l’assurance vieillesse-invalidité (pour la retraite des professions libérales) ; le droit à la formation professionnelle. En micro-entreprise, les professionnel·les ne cotisent pas à l'assurance chômage !

Lors de la création de son compte URSSAF, il est automatiquement affilié à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), anciennement RSI, ou à la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse). Avant le 1er janvier 2018, la CIPAV gérait l’ensemble des professions libérales. Depuis, elle ne s’occupe que de 19 activités libérales précisément listées (architecte, psychologue, ostéopathe, diététicien, etc.). Si vous exercez l’une de ces professions, vous relevez du régime de retraite de la CIPAV, sinon, vous dépendez de la SSI.

Taux de cotisations sociales et évolution

L’auto-entrepreneur libéral paie ses cotisations sociales lorsqu’il déclare son chiffre d’affaires, mensuellement ou trimestriellement. En 2025, ce taux s’élève à 24,60 % du chiffre d’affaires. L’évolution des taux jusqu’en 2026 : 21,10 % jusqu’à juin 2024 ; 23,10 % à partir de juillet 2024 ; 24,60 % depuis le 1er janvier 2025 ; 26,10 % à compter du 1er janvier 2026. Le taux de charges sociales est de 22% du CA pour l'auto-entrepreneur libéral qui relève du régime général (selon certains textes), et pour les professions libérales affiliées à la CIPAV, le taux de cotisations sociales est de 22,2% du CA (chiffres variables selon sources). À cela s'ajoute la contribution à la formation professionnelle qui est de 0,2% du CA pour les activités libérales.

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En micro-entreprise, les professionnel·les sont soumis au régime micro-social. Vous devrez effectuer votre déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF, chaque mois ou chaque trimestre. Sur ce chiffre d'affaires, l'URSSAF applique un pourcentage avant de prélever le montant correspondant aux cotisations : si vous êtes affilié·e à la SSI, le taux est de 25,6 % du CA au 1er janvier 2026 ; si vous êtes affilié·e à la CIPAV, le taux est de 23,2 % du CA. Les micro-entrepreneurs versent également une Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) fixée à 0,20 % qui leur assure un droit à la formation professionnelle.

Droits retraite et formation

Le versement des cotisations sociales donne à l’auto-entrepreneur des droits à la retraite et à la formation. La retraite des auto-entrepreneurs en profession libérale : selon son année de naissance, l’auto-entrepreneur libéral peut faire valoir ses droits à la retraite à 62 ou 64 ans, 67 ans pour un taux plein automatique. La validation de trimestres requiert un minimum de chiffre d’affaires annuel en 2025. Pour les auto-entrepreneur relevant de la SSI : 2 700 € pour 1 trimestre ; 5 400 € pour 2 trimestres ; 8 100 € pour 3 trimestres ; 10 800 € pour 4 trimestres. Pour les auto-entrepreneurs relevant de la CIPAV : 2 694 € pour 1 trimestre ; 5 388 € pour 2 trimestres ; 8 032 € pour 3 trimestres ; 10 776 € pour 4 trimestres.

La retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années et la retraite complémentaire avec un système de points. Si des trimestres sont manquants, la pension de retraite de l’auto-entrepreneur est décotée. Quel que soit le chiffre d’affaires annuel réalisé, l’auto-entrepreneur ne peut pas cumuler plus de 4 trimestres sur une année.

Les droits à la formation professionnelle : les auto-entrepreneurs libéraux concourent à la formation professionnelle lorsqu’ils s’acquittent de la contribution à la formation professionnelle. Sans distinction du montant des cotisations versées, ils accèdent aux financements via le FIF-PL (Fonds Interprofessionnel de Formation des Professions Libérales).

Plafonds de chiffre d’affaires et conséquences du dépassement

Le plafond de chiffre d’affaires annuel brut en tant que micro-entrepreneur libéral est de 83 600 € en 2026. Si le seuil est dépassé deux années consécutives, le statut de la micro-entreprise se transforme directement en entreprise individuelle l’année suivante. Pour les activités mixtes (libérale + commerciale), le plafond global peut aller jusqu’à 203 100 €, dont 83 600 € maximum pour la part libérale.

Avantages et inconvénients du statut

Avantages

  • Simplicité de création et de fonctionnement ;
  • Obligations comptables très allégées ;
  • Choix entre l’abattement forfaitaire et le versement libératoire ;
  • Régime de la franchise en base de TVA pour ne pas facturer de TVA.

Inconvénients

  • Respect d’un plafond de chiffre d’affaires annuel ;
  • Inaccessibilité à certaines activités libérales réglementées ;
  • Impossibilité de déduire les frais professionnels ;
  • Cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires HT ;
  • Faible protection sociale du TNS (pas d’assurance chômage).

Cas du cumul d’activités

Il est tout à fait possible d’exercer une profession libérale sous le statut d’auto-entrepreneur. Tout dépend de la nature de votre métier. Les professions libérales non réglementées peuvent bénéficier du statut simplifié d’auto-entrepreneur. Il s’agit principalement des activités intellectuelles indépendantes qui ne relèvent d’aucune instance comme les consultants, les formateurs, les coachs ou les traducteurs. Ils ont la possibilité de cumuler leur activité avec une ou plusieurs autres activités commerciales ou artisanales à condition de rester dans les plafonds de chiffre d’affaires imposés aux auto-entrepreneurs.

L’auto-entrepreneur qui cumule 2 professions libérales (consultant en informatique et coach de vie) est limité à 83 600 € au total, de même que celui qui cumule une activité libérale avec une activité artisanale (formateur et coiffeur). En revanche, l’auto-entrepreneur qui cumule une activité libérale avec une activité commerciale peut atteindre un chiffre d’affaires annuel de 203 100 €, dont 83 600 € pour les revenus issus de l’activité libérale.

Il n'est pas possible d'être deux fois TNS simultanément. Si vous exercez déjà une activité libérale au régime réel BNC, vous ne pouvez pas ouvrir une micro-entreprise distincte pour une activité complémentaire. Les deux activités doivent être regroupées sous un même régime. Le régime de la micro-entreprise permet d’exercer plusieurs activités sous un même statut. Chacune des activités doit être déclarée, mais l’auto-entrepreneur ne peut avoir qu’une activité principale. C’est elle qui détermine le code APE (Activité Principale Exercée) de l’auto-entreprise. L’auto-entrepreneur peut déclarer une ou plusieurs activités secondaires, ce sont celles qui génèrent le moins de revenus.

Les erreurs à éviter

  • Dépassement des plafonds de CA : en cas de dépassement, le professionnel bascule automatiquement vers le régime plus contraignant de l’EI (Entreprise Individuelle) ;
  • Oublier de déclarer un CA nul : l’auto-entrepreneur doit tout de même réaliser une déclaration sur laquelle il inscrit un CA à zéro ;
  • Choisir le mauvais régime fiscal : opter pour le versement libératoire alors qu’on ne remplit pas les conditions nécessaires.

Quand envisager de changer de statut ?

Le passage en SASU ou EURL devient pertinent généralement entre 50 000 et 70 000 € de CA annuel, surtout si les charges réelles dépassent 34 % du CA, si l'activité nécessite des embauches, ou si la clientèle exige une structure sociétaire. L’ entreprise individuelle (EI) au régime réel permet de déduire les charges professionnelles réelles, ce que ne permet pas la micro-entreprise avec son abattement forfaitaire, et devient avantageuse lorsque les charges effectives dépassent 34 % du chiffre d’affaires. Il est tout à fait possible de démarrer en micro-entreprise et de changer de statut ultérieurement si l’activité se développe ou si les besoins évoluent.

Les aides financières pour les auto-entrepreneurs

Récapitulatif pratique

Élément Valeur / précision
Plafond CA (BNC) 83 600 € (2026)
Plafond CA (mixte) 203 100 € (dont 83 600 € pour la part libérale)
Abattement fiscal 34 % (micro-BNC)
Versement libératoire 2,2 % du CA (sous conditions de RFR)
Taux cotisations (exemples) 21,1 % → 26,1 % selon période et caisse ; CIPAV 23,2 % (variables selon sources)
CFP 0,2 % du CA
Franchise TVA Seuil 37 500 € / seuil majoré 41 250 €

Foire aux questions rapides

  • Quel est le plafond de CA pour une profession libérale en micro-entreprise ? Le plafond est de 83 600 € HT pour les prestations de services BNC en 2026.
  • Quel est le taux de cotisations sociales d'un micro-entrepreneur libéral en 2026 ? Le taux dépend de la caisse : 21,1 % à 26,1 % selon période pour la SSI ; 23,2 % pour la CIPAV (selon activité et sources).
  • Un expert-comptable peut-il exercer en micro-entreprise ? Non, l'Ordre des Experts-Comptables n'autorise pas l'exercice en micro-entreprise.
  • Peut-on cumuler une profession libérale classique avec une micro-entreprise ? Non : il n'est pas possible d'être deux fois TNS simultanément ; rapprochez-vous d'un expert pour organiser vos activités.
  • Faut-il s'immatriculer quelque part pour créer une micro-entreprise libérale ? Oui, la déclaration d'activité se fait via le Guichet Unique de l'INPI ou le site autoentrepreneur.urssaf.fr.

Pour choisir au mieux votre statut, vous devrez prendre en compte divers critères comme : votre situation personnelle ; les cotisations sociales ; le régime d’imposition ; les spécificités de gestion de l’entreprise ; le nombre d'associé·es. La clé du succès : rigueur, suivi du CA et accompagnement professionnel pour sécuriser son activité.

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