Ministère des Finances de Lombardie : Une Histoire Riche et Complexe

L'histoire de la Lombardie, et par conséquent de son ministère des Finances, est une histoire riche et complexe, marquée par des invasions, des luttes de pouvoir, des périodes de prospérité et de déclin, et finalement, l'unification avec le reste de l'Italie. Des communes médiévales à l'ère moderne, la Lombardie a toujours été un acteur clé de l'histoire italienne et européenne.

Carte de la Lombardie en Italie

Carte de la Lombardie en Italie

L'Émergence des Communes et les Luttes contre l'Empire

Au début du XIIe siècle, Milan est déjà une commune puissante faisant partie des « reines de la Padanie ». Les Communes s'affirment dans la lutte contre Frédéric Barberousse, qui entend rétablir en Italie les droits du Saint-Empire Romain-Germanique affaiblis par le développement illégal des Communes. Rivales (Lodi, Crémone, Pavie, Côme...), l'Empereur détruit Milan en 1158 puis en 1162. Ces destructions conduisent à la formation d'une Ligue à Legnano, marquant ainsi l'importance financière des Communes.

Cependant, les luttes internes des Communes se poursuivent tout au long du XIIIe siècle, souvent pour le pouvoir tyrannique d'une famille. Chaque faction l'emporte à tour de rôle, marquant la fin de la démocratie communale et l'aube de la Seigneurie.

La Prospérité Économique et l'Importance des "Condottieri"

Cela n'empêche pas l'économie lombarde de prospérer. Les artisans travaillent avec l'Europe entière, et les armes et les tissus milanais sont recherchés. L’importance des « condottieri » dans l’évolution des communes vers les Seigneuries est évidente. Ces vaillants soldats, souvent mercenaires, étaient loués à un prince ou pontifical.

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L'Affirmation des Seigneuries et le Duché de Milan

L'affirmation des Seigneuries est en même temps celle des villes principales. La région se développe grâce à des communications améliorées, permettant le développement de la navigation via fleuves, canaux et lacs. L'importance des canaux est telle qu'on compte des centaines de kilomètres de canaux construits. La dynastie des Sforza règne jusqu'aux guerres d'Italie.

Les Guerres d'Italie et la Domination Étrangère

Gian Galeazzo, Ludovico commet l'erreur de faire appel aux Français pour qu'ils viennent conquérir le Royaume de Naples. Charles VIII entre donc dans le duché en 1494 : c'est le début des guerres d'Italie et la perte de l'indépendance de l'Italie. À partir de la paix de Cateau-Cambrésis (1559), l’Espagne domine une partie importante de l’Italie : duché de Milan, Royaume de Naples, Sicile et Sardaigne.

Les Espagnols transforment l’ancien duché de Milan en un Etat géré par des gouverneurs qui imposent aux Milanais les pires épreuves. Milan connaît la famine et les épidémies.

Après une période de gouvernement franco-piémontais, entre 1733 et 1736, la Lombardie passe définitivement sous la domination des Autrichiens. Ce sera une période beaucoup plus bénéfique pour la région grâce, principalement, à l’action réformatrice de Marie-Thérèse d’Autriche.

Le XVIIIe Siècle et les Réformes Autrichiennes

Le XVIIIe siècle voit une série de réformes importantes mises en œuvre par les Autrichiens. L'économie se transforme avec le développement des cultures de coton et de soie, et les communications s'améliorent, facilitant le commerce. Milan devient un grand centre intellectuel, avec la publication du périodique littéraire et scientifique « Il caffè » de Pietro Verri.

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L'Époque Napoléonienne et le Risorgimento

Vainqueur des Autrichiens à Lodi, Bonaparte entre à Milan le 15 mai 1796. Milan devient la capitale de la République Cisalpine, puis de la République Italienne en 1801 après la victoire de Marengo. Le congrès de Vienne, en 1815, décide la création du royaume de Lombardie et place la Vénétie sous l’autorité autrichienne.

En 1848, Milan, après l’explosion d’une révolte à Vienne contre Metternich, vit cinq jours de lutte pour la liberté, ce sont les Cinque Giornate di Milano (les Cinq Jours de Milan). A partir de 1861, après la création du nouvel Etat italien sous l’autorité de Victor-Emmanuel II, l’histoire de Milan se confondra avec celle de la péninsule.

L'ouverture du marché italien par l'unification douanière la favorise, ainsi que le développement du réseau ferroviaire. Milan devient une grande ville industrielle et ouvrière.

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Le XXe Siècle et l'Ère Moderne

Le XXe siècle a été marqué par les deux guerres mondiales, la montée du fascisme et les « années de plomb ». Les années 2010 sont rythmées par une succession de gouvernements différents, due à une forte crise économique, qui aboutira à une montée des pouvoirs d’extrême droite. Malgré tout, si Rome est la capitale, Milan se distingue depuis longtemps comme le centre économique du pays.

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Fiscalité et Consentement à l'Impôt

Dans l’histoire du Royaume d’Italie, le consentement à l’impôt a joué le rôle de lien étroit entre représentation politique et légitimation de l’impôt, et donc il a eu un rôle très important dans la construction identitaire du nouvel État unitaire. Un risque d’insuffisance de recettes fiscales aurait compromis ce dit processus d’unification nationale.

Dès le lendemain de l’unification le montant des recettes fiscales effectives était inadéquat par rapport aux croissantes exigences de l’État. L’unité nationale n’avait pas abouti à la prospérité économique annoncée par la rhétorique de l’époque. Dans le pays grandissait la perception du manque des conditions structurelles nécessaires au développement économique pour faire face à une augmentation soutenable et acceptable des charges fiscales.

Représentation Politique et Légitimation de l'Impôt

Dans la rhétorique politique, comme dans les arguments de la doctrine, la référence était toujours l’expérience historique française, tant pour étayer les théories sur la légitimation de l’impôt, que sur le principe de l’universalité de l’impôt. Même concernant le consentement à l’impôt, la référence aux conquêtes de la Révolution française impliquait un lien étroit entre l’exercice de droits politiques et la légitimation du prélèvement fiscal.

Le jeune Royaume d’Italie choisit aussi de fonder sa fiscalité sur un principe de proportionnalité selon lequel les citoyens-contribuables (définis sur la base de l’appartenance à l’État, et non plus en raison d’une appartenance à un ordre ou à une classe sociale) doivent participer à l’entretien de l’État selon la capacité de leurs avoirs.

L’article 30 du Statut, dans le titre consacré aux Droits et devoirs des citoyens, stipulait : « aucun impôt ne peut être imposé ou perçu sans autorisation des Chambres et la sanction du Roi ». Selon l’art. 10 du Statut, toutes les lois fiscales, ou celles d’approbations budgétaires, devaient être présentées d’abord à la Chambre des députés, l’organe de représentation directe des contribuables.

En conclusion, l'histoire du ministère des Finances de Lombardie est intimement liée à l'histoire politique, économique et sociale de la région et de l'Italie dans son ensemble. Des luttes pour l'indépendance aux défis de la mondialisation, la Lombardie a toujours joué un rôle de premier plan, et son ministère des Finances a été au cœur de ces transformations.

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