Le Rôle et les Responsabilités du Ministre des Finances en RDC

Le Ministère des Finances est une entité gouvernementale dédiée à la réglementation et à la gestion des ressources financières de la République Démocratique du Congo. Le Ministère travaille en tandem avec la Présidence, le Parlement et les institutions gouvernementales pour élaborer les objectifs financiers du pays et mettre en place des politiques et des réformes financières.

Le Ministère met en œuvre des initiatives de développement ambitieuses conçues pour surmonter les défis endémiques et bénéficier à tous les citoyens congolais. The Ministry of Finance is a government entity dedicated to regulating and managing the financial resources of the Democratic Republic of the Congo. The Ministry works in tandem with the Presidency, the Parliament, and the government institutions to develop the country’s financial objectives and to institute financial policies and reforms.

The ministry implements ambitious development initiatives designed to overcome endemic challenges and benefit all Congolese citizens. We aim to grow the domestic economy, protect our natural resources and oversee policies to further advance our country as the DRC embarks on a new course of accountability and progress.

Le Ministre des Finances comme Coordinateur Macroéconomique

Kinshasa, le 4 septembre 2025 - Le Centre Financier de Kinshasa a abrité ce jeudi dernier une importante réunion de la Troïka politique, présidée par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, en présence du Vice-Premier Ministre chargé du Budget, du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, ainsi que des représentants de la Présidence et de la Primature.

En prenant la tête de cette rencontre, le Ministre des Finances s’est imposé comme le coordinateur principal de la Troïka politique, organe central de pilotage macroéconomique. Cette réunion s’inscrit dans la préparation de la deuxième revue du programme conclu entre le FMI et la RDC, d’un montant global de 3 milliards USD.

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Après une première revue qui avait permis un décaissement de 261 millions USD, la deuxième revue, prévue en octobre, pourrait ouvrir la voie à un nouvel appui équivalent de 261 millions USD au titre de la FEC, ainsi qu’à une enveloppe additionnelle estimée à 300 millions USD via le FRD.

Cette réunion illustre l’unité du Gouvernement Suminwa II dans la gestion macroéconomique et marque une étape clé pour consolider la crédibilité de la RDC auprès de ses partenaires.

Ce mardi 19 août 2025, à l’issue des conférences budgétaires, le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito, et le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ont affiché une parfaite synergie. Ces assises ont réuni le Directeur général de la politique et de la programmation budgétaire, les directeurs généraux des régies financières, ainsi que les conseillers au Budget et aux Finances.

Ministère des Finances RDC

La Vice-Primature du Budget et le Ministère des Finances ont lancé les activités de la Commission interministérielle permanente chargée de la rationalisation de la parafiscalité (COPIRAP), sous la houlette de la Première Ministre, SEM Judith Suminwa Tuluka.

« Aujourd’hui, l’on dénombre plus de 240 organismes bénéficiaires et plus d’un millier d’actes parafiscaux. Cette multiplicité alourdit le climat des affaires et réduit la compétitivité de notre économie. La COPIRAP devra apporter des réponses claires et durables à cette situation.

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La COPIRAP aura pour mission de suivre, évaluer et réformer la parafiscalité afin de renforcer la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance.

Les recettes d’août 2025 se sont élevées à 1 955,6 milliards CDF, soit 103% par rapport aux prévisions fixées à 1 901,2 milliards CDF.

Initiatives et Défis

Le Gouvernement de la RDC, à travers le Ministère des Finances, annonce le lancement du processus d’émission de son premier Eurobond d’un montant de 1,5 milliard USD. Cette opération historique, approuvée en Conseil des Ministres, vise à financer les infrastructures prioritaires et à renforcer la connectivité nationale, dans un contexte de stabilité macroéconomique et de faible endettement.

Les échanges ont porté sur l’état des lieux des préparatifs de la mission du Fonds monétaire international (FMI), attendue à Kinshasa du 4 au 10 septembre prochain.

Structures Standards au sein des Administrations Publiques

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Les Structures Standards est un ensemble de quatre Directions qui doivent être implantées au sein de toutes les Administrations Publiques en République Démocratique du Congo. Elles ont été mises sur pied pour appuyer les autres Directions métiers qui sont dans l’Administration où elles sont implémentée. Il s’agit :

  • Direction des Ressources Humaines (DRH)
  • Direction Administrative et Financière (DAF)
  • Direction d’Études et Planification (DEP)
  • Direction Archives et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (DANTIC)

Les Structures Standards sont régies par le Décret du Premier Ministre pour des missions bien spécifiques. Dans un cadre d’essai ; elles ont été mises en place dans quatre Ministères pilotes dont la Fonction Publique, le Budget, les Finances et l’Intérieurs.

Ministre des Finances RDC

Il y a des très graves violations de Décret de Premier Ministre dans beaucoup de Secrétariats Généraux en rapport avec l'effectif des agents et cadres des Structures Standards. Si vous pouvez passer inspecter et arrêter ce dysfonctionnement.

Le Rôle Traditionnel du Ministère des Finances

Acteur essentiel du processus budgétaire, le ministère des Finances n’a jamais conçu son rôle de payeur comme celui d’un rouage au sein de la mécanique complexe que constitue le phénomène de la dépense publique. Sans forcément chercher à imposer son point de vue sur l’objet de cette dernière, il a toujours cru de son devoir de ménager la fortune publique.

La notion de fortune publique désigne les ressources financières : du Royaume, de la Nation, de la Monarchie, de la République ou de l’Empire. Le gardien du Trésor, puisque telle est l’image du ministre des Finances au cours des xixe et xxe siècles, est ballotté entre les diverses significations que l’on peut donner à son rôle. Doit-on l’entendre au sens strictement comptable de teneur des comptes et de la trésorerie ou l’étendre à son sens économique de gestionnaire financier ?

Les deux options ouvrent la voie à de nombreuses appréciations intermédiaires, chacune implique une approche différente des prérogatives à confier à ce personnage central au sein de l’exécutif.

Loin du consensus quant à la place accordée au Parlement sur l’échiquier politico-financier (en l’espèce les divergences relèvent plus du schéma politique revendiqué par les parties en présence), la place du ministre des Finances au sein du gouvernement et par extension celle de son administration au sein du processus de la dépense publique, est conditionnée par l’affrontement de très nombreux intérêts divergents.

C’est en définitive le pouvoir, si bien incarné par la dépense, qui est l’enjeu majeur des tentatives de réorientation de son action : pouvoir de décision, pouvoir d’affectation et de modification de l’affectation, pouvoir de contrôle.

Les forces en présence sont par trop disparates pour que le consensus soit possible. Dans la lutte qui oppose le Parlement aux ministres dépensiers, puis les commissions financières aux bureaux, le ministre des Finances est loin de la place d’arbitre qu’il était prédisposé à tenir de par la nature des outils historiquement à sa disposition.

L’évolution théorique de sa position se trouve quant à elle infirmée par une pratique financière aux antipodes de ce que l’on pouvait imaginer.

I. LE RÔLE DU MINISTÈRE DES FINANCES

La mission originelle du ministère des Finances est le maniement des fonds publics. Cette mission est constante depuis que la France est dotée d’un appareil administratif centralisé. Quelle que soit l’organisation administrative générale, il est remarquable que cette mission n’ait jamais été contestée et qu’elle offre une constance inébranlable.

La complexité des implications politiques de la dépense vient cependant troubler l’image que l’étude du ministre des Finances révèle au xixe siècle. Personnage politique à la tête d’une administration à la mission transversale, l’homme est partagé entre les caractères techniques et politiques de sa fonction.

Si les outils à sa disposition font de lui un exécutant puissant, ils ne lui permettent pas pour autant d’affirmer cette puissance à l’égard des autres acteurs du processus budgétaire en le maintenant dans un cadre d’exécution plus que de décision.

A. LE GARDIEN DE L’ÉQUILIBRE

Quelle que soit la valeur du « mythe » de l’équilibre budgétaire, le système en place à l’âge classique des finances publiques a fait du ministre des Finances le gardien de cet équilibre. La mission qui lui est dévolue nous renseigne sur la signification que l’on entendait donner à cette notion.

Cette signification restreint fortement le rôle du ministre des Finances mais lui offre la possibilité technique de devenir l’acteur primordial des finances publiques et par là même le véritable garant de l’équilibre financier puisqu’il relève de ses attributions exclusives de coordonner la politique financière du pays et d’assurer la bonne exécution de la dépense.

1. Le ministre des Finances coordonne la politique financière.

À une époque qui n’incorpore pas au domaine des Finances le champ de l’Économie, la tâche essentielle du ministre est de préparer le budget et de veiller à sa bonne exécution sans pour autant porter atteinte au principe de l’autonomie des différents membres du gouvernement.

a. Préparer le budget.

Préparer le document budgétaire est la première mission du ministère des Finances. Elle consiste en l’évaluation des recettes et en la préparation de la répartition des dépenses.

Les recettes du budget de l’État furent majoritairement évaluées au xixe siècle selon la technique dite de la pénultième année, ou de l’évaluation automatique. Cette technique consiste à se baser sur les résultats constatés dont dispose l’administration des Finances, au cours de la préparation du budget, pour évaluer les recettes à venir.

Elle fut inaugurée par Villèle qui à l’occasion du budget de 1823, préparé en 1822, se basa sur les chiffres de recettes réalisées en 1821.

Dans un contexte de relative stabilité monétaire et de développement économique, la technique de la pénultième année offre un grand intérêt pratique. Elle permet une évaluation relativement fiable. Les recettes sont en effet majoritairement liées aux impôts indirects1. Leur rendement est donc largement tributaire de la bonne marche de l’économie et des mouvements de marchandises.

À ces impôts indirects viennent s’ajouter des impôts directs dont l’évaluation est d’autant plus aisée qu’ils sont composés pour partie d’impôts de répartition. À ces divers avantages pratiques vient s’ajouter un avantage politique : la marge de manœuvre constituée par une sous-estimation des produits de l’impôt. Le caractère relativement constant de la croissance permet de dégager des plus values confortables en cours d’exercice.

Cette pratique intéressante pour les détenteurs du pouvoir posait le problème de la sincérité des budgets présentés à la chambre. « L’ancien mode de procéder a des avantages que nous ne méconnaissons pas. Mais il a l’inconvénient d’attribuer aux recettes une valeur toujours inférieure à la réalité et d’obliger ainsi à apprécier les dépenses à un taux que l’on sait être également de beaucoup au-dessous de la réalité. De là, cet inconvénient très grave d’avoir, à côté du budget avoué, un budget réservé »2.

Pour remédier à cette difficulté, on tenta d’introduire un nouveau mode d’évaluation des recettes. Cette volonté trouvait un argument de poids dans la constance des plus values dégagées entre 1820 et 1850. Le système de la majoration consistait à incorporer, sans évaluation précise, des plus values aux recettes constatées au cours des exercices précédents. Le montant de l’augmentation ne trouvait aucune justification et laissait le budget des recettes ainsi préparé à la merci des aléas économiques.

Cette méthode fut appliquée entre 1850 et 1867 avec plus ou moins de succès. On entreprit d’en affiner le calcul en 1882 en établissant des prévisions de plus-values basées sur la moyenne des plus-values observées lors des cinq derniers exercices. Malheureusement, la crise de la fin du siècle aidant, les prévisions se montrèrent hasardeuses et les recettes du budget de 1885 furent établies sur la base de l’exécution du budget de 1883, traduisant une sorte de fatalisme financier.

« Les annulations de crédits, comme les plus-values, reposent sur une erreur d’évaluation ; […] mais ce sont là des erreurs inévitables. Le budget se prépare trop longtemps à l’avance pour qu’il soit possible d’échapper complètement à un certain écart entre les prévisions et les faits »3.

Le relatif bien fondé de ce fatalisme financier témoigne de l’évolution du rôle de l’administration des Finances dans le domaine des recettes. De collecteur passif, l’administration des Finances tente de devenir une administration de prévision. Le constat de l’extrême difficulté de l’exercice en prouve les limites, ce n’est en effet pas tant la technique de la prévision qui assure sa fiabilité que l’environnement de sa réalisation.

Aux difficultés techniques liées à la préparation des recettes viennent s’ajouter des difficultés politiques lors de la répartition des dépenses. Si la recette met en vis-à-vis le ministère des Finances et les contribuables, la dépense oppose le ministre des Finances à ses collègues titulaires de portefeuilles ministériels.

L’enjeu du débat les opposant va largement au-delà de la notion simpliste d’équilibre comptable. Il s’agit bien des pouvoirs relatifs des ministres qui sont en jeu. La célèbre formule de René Stourm pose parfaitement le principe de la primauté de la dépense au sein du jeu politique : « Gouverner, c’est dépenser : chaque département ministériel gouverne donc, et dépense selon la mesure des crédits législatifs dont il dispose »4.

Maîtriser, à quelque degré que ce soit, la possibilité de dépenser revient donc à acquérir une autorité supérieure au sein du gouvernement. Le contrôle financier, au sens large de mission d’appréciation des équilibres budgétaires, se trouve de fait à la limite de l’acte politique. On trouve deux expressions de cette ambiguïté lors de la préparation du document budgétaire.

« Il s’engage entre le ministre des Finances et ses collègues un débat ou une série de débats dans lesquels chaque ministre s’efforce d’obtenir les allocations qui lui paraissent nécessaires, tandis que le ministre des Finances s’efforce de réduire leurs demandes de façon à ne pas entamer l’équilibre budgétaire dont il est le gardien responsable »5.

Le ministre des Finances agit en modérateur, tentant, avec diplomatie et fermeté, de maintenir les demandes de crédits des « dépensiers ». Derrière l’habillage technique d’une telle démarche, en termes de respect d’un équilibre final du budget, se dessine un projet politique global ou particulier en termes de priorités. La négociation sur le montant des crédits alloué à chaque ministère va au-delà d’une simple représentation comptable des actions envisagées.

Dans le même ordre d’idée, René Stourm insiste, dès la fin du siècle, sur le caractère nécessaire d’une « juste évaluation des recettes et des dépenses »6 caractérisée par deux qualités primordiales : sincérité et sagacité. « Il faut qu’au bout de chaque libellé de recettes et de chaque libellé de dépenses figure un chiffre aussi exact que possible : à ce prix seulement la préparation du budget possédera les qualités qui lui sont indispensables »7.

Acte édicté par la représentation nationale, le budget est une forme d’expression de la démocratie. Introduire la notion de sincérité au sein de la procédure budgétaire, c’est en valider le caractère politique. Dès lors, les notions de sincérité et de sagacité justifient la nécessité de l’ensemble des opérations techniques de contrôle budgétaire en apportant un argument impérieux d’ordre politique. En effet, à quoi bon préparer avec tant de soin un document dont les limites sont mises en évidence par de trop nombreuses modifications ?

b. Ne pas porter atteinte à l’autonomie des ministres dépensiers.

L’importance grandissante d’une administration financière pourrait engendrer une sorte de position dominante au sein du gouvernement. Malgré un renforcement de sa structure administrative, le ministère des Finances n’est pas capable d’affermir la position acquise au niveau de la préparation des budgets. Il n’est pas plus en mesure de s’opposer aux ministres dépensiers dans le cadre de l’exécution budgétaire.

La Restauration hérite d’une administration des Finances démembrée. D’un côté le ministre du Trésor gère l’approvisionnement en fonds publics des payeurs, de l’autre, le ministre des Finances gère les tâches traditionnelles, prévision et exécution. À l’initiative de Corvetto8 s’engage un vaste mouvement de réorganisation des services du ministère des Finances. Deux ordonnances du 18 novembre 1817 viennent modifier, l’une le service des recettes, l’autre celui des dépenses, en procédant à des suppressions de caisses ou de services manifestement surabondants.

Le Baron Louis ne disposait pas de la contrainte sur ses collègues hormis la maîtrise du mouvement des fonds. Villèle obtint par ordonnance du 8 novembre 1820 que les régies soient soumises au contrôle de la Cour des comptes. Le ministère des Finances n’est alors que le gestionnaire des crédits budgétaires.

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