Bezalel Smotrich : Le Ministre Des Finances Israélien Au Cœur De La Controverse

Figure de l’extrême droite israélienne, le ministre des Finances Bezalel Smotrich est au centre de nombreuses controverses en raison de ses déclarations et de ses actions politiques.

Bezalel Smotrich

Bezalel Smotrich, ministre des Finances d'Israël. Source : Times of Israel

L'annonce de l'annexion de la Cisjordanie

En pleine guerre, ce chef de file d’un parti d’extrême-droite, membre de la coalition de Benyamin Netanyahou, vient de jouer les pyromanes en annonçant que l’annexion de la Cisjordanie est en marche pour 2025.

Cette annonce est évidemment une retombée de l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Le ministre pense qu’elle crée une dynamique favorable à son agenda de colonisation de ce qui reste des territoires palestiniens.

Le choix de Donald Trump comme ambassadeur en Israël le conforte dans son opinion : il s’agit de Mike Huckabee, un évangéliste favorable aux thèses des colons.

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Abou Dhabi : l'annexion israélienne de la Cisjordanie, "une ligne rouge"

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait déplacé l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, et reconnu l’annexion du plateau du Golan syrien, annexé par l’État hébreu après la guerre de juin 1967.

Cela fait plusieurs années que Netanyahou et ses alliés politiques tournent autour de cette proposition. Ils y avaient renoncé une première fois pour ne pas gêner le processus des Accords d’Abraham, l’établissement de relations diplomatiques avec plusieurs pays arabes.

Les deux partis d’extrême droite, celui de Bezalel Smotrich, et celui d’Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, sont partisans du « Grand Israël ». Pas de place pour le compromis.

Aujourd’hui, avec un allié comme Trump à la Maison Blanche et un rapport de force militaire qui a de nouveau basculé en faveur d’Israël avec la destruction de la bande de Gaza et les bombardements massifs du Liban, les partisans de l’annexion se sentent le vent en poupe.

Qui pourra s’y opposer dans une communauté internationale atomisée et impuissante ?

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Réactions Internationales

La déclaration du ministre sur l’annexion a suscité la vive condamnation du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui a rappelé que l’annexion est totalement illégale sur le plan du droit international.

Benyamin Netanyahou, lui, n’a pas réagi, il laisse faire et tranchera en temps voulu.

Face à la poursuite de l'offensive israélienne et du désastre humanitaire à Gaza, ravagée par plus de 22 mois de guerre, plusieurs pays occidentaux dont la France, le Royaume-Uni et le Canada ont dit envisager de reconnaître un État de Palestine, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre.

Mais une telle reconnaissance sera largement symbolique en raison du refus d'Israël de la création d'un tel État auquel aspirent les Palestiniens.

Ces derniers ambitionnent de l'établir sur les territoires de Cisjordanie et de Gaza avec comme capitale Jérusalem-Est, annexé par Israël.

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La Slovénie Prend Des Mesures

La coalition verte-social-démocrate au pouvoir en Slovénie s’affirme une nouvelle fois comme l’une des figures de la contestation européenne contre le génocide que mène Israël dans la bande de Gaza.

Ce jeudi 17 juillet, le gouvernement slovène a annoncé des mesures pour interdire l’entrée sur son territoire des deux ministres israéliens d’extrême droite.

Les deux extrémistes sont donc déclarés « personae non gratae » par Ljubljana en raison de leurs « propos génocidaires, encourageant une violence extrême et de graves violations des droits humains des Palestiniens », selon un communiqué.

C’est la première fois qu’un pays de l’Union européenne - qui rechigne à suspendre son accord d’association avec Israël - prend une telle mesure.

La Slovénie confirme une nouvelle fois être l’un des États européens à la pointe du combat - bien timide - contre les exactions d’Israël à Gaza et en Cisjordanie.

Elle avait déjà reconnu un État de Palestine il y a quelques semaines, aux côtés de l’Espagne, de la Norvège et de l’Irlande.

Les Déclarations Controversées Sur Gaza

Gaza sera « totalement détruite » a assuré Bezalel Smotrich, le ministre israélien des Finances, ce mardi 6 mai 2025. Ici le ministre le 5 février 2024 à Jérusalem.

Il a également assuré que la population gazaouie, après avoir été déplacée vers le sud, commencerait à « partir en grand nombre vers des pays tiers ».

Des propos qui font suite au vote à l’unanimité d’un principe d’une extension de la guerre à Gaza, dans la nuit de dimanche à lundi.

Destruction à Gaza

Destruction à Gaza. Source: Middle East Eye

Appel à l'annexion et à l'expansion des colonies

Un ministre israélien d'extrême droite a appelé jeudi à accélérer un projet de construction de 3400 logements en Cisjordanie et à annexer ce territoire palestinien occupé par Israël, en riposte aux annonces de plusieurs pays de reconnaître un Etat palestinien.

«En ce jour important, j'appelle le premier ministre Benyamin Netanyahou à appliquer la souveraineté israélienne en Judée-Samarie, à abandonner définitivement l'idée d'une partition du pays et à faire en sorte que d'ici septembre, les dirigeants hypocrites européens n'aient plus rien à reconnaître», a-t-il dit.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Quelque trois millions de Palestiniens y vivent, aux côtés d'environ 500.000 Israéliens installés dans des colonies, illégales au regard du droit international.

«Si vous reconnaissez un État palestinien en septembre, notre réponse sera l'application de la souveraineté israélienne sur toutes les parties de Judée-Samarie», a-t-il menacé.

L'Autorité palestinienne basée à Ramallah en Cisjordanie a «condamné fermement» ce projet et «appelé à une intervention internationale et des sanctions pour arrêter sa mise en oeuvre».

L'ONG israélienne anti-colonisation, La Paix maintenant, a dénoncé un «plan fatal pour l'avenir d'Israël et pour toute chance d'une solution à deux États» du conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies.

Selon elle, un accord final au plan sera discuté mercredi prochain par un comité technique dépendant du ministère de la Défense et, après toutes les étapes bureaucratiques, «il pourrait être mis en place d'ici quelques mois avec des constructions dans un an environ».

Des propos jugés comme une apologie de crimes de guerre

Mme Ségolène Amiot attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la venue en France du ministre des finances israélien d'extrême droite.

Mme la députée a été informée de la venue à Paris, le 13 novembre 2024, du ministre des finances israélien d'extrême droite à l'occasion d'un gala.

En janvier 2024, le Quai d'Orsay a, à juste titre, condamné les propos tenus par ce ministre ainsi que par son non moins extrémiste collègue ministre de la sécurité intérieure d'Israël, appelant à la recolonisation de Gaza et à l'expulsion des Palestiniens des territoires occupés depuis 1967.

Le ministère français de l'Europe et des affaires étrangères a dû réagir en mars 2024 aux déclarations du ministre des finances israélien à Paris, lorsqu'il a nié l'existence du peuple palestinien tout en affichant une carte du « Grand Israël ».

En août, le prédécesseur de M. le ministre a également condamné son appel à affamer la population de Gaza.

Le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères, M. Josep Borrell, a exhorté les États membres à imposer des sanctions contre ces ministres israéliens, en raison de leurs prises de position extrémistes et de leur soutien aux colons les plus violents en Cisjordanie.

Downing Street et Washington envisagent également des sanctions à leur encontre pour leurs propos que l'on peut qualifier d'apologie de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

La réponse de la France

Le ministre israélien des Finances avait été invité, par une association, à se rendre en France le 13 novembre dernier, dans le cadre d'un déplacement privé. Aucun contact gouvernemental n'était prévu à l'occasion de sa venue, qui n'a finalement pas eu lieu.

Nous avons condamné à plusieurs reprises les propos irresponsables et inacceptables qu'il a tenus concernant la situation à Gaza et en Cisjordanie. Ces propos sont contraires au droit international et vont à l'encontre d'une désescalade dans la région et d'un règlement pacifique du conflit.

La France reste attachée à la mise en œuvre de la solution à deux Etats vivant côte-à-côte en paix et en sécurité, seule perspective de règlement juste et durable au conflit israélo-palestinien.

Les violences commises par les colons israéliens contribuent à saper toute perspective de paix. C'est pourquoi la France a fait adopter plusieurs mesures de sanctions contre des colons israéliens extrémistes qui se sont rendus coupables de violences contre des civils palestiniens, à la fois à titre national et dans le cadre de l'Union européenne (UE).

Sanctions contre les colons violents

A titre national, nous avons sanctionné 28 colons violents, qui sont visés par une interdiction administrative du territoire français. Les colons qui ont été ciblés sont des personnes qui se sont livrées à des actes de violence à l'encontre des populations palestiniennes en Cisjordanie.

La France a également été à l'initiative de l'adoption de deux paquets de sanctions contre des individus et entités liés aux violences commises par des colons extrémistes en Cisjordanie au niveau européen : un premier paquet en avril 2024 visant 4 personnes et 2 entités, et un autre en juillet 2024, visant 5 individus et 3 entités.

La France reste déterminée à adopter de nouvelles sanctions en lien avec ses partenaires et continuera de mobiliser l'UE en ce sens, tant que les actes de violences des colons extrémistes ne cesseront pas.

Appel à la conquête de Gaza et à la réduction de la population palestinienne

Une nouvelle déclaration tonitruante dans les rangs du gouvernement israélien. Le ministre des Finances de l’État hébreu, Bezalel Smotrich, a affirmé qu’Israël devrait « conquérir » la bande de Gaza et réduire de moitié la population palestinienne locale par « une émigration volontaire ».

S’exprimant lundi soir lors d’un colloque organisé par le Conseil de Yesha, organisme représentant les colons de Cisjordanie occupée, il a déclaré « qu’on peut et on doit conquérir la bande de Gaza, il ne faut pas avoir peur de ce mot ».

« Il ne fait aucun doute qu’à Gaza, avec l’encouragement d’une émigration volontaire, il existe ici, selon moi, une opportunité unique qui s’ouvre avec la nouvelle administration » de Donald Trump, a ajouté le ministre, à la tête du parti d’extrême droite « Sionisme religieux ».

L’élection début novembre du futur président américain, qui prendra ses fonctions en janvier, avait été saluée plus largement par le gouvernement israélien.

« On peut créer une situation dans laquelle, d’ici deux ans, la population de Gaza sera réduite de moitié », a même avancé Bezalel Smotrich.

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