Moniales de Bethléem : Artisanat, Histoire et Spiritualité

La Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de saint Bruno, fondée en 1950, est une communauté dédiée à une vie de contemplation divine. Elles n’ont pas reçu dans l’Église d’autre responsabilité que de vivre une vie de divine contemplation, à l’école de la Vierge glorifiée demeurant dans la Très Sainte Trinité « dans le plus grand amour des Personnes Divines et des personnes humaines ».

Monastère de Bethléem

L'Histoire de la Communauté

Le 1er novembre 1950, le pape Pie XII proclame le dogme de l'Assomption de Marie. Parmi les pèlerins présents, sept ressentent un appel à consacrer leur vie à un projet inspiré par la Vierge. Douze semaines plus tard, la première communauté se constitue à Chamvres, avec pour vocation d'adorer la Très Sainte Trinité dans le silence et la prière.

La petite fondation dominicaine naît dans le village de Chamvres en Bourgogne (France), dans une maison mise à la disposition des sœurs par une pèlerine de Rome. Le 3 février 1951, sœur Marie (Odile) y arrive avec Hortense, future sœur Marie Liesse. Elles sont accompagnées du Père Ceslas Minguet, o.p.. Très vite arrive Geneviève, future sœur Myriam.

Le 22 août 1951, les trois premières sœurs reçoivent l’habit monastique de Monseigneur Lamy dans la chapelle de Chamvres. Ce même jour, l’évêque érige la petite communauté en Pia unio pour un an et prend la responsabilité de cette fondation dominicaine.

Au mois de mai 1951, un projet de Règle de vie, « Les Feuilles bleues », dans lesquelles sont définies les bases du charisme de la Famille monastique, est présenté à l’évêque du lieu, Monseigneur Frédéric Lamy, archevêque de Sens (Yonne ; France).

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En septembre 1954, la communauté déménage dans une ancienne ferme à Méry-sur-Oise. En 1962, sœur Marie trouve un lieu propice à une vie de solitude au désert à Hautecour-en-Tarentaise dans les Alpes. En juillet, la décision est prise d’établir en ce lieu une communauté stable. Les sœurs de Méry-sur-Oise peuvent aussi venir s’y ressourcer pendant l’été.

En 1974, les Chartreux mettent à la disposition de la communauté le monastère de Currière-en-Chartreuse pour qu’elle puisse y mener une vie de prière et accueillir des hôtes au désert.

Le 8 décembre 1998, le monastère Notre-Dame du Désert de l’Immaculée est fondé Lourdes (Hautes-Pyrénées ; France) dans l’irradiation de la présence de la Vierge à la grotte de Massabielle.

La Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge, et de saint Bruno est reconnue de droit pontifical par décret du 6 octobre 1998. Le 27 septembre 1999, sœur Marie rejoint la Maison du Père.

Le monastère de Bet Gemal en Terre Sainte est autorisé par Rome à devenir la Maison Mère des moniales de Bethléem.

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L'Artisanat Monastique

Pour gagner leur vie, les moniales se consacrent à l'artisanat, travaillant de trois à cinq heures par jour dans leurs ermitages. Elles créent des icônes, des statues, de la faïence, des herbes à tisanes et des objets en cuir. Ces créations sont vendues dans les boutiques des monastères, offrant aux visiteurs un aperçu de leur vie contemplative.

L'artisanat des monastères de Bethléem rassemble tout le savoir-faire de la communauté. En devanture, figurent souvent des soutanes magnifiquement ornées. Il était donc logique qu’une communauté s’installe à Lourdes. D’autant que les sœurs entendent vivre à la suite de la Vierge Marie.

Actuellement, un artisanat de tournage du métal démarre avec la fabrication d’objets sacrés avec les techniques de repoussage et de gravure, selon l’héritage du Moyen-Orient (Syrie, Irak).

Trois ateliers de fabrication de statues en dolomie travaillent en étroite collaboration et poursuivent leur développement dans nos monastères de Mougères en France, Merlo en Argentine et Santa Maria Reina au Chili. L’artisanat est pour nous l’occasion de témoigner en silence de la grandeur et de la beauté de Dieu.

Les produits artisanaux incluent :

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  • Icônes
  • Statues
  • Faïences
  • Herbes à tisanes
  • Objets en cuir
  • Objets sacrés en métal
Artisanat des Moniales de Bethléem

Spiritualité et Vie Quotidienne

La journée d'une moniale est rythmée par la prière, le silence et le travail. Elles célèbrent les offices liturgiques, étudient et travaillent en solitude dans leurs ermitages. La vie communautaire est essentielle, avec des moments de partage et de fraternité.

Chaque jour, tous les jours de sa vie, la moniale demeure dans le silence et la solitude de son ermitage en présence de Dieu. Elle célèbre les petites Heures de la liturgie de l’Eglise. Elle étudie. Elle travaille. Elle prend ses repas. Elle dort.

Persuadées « qu’on peut aussi évangéliser par la beauté de l’art sacré », elles participent depuis quatre ans aux Journées du Patrimoine.

L’Eglise entière exulte de joie. Parmi les centaines de milliers de personnes qui, sur la place Saint-Pierre à Rome, participent à cette proclamation solennelle du dogme de l’Assomption de Marie, se trouve un groupe de pèlerins français accompagné d’un religieux : le père Ceslas Minguet, o.p.

La Spiritualité Mariale

Les moines et moniales de Bethléem et de l’Assomption de la Vierge cherchent à accueillir ce que Dieu veut leur dire à travers le mystère de la personne et de la vie de Jésus. Marie, qui n’est pas Dieu, a donc reçu de son Fils la grâce de vivre à la ressemblance de sa vie pleinement divine, pleinement humaine.

Dans la grande lumière de la promulgation du dogme de l’Assomption de la Vierge, les moines et les moniales reconnaissent en la Vierge Marie glorifiée leur fondatrice et leur véritable prieure.

Saint Bruno

Au XIe siècle en Occident, saint Bruno fonde dans le massif de Chartreuse une "laure" évangélique, c’est-à-dire un lieu de solitude évangélique constitué d’ermitages. au XXe siècle, il donne sa paternité spirituelle et sa sagesse de vie à de nouveaux disciples : les moines et moniales de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno.

Les défis et les controverses

Après avoir passé 24 ans dans la communauté de Bethléem, et y avoir occupé les plus hautes fonctions, un ancien supérieur a décidé d’exposer ses analyses sur les pratiques sectaires et les mécanismes d’emprise au sein de son ancienne congrégation. Il s’agit d’un document d’une extrême gravité, qui a été relu et corroboré par six autres anciens membres de cette communauté.

Ce n’est que 24 ans après que j’ai pu m’apercevoir qu’il y avait « un autre côté » par où regarder les choses, un autre point de vue pour relire ce qui s’était passé dans ma vie et ce qui se passait dans la vie quotidienne de la famille monastique de Bethléem.

En novembre 2009 je franchissais les portes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Vatican apportant sous mon bras un dossier d’une quarantaine de pages sur ce que j’avais vécu pendant 24 ans, de 1985 à 2009, dans la Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno, mieux connue en France comme la communauté de Bethléem tout court.

Les pages que vous allez lire sont tirées de ces dossiers présentés au Vatican. Avec le recul que donne le temps, j’ai épuré ces textes des éléments trop subjectifs ou moralisants, qui pourraient gêner le lecteur. J’ai essayé de m’astreindre à un registre le plus descriptif et objectif possible. Je me suis efforcé d’éviter les jugements de valeur.

Avant de commencer, j’aimerais dire qu’à Bethléem règne une atmosphère d’élitisme exacerbé. D’abord, les autres ordres monastiques « vieillots » dont on critiquait l’affadissement de l’observance religieuse. Sœur Marie, dans un fameux texte de 1975, qualifiait ces derniers de « monachisme lévitique ».

Le mélange entre ce sentiment de supériorité et cette défiance compulsive à l’égard de l’Église produisait une véritable « discipline du secret ».

Le secret marial de Bethléem : pierre angulaire de sa spiritualité :

  • L’accueil des jeunes et leur accompagnement personnel et spirituel tout au long de leur vie monastique.
  • Le mode de gouvernement de la communauté, qui contredit les normes canoniques les plus élémentaires.
  • Le statut des frères, avec l’ingérence flagrante des sœurs dans leur gouvernement et leur formation.
  • La formation théologique et spirituelle.

À Bethléem, nous vivions dans l’angoisse que les représentants officiels de l’Église ne fassent une enquête approfondie sur ce qui faisait la spécificité de notre vie.

Même si nous ne l’aurions pas formulé ainsi, nous avions tous conscience de notre propre vulnérabilité à l’égard d’une telle éventualité.

Monastères dans le Var

  • Monastère Notre-Dame de Clémence, à la chartreuse de la Verne.
  • Monastère Notre-Dame-du-Torrent-de-Vie, au Thoronet.

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