Münster : Commerce, Artisanat et Histoire d'une Ville Westphalienne
Ville d’Allemagne située sur l'Aa et le canal de Münster, dans le nord du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Münster doit son origine à une station fortifiée franque du viiie siècle dont Charlemagne fit vers 792 le siège d'un évêché. Le nom primitif de Mimigernaford ou Mimigardeford est remplacé au xe siècle par Mon[a]stere (monasterium).
Avec 217 080 habitants en 2019, Lübeck est la deuxième ville du Schleswig-Holstein derrière Kiel.
Münster, ville de 10 000 habitants au XVIIe siècle, située au centre du Münsterland, une région au nord-ouest du Saint-Empire, à la frontière des Pays-Bas, était la capitale de la principauté ecclésiastique de Münster, même si les princes n’y résidaient pas de façon permanente. De ce fait, Münster n’était pas une ville résidentielle dominée par une cour princière. En dépit des conflits avec les princes, le conseil municipal parvenait à préserver une certaine indépendance du gouvernement de la ville, mais le pouvoir du conseil se limitait au territoire de la ville intra muros. Le Münsterland constituait une partie de la zone de production linière du nord de la Westphalie. Au XVIIe siècle, cette région n’était pas homogène de ce point de vue et, selon les lieux, des formes de production divergentes connaissaient des évolutions spécifiques. En outre, à Münster même, il n’existait pas une seule, mais bien plusieurs formes d’organisation de la production du lin, correspondant à des groupes distincts de producteurs de toiles ne produisant pas la même sorte de produits.
L'essor de Münster au Moyen Âge
Très vite, s'y développe un marché qui se transforme en ville (1137). Le premier statut municipal remonte à 1214 ; à partir de 1231, la ville possède également un sceau. Grâce au développement de l'artisanat, la ville connaît au cours des xiiie et xive siècles un rapide essor économique. Elle participe en 1229 au traité de commerce des marchands allemands avec Novgorod, puis aux traités de commerce conclus avec la Flandre (1254) et avec l'Angleterre (1282) ; elle adhère au xive siècle à la Hanse.
Münster joue aussi un rôle prépondérant dans les ligues des villes westphaliennes du milieu du xiiie siècle constituées pour préserver la liberté de commerce et la paix régionale. En 1454, les artisans forcent l'entrée du Conseil malgré l'opposition des lignages.
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Carte de Westphalie au XVIIe siècle.
Münster à l'époque de la Réforme et de la Contre-Réforme
En 1532, la ville adhère à la Réforme et devient le centre spirituel des anabaptistes, qui y seront massacrés après un long siège. L'affaire dite du « Royaume de Dieu à Münster » (Westphalie) se rattache aux conséquences de la prédication d'Hofmann, d'une part, et aux circonstances socio-religieuses propres à l'introduction de la Réforme dans cette ville, d'autre part. Mais l'instauration du luthéranisme échoue finalement devant l'opposition du grand chapitre et de la noblesse. Les Jésuites assurent dans la seconde moitié du xvie siècle le succès de la Contre-Réforme.
Les mesures énergiques prises par le prince-évêque Christophe-Bernard von Galen (1650-1678) consolident le triomphe du catholicisme et réduisent sensiblement les libertés de la ville (1661).
Les Traités de Westphalie
De 1643 à 1648 y ont lieu les négociations de paix qui aboutissent à la signature des traités dits de Westphalie entre l'Espagne et les Pays-Bas d'abord, entre l'empereur et la France ensuite, puis entre toutes les puissances belligérantes (24 octobre 1648). La Ratification du traité de Münster, G.
Ratification du traité de Münster.
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Münster aux XVIIe et XVIIIe siècles
À la fin du xviie siècle, Münster devient une ville résidentielle. Au xviiie siècle, le prince-évêque et la noblesse s'y font construire de magnifiques palais (Erbdrostenhof, 1754-1757). La ville subit de sérieuses destructions pendant la guerre de Sept Ans.
Münster au XIXe et XXe siècles
En 1802, Münster est rattachée à la Prusse, en 1810 à la France ; en 1816, elle devient chef-lieu de la province prussienne de Westphalie. De 1588 à 1773, les Jésuites y enseignent. En 1782, Bernard Overberg y crée la première école normale d'instituteurs. Il s'y ajoutera en 1921 un institut de pédagogie scientifique. Malgré les autorisations du pape (1629) et de l'empereur (1631), Münster n'aura son université qu'en 1780 (Wilhelms-Universität). Supprimée au profit de celle de Bonn, elle sera réouverte en 1902 et détruite pendant la Seconde Guerre mondiale ; un quartier universitaire a été construit à partir de 1960 avec, au centre, l'ancien palais épiscopal. Dans les années 2020, le pôle universitaire regroupe huit facultés et 45 000 étudiants. C’est le troisième d’Allemagne.
L'industrie à Münster
Le textile a représenté jusqu’aux deux tiers des emplois industriels. Il a aujourd’hui perdu sa place prépondérante au profit d’activités telles que l’équipement automobile (peinture, filtres), la pharmacie, l’agroalimentaire ou la chimie (engrais). Münster est, après Bonn et Düsseldorf, la ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie où le secteur tertiaire (assurances, banque, édition, publicité, design) est le plus présent. Elle compte plus de 320 000 habitants au début des années 2020.
La production de lin à Münster
Trois filières de production au moins sont identifiables qui, sur le plan linguistique, se constituaient avec des termes spécifiques. On peut repérer à Münster près de 30 termes qui renvoient au statut social des tisserands, aux sortes de toiles de lin et aux procédés de contrôle et de marque des toiles. Les procédés de production ne sont pratiquement jamais décrits dans les documents. Dans leurs testaments, beaucoup de femmes transmettent des outils et des matériaux pour la fabrication du fil, mais nous disposons de très peu d’informations sur les sortes de fil ou sur les marchés du fil. Les métiers à tisser étaient désignés par les termes Touw, Stell ou Workestell et l’activité de tissage qualifiée par les termes weffen, worken, gewracht, et Tuch machen. C’est aussi au XVIIe siècle que le terme arbeit (travail) commence à s’imposer, indiquant le passage de l’usage d’une terminologie différenciée des activités laborieuses au recours à un terme généralisé et indifférencié de « travail ».
Parmi les recherches récentes, celles du sociologue Harrison C. White ont souligné l’importance des discours et du langage pour la constitution des marchés et des autres formes d’organisation économique. Notre étude part de l’observation d’une terminologie spécifique et vise à analyser les rapports entre les différents groupes de tisserands ainsi que les termes utilisés pour les distinguer. Les approches sociologiques de Harrison C. White et de l’économie des conventions à propos des marchés de production offrent des outils pour l’interprétation des termes de nature professionnelle dans un contexte social donné. Leur idée fondamentale est que les marchés de production se fondent sur certaines qualités spécifiques des produits et certaines formes de production. Ainsi, les termes utilisés dans le champ de la production du lin renvoient à différents marchés de production.
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Les sources disponibles à propos des tisserands de Münster sont presque exclusivement des documents administratifs du conseil municipal. Les uniques documents émanant des tisserands eux-mêmes sont les suppliques qu’ils adressaient au Conseil, mais il s’agit de textes qui ont été produits dans le cadre d’une stratégie de communication spécifique. Nous ne disposons donc pas d’écrits véritablement indépendants de la part des tisserands.
En Westphalie, les organisations pour le contrôle des toiles de lin étaient désignées par le terme Legge, un terme spécifique à la région. Du radical de ce terme en bas allemand, origine de legen (en français « mettre »), les significations précises restent inconnues. Dans le local de la Legge, les toiles étaient étalées sur une table et à Münster, elles étaient contrôlées par un employé municipal appelé le Legger, accompagné de sa femme, la Leggersche. Le suffixe -sche est fréquemment utilisé pour signifier la forme féminine au sens de « la femme du quelqu’un », ici du Legger. Cette forme féminisée montre une représentation hiérarchisée du genre, avec des femmes subordonnées à leur mari dans les documents du conseil municipal. Mais le Legger était bien employé conjointement à sa femme, qui lui était associée dans sa profession.
Les procédures de contrôle des Leggen en Westphalie variaient selon les lieux et les sortes de produits. À Münster, la Legge avait été fondée au XVe siècle par le conseil municipal mais nous ne possédons guère d’informations pour la période antérieure à 1536. Avant d’examiner la terminologie utilisée dans le contexte de la Legge, les procédures de contrôle doivent être explicitées. Ces procédures étaient prescrites dans le règlement de la Legge. Celui-ci avait été amendé à plusieurs reprises aux XVIe et XVIIe siècles mais, dans leurs principes, les procédures de contrôle n’avaient pas varié. D’une façon générale, toutes les toiles de lin mises en vente à Münster devaient être préalablement contrôlées par la Legge. On ignore où celle-ci se localisait dans la ville avant 1572, mais il est probable que le contrôle se faisait dans la maison du Legger. En 1572, le conseil fit construire un petit bâtiment pour installer la Legge dans le marché principal de la ville. Lors du contrôle, les toiles étaient disposées sur une table et le Legger, accompagné de sa femme et probablement de quelques employés (Striker, Besichter, mais aussi des Mägde ou servantes), prenait les mesures de la toile et les inscrivait sur cette dernière. La qualité du tissu était ensuite examinée, et les toiles dont la qualité était jugée acceptable étaient marquées avec le sceau du conseil municipal de Münster. Après l’inspection, les fournisseurs des toiles, tisserands et marchands, pouvaient les mettre en vente. Pour procéder à leur achat, les marchands envoyaient à la Legge leurs employés (Dienere) ou leurs valets et servantes (Gesinde, Knechte, Mägde), mais aussi leurs fils et filles.
En reprenant les catégories de l’économie des conventions, ces procédures de contrôle peuvent être considérées comme une convention industrielle. Les toiles étaient contrôlées en fonction de normes fixes et elles étaient vendues sur les marchés européens, marquées par le sceau de la ville, mais sans signe d’identification individuel du tisserand. Toutefois, les normes des ordonnances de la Legge ne sont pas conformes au concept moderne de normes industrielles. Pour le XVIe siècle, il n’existe pas de descriptions précises et complètes des toiles. Seuls certains points étaient mentionnés : par exemple, la mesure de la longueur des toiles ne devait pas s’écarter de plus d’un quart ou de la moitié d’une aune sur 100 aunes. La mesure des toiles sur la Legge se faisait avec la mesure du doeck (le mot signifiant « drap » en bas allemand). La mesure du doeck pour les toiles fut utilisée jusqu’au XVIIe siècle et n’était pas identique à l’aune de Münster (elle), mais les rouleaux (Rollen) dans lesquels les toiles étaient vendues, à Londres par exemple, devaient contenir 1 500 aunes.
La description des mesures pour le contrôle de la qualité reste à nos yeux très imprécis.
Le deuxième type de procédé est mal documenté dans les ordonnances de la Legge, mais il était essentiel pour transformer une toile quelconque en un produit de qualité spéciale. Chaque toile était placée dans un rouleau. À l’extérieur était précisée la longueur et un sceau était appliqué. Le rouleau était clos de chaque côté à l’aide de deux cordons. La position du sceau indiquait la qualité de la toile. Le sceau placé entre l’extrémité et le cordon signifiait une haute qualité appelée Oberband (« au-dessus du cordon »), le sceau entre les cordons signifiait une qualité moyenne appelée Unterband (« au-dessous du cordon »). Les toiles « demi-qualifiées » étaient marquées par une croix rouge, et le sceau et les toiles « disqualifiées » par une croix noire.
Au-delà des normes, les livres de compte montrent, à travers l’enregistrement de la longueur, que les mesures des toiles n’étaient pas vraiment uniformes. Pour les marchands de lin, cette diversité ne semblait pas constituer un problème, parce qu’ils s’étaient spécialisés dans l’achat de longueurs particulières. Les marchands orientés vers les marchés d’exportation rassemblaient entre 11 et 15 toiles choisies dans des rouleaux (Rollen) de 1 500 aunes et ces rouleaux étaient mis en vente sur les marchés du lin. Pendant un certain temps, le conseil employa un emballeur (Packer) pour contrôler la qualité.
Jusqu’alors, il n’a guère été question de la terminologie spécifique à la production du lin. On aurait pu s’attendre à des descriptions des différentes sortes de lin. Pourtant, dans la plupart des règlements de la Legge du XVIe siècle, on ne trouve aucune indication de ce type. Ce n’est qu’à partir de la fin du siècle que se repèrent les premières mentions des différentes sortes de toiles. Dans un paragraphe sur le paiement du contrôle, est précisé qu’il faut payer « non seulement [pour] les [toiles] communes, mais encore [pour] les petites toiles ». En 1578, le conseil promulgua un règlement complémentaire avec un paragraphe sur le marquage des toiles : « [Pour] les petites toiles d’une et de deux largeurs, le legger doit les étiqueter et les sceller comme les [toiles] communes ». On ne peut néanmoins généraliser cette forme de description car les tisserands de Nuremberg avaient inclus une description plus précise des toiles de Münster dans leur code du métier de 1554 : « les pièces larges des ces toiles doivent avoir 1 100 fils et les étroits 900 fils ».
Dans cette forme de production du lin en tant qu’article de marque, la Legge était la seule forme d’organisation sociale institutionnelle. La plupart des discours concernant le lin dans les documents du conseil municipal du XVIe siècle traitent donc essentiellement de la Legge, et parfois des marchands et des marchés du lin, mais jamais des tisserands eux-mêmes. Au début du XVIIe siècle, les structures de la production du lin commencèrent à changer et dans le même temps les discours sur les différences dans le champ de la production de lin se multiplièrent.
Les corporations à Münster
Les corporations de Münster se distinguaient en 17 Gilden, qui participaient au pouvoir politique depuis le XVe siècle. Dans les confréries, les artisans représentaient seulement les intérêts de leur métier. La terminologie utilisée avait changé en fonction des rapports politiques entre le conseil municipal et les corporations. Les trois termes allemands qui désignent les corporations - Gilde, Amt et Bruderschaft - ont des significations très spécifiques dans leur utilisation à Münster. Après la guerre contre les Baptistes en 1535, le prince avait prohibé l’organisation de corporations et le conseil municipal surveillait les activités des marchands et artisans. En 1554 cependant, les Gilden avaient reconstitué leur pouvoir politique dans un nouvel ordre constitutionnel. Jusqu’en 1535, les termes Gilde et Amt avaient été utilisés comme équivalents. Après la répression contre les Baptistes, l’administration princière n’utilisa plus que le terme Amt, considérant les Gilden comme coresponsables de la prise de pouvoir par les Baptistes. Toutefois, avec la reconstitution des corporations, le terme Gilden fut à nouveau utilisé dans les documents. À la fin du XVIIe siècle, le terme Zunft, qui désignait aussi une corporation, commença à apparaître dans la documentation.
En général, le terme Amt désignait à Münster toutes sortes de corporations d’artisans ou de marchands, y compris les confréries. Les Bruderschaften, fondées par les artisans de métier, étaient des organismes laïques sans participation au pouvoir politique et placés sous la surveillance du conseil. La hiérarchie entre les corporations se manifestait dans les passages initiaux des codes de l’artisanat. Les Gilden déclaraient avoir rassemblé leurs droits et règlements traditionnels avec l’aide du conseil et des représentants des corporations.
En contradiction avec le code de l’artisanat des confréries, le conseil écrivait explicitement qu’il avait promulgué ce code. Le code des tisserands commençait ainsi avec le titre : « Ordonnance et rouleaux du respectable conseil de la ville du Münster.
Les tisserands eurent besoin de déployer certains efforts pour recevoir cette ordonnance. Après nous être installés récemment et pour quelques années à Münster [pour] tisser la toile large et petite, jusqu’à présent [nous nous sommes] maintenus avec nos foyers.
Dans leur supplique, les tisserands présentent ainsi leurs plaintes : dans la ville, il n’y a que douze ou treize tisserands installés ayant qualité de bourgeois et trente autres qui ne le sont pas et n’ont pas l’intention d’obtenir la citoyenneté. Or, selon les premiers, ceux-ci « compromettent notre subsistance de bourgeois et nous retirent le pain de la bouche ». Cette expression est typique et omniprésente dans les discours politiques des artisans et des marchands allemands. La traduction littérale du terme habituel pour désigner le travail des artisans (« Nahrung treiben ») serait « exercer l’alimentation ». Pendant longtemps, les recherches sur l’artisanat ont repris la théorie du Werner Sombart, postulant qu’il existait un « principe de subsistance » (Nahrungsprinzip) typique pour l’économie artisanale. Dans la vision de Sombart, l’économie des artisans était opposée au sens des affaires et à l’esprit d’initiative.
Dans leur supplique, les tisserands persistaient à reprocher aux immigrants de pénétrer dans la ville sans autorisation, prétendant que ces derniers ne payaient probablement pas les impôts communaux sur les toiles et les fils. Les tisserands se lamentaient aussi de leurs compagnons (Knechte) insubordonnés, qui se mettaient en colère quand leur maître leur adressait des remarques ou des réprimandes. Ces compagnons louaient personnellement des métiers à tisser (Stell) car ils n’avaient pas les moyens de les acheter.
Leur nombre s’accroissait dans la ville, où ils s’installaient avec leur ménage, corrompant le commerce (Handel und Commertien) et tissant (weffen und wörken) sans expérience, sans discipline, sans résultat et sans gouvernement (ohne Erfharenheit, Ordinantie, Frucht, od[er] Regiment). Suivait une description dans laquelle les tisserands rappelaient la spécificité de leur métier : le tissage du lin (linen weffen) était une activité libre dans la ville. Les tisserands reconnaissaient que tisser (worken) des toiles étroites (schmal) et d’autres toiles de la Legge (andere Legge Tuch) était une activité libre pour quiconque, hommes ou femmes. Mais la fabrication de la toile petite, fine et large (kleinen feinen breiden Tugh zumachen) était une autre affaire. Dans la ville, se pratiquait un grand commerce (größe Hantirung getriben) de ce type de produits.
Afin de résoudre ces problèmes, les tisserands priaient le conseil municipal d’autoriser une confrérie (Bruderschafft) de tisserands. Ils expliquaie...
Tableau récapitulatif des corporations à Münster
| Terme | Signification |
|---|---|
| Gilde | Corporation participant au pouvoir politique |
| Amt | Terme général pour les corporations d'artisans ou de marchands |
| Bruderschaft | Confrérie laïque sans participation au pouvoir politique |
| Zunft | Terme désignant une corporation (apparaît plus tardivement) |
Fête de la transhumance a Munster et de la tourte
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