Novaterm procédure de redressement judiciaire : informations détaillées

Lorsqu'une entreprise se trouve en difficulté financière et en état de cessation des paiements, elle peut engager une procédure de redressement judiciaire. Cette procédure collective vise à permettre la poursuite de l’activité, le maintien des emplois et l’apurement du passif de l’entreprise en difficulté. La procédure peut être ouverte à la demande du dirigeant, d’un créancier ou du ministère public.

Qu’est-ce que le redressement judiciaire ?

Le redressement judiciaire est défini par l’article L631-1 du Code de commerce. Il est ouvert à tout débiteur incapable de faire face à ses dettes échues avec son actif disponible et qui se trouve en cessation des paiements. Cette procédure vise à assainir la situation financière de l'entreprise, à maintenir son activité économique, et à préserver l’emploi.

Contrairement à la liquidation judiciaire, qui intervient lorsque le redressement est impossible, le redressement judiciaire laisse une chance à l’entreprise de poursuivre son exploitation sous contrôle judiciaire et de régler ses dettes selon un plan adopté par le tribunal.

Qui peut demander l'ouverture de la procédure ?

  • Le dirigeant de l'entreprise doit saisir le tribunal compétent au plus tard dans les 45 jours suivant la cessation des paiements. Il a l'obligation légale de déposer cette demande, sous peine d’être sanctionné d’une interdiction de gérer.
  • Un créancier peut assigner l'entreprise en redressement judiciaire, à condition qu’aucune procédure de conciliation ne soit en cours.
  • Le ministère public peut également requérir l'ouverture de la procédure si l'entreprise est en difficulté.

La procédure ne peut être demandée si une procédure de conciliation est en cours. En cas de retard du chef d’entreprise à engager cette démarche dans le délai légal, le tribunal peut prononcer une interdiction de gérer même si cette sanction ne s’applique pas aux professions libérales réglementées, où seul l’ordre professionnel peut appliquer des sanctions disciplinaires.

Le tribunal compétent et la procédure de dépôt

Le tribunal compétent dépend de la nature de l’activité de l’entreprise :

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  • Tribunal de commerce ou depuis le 1er janvier 2025, tribunal des activités économiques (TAE) pour les activités commerciales et artisanales. Les TAE ont remplacé les tribunaux de commerce dans 12 villes dont Lyon, Paris, Marseille, Nancy, Versailles et Lyon.
  • Tribunal judiciaire ou TAE pour les activités libérales et professions réglementées du droit comme les avocats et notaires.

La demande d’ouverture doit comporter plusieurs documents essentiels :

  • Extrait K-bis ou attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE).
  • État du passif exigible et de l'actif disponible, ainsi que déclaration de cessation des paiements.
  • Liste des salariés en poste avec leurs coordonnées, chiffre d'affaires du dernier exercice comptable.
  • État chiffré des créances et dettes avec identification des créanciers.
  • État actif et passif des sûretés et engagements hors bilan.
  • Inventaire sommaire des biens de l'entreprise.
  • Comptes annuels du dernier exercice.
  • Situation de trésorerie datant de moins d'un mois.
  • Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de mandataire ad hoc ou de procédure de conciliation récente.

Pour les professions libérales spécifiques, une mention de l'ordre professionnel auquel elles sont rattachées est requise.

Le déroulement de la procédure

Jugement d'ouverture

Le tribunal, après avoir vérifié la recevabilité de la demande, rend un jugement d'ouverture qui détermine :

  • La date de cessation des paiements, appelée « date du jugement » si elle n’est pas précisée.
  • La mise en place d’une période d'observation de 6 mois renouvelable deux fois, pour une durée maximum de 18 mois.
  • La désignation des organes de la procédure : juge-commissaire, administrateur judiciaire et mandataire judiciaire.

Le jugement est publié au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) et fait l'objet d'une mention au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au RNE pour les artisans et professions libérales.

Période d'observation et diagnostic de la situation

Durant cette période, l'activité de l'entreprise se poursuit et un bilan économique et social est réalisé par l’administrateur judiciaire. Cette étape permet d’évaluer les difficultés, la situation financière réelle et d’établir un plan de redressement en concertation avec les créanciers regroupés en « classes de parties affectées ».

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Les classes de parties affectées regroupent les créanciers selon leur nature (fiscaux, munis de sûretés, etc.) et ont été rendues obligatoires pour les entreprises de plus de 250 salariés et un chiffre d’affaires supérieur à 20 millions d’euros, ou celles dépassant 40 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le rôle des intervenants

  • Juge-commissaire : veille au bon déroulement de la procédure et tranche les différends éventuels.
  • Mandataire judiciaire : représente les créanciers et collecte leurs déclarations de créance.
  • Administrateur judiciaire : assiste ou remplace le dirigeant dans la gestion de l’entreprise lors du redressement.

La rémunération de ces intervenants est prise en charge par l’entreprise, selon un barème arrêté en fonction de la taille et du chiffre d’affaires.

Situation du dirigeant durant la procédure

Le dirigeant reste en fonction pendant la période d’observation, poursuivant la gestion courante de l’entreprise, bien qu’il soit assisté et surveillé par l’administrateur judiciaire. Sa rémunération est maintenue mais peut être révisée.

Il est interdit au dirigeant de céder ses parts sociales sans autorisation et certains actes de gestion nécessitent l’aval du juge-commissaire. Les cautions personnelles peuvent bénéficier de l’arrêt du cours des intérêts.

Situation des contrats et de l'activité

La procédure ne suspend pas les contrats en cours, qui sont maintenus sauf décision contraire prise par l'administrateur judiciaire. Le bail commercial, par exemple, continue normalement, à moins d’une résiliation demandée par le propriétaire ou l’administrateur. Les contrats de travail sont également maintenus, avec la possibilité de licenciements économiques encadrés en cas d’absolue nécessité.

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Conséquences pour les créanciers

Toutes les poursuites individuelles en recouvrement sont suspendues à compter du jugement d’ouverture. Les créanciers doivent déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire dans un délai généralement de deux mois à compter de la publication au BODACC, sous peine de forclusion.

Les intérêts légaux, de retard, ou majorations cessent de courir, ce qui soulage la trésorerie de l’entreprise pendant le redressement judiciaire.

Les issues possibles après la période d'observation

Issue Description
Plan de redressement Si le tribunal estime que l'entreprise peut être sauvée, il arrête un plan de continuation arrêté pour une durée maximale de 10 ans, incluant l’apurement du passif et le maintien de l’activité et de l’emploi.
Cession de l'entreprise En cas d’impossibilité pour le dirigeant d’assurer le redressement, le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle de l’entreprise à un repreneur.
Liquidation judiciaire Si le redressement est manifestement impossible, la procédure est convertie en liquidation judiciaire. Les actifs sont alors vendus pour rembourser les créanciers.

Particularités et ressources utiles

Depuis 2021, pour les petites entreprises en-dessous de certains seuils (moins de 20 salariés, passif inférieur à 3 millions d’euros), une procédure accélérée de redressement judiciaire existe avec des formalités allégées.

Le ministère de la Justice propose un simulateur en ligne pour aider à déterminer le tribunal compétent selon la localisation et la nature de l’activité : Connaître le tribunal compétent pour les procédures de prévention ou de traitement des difficultés.

La surveillance des mises en redressement judiciaire est également facilitée par des services comme Actav Vigilance qui alertent gratuitement les créanciers lors de la publication d’un jugement au BODACC.

Redressement judiciaire : 5 points clés pour comprendre

Enfin, le redressement judiciaire est une phase cruciale dans la vie d’une entreprise en difficulté. La procédure, bien que contraignante, apporte une chance de restructuration et de maintien de l’activité, sous la surveillance proche du tribunal et d’experts judiciaires.

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