Ouvrir une Franchise de Restauration Rapide : Conditions et Étapes Clés en France
La France compte aujourd’hui plus de 50 000 enseignes de restauration rapide. Si l’indépendance vous fait peur, vous pouvez choisir de vous lancer en franchise. Cela vous permet d’utiliser un concept qui a déjà fait ses preuves. La franchise en restauration est un modèle de collaboration très populaire entre un franchiseur et un franchisé.
Ce contrat permet au franchiseur de céder les droits d’exploitation de sa marque et de son concept au franchisé. Ainsi, le franchisé peut commercialiser les produits et services de la marque en suivant les règles établies par le franchiseur. En contrepartie, le franchisé doit payer un droit d’entrée initial et des redevances régulières pour bénéficier de la notoriété et du savoir-faire du franchiseur.
Découvrez les étapes clés pour ouvrir votre restaurant en franchise, ainsi que les conditions essentielles pour réussir dans ce secteur dynamique.
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1. Définir Votre Concept
Pour attirer les clients et développer une identité forte, il est donc indispensable de bien définir votre concept. Quel type de cuisine allez-vous proposer ? Burgers, tacos, salades, cuisine du monde ? Enfin, pensez aux services supplémentaires que vous souhaitez proposer : vente à emporter uniquement, livraison, commande en ligne, etc.
2. Étude de Marché et Business Plan
La deuxième étape pour ouvrir un restaurant rapide consiste à réaliser une étude de marché. Celle-ci vous permet de comprendre les besoins des consommateurs et d’évaluer la concurrence. Cette étude de marché peut ensuite être intégrée à un business plan.
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Faire un business plan de restauration rapide vous permet d'établir votre stratégie et de vous poser les bonnes questions avant de vous lancer. Ce business plan doit vous aider à définir les axes sur lesquels vous devez vous focaliser. C'est un document également très demandé par des futurs investisseurs, qui représente la base de votre projet.
Bernard Boutbol insiste, quant à lui, sur la nécessité d’effectuer une bonne étude de marché avant de se lancer. « Il y a des gens qui se mettent dans des emplacements que j’appelle ‘à l’abri du chiffre d’affaires’, parce qu’ils sont très mauvais. Il faut bien étudier son emplacement. La loi dit que c’est au franchisé de faire son étude de marché. Le franchiseur peut lui en fournir une, mais c’est bien au franchisé de décider, recommande-t-il.
A ce stade, vous êtes en mesure d'aborder la phase obligatoire qui consiste à réaliser votre étude de marché et à construire votre business plan. Les banques et les partenaires financiers exigeront de consulter ces documents. Ils en ont besoin pour accepter ou non de vous prêter de l'argent et vous faire confiance. Le business plan doit comprendre une synthèse de votre étude de marché.
Vous devez donc commencer les 2 en même temps. Le business plan évolue au cours de la maturation de votre projet. Il permet ensuite la gestion des 3 premières années de votre commerce. On vous explique tout dans nos pages dédiées à l'étude de marché et au business plan.
Vous devez analyser le territoire économique, social, culturel, etc. Vous devez faire la liste de vos concurrents sur le territoire et travailler sur les besoins de votre future clientèle.
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Analyse du Territoire et de la Concurrence
- Insee: portrait économique d'un territoire
- Lister vos concurrents
- Travailler sur les besoins de votre future clientèle : méthode Canevas de la Chambre de commerce et d'industrie
3. Investissement et Coûts
Financièrement, la franchise offre un avantage majeur : le franchisé profite d’un modèle d’affaires déjà éprouvé et peut réduire les risques associés à l’ouverture d’un nouveau restaurant.
En moyenne, il faut compter entre 20 000 € et 100 000 € pour ouvrir un établissement de restauration rapide. Pour ouvrir un McDonald’s ou un Burger King, comptez un investissement global d’environ 750 000 euros. Chez des enseignes comme Bagelstein, comptez entre 90 000 et 120 000 euros pour une formule kiosque, en centre commercial ou en gare, et entre 170 et 230 000 euros pour un local traditionnel, au global.
Il faut cependant mesurer les enjeux qui sont liés à ce secteur avant de s’engager dans cette aventure entrepreneuriale. « L’un des avantages de ce métier, c’est qu’il y a tous les types de clients. Cela permet de pouvoir s’amuser en termes de marketing local, on peut toucher toutes les cibles.
Voici les principaux postes de coûts à anticiper :
- Coût pour votre local: loyer ou crédit, agencement du restaurant et éventuellement d’une terrasse, mobilier, décoration, etc.
- Achat du matériel de restauration: four, friteuse, réfrigérateur, matériel de cuisson, caisse enregistreuse, etc.
- Frais fixes: achat des denrées alimentaires et des boissons, dépenses énergétiques (eau, électricité, gaz), salaires du personnel, frais de communication, assurances, frais de gestion.
Laurent Godde souligne également l’importance de savoir gérer ses coûts d’achat et de vente afin de trouver un équilibre. « Il faut être vigilant sur le modèle économique. Il est très rentable, mais il faut faire attention au prix auquel on achète les produits et auquel on les revend. »
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4. Choix du Local
Le choix de votre local est une décision importante, car il peut directement influencer la réussite de votre entreprise. Vous devez choisir une localisation stratégique, dans une zone de chalandise (centre-ville, zones commerciales, etc.). L'emplacement de votre établissement va largement déterminer votre réussite. Idéalement, vous devez cibler des zones avec beaucoup de passage : centres-villes, zones commerciales, proximité d'entreprises.
Laurent Godde, la province comme les grandes villes ont leurs avantages. « La province, c’est sympa, parce qu’ils n’ont pas eu, par exemple, tous les problèmes de télétravail liés à la période post-Covid et aux JO. Mais il n’y a pas de régions en particulier où ne pas s’implanter, c’est un concept qui s’adapte bien. Il faut cependant faire attention au local.
Pensez à regarder les éléments suivants :
- Environnement commercial immédiat : plus votre local sera entouré d'autres commerces, plus il y aura de clients potentiels
- Nature des commerces environnants : une rue de commerces "de bouche" (alimentaires) sera moins fréquentée l'après-midi
- Accès à votre local : largeur du trottoir, proximité de places de parking, sens de circulation, rue piétonne, etc.
- Visibilité : y a-t-il des obstacles (mobiliers urbains) devant le local, la vitrine est-elle bien visible depuis le trottoir ?
- Historique du lieu : à vérifier auprès des commerces environnants
Enfin, pensez que votre local doit respecter les normes propres à la restauration : des travaux seront peut-être à prévoir.
5. Statut Juridique
Vous devez ensuite choisir la forme juridique de votre entreprise. Il existe 3 choix possibles : société, entreprise individuelle (EI), micro-entreprise.
Société
Choisir de créer une société est approprié si vous souhaitez vous associer (SAS, SARL). Mais pas seulement, car vous pouvez aussi créer une société dont vous serez l'unique associé (SASU et EURL). Les banques peuvent être davantage prêtes à vous soutenir si vous choisissez le statut de société plutôt que celui de l'entreprise individuelle (EI). L'inconvénient peut résider dans une plus grande complexité des démarches administratives et comptables. Cependant, à moyen terme, cette difficulté peut être contrée par exemple en faisant appel aux services d'un comptable, ou par une plus grande expérience dans la gestion de votre entreprise. La société est une forme adaptée si votre activité se développe.
Entreprise Individuelle (EI)
Vous exercez votre activité en nom propre et prenez seul toutes les décisions qui concernent votre entreprise. Avec ce statut, il n’est pas possible d’avoir un associé. Les démarches pour créer une entreprise individuelle (EI) sont simples, rapides et peu coûteuses. En effet, vous n'avez pas de statuts à rédiger ni de capital social à déposer. Les obligations comptables sont limitées : seuls le livre journal, le grand livre et le livre d’inventaire doivent être tenus à jour. En cas de dettes professionnelles, vous bénéficiez d'une protection sur votre résidence principale. Cependant vous pouvez être amené à rencontrer des situations (investisseurs, banques, etc.) qui exigent des garanties sur vos biens personnels.
Micro-entrepreneur
La micro-entreprise est synonyme de l'auto-entreprise. Il s'agit d'une entreprise individuelle (EI) bénéficiant d'un régime fiscal et social simplifié. Ce régime s'adresse aux entrepreneurs individuels qui réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 188 700 €. Si votre activité commence à se développer et que votre CA annuel dépasse ce montant, vous passez automatiquement dans le statut de l'EI. Ce statut se caractérise par la simplicité des démarches administratives. Le coût de la création est faible. Les formalités comptables sont restreintes. Par exemple, vous n'êtes pas obligé de fournir des liasses fiscales ni de publier vos comptes annuels. Par ailleurs, ce statut permet de facturer vos produits sans la TVA (franchise en base de TVA), donc de pratiquer des prix moins élevés. Le revers de cet aspect est l'impossibilité de déduire la TVA sur vos achats professionnels, par exemple sur l'achat de matériel. Ce statut est adapté aux entrepreneurs débutants dont l'activité ne génère pas beaucoup de chiffre d'affaires.
Voici un tableau comparatif des différents statuts juridiques :
| Statut Juridique | Nombre d'Associés | Complexité Administrative | Adapté pour |
|---|---|---|---|
| Société (SAS/SARL) | Plusieurs (ou un seul) | Élevée | Développement important, recherche d'investisseurs |
| Entreprise Individuelle (EI) | Un seul | Simple | Démarrage rapide |
| Micro-entreprise | Un seul | Très simple | Début d'activité avec CA limité |
6. Formation et Accompagnement
Devenir restaurateur exige une formation solide. Les réseaux performants proposent un apprentissage complet : cuisine, gestion, management. Ces compétences constituent le socle de votre réussite. En complément, l’accompagnement sur le terrain consolide vos acquis. Les animateurs transmettent les meilleures pratiques, analysent vos résultats et proposent des axes d’amélioration.
Afin de préparer au mieux les futurs franchisés, certaines enseignes mettent en place un processus de recrutement et de formation très spécifique. C’est le cas de Burger King, qui forme ses franchisés pendant 6 mois avant l’ouverture de leur restaurant. « Cette formation débouche sur trois certifications, explique Laurent Pareau, directeur réseau de Burger King France. Premièrement, apprendre le processus opérationnel, ensuite gérer un restaurant (le recrutement, les horaires) pour devenir directeur de ‘business unit’, et enfin, le franchisé va préparer et présenter son projet auprès d’un juré.
7. Respect de la Réglementation
Votre restaurant rapide doit respecter la réglementation applicable à tous les établissements recevant du public (ERP). Si vous manipulez des denrées d’origine animale, vous devez déclarer votre activité à la direction départementale en charge de la protection des populations (DDPP). Cette déclaration doit être faite avant l’ouverture de votre restaurant. Si vous souhaitez vendre des boissons alcoolisées dans votre restaurant, vous devez suivre une formation de 20 h pour obtenir un permis d’exploitation. Vous devez également être titulaire d’une licence vous autorisant à vendre de l'alcool.
Vous devez déclarer votre activité et l'identité de votre restaurant à la mairie où il est situé. Cette déclaration doit être effectuée 15 jours minimum avant l'ouverture de votre restaurant.
Elle s'appelle responsabilité civile professionnelle. Vous devez la demander auprès de votre assureur habituel. Selon les caractéristiques de votre restaurant, vous pouvez souscrire à différents types d'assurances. Elle vous protège, vous et vos clients. Il s'agit d'une protection contre les accidents : matériels (stocks de marchandises, informatique, etc.), immatériels (perte d'exploitation), et corporels (accident, décès).
8. Choisir le Bon Franchiseur
Mais pour le président de Gira Conseil, le plus important est avant tout de bien choisir son franchiseur. « Un bon franchiseur, c’est certes une société qui marche bien, mais il faut se demander : est-ce que ses franchisés sont heureux ? Un bon franchiseur, c’est aussi un franchiseur qui se remet toujours en question. Les nouvelles générations de restaurateurs qui sortent des grandes écoles, comme les gérants de Big Mamma, se remettent en question tous les jours, ils innovent tous les jours, revoient leur carte, leur manière d’encaisser les paiements, etc. »
« Je pense qu’il faut trouver le bon partenaire dès le départ, renchérit Laurent Godde. C’est le plus important. Même si les produits sont bien et que ça paraît rentable, si tu ne sens pas le franchiseur, n’y va pas. Il faut aussi poser des questions sur l’accompagnement du franchiseur, c’est capital. »
Voici quelques enseignes spécialisées dans la restauration rapide :
- BALMEO
- BESTIES BAKERY
- BIG FERNAND
- BOULANGERIE LOUISE
- BOULANGERIES SOPHIE LEBREUILLY
- COOKISS
- DS Café
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