Passer de Profession Libérale à Auto-Entrepreneur : Avantages et Inconvénients
L’auto-entreprise, également appelée micro-entreprise, séduit de plus en plus d’artisans souhaitant lancer leur activité d’indépendant. Si vous voulez sauter le pas en vous installant à votre compte, il est essentiel de peser le pour et le contre. Comprendre la distinction entre profession libérale et auto-entrepreneur est essentiel pour tout entrepreneur moderne.
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Quelle différence entre profession libérale et auto-entrepreneur ?
La profession libérale est une activité professionnelle qui exerce, de manière autonome et à titre habituel ou non, des prestations de services. L'activité libérale doit être non-salariée, non artisanale, non agricole et non commerciale. L'activité libérale est exercée en toute indépendance, sous la responsabilité personnelle du professionnel, personne physique.
La législation la définit comme suit "prestation principalement intellectuelle, technique ou de soins mise en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect de principes éthiques ou d’une déontologie professionnelle”. Elle fait partie de la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux. Il existe les professions libérales réglementées, qui sont sous le contrôle d'une autorité définie et énoncé par la loi.
Il peut s'agir d'un ordre, d'un syndicat, ou d'une chambre professionnelle. Le professionnel doit être titulaire d'un titre. Pour toutes les autres activités libérales n'étant pas sous le contrôle d'une autorité, elles sont dites professions libérales non réglementées. Une liste des professions libérales réglementées et non réglementées est détaillée sur ce lien.
Le terme d'auto-entrepreneur (aussi dit micro-entreprise) désigne un régime social et fiscal, qui s'applique à une personne physique, qui créée ou possède une entreprise individuelle, pour y exercer son activité à titre principale, ou secondaire. L'entreprise individuelle doit remplir les conditions du régime fiscal de micro-entreprise. Les formalités de création, le mode de calcul et paiements des cotisations sociales et de l'impôt sur le revenu sont simplifiées comparées à celle d'une société.
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En effet, l'auto-entrepreneur tire avantage de ce statut pour les raisons suivantes :
- Régime micro-social simplifié
- Pas d'immatriculation au régime du commerce et des sociétés (RCS) pour les commerçants, ou au répertoire des métiers (RM) pour les artisans
- Option possible de la franchise en base de TVA
Depuis le 1er janvier 2009, certaines professions libérales peuvent bénéficier du statut d'auto-entrepreneur.
Les 6 grands avantages de l’auto-entreprise
Le statut d’auto-entrepreneur comprend divers avantages faisant de ce régime l’un des plus plébiscités par les artisans indépendants. Voici les grands points positifs de la micro-entreprise.
1. Gestion facilitée
Bon nombre d’entrepreneurs n’osent pas créer leur activité par crainte de se retrouver face à une gestion quotidienne lourde et contraignante. Grâce à l’auto-entreprise, vous évitez la rédaction de statuts, les bilans comptables et les publicités légales obligatoires. Cette forme juridique propose un régime réduisant au minimum les formalités administratives et les obligations comptables. Dans le détail, vous devrez simplement tenir un livre de recettes et un registre des achats, émettre des factures pour vos clients et ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité si le chiffre d’affaires annuel généré sur ce compte dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.
De plus, il faudra déclarer votre chiffre d’affaires et régler vos cotisations sociales et fiscales selon un calendrier défini. Rien de plus ! Cette gestion simplifiée vous libérera du temps pour vous concentrer sur le développement de votre activité.
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2. Formalités de création facilitées
Les formalités pour ouvrir une auto-entreprise sont facilitées comparé aux autres formes juridiques, comme la SASU, ou l’EURL. Pour devenir auto-entrepreneur, vous devrez déposer votre dossier de déclaration de début d’activité sur la plateforme du Guichet Unique de l’INPI. Toutes les démarches sont dématérialisées. Vous serez immatriculé au Registre National des Entreprises (RNE) et votre entreprise sera immatriculée.
Le régime de la micro-entreprise ne possède pas de capital social. A l’inverse des sociétés, vous n’aurez donc pas besoin d’apport financier pour lancer votre activité. Autre avantage : vous ne serez pas obligé de solliciter l’aide d’un expert-comptable. Les auto-entrepreneurs peuvent effectuer leur comptabilité en toute simplicité !
3. Statuts cumulables
Le statut d’auto-entrepreneur est ouvert aux salariés, fonctionnaires, demandeurs d’emploi, étudiants, retraités et dirigeants assimilés salariés. Il est donc intéressant pour les personnes voulant conserver leur statut actuel tout en complétant leurs revenus. Grâce à cette flexibilité, chaque personne peut développer une activité complémentaire sans renoncer à la sécurité financière apportée par un emploi salarié par exemple, ou par des allocations.
Le cumul des statuts est aussi l’occasion d’enrichir votre expérience professionnelle, d’assimiler de nouvelles compétences et de vivre de votre passion, tout en profitant d’un cadre légal simplifié. L’auto-entreprise est donc attractive si vous souhaitez diversifier vos sources de revenus ou vous préparer à une transition progressive vers une activité indépendante à temps plein.
4. Franchise en base de TVA
La franchise en base de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est l’un des grands avantages de la micro-entreprise. En qualité d’auto-entrepreneur dédié à l’artisanat vous ne serez pas redevable de la TVA si votre CA ne dépasse pas 36 800 € par an en prestation de services, et 91 900 € par an pour les ventes de marchandises. En respectant ce seuil, vous ne facturerez pas la TVA à vos clients. Vous serez donc plus compétitif que vos concurrents. De plus, vous n’aurez pas besoin de faire une déclaration de TVA, ce qui vous évite une formalité complexe. En vue de la réforme à venir visant à abaisser le seuil de TVA, prenez les devants et faites-vous accompagner en vous formant avec la CMA.
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5. Charges sociales allégées
Les nouveaux créateurs d’entreprise peuvent profiter de l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) depuis le 1er janvier 2020. Ce dispositif vous permet de profiter d’une exonération partielle de vos cotisations sociales. L’aide est valable pour la première année de vie de votre entreprise. Passé 12 mois, l’exonération prendra fin et vous serez alors soumis au taux classique des artisans. Son montant est égal à 21,2 % de votre CA si vous êtes dans la prestation de services, et à 12,3 % si vous êtes dans la vente de marchandises.
Il faudra déclarer chaque mois, ou chaque trimestre, votre CA en ligne. Vos cotisations sociales seront calculées automatiquement, puis prélevées.
6. Impôt sur le revenu plus visible
Concernant les impôts, vous aurez la possibilité, sous conditions de revenus, d’opter pour le versement libératoire. Il s’agit d’un système simplifié de paiement de l’impôt sur le revenu (IR). En clair, le micro-entrepreneur paye un pourcentage fixe de son chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre, au lieu de payer l’impôt sur le revenu à la fin de l’année. Le versement libératoire permet de lisser les règlements et d’éviter les mauvaises surprises fiscales en fin d’année.
En cas de dette fiscale, un pourcentage supplémentaire sera prélevé au titre de l’impôt sur le revenu et viendra s’ajouter aux cotisations sociales. Ce pourcentage est déterminé lors de la déclaration de CA. Le taux de versement libératoire pour les artisans dédiés à la prestation de services est de 1,7 %. Il descend à 1 % pour les artisans vendant des marchandises.
Grâce à ce type d’imposition vous pourrez :
- Payer vos impôts toute l’année, sans régularisation le dernier mois.
- Calculer automatiquement le montant, et l’anticiper
- Payer moins d’impôt si votre chiffre d’affaires est moins haut, puisque le taux ne varie pas.
Les 5 principaux inconvénients de l’auto-entreprise
Bien que le régime de la micro-entreprise offre plusieurs avantages, il est important de connaître les limites et les contraintes de ce statut. Les voici :
1. Charges fixes
Si vous profitez de cotisations sociales allégées, vous devez néanmoins vous acquitter de diverses charges en tant qu’auto-entrepreneur. Il y a tout d’abord les frais associés à votre compte bancaire dédié. Les frais sont plus lourds si vous ouvrez un compte bancaire professionnel. Ensuite, vous devez payer des assurances, comme la responsabilité civile professionnelle, obligatoire pour les artisans, ou la garantie décennale, si vous comptez exercer dans le secteur du bâtiment. De plus, vous serez contraint de régler la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Elle sera calculée par rapport à la valeur locative des biens qui seront utilisés par votre entreprise.
Vous devrez vous en acquitter une fois par an, avant le 15 décembre. Bonne nouvelle, la CFE est exonérée pour votre première année d’activité.
2. Plafonds de chiffre d’affaires
Les micro-entrepreneurs ne doivent pas dépasser un plafond annuel de chiffre d’affaires en vigueur pour garder leur statut. Si votre future activité nécessite l’achat de matières premières, ce qui est souvent le cas des artisans, alors le seuil pourra être rapidement atteint.
3. Cotisations basées sur le chiffre d’affaires
Imaginons que vous êtes couvreur, et que vous venez de facturer votre client à hauteur de 400 € pour l’achat de matières premières et 600 € pour la prestation. Comme vous êtes micro-entrepreneur, vous ne pouvez pas déduire vos dépenses professionnelles lors de votre déclaration à l’Urssaf. Vous devez donc payer des cotisations sociales non pas sur votre bénéfice (600 €) mais sur votre CA (1 000 €). Le calcul des cotisations s’effectue sur la base du total encaissé et d’après un taux fixe déterminé par le type d’activité.
Comme vu précédemment, pour les prestations de services c’est 21,2 % du CA, et pour la vente de marchandises c’est 12,3 %. En tant que couvreur, vous avez donc 211 € de cotisations sociales à régler.
4. Franchise de base de TVA
Vous avez pu le lire plus haut, vous bénéficierez de la franchise de base de TVA si vous ne dépassez pas 36 800 € de chiffre d’affaires annuel en prestation de services. Cela veut dire que toutes les dépenses opérées pour votre entreprise, comme l’achat de matériel, les frais de déplacement, et autres services professionnels, sont supportées en intégralité par vous-même, sans possibilité de profiter de la TVA payée. Si le lancement de votre activité s’accompagne de nombreux frais professionnels, vous devrez en assumer les coûts.
C’est la raison pour laquelle la micro-entreprise n’est pas un statut d’entrepreneuriat avantageux pour tout le monde. D’autres formes juridiques, comme la SARL ou l’EURL, permettent de déduire la TVA des dépenses professionnelles, ce qui allège la charge financière. Elles impliquent toutefois une gestion administrative plus complexe. Il est donc très important d’évaluer vos besoins et vos prévisions de dépenses avant de choisir le statut d’auto-entrepreneur.
5. Couverture sociale réduite
Si vous comptez exercer votre activité d’indépendant à titre exclusif, vous ne profiterez pas de la même couverture sociale que les salariés. Vous aurez le statut de travailleur non salarié (TNS) et serez soumis au régime micro-social. Vos indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident sont versées si votre revenu annuel est supérieur à 47 100 € bruts. De plus, la validation des 4 trimestres de retraite n’est possible que si vous réalisez 14 001 € de chiffre d’affaires minimum sur l’année.
En effet, vos droits à la retraite dépendent des cotisations sociales que vous avez payées. Enfin, vous ne cotisez pas pour le chômage en tant qu’auto-entrepreneur. Le gouvernement a néanmoins créé des allocations des travailleurs indépendants. Mais sachez que les conditions d’octroi sont très strictes.
Tableau récapitulatif des seuils et taux applicables en 2025
| Type d'activité | Plafond de chiffre d'affaires (HT) | Taux de cotisations sociales | Taux de versement libératoire (IR) | Abattement fiscal pour frais professionnels |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 188 700 € | 12.3% | 1% | 71% |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 77 700 € | 21.2% | 1.7% | 50% |
| Activités libérales (BNC) | 77 700 € | 21.2% | 2.2% | 34% |
Quelles sont les activités libérales en auto-entrepreneur ?
Pour les professions libérales réglementées, il vous faudra vous rapprocher de l'autorité de laquelle vous dépendez pour savoir si vous pouvez exercer en auto-entrepreneur. À titre d'exemple, les Experts-Comptables qui dépendent de l'Ordre des Experts-Comptables ne peuvent pas exercer en auto-entrepreneur.
Les infirmiers qui dépendent de l'Ordre National des Infirmiers peuvent être sous le statut d'auto-entrepreneur. Concernant les professions libérales dites non réglementées, elles peuvent exercer sous le statut d'auto-entrepreneur. On peut y retrouver, entre autres :
- Artiste non affilié à la maison des artistes
- Économiste à la construction
- Ingénieur conseil
- Maître d'œuvre
- Designer
- Formateur
- Psychanalyste
- etc.
Néanmoins, il faut noter que le montant du chiffre d’affaires annuel pour pouvoir bénéficier de ce statut, doit respecter le plafond de 77 700 euros hors taxes pour des prestations de services. À titre informatif, le seuil pour les ventes de marchandises d'un auto-entrepreneur est de 188 700 euros hors taxes.
Passer au statut de profession libérale en auto-entrepreneur ? Comment faire ?
Si vous souhaitez vous enregistrer sous le statut de profession libérale en auto-entrepreneur, il faudra vous munir de votre pièce d'identité. Par la suite, il vous suffira de :
- Faire une demande d'inscription à l'ordre, le syndicat ou la chambre professionnelle dont vous dépendez
- Déclarer votre activité auprès de l'Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF), sur le site.
Une fois ces démarches accomplies, l'Administration fiscale vous enverra votre numéro SIRET et une notification vous informant de votre régime d'imposition. Vous devrez déclarer le chiffre d'affaires réalisé chaque mois, ou chaque trimestre (le choix se fera au moment de votre création) sur le site de l'URSSAF.
Il est à noter que si vous ne réalisez pas de chiffre d'affaires sur la période, vous n'aurez pas de cotisations sociales à payer.
Quel est l'abattement en auto-entrepreneur lorsqu'on exerce une profession libérale ?
Les bénéfices provenant d'une activité libérale en tant qu'auto-entrepreneur sont soumis à l'impôt sur le revenu. En tant qu'auto-entrepreneur libéral, votre impôt sur le revenu sera calculé sur votre bénéfice, après un abattement dont le taux est de 34% de votre chiffre d'affaires annuel, qui correspond aux frais professionnels.
Voici un exemple concret, vous exercez l'activité d'économiste de la construction, vous avez généré un chiffre d'affaires de 100 000 euros sur l'année 2024. L'administration fiscale considérera que votre rémunération nette sur 2024 est de 64 000€.
Autre possibilité, vous êtes éligible au prélèvement libératoire forfaitaire de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire que vous allez payer votre impôt sur le revenu via un taux forfaitaire de 2,2 % directement sur le chiffre d'affaires. Pour en bénéficier, votre revenu fiscal à N-2 doit être inférieur à 27 478 € pour une personne seule (ou 54 956 € pour un couple).
Les désavantages d'exercer une activité libérale en auto-entrepreneur
Les désavantages d'exercer une activité libérale en auto-entrepreneur se limitent à :
- Un plafond du chiffre d'affaires annuel de 77 700€
- Il n'est pas intéressant d'embaucher un salarié dans votre entreprise, car vous paierez des cotisations sociales sur le chiffre d'affaires supplémentaire généré par cette embauche, ainsi que sur son salaire.
- De plus, si vos frais professionnels sont supérieurs à 34% de vos recettes, il sera préférable d'être au régime réel des Bénéfices Non Commerciaux, pour pouvoir déduire l'intégralité des frais professionnels.
Quelle protection sociale pour un auto-entrepreneur en activité libérale ?
L'auto-entrepreneur est affilié à l'URSSAF ou à la Sécurité Sociale des Indépendants, s'il s'agit de votre activité principale. Si c'est votre activité secondaire et que vous êtes salarié en parallèle, vous serez affilié à la Caisse d'assurance maladie générale. L'auto-entrepreneur fait partie de la catégorie des Travailleurs Non Salariés (TNS). Le taux de cotisations sociales est de 24.6% depuis le 01/01/2025 (26% au 01/01/2026) auquel s'ajoute le taux de la contribution à la formation professionnelle de 0.2%. Cette augmentation s'explique par l'ouverture des droits à la retraite complémentaire.
Le choix du statut d’auto-entrepreneur présente de nombreux avantages pour débuter votre activité professionnelle et créer votre entreprise rapidement. Mais ce statut ne correspond pas à tous les projets. Prenez le temps de réfléchir à votre projet sur le court, moyen et long terme avant de créer une micro-entreprise. Vous avez un doute ? Contactez un conseiller de votre CMA.
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