Chiffres clés de l'économie en Bretagne
Combien d'habitants compte la Bretagne ? Quel est le nombre d'entreprises et de commerces présents sur le territoire ? Combien d'emplois sont recensés ? Quels sont les principaux partenaires à l'export ?
La CCI Bretagne a publié un document recensant un ensemble de données chiffrées, mises en perspective avec des chiffres nationaux, permettant de situer l’économie bretonne sur une échelle de valeurs.
Les résultats sont classés en 15 thématiques couvrant l’ensemble du champ économique : territoires, construction, formation, démographie, commerce, recherche - innovation, richesse - revenus, tourisme, entreprise, industrie, services, échanges commerciaux, pêche - agriculture, emploi et flux de transport.
On y apprend ainsi que la Bretagne c’est :
- 3 340 379 habitants
- 99,5 milliards d’euros de PIB
- 1 373 081 emplois
- 13 709 industries
- 70 942 entreprises de construction
- 41 072 commerces
- 32 157 exploitations agricoles
- 1 156 navires de pêche
- 4 033 dépôts de marques et brevets
Avec une superficie de 27 208 km2 et composée de quatre départements - le Finistère, les Côtes d’Armor, l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan - la région bretonne comporte d’importants bassins industriels aux activités variées : automobile, aéronautique, électronique, métallurgie, construction, maroquinerie, technologies de l’information et de la communication, agroalimentaire.
Lire aussi: L'Artisanat en Bretagne
Ce dernier domaine la place d’ailleurs au premier rang national des régions agroalimentaires avec en 2021, un chiffre d’affaires de 21, 6 milliards d’euros selon l’agence régionale de développement économique et d’innovation en entreprises, Bretagne Développement Innovation. Après l’Allemagne, la France est le deuxième pays européen en termes de chiffres d’affaires sur ce secteur.
Un Aperçu Historique de l'Industrie Bretonne
La révolution industrielle
Ce territoire a même connu au fil de l’Histoire, une période florissante avec le développement d’activités industrielles très riches notamment la production métallurgique et textile.
Au début du 16e siècle, les premières forges, ces grands ateliers qui fournissent des matériaux à la Marine impériale, commencent à apparaître. Implantés à proximité de forêts et appartenant à de grandes familles de la noblesse, ces ateliers (il y en a eu de prospères dont les Forges de Paimpont dans le Morbihan, les Forges de Salle entre les Côtes-D’armor et le Morbihan, les Forges et Laminoirs de Bretagne à Saint-Brieuc) sont considérés comme les ancêtres des premières cités ouvrières.
L’industrie du textile acquiert ses lettres de noblesse sous l’Ancien-Régime et jusqu’à la fin du 18e siècle. Le lin et le chanvre notamment sont cultivés dans les pays de Léon, du Trégor, de Noyal-sur-Vilaine et Vitré. Le chanvre sert pour l'emballage, la fabrication de textiles mais également pour le cordages et les voiles de grands navires.
Quant au lin, matière plus prisée, elle est exporté via les ports bretons (Brest, Morlaix), destination l’Angleterre, l’Espagne, l’Egypte mais aussi les colonies américaines et françaises. Une main d'œuvre rurale importante, le développement de réseaux commerciaux internationaux et locaux permettent l’émergence d’une économie florissante centrée autour de cette activité.
Lire aussi: Nouvelles règles TVA Royaume-Uni
Dans les communes bretonnes de Dinan, Plougasnelle, Tréguier, Locronan mais surtout de Rennes et Lorient, de nombreuses manufactures voient le jour. Enfin, du 16e au 18e siècle, le commerce du cuir fleurit grâce aux nombreuses tanneries que compte la région, à l’instar de celle du village de Beignon, dans le Morbihan.
A la même période, d’autres secteurs économiques se détachent et donnent vie à d’autres pôles industriels. La filière agroalimentaire se développe avec la production de beurre, de fromages, de salaison de porcs mais aussi de conserves de sardines.
Les progrès et techniques industrielles mis au jour dans les procédés de conservation des aliments - la conserve de sardine est née à Nantes, la Bretagne historique comme elle est désignée mais aussi à Bordeaux - vont permettre l’implantation de nombreuses conserveries le long des côtes bretonnes, dans des villes côtières comme Concarneau, Quiberon ou Douardenez. Cette dernière est ainsi désignée capitale de la conserve ou de la sardine tant les conserveries vont se multiplier entre 1860 et 1900 et exporter ce produit à travers le monde.
L’autre pôle industriel qui va peu à peu croître au cours de la seconde moitié du XIXème siècle est la construction navale et militaire. Une activité qui se façonne et devient stratégique surtout en période de guerre.
Mais l’industrialisation de la Bretagne prend véritablement forme dans les années 1960. En parallèle de ces secteurs traditionnels, des industries plus modernes s’implantent dans la région : métallurgie, chimie, et aussi plasturgie. Ces secteurs renforcent le tissu industriel de la Bretagne autour notamment de la ville de Rennes, devenu un pôle dynamique pour l’industrie technologique et électronique.
Lire aussi: Conditions des subventions sportives en Bretagne
Les Piliers de l'Industrie Bretonne
L’industrie agroalimentaire (IAA)
Elle fait partie des piliers de l’économie de la Bretagne. En 2022, selon la Chambre d’agriculture de la région, la filière représente 41% des emplois industriels de la région. Dans le top 10 des leaders de l’IAA d’après un palmarès des entreprises bretonnes réalisé en 2023 par la CCI Bretagne : le groupe Bigard (viande bovine et porcine) arrive en première place suivi des groupes industriels Eureden (six branches d’activités dont le lait, les légumes, l’œuf) et Cooperl (neuf branches d’activités dont l’abattage, la découpe de porcs, salaisons, alimentation animale).
La métallurgie
Elle occupe également une place non négligeable dans le paysage industriel breton. D’après l’Union des industries et métiers de la métallurgie, la branche regroupe plus de 2200 établissements et emploie 62 000 salariés dans la région. Elle couvre sur tout le territoire, une grande diversité de secteurs, composés notamment de quelques grands groupes et d’un certain nombre de petites et moyennes entreprises (TPE-PME).
Le secteur naval et maritime
Il constitue de nos jours une diversité de marchés (militaire, marine nationale, pêche, le fluvial, les énergies marines ou robotique) et reste un domaine moteur dans la région. D’après l’industrie navale française, plus de 10 000 salariés ont été recrutés en 2022 dans ce secteur, soit 19% des emplois de la filière. Brest et Lorient restent deux sites majeurs et abritent les activités maritimes du groupe Thales et Alcatel-Lucent Enterprise ou celles d’Underwater Acoustics & Drones implantée à Caudan.
La filière automobile
Avec des sites tels que celui de Stellantis de Rennes-La Janais, située dans l’agglomération rennaise, elle est un acteur clé de l’industrie bretonne qui dans la région se concentre autour d’un important réseau d’équipementiers et de sous-traitants.
À ces fleurons de l’industrie bretonne s’ajoutent les industries de télécommunications avec pour principal pôle dynamique, la ville de Rennes. Souvent décrite comme la « capitale » de la Bretagne, elle concentre des activités liées notamment à l’innovation numérique, à la cybersécurité, à l’électronique, aux télécoms. Orange, Thales, Alcatel Lucent ou Canon font partie des entreprises implantées dans la région.
Dynamique de l'Emploi en Bretagne
Selon l’Insee, l’emploi salarié a progressé deux fois plus vite en Bretagne qu’au niveau national (+ 1,2% contre 0,6% entre fin 2022 et fin 2023. Cette distinction transparaît aussi dans une étude de France Travail qui précise qu’au premier trimestre 2023, le taux de chômage de la Bretagne est le second plus faible de France (5,7%).
En termes d’emplois industriels, là encore, la région se démarque du reste de l’Hexagone. Selon une étude de Bpifrance Le Lab portant sur la réindustrialisation dans les régions, la Bretagne possède un taux d'emploi industriel « élevé », même « supérieur à la moyenne nationale, avec un solde de création d'emplois industriels récents positif de 2 804 emplois ».
Lamballe-Armor, Vitré, Quimperlé et Ploërmel sont des bassins d'emploi qui « affichent chacun plus de 30% d'emplois industriels », détaille encore l’étude. Autres singularités : le nombre d'ouvertures nettes de sites industriels dans la région. La Bretagne a connu 15 ouvertures de sites nettes, 126 sièges de start-up industrielles ont également vu le jour, ce qui équivaut à « 5 % des sièges des 2523 startups industrielles françaises » installées dans la région.
Dans son étude « Panorama emploi, compétences et formation de l’interindustrie en Bretagne », l’Opco2i, opérateur de compétences et formation qui représente 29 branches de l’industrie, met en avant la spécificité de l’emploi interindustrie dans la région.
Innovation et Réindustrialisation en Bretagne
Industrie 4.0, villes labellisées French Tech ou clusters spécialisés en IA... En termes d’innovation et de réindustrialisation, la région Bretagne présente de multiples ambitions.
L’écosystème local brille tout d’abord par sa diversité et son dynamisme, avec de jeunes pousses innovantes qui fleurissent dans des secteurs stratégiques à l’instar des énergies renouvelables, la santé numérique et l’intelligence artificielle. Des startups telles que Unseelabs, Leocare, Sekost, Entech mais aussi Cool Roof symbolisent le foisonnement d’un écosystème industriel en plein devenir. Le territoire compte aussi deux Capitales French Tech (French Tech Brest Bretagne Ouest et French Tech Rennes St-Malo).
De plus, avec ses six pôles de compétitivité (Valorial, pôle national Agroalimentaire à Rennes, Images et réseaux, pôle mondial à Lannion, Pôle Mer Bretagne Atlantique à Lannion, Pôle mondial 3 Pôles interrégionaux, à Brest, AtlanPôle Biothérapies, ID4CAR et EMC2), la région Bretagne mise sur la synergie entre acteurs industriels, réseaux d’entrepreneurs mais aussi universités et institutions pour favoriser le développement de projets innovants.
La Recherche et Développement (R&D)
Ainsi, du point de vue de la Recherche, la Bretagne se distingue des autres régions métropolitaines. En 2017, les dépenses intérieures de R&D représentent 1,8 milliard d’euros rapporte une étude de l’Insee, soit 3, 5 de la part d’investissement en R&D dans l’Hexagone.
L’industrie bretonne se démarque aussi grâce à ses projets en énergies marines renouvelables, avec des initiatives dans l’éolien offshore et l’hydrolien, en particulier à partir des ports comme Saint-Malo et Brest, et Saint-Brieuc. Ces technologies contribuent à renforcer l’innovation durable, un axe stratégique pour la région et le plan de réindustrialisation du pays.
En parallèle, les technologies maritimes se sont diversifiées, notamment avec le développement de l’industrie nautique, allant des équipements à la recherche en robotique sous-marine.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population | 3 340 379 habitants |
| PIB | 99,5 milliards d’euros |
| Emplois | 1 373 081 |
| Industries | 13 709 |
| Entreprises de construction | 70 942 |
| Commerces | 41 072 |
| Exploitations agricoles | 32 157 |
| Navires de pêche | 1 156 |
| Dépôts de marques et brevets | 4 033 |
balises: #Pme
