Définition du Poste Budgétaire selon l'INSEE et son Impact sur la Consommation des Ménages

Selon l'INSEE, la structure de consommation désigne « la répartition des dépenses de l'ensemble des ménages ». Il est possible de l'analyser à partir d'un certain nombre d'éléments.

Tout d'abord, la consommation fait l'objet d'un classement en postes, aussi nommés « fonctions », regroupant des biens et services de même catégorie. Ces postes sont au nombre de huit :

  • Alimentation
  • Équipement et entretien du logement
  • Transport
  • Logement
  • Habillement
  • Santé
  • Culture et loisirs
  • Biens et services divers

Ces postes budgétaires correspondent à l'ensemble des dépenses de consommation. Leur niveau est le reflet du budget d'un ménage.

Définition du budget d'un ménage : ensemble des dépenses de consommation d'un ménage.

Ensuite, les coefficients budgétaires représentent la part d'un poste dans l'ensemble des dépenses de consommation. Il s'agit en fait de rapporter les dépenses de chacun des postes à la valeur totale de la dépense de consommation.

Lire aussi: Solutions de Financement du Poste Client

Ainsi, il sera possible de déterminer quelle part l'alimentation représente dans chaque budget et il en sera de même pour les sept autres postes. Chacune des parts de dépenses décrit la structure de la consommation d'un ménage.

Dans la structure de la consommation, il faut également prendre en considération le taux d'équipement des ménages, c'est-à-dire la proportion des ménages détenteurs de biens durables, par opposition aux biens non durables, car périssables (ex. : denrées alimentaires).

Définition d'un bien durable : bien qui n'est pas détruit par sa consommation, mais qui connaît une usure dans le temps. Il s'agit des biens d'équipement des ménages (ex. : un téléviseur).

Le taux d'équipement pour certains biens durables arrive à ce jour à saturation. C'est le cas des réfrigérateurs présents dans près de 98 % des foyers français. La particularité de cet exemple est que la nature de ce bien ne fait pas l'objet de renouvellement, les ménages ayant rarement besoin de deux exemplaires de ce type d'équipement. Pour autant, certains autres biens durables arrivant à saturation peuvent toujours susciter de l'intérêt et faire l'objet de renouvellement. C'est le cas des produits « high-tech » qui peuvent être détenus en plusieurs exemplaires dans un même foyer (ex. : téléviseurs).

Évolution de la Consommation des Ménages depuis 1945

En 1945, la consommation est faible. La France est exsangue et l'offre de biens et de services quasi inexistante. Tout est donc à reconstruire et c'est cette situation qui va relancer la consommation. Ainsi, la période des Trente Glorieuses (1945-1975) est celle de la relance de la croissance économique.

Lire aussi: Découvrez le Restaurant de la Poste à Caraman

Plusieurs raisons expliquent cela. Dans un premier temps, la France a besoin de reconstruire ses infrastructures. Par conséquent, l'État embauche, donnant ainsi du pouvoir d'achat aux ménages et leur permettant de consommer. Notons que le pouvoir d'achat représente la capacité du ménage à consommer des biens et des services grâce à son revenu disponible et que son développement va entraîner, dans un second temps, le phénomène de la consommation de masse. Dès lors, les ménages consomment des produits standardisés en grandes quantités. De nouveaux besoins se créent et, afin de les combler, de nouveaux biens (ou services) sont consommés. Le modèle économique de la division et de la spécialisation du travail (taylorisme, fordisme…) qui s'étend va accélérer le phénomène.

Durant la même période, les stratégies de marketing et de publicité se développent et, selon certains économistes, dont Galbraith, les entreprises dictent les lois du marché et créent un phénomène de surconsommation. Après 1975, la situation économique de la France, et plus généralement celle des pays à économie de marché, se dégrade. Les différents chocs pétroliers provoquent des phénomènes économiques néfastes à la croissance (inflation, chômage) accentués par une croissance démographique en berne.

Dès lors, la consommation progresse moins vite et, en ce qui concerne le pouvoir d'achat, la période est beaucoup moins dynamique. La structure de la consommation des ménages se modifie. La part attribuée à l'alimentation perd du terrain au profit des loisirs, de l'équipement et des transports. Les désirs des ménages se déplacent vers des besoins secondaires, moins impérieux. Par ailleurs, l'amélioration de l'accès aux soins et le vieillissement de la population ont contribué à l'augmentation des dépenses de santé, ce qui s'est fait sentir dans les modes de consommation.

À partir des données de l’Insee, nous pouvons retracer l’évolution de la consommation des Français depuis les années 1950. Entre 1959 et 2023, la consommation des Français a augmenté chaque année, sauf en 1993, 2012 et en 2020. L’augmentation n’a pas été continuellement la même.

Pendant les Trente Glorieuses, de l’après-guerre au premier choc pétrolier de 1973, l’augmentation annuelle moyenne de la consommation a été de 4,1 % au niveau individuel. Depuis, la croissance a été beaucoup moins dynamique à environ 1,9 % par an, ce qui représente néanmoins une multiplication par un peu plus de deux du volume de consommation depuis 1975.

Lire aussi: Fiche de Poste : Responsable Informatique

La progression globale recouvre de profonds changements dans la répartition du budget des ménages entre les différents postes de dépenses. Cela provient du fait que les besoins alimentaires des individus ne sont pas extensibles indéfiniment, même si la qualité de l’alimentation peut augmenter.

La part en valeur des dépenses d’alimentation (y compris le tabac), est passée de 29 % du budget de consommation en 1960 à 15,9 % en 2023. Le poids de l’alimentation est d’autant plus élevé que le niveau de vie des ménages est faible. Les 10 % des ménages qui ont le niveau de vie le plus faible consacrent une part bien plus importante à l’alimentation à domicile que pour les 10 % qui ont le niveau de vie le plus élevé. Depuis le début du siècle, si les écarts entre riches et pauvres augmentent à nouveau et l’alimentation est particulièrement touchée.

Répartition des dépenses des ménages par type de ménage

Selon une étude du CREDOC en 2022, 16 % de personnes déclaraient ne pas manger à leur faim.La part budgétaire consacrée au logement (y compris l’énergie et l’ameublement) a progressé sensiblement entre 1960 (24 %) et 1975 (30 %).

Le taux d’équipement des ménages en automobiles était de 30 % en 1960. Il en a résulté une part croissante des dépenses d’utilisation des véhicules personnels dans le budget des ménages à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Cependant, la tendance est depuis 20 ans plutôt à une baisse de la consommation allouée au transport. Cela s’explique par le développement des transports en commun, les nouvelles générations qui sont moins enclines à posséder une voiture que leurs ainés. La hausse du poids du transport dans le budget des ménages a été liée à la hausse des distances parcourues plus qu’à la hausse du prix du carburant relativement aux revenus. Par exemple, en 1973, une heure de travail au SMIC permettait d’acheter 3 litres d’essence.

Les volumes relatifs de consommation en transports collectifs sont en augmentation. Ce recul de la part budgétaire semble illustrer l’effet de la hausse du niveau de vie moyen sur la part des dépenses nécessaires : au-delà d’un certain seuil de revenu, le budget en habillement des ménages ne progresse pas dans les mêmes proportions que leur revenu.

Autre point important, depuis plusieurs années déjà, la consommation de vêtements neufs est en net recul. La faillite de plusieurs marques de prêt-à-porter le prouve (Kookaï, Naf Naf, André, Kaporal, etc.).

Alors qu’en 2023, la santé représentait près de 9 à 10 % du PIB français, les dépenses de santé prises en charge directement par les ménages ne représentent que 3,8 % de leur budget.

Dans cet ensemble, la consommation de communication est celle qui a augmenté le plus vite, notamment depuis le milieu de la décennie 1990 avec la téléphonie mobile et Internet.

Les dépenses « pré-engagées », ou dépenses contraintes, sont les dépenses difficilement négociables à court terme, qui dépendent d’un contrat signé.

Les Lois d'Engel

Ernst Engel, statisticien prussien, a établi les lois d'évolution de la consommation à partir des études qu'il a réalisées. Son objectif était de démontrer que le niveau de vie des ménages influence la manière de consommer. Il a démontré que les revenus les plus modestes sont (logiquement) davantage préoccupés par les besoins primaires. Par conséquent, leur budget est consacré en priorité aux dépenses alimentaires et au logement.

Si le revenu de ces mêmes ménages augmente, alors :

  • la part consacrée à l'alimentation et au logement diminue au profit de celle attribuée aux loisirs et à la culture. Le budget laisse davantage de place aux besoins moins impérieux et les ménages réalisent, selon Engel, des « dépenses de luxe » ;
  • la part attribuée à l'habillement reste stable ou augmente faiblement.

Zoom sur… les Ménages et leur Équipement Informatique

Ces dix dernières années, la proportion de ménages français disposant d'un accès Internet à la maison est passée de 12 % à 64 %. Les mieux équipés (Internet haut débit) ne sont pas toujours les plus aisés, mais les plus jeunes. En revanche, le taux d'équipement en informatique est conditionné par les revenus. Les chômeurs demeurent en l'espèce les plus faiblement équipés. Par conséquent, il est évident que la fracture numérique se réduit, mais, selon le niveau d'étude et de revenus, les inégalités persistent.

Ainsi, l'Internet mobile a été longtemps, l'un des équipements « réservés » aux plus hauts revenus.

[EcoDroit] M2-M3 - Principales tendances de consommation des ménages | Mission 3

balises: #Insee

Articles populaires: