Les aides financières pour les jeunes entrepreneurs en France : Guide complet

Pour démarrer son activité, l'apport en capital est souvent le premier obstacle. Heureusement, de nombreuses aides financières et dispositifs d'accompagnement sont disponibles pour les jeunes entrepreneurs en France. Cet article vous guide à travers les principales options, des aides nationales aux initiatives régionales, en passant par les dispositifs spécifiques pour les femmes entrepreneures.

Aides financières pour les jeunes entrepreneurs

Les aides nationales pour les jeunes entrepreneurs

L'Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprises (ACRE)

Accessible aux jeunes de 18 à 25 ans, l'Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprises (Acre) vous permet de bénéficier d'une exonération totale ou partielle de charges sociales pendant les 12 premiers mois de votre activité. Cette aide pour jeunes entrepreneurs est très populaire, car le dossier de demande d’ACRE est simple à remplir et à envoyer.

De plus, L’ACRE permet notamment :

  • De baisser ses taux de cotisations sociales de 50 % pour les micro-entreprises ;
  • Une exonération partielle ou dégressive (selon le revenu annuel du bénéficiaire).

Si le revenu dépasse 47 100 € (plafond annuel de la Sécurité sociale), l’exonération de cotisations sociales ne s’applique pas. Attention aux conditions pour toucher l’ACRE.

➡️ Pour obtenir l’ACRE en micro-entreprise, remplissez le formulaire de demande d’ACRE et envoyez-le en même temps que la création de votre d’entreprise. Pour les autres statuts juridiques, l’exonération est automatique.

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L’Acre est ouverte aux personnes qui créent ou reprennent une activité professionnelle ou qui entreprennent l'exercice d'une autre profession non salariée :

  • Soit à titre indépendant : création ou reprise d'une entreprise individuelle (EI), hors micro-entreprise. L'activité exercée peut être industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole.
  • Soit sous la forme d'une société (SARL/EURL, SAS/SASU, SA, etc.) à condition d'en exercer effectivement le contrôle.

Par ailleurs, les conjoints collaborateurs qui ont opté pour l’assiette avec partage des revenus du chef d’entreprise, peuvent également bénéficier de l’exonération Acre (à condition que l’exonération Acre du chef d’entreprise soit en cours). Ainsi, l’exonération Acre s’appliquera de façon automatique sur la part de revenu du conjoint collaborateur, pour la durée d’exonération du chef d’entreprise restant à courir.

Le contrôle effectif est admis si vous respectez l'une des conditions suivantes :

  • Vous détenez, personnellement ou avec votre époux/se, votre partenaire de Pacs, votre concubin(e) ou vos ascendants et descendants, plus de 50 % du capital, dont au moins 35 % à titre personnel.
  • Vous dirigez la société et détenez, personnellement ou avec votre époux/se, votre partenaire de Pacs, votre concubin(e) ou vos ascendants et descendants, au moins 1/3 du capital, dont au moins 25 % à titre personnel, sous réserve qu'un autre associé ne détienne pas plus de 50 % du capital.
  • Les demandeurs qui détiennent ensemble plus de 50 % du capital, à condition qu'un ou plusieurs d'entre eux soient dirigeant et que chaque demandeur ait une part de capital égale au moins à 1/10e de la part du principal associé.

Cette condition relative au contrôle doit être remplie pendant au moins 2 ans à compter de la création/reprise de l'entreprise. Dans le cas contraire, l'Urssaf peut retirer le bénéfice de l'Acre et exiger le remboursement des cotisations dont l'entrepreneur a été exonéré.

Attention Pour bénéficier de l'Acre, vous ne devez pas avoir bénéficié du dispositif au cours des 3 années précédentes (au titre d'une activité antérieure).

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Pendant la période d'exonération, vous acquerrez des trimestres pour la retraite auprès du régime de sa nouvelle activité, en fonction de son revenu.

Le montant de l’exonération dépend du revenu annuel du bénéficiaire (le revenu pris en compte lors de la déclaration des revenus réels) :

  • L'exonération est totale si le revenu professionnel est inférieur à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), c'est-à-dire inférieur à 35 325 €
  • L’exonération devient dégressive si le revenu professionnel est compris entre 75 % et 100 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, c'est-à-dire entre 35 325 € et 47 100 €
  • L'exonération n’est pas applicable lorsque le revenu professionnel atteint ou dépasse le plafond annuel de Sécurité sociale, soit 47 100 €

L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE)

L’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise consiste à percevoir 60 % de vos allocations chômage (ARE) restantes, sous forme de capital. Cette aide financière est versée par France Travail, le jeune entrepreneur doit donc créer une entreprise et être au chômage et avoir obtenu l’ACRE.

L’ARCE n’est donc pas cumulable avec l’ARE, mais vous pouvez commencer à toucher vos droits, si votre activité s’arrête.

Percevez l’ARCE en 2 versements : le premier, lorsque votre dossier est validé et le second, 6 mois après la date de création ou de reprise d’entreprise.

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Les prêts d’honneur

Les prêts d’honneur sont des prêts à taux zéro accordés sur la base de critères pédagogiques et sociaux plutôt que financiers. Ils permettent de renforcer les fonds propres sans apport personnel.

Plusieurs structures proposent ce type de prêts comme Réseau Entreprendre, Initiative France, France Active ou encore BGE. Les montants varient généralement de 5 000 à 50 000 €. L'avantage est de consolider son plan de financement sans diluer son capital. Le remboursement se fait sur 2 à 5 ans après un différé de remboursement.

Prêt d'honneur

Le Contrat au Projet d’Appui d’Entreprise (CAPE)

Le CAPE est une aide financière ou matérielle pour jeune entrepreneur. Il s’agit d’un contrat d’1 an renouvelable une fois signé avec une entreprise ou une association qui vous accompagne pendant votre projet :

  • Vérifier la faisabilité et la solidité d’un projet.
  • Accompagnement à la reprise ou à la création d’une entreprise.
  • Accompagnement au développement stratégique, aides à l’embauche d’un premier salarié, etc.

La contrepartie ? Le jeune entrepreneur doit suivre un programme de préparation à la création ou à la reprise et à la gestion d’entreprise.

Attention Notez que le CAPE n’est pas un contrat de travail.

L’Adie

Ce dispositif d’aide à la création d’une entreprise jeune, fonctionne sur le principe du micro-crédit (jusqu’à 12 000 € par projet). De plus, l’Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) propose des accompagnements gratuits avec des spécialistes à la création d’entreprise à votre disposition.

La prime de 1 000 € pour les jeunes entrepreneurs

Cette prime forfaitaire de 1 000 € pour les jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans est complémentaire (et pas automatique). Il s’agit d’une subvention pour jeunes entrepreneurs conditionnée à l’obtention d’un micro-crédit de l’Adie de 1 000 €, en plus de remplir certaines conditions listées sur le site de l’Adie (résider en ZRR ou en Quartier Prioritaire, être demandeur d’emploi de plus de 12 mois, travailleur en situation de handicap, etc.).

Attention Cette prime de l’État remplace la prime aux jeunes entrepreneurs de 3 000 €.

Utiliser son épargne salariale pour créer son entreprise

Enfin, une autre forme d’aide aux jeunes entrepreneurs, est d’utiliser votre épargne salariale (participation ou PEE). Pour financer votre jeune entreprise avec l'épargne salariale, il y a tout de même quelques conditions à respecter.

Aides pour les jeunes femmes entrepreneuses

Voici une liste d’aides dédiées aux femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat.

Wom'energy du Réseau Entreprendre

Il s’agit d’un programme d’accompagnement et d’un prêt d’honneur pour soutenir les jeunes entrepreneuses à développer leur projet, peu importe leur avancement. Le montant du prêt évolue de 15 000 € à 50 000 €.

Le Réseau Entreprendre est composé de mentors chefs d’entreprises pour aider les entrepreneures et entrepreneurs à réussir.

La garantie ÉGALITÉ femmes

Ce dispositif de garantie bancaire est mis en place par le réseau France Active et a pour objectif d’aider les jeunes entrepreneuses à obtenir des financements pour leur entreprise (investissements dans l’entreprise ou besoin en fonds de roulement). Le montant de la garantie bancaire peut aller jusqu’à 80 % d’un prêt, dans la limite de 50 000 €. Son coût est de 2,5 % du montant garanti.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l'association France Active.

Les concours pour jeunes entrepreneuses

  • Le concours « 101 femmes entrepreneures », organisé par la BPI et dédié aux jeunes entrepreneures porteuses d’un projet de moins de 3 ans. Les lauréates ont accès à un bootcamp et un accompagnement spécifique.
  • “Créatrices d’avenir” est un prix du réseau Initiative Île-de-France, d’une dotation de 60 000€ (numéraire, accompagnement, coaching, etc.).
  • “Les ambitieuses” est un programme d’accompagnement sur 9 mois, pour aider les jeunes entrepreneures à développer leur startup. Organisé par La Ruche, le programme inclut du mentorat, l’accès à des événements ou encore à un réseau.

Les aides régionales pour les jeunes entrepreneurs

Il existe d’autres aides régionales, attribuées aux jeunes entrepreneurs souhaitant s’implanter localement :

  • L’exonération en zone franche urbaine (ZFU) permet d’être exonéré d'impôts sur les bénéfices pendant les 5 premières années suivant la création de l’entreprise, selon certaines conditions ;
  • Les aides à la reprise d’un commerce en zone rurale peuvent porter sur des exonérations et abattements d'impôts, mais aussi des aides financières pour reprendre un commerce en zone rurale.
  • Le dispositif d’exonérations de charges sociales en ZRR permet à l’entreprise d’être exonérée de certaines charges sociales patronales pendant 12 mois pour l’embauche de certains salariés.

Notez qu’il existe des aides régionales pour les jeunes entrepreneurs ou des crédits d’impôts, spécifiques à votre région et à votre projet : PAT (prime d’aménagement du territoire pour l’industrie et les services, partenariats régionaux d’innovation, etc.).

Par exemple :

  • Pass création pour la région Centre-Val de Loire ;
  • Chéquier starter pour les Hauts-de-France ;
  • Entrepreneur#Leader pour l’Ile-de-France.

Les accompagnements pour jeunes entrepreneurs

Étudiant-entrepreneur

Vous êtes étudiant(e)s ou jeunes diplômé(e)s ? Vous êtes porteurs d'un projet entrepreneurial ? Vous pouvez prétendre au statut national d'étudiant(e)-entrepreneur.

Le statut offre la possibilité de mener conjointement vos études et votre projet professionnel.

Il est accordé sur commission, par les membres du Pépite et des responsables pédagogiques. Il permet notamment :

  • D’être accompagné par un enseignant et un référent externe.
  • Accéder à un coworking partenaire.
  • Se substituer au stage et aménager ses horaires pour développer son projet.

J.E.U - Jeune entreprise universitaire

L’objectif de la Jeune entreprise universitaire est d’aider les jeunes entrepreneurs à passer leur première année d’activité, en accordant des allégements fiscaux et des exonérations fiscales.

C’est un statut réservé aux étudiants et aux enseignants-chercheurs, il faut donc être :

  • Une PME depuis moins de 8 ans ;
  • Dirigée au moins à 10 % par des étudiants, diplômés depuis moins de 5 ans ou des enseignants-chercheurs ;
  • Lié à un établissement d’enseignement supérieur ;
  • Indépendant.

Les allégements fiscaux vont de 50 % à 85 %.

Rendez-vous sur le site de l’URSSAF pour plus d’informations.

Le dispositif “1jeune 1mentor pour Entreprendre”

Ce programme de mentoring est ouvert aux jeunes entrepreneurs de 18 à 30 ans, pour une durée d’au moins 6 mois, afin de les aider à mieux s’insérer professionnellement. Il est mis en œuvre par le Moovjee, qui propose également des programmes plus larges d’accompagnement pour les jeunes porteurs de projet.

Les missions locales

Présentes dans de nombreuses villes, les missions locales peuvent accompagner les jeunes entrepreneurs dans leur projet (de 16 à 25 ans).

Les aides pour se lancer comme jeune entrepreneur (formation et réseau)

« Je deviens entrepreneur »

Ce programme de formation de 2 semaines (ou 35 h) est ouvert à tous les jeunes entrepreneurs, pour passer de l’idée entrepreneuriale à la création d’une entreprise. Cette formation est prise en charge par l'Adie vous n’avez donc rien à payer.

Vous apprenez à :

  • Réaliser une étude de marché ;
  • Développer votre réseau relationnel et professionnel ;
  • Choisir votre statut juridique ;
  • Calculer votre chiffre d’affaires prévisionnel ;
  • Trouver vos premiers clients.

Aucune exigence de formation ou d'expérience professionnelle préalable n'est exigée.

Entrepreneur#Leader

Cet accompagnement pour jeunes entrepreneurs franciliens de moins de 26 ans, est proposé par la Région Ile-de-France. Il repose sur un réseau d’experts qui vous aident à :

  • Créer votre entreprise : business plan, validation des éléments financiers, choix du statut juridique, mentor et entraînement à pitcher ;
  • Structurer votre projet financièrement : aide à trouver les bons financements, passage devant un comité d’agrément, accès au micro-crédit, PTZ, etc. ;
  • Diriger votre entreprise : outils de pilotage, partage d’expérience, développement du réseau professionnel, etc. ;

Le dispositif est payant : 75 €, puis 90 € pour la 3e étape.

Les aides pour développer son réseau de jeune entrepreneur

Une autre forme d’aides pour les jeunes entrepreneurs concerne les réseaux professionnels pour les jeunes entrepreneurs et les concours :

  • Le BGE accompagne les très petites entreprises à créer une entreprise et la développer, grâce à un système de mentorat, et ce, peu importe le stade d’avancement.
  • Initiative France est un réseau local d’entrepreneurs qui propose une solution de prêt (10 000 €) et des accompagnements personnalisés.
  • Le réseau Moovjee accompagne les entrepreneurs de 18 à 30 ans sur la base du mentorat et en remettant des prix annuels jusqu’à 10 000 €.
  • Les clubs d’entrepreneurs de votre Chambre de commerce - CCI ou CMA comme PLATO ou ALIZE.
  • Le prix Pépite pour les jeunes diplômés et entrepreneurs étudiants développant un projet innovant (et la communauté de jeunes entrepreneurs Pepitzy). Les prix vont de 2 000 € à 5 000 €.

Les aides pour les entrepreneurs d’Outre-Mer

Si vous êtes en outre-mer, vous bénéficiez d’exonérations spécifiques différentes de l’Acre. L'Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) est un dispositif visant à encourager les entrepreneurs à créer ou reprendre une entreprise.

Le bénéficiaire de l'Acre profite d'une exonération de cotisations sociales pendant 12 mois. L'exonération peut être totale ou partielle.

Il s'agit d'une exonération des cotisations d'assurance maladie, maternité, retraite de base, vieillesse, invalidité, décès et d'allocations familiales.

L'Acre ne doit pas être confondue avec les 2 dispositifs suivants :

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