Le Financement du Rassemblement National : Défis et Sources Étrangères

Le Rassemblement National (RN), anciennement connu sous le nom de Front National, a souvent été confronté à des difficultés pour financer ses campagnes politiques. En raison de ces obstacles, le parti a dû se tourner vers des sources de financement étrangères, suscitant des interrogations et des controverses.

Perquisition en cours au siège du Rassemblement national pour des soupçons de financement illicite

Les Difficultés de Financement auprès des Banques Françaises

Au mois de septembre, le Rassemblement national a envoyé des demandes d’emprunt pour sa campagne des élections européennes à six groupes bancaires. Trois réponses et autant de refus, les autres demandes restant pour l’instant lettre morte. Rien de bien neuf sous le soleil frontiste. Face à ces difficultés, le RN a souvent eu recours à des emprunts auprès de particuliers, une stratégie ancienne qui permet de contourner le système bancaire traditionnel.

Erwan Lecœur explique que cette pratique a plusieurs avantages pour le RN :

  • Faire oublier les banques russes et autres banques non-françaises qui ont financé le Front national puis le Rassemblement national.
  • Mettre le Rassemblement national dans une posture de victime, face à un système qui ne voudrait pas lui prêter d'argent.
  • Éviter que les militants et sympathisants ne posent trop de questions sur la gestion financière du parti.

Le RN est largement financé par le financement public, comme tous les partis, puisque le financement public en France dépend des législatives. Or, le rassemblement national, désormais, a un nombre important de députés.

Le Prêt Russe de 2014 : Une Source de Controverse

En 2014, le parti politique, qui s'appelait encore le Front national, avait emprunté 9 millions d'euros auprès d'une obscure banque russe, afin de financer la campagne des régionales de 2015. Ce prêt est devenu un boulet politique pour Marine Le Pen et les siens, venant renforcer les soupçons de collusion politique avec la Russie de Vladimir Poutine.

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Emmanuel Macron a souligné que l'établissement est directement lié au Kremlin. Gérald Darmanin a précisé que ce prêt a été obtenu "non pas auprès d'une banque lambda russe mais auprès de gens qui étaient très proches du pouvoir russe, en lien direct avec le pouvoir de Bachar al-Assad en Syrie."

Alexey Navalny a affirmé que "Cette banque est une agence de blanchiment d'argent bien connue qui a été créée à l'instigation de Poutine".

La First Czech Russian Bank (FCRB) a été créé en 1996 puis reprise par le groupe pétrolier Stroytransgaz. Elle fera faillite en 2016 après avoir vu sa licence révoquée par la banque centrale russe. Son directeur général est arrêté quelques mois plus tard, accusé de détournements de fonds.

Marine Le Pen et Vladimir Poutine

Marine Le Pen et Vladimir Poutine à Moscou en 2017

Jean-Luc Schaffhauser, ex-député européen proche de Marine Le Pen, a joué un rôle clé dans la négociation de ce prêt, utilisant ses connexions en Russie.

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La créance est désormais détenue par le groupe russe d'aéronautique Aviazapchast, sanctionnée en 2020 par les Etats-Unis pour avoir exporté des armes notamment vers la Syrie.

Le Prêt Hongrois de 2021

Lors de la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen avait contracté un prêt de près de 10,7 millions d'euros auprès de la banque hongroise MKB, elle-même majoritairement détenu par des proches du Premier ministre nationaliste de la Hongrie, Viktor Orban.

Marine Le Pen s’est fortement rapprochée ces dernières années de l’ultraconservateur Viktor Orbán, qui lui permet de s’assurer un soutien sur la scène politique européenne. MKB, la banque ayant fini par accorder à Marine Le Pen le prêt tant attendu, est majoritairement détenue par des proches de Viktor Orbán : son ami d’enfance Lőrinc Mészáros, ainsi que l’homme d’affaires progouvernement Szíjj László.

Marine Le Pen et Viktor Orbán

Marine Le Pen et Viktor Orbán

Les Affaires Judiciaires et la Gestion des Fonds Publics

Le parquet de Paris a requis récemment un procès sur la gestion des fonds publics par le RN. 27 personnes sont suspectées d'utiliser l'argent de l'Union européenne pour rémunérer des assistants travaillant pour le parti. L'accusation porte sur un système de financement, c'est-à-dire le détournement de centaines de milliers d'euros de l'Europe vers le parti, directement vers des gens qui travaillent uniquement pour le parti ou précisément pour Marine Le Pen parfois.

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Le Rassemblement national et le Front national ont géré l'argent d'une façon un peu particulière, en payant relativement cher certains cadres, en faisant en sorte que tout l'argent aille à certains endroits et pas à d'autres.

Perspectives et Défis Futurs

Le Rassemblement national doit rembourser le Parlement européen plus de 3,5 millions d'euros après la décision rendue par le tribunal de Paris dans le procès des assistants parlementaires européens du Front national, devenu RN. Le RN compte s'appuyer sur une subvention annuelle publique conséquente, qui vient de son score aux dernières élections législatives: la formation lepéniste attend environ "14,5 millions" pour cette année.

Source de Financement Montant Statut
Subvention publique annuelle 14,5 millions d'euros Attendue
Emprunts de particuliers 13 millions d'euros À rembourser
Prêt russe (2014) 9 millions d'euros Remboursé (rééchelonné)
Prêt hongrois (2021) 10,7 millions d'euros En cours

Pour la présidentielle de 2027, Kévin Pfeffer prévoit de "commencer à démarcher les banques", tout en reconnaissant qu'il ne nourrit pas de grand espoir au fait que l’on puisse trouver une banque française pour nous financer.

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