Qui a financé les voyages de James Cook ?

James Cook, né le 27 octobre 1728 en Angleterre, est un navigateur, explorateur et cartographe britannique dont les expéditions ont profondément marqué l'histoire de l'exploration du Pacifique. Ses voyages, d'une importance capitale pour la science et la navigation, ont été rendus possibles grâce au soutien financier et logistique de plusieurs institutions clés.

James Cook
James Cook

En 1763, à la fin de la guerre de Sept Ans, dynamisées par leur expansion économique et démographique, les îles britanniques reprennent en main l’organisation et le financement des expéditions vers le Pacifique. Ce dernier est resté longtemps une tache blanche sur la carte. C’est pour les Européens l’endroit de tous les dangers, des plus grandes curiosités et de tous les espoirs.

Le rôle de la Royal Society et de l'Amirauté

En 1768, la Royal Society charge James Cook d’explorer l’océan Pacifique Sud avec pour principales missions l’observation du transit de Vénus du 3 juin 1769 et la recherche d’un hypothétique continent austral. Il s’agit de partir à « la découverte de pays inconnus » et de développer « la connaissance de contrées lointaines déjà découvertes mais imparfaitement explorées » car « il y a des raisons de penser qu’un continent ou une terre très étendue existe au sud ». Selon les savants, ce continent se serait trouvé dans les hautes latitudes au sud de cet océan.

En 1765, Thomas Hornsby, professeur d’astronomie à Oxford, formule l’idée d’une co-organisation entre Amirauté et Royal Society pour monter l’expédition de 1769, qui servirait à la fois les intérêts de la science et ceux du gouvernement. En novembre 1767, la Royal Society crée une commission sur le Transit de Vénus. La décision est prise d’envoyer des observateurs dans la baie d’Hudson, au Cap Nord en Norvège et dans l’océan Pacifique. Très rapidement, trois questions se posent. Tout d’abord, comment financer cette expédition ? La Royal Society en appelle au roi et à son sens patriotique, soulignant dans un mémoire daté de février 1768 que l’Angleterre ne saurait souffrir de laisser passer une telle occasion de s’imposer dans le domaine de la science.

George III consent à fournir un navire, ainsi que £4000 pour faire face aux dépenses. Puis, où, exactement, envoyer une expédition dans le Pacifique, et enfin, à qui en confier la direction ? L’arrivée du Dolphin de Samuel Wallis en Angleterre le 20 mai 1768 fournit une réponse à la première question. Ce sera Tahiti, qui a l’avantage de se trouver exactement au milieu de la zone d’observation définie par l’astronome royal Nevil Maskelyne. La seconde question est plus délicate.

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Le 5 mai, la Royal Society le charge officiellement de l’observation du transit de Vénus. Avec lui, est nommé Charles Green, astronome de profession, assistant des astronomes royaux James Bradley et Nathaniel Bliss à l’Observatoire de Greenwich.

En avril 1768, l’Amirauté s’est procuré un navire, le Earl of Pembroke, rebaptisé Endeavour. C’est un charbonnier issu des chantiers de Whitby, le type même de navire sur lequel Cook a commencé sa carrière de marin, et qu’il connait très bien. Jusqu’au 18 mai, il est préparé dans les chantiers de Deptford, puis commence l’approvisionnement en matériel, en vivres et en hommes. Au total, ce sont quatre-vingt-cinq hommes d’équipage qui sont recrutés, parmi lesquels douze fusiliers marins.

Le 30 juillet, Cook reçoit ses instructions de l’Amirauté. Banks et Solander ne rejoignent le navire que le 26 août. Ce même jour, l’expédition quitte l’Angleterre. En juillet 1771, après presque trois ans d’absence, l’Endeavour est de retour.

  • Premier voyage (1768-1771) : Financement axé sur l'observation du transit de Vénus et la recherche de la Terra Australis.
  • Deuxième voyage (1772-1775) : Objectif de réfuter l'existence d'un continent austral majeur.
  • Troisième voyage (1776-1779) : Recherche d'un passage maritime au nord de l'Amérique.

Préparatifs et équipement

Très rapidement, il est question d’un second voyage dans le Pacifique. Dans une lettre à John Walker datée du 13 septembre 1771, Cook mentionne le projet et signale que le commandement pourrait lui en être confié. Le 25 septembre, l’Amirauté se met en quête de deux nouveaux navires et associe Cook à la recherche. Tout comme pour l’Endeavour, les navires choisis sont des charbonniers de Whitby, dont l’énorme capacité de stockage et le faible tirant d’eau se sont avérés des atouts importants dans l’expédition précédente. Ainsi, en novembre 1771, le Marquis of Granby et le Marquis of Rockingham sont achetés.

Ce nouveau voyage, dont le départ est prévu pour mars 1772, a pour but de mettre un terme à la vieille querelle sur l’existence d’un continent austral dans le Pacifique. Le premier voyage n’avait pas permis de clore définitivement le débat, bien que Cook soit arrivé à la conclusion qu’une telle étendue de terre ne pouvait se trouver que dans des latitudes sud très élevées qu’aucun navire n’avait encore sillonnées. Dans un mémoire remis en février 1772 au premier Lord de l’Amirauté, Lord Sandwich, Cook propose de traverser le Pacifique dans des latitudes comprises entre 40° et 60° sud, du Cap de Bonne-Espérance au Cap Horn, et d’utiliser la Nouvelle-Zélande et Tahiti comme bases de ravitaillement et de relâche l’hiver, avant de poursuivre toujours vers l’est et de rejoindre le Cap de Bonne-Espérance. Cet itinéraire sera repris par l’Amirauté dans ses instructions, preuve de la confiance que les dirigeants de cette institution ont alors en Cook.

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En début d’année 1772, les deux navires recrutent leur équipage. À bord du Resolution, un total de cent douze hommes, répartis en quatre-vingt-douze marins et dix-huit fusiliers marins, viennent se mettre aux ordres de Cook. Parmi les officiers, Robert Palliser Cooper, un parent de Sir Hugh Palliser, est premier lieutenant. Charles Clerke et Richard Pickersgill, tous deux déjà présents sur l’Endeavour, sont respectivement second et troisième lieutenants. À bord de l’Adventure, quatre-vingt-un membres d’équipage, dont douze fusiliers marins, rejoignent le capitaine Tobias Furneaux, qui avait voyagé précédemment avec Samuel Wallis à bord du Dolphin. Le premier lieutenant est Joseph Shank. De santé fragile, il obtiendra la permission de quitter l’expédition au Cap en octobre 1772, et sera remplacé par Arthur Kempe jusqu’alors second lieutenant.

Vers la fin du mois de juin 1772, le Resolution est prêt à prendre la mer. Le 22 de ce mois, le navire quitte Sheerness pour Plymouth où il arrive le 3 juillet. L’Adventure l’y attend depuis le mois de mai. Cook y reçoit ses instructions et le 13 juillet, les deux navires quittent l’Angleterre pour le Cap de Bonne-Espérance. Le 30 juillet 1775, après trois ans et dix-huit jours de voyage, le Resolution est de retour.

Dès le 9 août, Cook est promu capitaine de vaisseau et nommé comme quatrième capitaine de l’hôpital royal de Greenwich, poste honorifique qu’il n’accepte qu’à la condition de pouvoir repartir en mer si ses services sont requis. […] le sort me conduit d’un extrême à l’autre. La question d’un troisième voyage fait rapidement surface. Le but en est ici aussi double. Il s’agit notamment de ramener Omai chez lui. Le jeune homme originaire de Raiatea et embarqué en octobre 1773, à bord de l’Adventure du capitaine Furneaux, était, depuis son arrivée en Angleterre, la coqueluche du tout-Londres.

Mais ce voyage est aussi l’occasion de résoudre une autre des grandes énigmes qui persistent encore à la fin du xviiie siècle : l’existence d’un canal navigable à travers le continent américain, qui permettrait de joindre les océans Atlantique et Pacifique, de la baie d’Hudson à un point quelque part au nord de la Californie. De nombreuses tentatives avaient été jusque-là menées depuis la côte atlantique, à partir des baies de Baffin et de Hudson mais sans résultat probant. Au xvie siècle, Francis Drake avait recherché le dit passage depuis sa Nouvelle-Albion des côtes californiennes, en vain. Plus récemment, en 1764, cela avait été la mission du commodore Byron à bord du Dolphin, mais celui-ci avait changé ses plans, une fois arrivé dans le Pacifique.

Pour ce voyage, deux navires sont de nouveau prévus. Le Resolution est remis en état et l’Amirauté se met en quête d’un nouveau navire en remplacement de l’Adventure. En janvier 1776, Cook est consulté et très vite le Diligence, un autre charbonnier de Whitby est acheté et rebaptisé Discovery. Le 10 février, Cook demande officiellement à diriger l’expédition, ce que les Lords de l’Amirauté acceptent avec empressement. Jusqu’à l’été 1776, les navires sont préparés et équipés dans les chantiers navals de Deptford. On procède également au recrutement de l’équipage : cent douze hommes pour le Resolution, soixante-dix pour le Discovery. John Gore, vétéran du Dolphin avec Byron et Wallis, et qui avait également fait partie de l’équipage de l’Endeavour, est nommé premier lieutenant à bord du Resolution. Les second et troisième lieutenants sont respectivement James King et John Williamson. L’équipe scientifique est des plus réduites, puisque les observations astronomiques sont à la charge de Cook et King et la partie botanique est confiée à William Anderson, chirurgien du navire et naturaliste confirmé. Charles Clerke, qui avait pris part aux trois expéditions de Cook, est nommé capitaine du Discovery. Il est secondé par James Burney et John Rickman, respectivement premier et second lieutenants.

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James Cook

Voyages de Cook
Les voyages de Cook : le premier voyage est en rouge, le second en vert, le troisième en bleu. La route de l’équipage de Cook après sa mort est représentée par une ligne bleue en pointillés.

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