Qui finance le congé parental en France ?
La naissance d’un premier enfant est un moment rempli d'excitation, mais soulève également des questions financières importantes. En France, le congé parental permet aux parents de suspendre temporairement leur activité professionnelle pour s'occuper de leur enfant. Cet article explore les aspects financiers du congé parental, les allocations disponibles et les réformes envisagées.
Qu'est-ce que le congé parental ?
Le congé parental permet aux parents de suspendre temporairement leur activité professionnelle pour élever leur enfant. La durée de congé parental lors de la naissance du premier enfant la plus commune est d’un an par parent, mais peut monter jusqu’à trois ans suivant différents critères, tels que le nombre d’enfants à charge. Il est à noter que les deux parents peuvent prendre un congé parental simultanément ou alternativement. Pendant cette période, les parents sont protégés contre le licenciement.
Remarque : un salarié licencié pendant ou à la fin de son congé parental ne peut l’être que pour un motif sans rapport avec le congé parental (motif économique ou faute grave, par exemple).
Congé parental, se poser les bonnes questions - La Maison des Maternelles
Les allocations du congé parental : droit et conditions
Afin d’assurer un certain niveau de revenus aux parents, le congé parental est indemnisé en France, via le versement de ce qu’on appelle la PreParE (Prestation Partagée d’Education de l’enfant). Son montant est le même pour tous, quelle que soit l’activité professionnelle exercée et le niveau de revenus. La PreParE est versée par la Caf (Caisse d’Allocations Familiales).
La Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)
La Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) est une aide financière versée aux parents par la Caisse d’allocation familiale (Caf) ou la MSA (mutualité sociale agricole), lorsqu’ils cessent ou réduisent leur activité professionnelle dans le but de s’occuper d’un ou plusieurs de leurs enfants de moins de 3 ans.
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Conditions d'attribution de la PreParE
Cette aide financière est octroyée aux personnes qui remplissent les conditions suivantes :
- La PreParE peut aussi bien être attribuée à la mère, au père ou les deux en même temps ou successivement.
Montants de la PreParE (jusqu'au 31 mars 2023)
Le montant de la PreParE est lié à la situation du parent demandeur (montants jusqu'au 31 mars 2023) :
- Son montant mensuel est de 422,20 euros si le parent a totalement interrompu son activité professionnelle.
- Son montant mensuel est de 272,94 euros si le parent est à temps partiel (50 % maximum).
- Son montant mensuel est de 157,44 euros si le parent est à temps partiel entre 50 % et 80 %.
Au sein d’un couple, les deux parents peuvent cumuler leur PreParE mais le montant total des deux aides ne doit pas dépasser 422,20 euros.
PreParE majorée
Certains parents peuvent bénéficier de la PreParE majorée dès lors qu’ils remplissent les conditions suivantes:
- Avoir au moins 3 enfants à charge.
- Avoir cessé de travailler.
- Avoir validé au moins 8 trimestres de cotisations vieillesse au cours des 5 dernières années.
Le montant de la PreParE majorée est de 690,12 euros par mois (montant jusqu'au 31 mars 2023).
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Autres aides financières
A côté de la PreParE, qui est l’allocation principale, d’autres aides existent qui sont plus ou moins cumulables entre elles : prime à la naissance ou à l’adoption, prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) sous conditions de revenus, … Il est recommandé de se renseigner auprès de sa Caisse d’allocation familiale !
De la maternité à l’âge adulte : le coût d’un enfant
Le ministère des Solidarités et de la Santé estime le coût annuel moyen d'un enfant à 9 000 €, soit un total de 180 000 € engagés par les familles jusqu'aux 20 ans de leur enfant. Selon une étude de l’Insee, l’arrivée d’un enfant augmente en moyenne de 20% le budget d’un foyer : il est donc très important d’être préparé à ces dépenses supplémentaires.
Pour pouvoir faire face à ces coûts élevés (surtout si l'un des parents ou les deux sont temporairement sans emploi), une bonne planification financière est importante. Il faut commencer à planifier avant la naissance afin de pouvoir profiter au maximum du temps passé en famille, sans avoir à se soucier des problèmes financiers.
Conseils pour une bonne planification financière
- Parlez d'argent : faites le point. De combien d'argent disposez-vous par mois et quels sont vos frais fixes ? Pour une meilleure vue d'ensemble, le principe des trois comptes est approprié : un compte commun pour toutes les dépenses liées au foyer et 2 comptes séparés pour chaque parent.
- Occupez-vous de votre prévoyance retraite... : ne suspendez pas votre cotisation pour la retraite pendant le congé parental et assurez-vous un équilibre financier avec un plan d'épargne...
- ...et de l’avenir de votre enfant : vous pouvez également prévoir le futur de votre enfant avec un plan d'épargne. Avec de petites cotisations d'épargne mensuelles, vous pouvez épargner dès la naissance pour les dépenses à venir, comme le permis de conduire, les études …
- Économisez efficacement au quotidien : parfois, il vaut mieux acheter des vêtements ou des jouets d'occasion, surtout si votre enfant est en bas âge. Cela permet d’économiser pas mal d’argent.
- Des horaires de travail flexibles : de plus en plus d'employeurs proposent le travail à distance ou des horaires de travail flexibles qui permettent de concilier plus facilement vie professionnelle et vie familiale.
Réforme du congé parental : vers un "congé de naissance"
Alors que moins de 1 % des pères recourent aujourd’hui au congé parental d’éducation, le Gouvernement amorce une refonte d’ampleur avec l’instauration, au 1ᵉʳ octobre 2025, d’un nouveau “congé de naissance”. Individualisé, mieux indemnisé et non transférable, ce dispositif vise à rééquilibrer la charge parentale tout en réduisant les interruptions de carrière prolongées, notamment chez les mères.
L’Unaf publie un point d’étape. Dès sa nomination, la ministre des Solidarités et des Familles, Aurore Bergé, a évoqué un congé plus court et mieux indemnisé.
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« Dès 2025, nous allons créer un nouveau droit pour les familles. Enfin, un vrai congé familial. On a aujourd’hui un congé qui existe, qui est de deux ans et qui peut aller jusqu’à trois ans s’il est partagé entre les deux parents, indemnisé au maximum à 430 euros par mois. L’idée, c’est de créer un droit en plus, un droit nouveau. Et ce nouveau congé familial sera bien mieux rémunéré pour garantir aux classes moyennes d’y avoir accès. Aujourd’hui, un parent qui gagne 2 000 € ou 3 000 € par mois ne peut pas s’arrêter, alors qu’il vient d’avoir un enfant, et voir, du jour au lendemain, ses revenus tomber à 430 euros. Avec notre réforme, les parents auront enfin les conditions matérielles et financières pour pouvoir s’arrêter et s’occuper de leur bébé dans ses premiers mois, s’ils le souhaitent. Ce sera leur liberté, leur droit, leur choix. C’est une véritable révolution ! Pourquoi ne pas faire coexister l’actuel congé parental avec ce nouveau congé familial ?
« Après l’allongement du congé paternité, je crois profondément que la mise en place d’un nouveau congé de naissance sera un élément utile dans une telle stratégie, congé de naissance qui viendra remplacer le congé parental actuel. D’abord, il sera mieux rémunéré et permettra aux deux parents d’être auprès de leur enfant pendant six mois s’ils le souhaitent. La rémunération prendrait la forme d’une indemnité journalière, soit un pourcentage du salaire antérieur, pourcentage dont le niveau ne serait pas encore arrêté. Une partie serait financée par la Sécurité Sociale avec un plafond mensuel à 1800 euros et pourrait être complétée par l’employeur pour atteindre 100 % du salaire.
Ce futur congé serait un « attelage » entre les congés existants (maternité et paternité) et un complément destiné à permettre aux parents de rester au total 6 mois auprès de leur enfant.
Les 5 points essentiels de la réforme du congé parental 2025-2026
- Création du “congé de naissance” : trois mois pour la mère et trois mois pour le père, droits individualisés et non transférables selon le principe "use it or lose it".
- Indemnisation relevée : allocation équivalente à 50 % du salaire brut, plafonnée à 1 900 € par mois (arbitrage définitif attendu au PLFSS 2025).
- Calendrier et coexistence : entrée en vigueur visée au 1ᵉʳ octobre 2025 ; le CPE classique subsiste pour les naissances antérieures à cette date.
- Enjeux employeurs : préavis porté à 45 jours, audit des conventions sur le maintien de salaire, vigilance accrue contre toute discrimination indirecte.
Conseils pratiques
Notre conseil : renseignez-vous sur les différents formulaires à remplir bien avant la naissance de l’enfant, ainsi que sur les dates limites de déclaration auprès de l’employeur ou des services publics. Etablir une liste des choses à faire et à ne pas oublier est très utile afin de suivre l’avancement des démarches.
| Type de Congé | Durée | Indemnisation | Conditions |
|---|---|---|---|
| Congé Maternité | 16 semaines minimum | Prise en charge par l'Assurance Maladie | Lié à l'accouchement |
| Congé Paternité | Variable | Prise en charge par l'Assurance Maladie | Lié à la naissance |
| Congé Parental | 1 an (renouvelable jusqu'à 3 ans) | PreParE (jusqu'à 422,20 € par mois) | 1 an d'ancienneté dans l'entreprise |
| Congé de Naissance (à partir d'octobre 2025) | 3 mois par parent | 50% du salaire brut (plafond 1 900 €) | Droits individualisés et non transférables |
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