Qui finance le CSP Limoges ? Enjeux financiers et avenir du club
Le CSP Limoges, monument du sport français avec plusieurs trophées continentaux à son palmarès dont la prestigieuse Coupe d’Europe des clubs Champions en 1993, se retrouve dans la tourmente. La justice s’intéresse, en effet, à la situation comptable du club limougeaud.
Selon Le Populaire du Centre, le CSP est visé depuis quelques jours par une enquête du parquet de Limoges pour des « malversations financières ». Le quotidien ajoute que l’enquête est ouverte après signalement des commissaires aux comptes du club.
Les finances du CSP Limoges sont au cœur d’une enquête du parquet de Limoges. La faute à une mauvaise gestion financière qui endette le club limougeaud à hauteur de 2,3 millions d’euros. Les dettes, qui s’accumulent depuis 2019, s’élèvent à 2,3 millions d’euros (un million d’euros sur l’exercice 2022-2023).
Une situation financière qui avait amené la Ligue Nationale de Basket (LNB) à sanctionner le CSP d’un retrait de trois victoires en Betclic Élite, pour « dégradation significative entre l’estimé des comptes au 30 juin 2023 et les comptes clôturés en fin de saison dernière. » Le club avait récupéré une victoire après une procédure d’appel auprès de la Fédération française et poursuit une procédure de recours auprès du CNOSF.
Il ne reste plus que le tribunal administratif dans les possibilités du Limoges CSP pour revenir sur la sanction infligée au club suite à un budget insincère présenté à l'issue de l'exercice 2022-2023. Le CNOSF n'a pas donné de suite à la requête du Limoges CSP pour revenir sur cette sanction, allégée, de deux victoires retirées en championnat et 10.000 euros d'amende.
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Pour rappel, en novembre dernier, le gendarme financier de la Ligue nationale de basket (LNB) avait retiré trois victoires en championnat et infligé une amende de 15 000 euros au champion d’Europe 1993. Une sanction finalement réduite à deux victoires après appel.
Depuis mi-février, le club est sous le coup d'une enquête judiciaire pour « malversations financières » ouverte par le parquet de Limoges. À cela s'ajoute la suspension de la subvention de la mairie de Limoges qui représente près de 400 000 euros.
Le club onze fois champion de France accuse un déficit estimé à 2,3 millions d'euros depuis 2019, dont un million d'euros rien que la saison dernière. Une situation intenable pour l'actuel 12e de Betclic Élite qui cherche un nouvel investisseur pour éponger ses dettes.
La DNCCG et l'avenir incertain du club
L'avenir du Limoges CSP est encore incertain pour la saison prochaine selon le gendarme financier du basket français, la DNCCG, qui évoquait, cette semaine sur France Bleu Limousin, "un défit attendu du club en fin de saison". La DNCCG a également placé la date limite du 15 mai au club pour lui apporter des garanties financières et l'identité du nouvel actionnaire national annoncé par la propriétaire du CSP Céline Forte.
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Après avoir reçu les documents réglementaires du Limoges CSP dans les temps, notamment le budget prévisionnel pour 2025, la DNCCG (la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion) exige des clarifications sur le plan de sauvetage présenté par le club. Initialement, la DNCCG avait fixé au CSP un ultimatum au 15 mai pour présenter de nouveaux investisseurs et prouver l'arrivée des fonds nécessaires à sa survie financière. La DNCCG souhaite obtenir des éclaircissements sur l'augmentation de capital nécessaire avant le 30 juin 2024, ainsi que sur les partenariats privés évoqués par le club.
« La situation du club est préoccupante sur le plan financier compte tenu des pertes cumulées sur plusieurs saisons », s'inquiète Hianasy. Vers une relégation administrative ? Sous pression, Limoges va devoir fournir l'identité des nouveaux investisseurs ainsi qu'une preuve de leur engagement financier d'ici le 15 mai sous peine de perdre sa place dans l'élite la saison prochaine.
Les acteurs clés et les enjeux financiers
Plusieurs acteurs sont impliqués dans la recherche de solutions financières pour le CSP Limoges. Membre du bureau de l'enseigne de supermarché Intermarché, Lionel Peluhet s'est positionné pour injecter des liquidités dans le club, mais Céline Forte, propriétaire du club, ne privilégierait pas cette option.
Les discussions entre Céline Forte, actuelle propriétaire du club, et Lionel Peluhet, potentiel repreneur, se poursuivent. Après des semaines de négociations, Céline Forte a finalement accepté l'offre de reprise du Limoges CSP formulée par Lionel Peluhet. Tous deux sont attendus devant la DNCCG mercredi après le recours gracieux et éviter ainsi la relégation hors du monde professionnel.
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Sa prise de parole était attendue. Lionel Peluhet, nouvel actionnaire majoritaire et propriétaire du Limoges CSP, a présenté son projet à la presse locale ce lundi 1er juillet. L'homme d'affaire haut-viennois se donne trois ans pour redresser le club, se maintenir en Betclic Elite et viser le top 8.
En attendant, de plus en plus de partenaires se désolidarisent de Céline Forte. Le Limoges CSP risque de perdre de nombreux partenaires si Céline Forte reste à la tête du club. D'autres partenaires actuels du Limoges CSP, ont déjà décidé qu'ils ne remettront pas la main à la poche si Céline Forte reste à la tête du club.
C'est le cas de l'entreprise Catalent, qui a donné environ 70.000 euros cette saison. Son responsable, Florent Mourieras, estime que "ce qui se passe aujourd’hui est complètement en contradiction avec l’attractivité du territoire. Par conséquent, si c’était le clan Forte qui venait à continuer sur le projet du CSP, Catalent se retirerait complètement." Le chef d'entreprise considère en effet qu'elle ne sert pas les intérêts du club et insiste : "Il faut savoir reconnaitre ses erreurs et ses échecs à un moment donné, pour passer à autre chose."
Le rôle des collectivités locales et des subventions
Malgré les baisses de dotation, la cité porcelainière verse tous les ans 1 million d'euros de subventions pour soutenir son club. Au total, avec celles du département et de la région, les subventions des collectivités cumulent 1,9 million d'euros pour des retombées imprécises, mais visiblement substantielles.
Les collectivités locales appellent la propriétaire du Limoges CSP à "une réaction rapide et courageuse" après la rétrogradation du club de basket annoncée ce mardi. Un sauvetage qui passerait par l'offre de Lionel Peluhet, jusque là rejetée par Céline Forte.
Le Limoges CSP : un acteur économique majeur de son territoire
Une étude récente de la chambre de commerce et d'industrie de Haute-Vienne place le Limoges CSP au coeur d'un écosystème social, sociétal, financier qui le positionne comme un acteur économique majeur de son territoire. Il s'appuie certes sur ce territoire pour se développer, mais lui apporte une image dynamique et moderne, dépoussiérant quelque peu celle de la sacro-sainte et incontournable porcelaine.
Le Limoges CSP se caractérise aussi par un budget, des salaires, des subventions et des recettes. Mais c'est aussi une sphère dans laquelle on recense 250 entreprises sponsors, des fournisseurs, des collectivités, un centre de formation, des réseaux sociaux. S'y ajoutent 150.000 spectateurs, dont 50 % abonnés, qui remplissent les 6.000 places du stade de Beaublanc, en moyenne à 92 %.
En 2017, les recettes s'élevaient à 8,4 millions d'euros, dont 2,2 millions d'euros de subventions, l'impact territorial dépassant en fait largement ces chiffres par des retombées indirectes. On peut y ajouter une masse salariale de 40 emplois, dont 19 joueurs, ces derniers se partageant plus de 5 millions d'euros de salaires annuels.
Dynamique territoriale
« Le Limoges CSP est devenu un symbole, explique Emile Roger Lombertie, maire (LR) de Limoges, et supporter inconditionnel du club. Il véhicule de notre ville une vision positive, au niveau français et européen, renforçant l'image d'un Limoges moderne, lié à la céramique, aux arts du feu, . Notre basket est devenu l'emblème du sérieux, du combat, de l'envie de gagner, et d'un territoire qui triomphe des aléas économico-politiques qui l'assaillent. »
Investissements futurs et rénovation des infrastructures
50 millions d’euros vont être investis pour la rénovation du palais des sports de Beaublanc et la construction de deux nouvelles salles à Limoges. Le nouveau complexe devra permettre au CSP, ainsi qu’au LH87, de se développer. Le projet devrait être bouclé avant la fin de la nouvelle mandature, c’est-à-dire avant 2026, si rien ne vient l'entraver.
La transformation du Palais des sports consiste à créer un lieu de vie et de compétition dédié au sport de haut-niveau, au sport amateur et au sport santé. Durant cette phase, le Palais des sports restera ouvert aux clubs et au public.
Cet équipement annexe sera composé de deux salles principales comprenant :
- Une salle multisports pouvant accueillir 3 300 spectateurs, constituant à la fois une salle de compétition annexe au Palais des sports, et une salle d’entraînement pour le handball.
- Une salle d’entrainement et de compétition - double plateau de basket-ball avec une tribune de 300 places.
Des salons réceptifs et des buvettes, des locaux pour la presse, des vestiaires, des salles de musculation et de préparation physique, des bureaux pour les clubs, des espaces mutualisés et de coworking pour les centres de formation, les associations sportives locales dont un auditorium de 100 places assises, et pour la direction municipale des sports. Un repositionnement de la brasserie ouverte sur le boulevard de Beaublanc.
Tableau récapitulatif des finances du CSP Limoges
| Poste | Montant (estimations) |
|---|---|
| Dettes accumulées (depuis 2019) | 2,3 millions d'euros |
| Déficit (saison dernière) | 1 million d'euros |
| Subvention de la mairie de Limoges | 400 000 euros |
| Recettes (2017) | 8,4 millions d'euros |
| Subventions (2017) | 2,2 millions d'euros |
| Masse salariale (annuelle) | 5 millions d'euros (pour 19 joueurs) |
| Investissement pour la rénovation de Beaublanc | 50 millions d'euros |
