Qui finance Octobre Rose ? Initiatives et financement de la lutte contre le cancer du sein
Chaque année, le mois d'octobre est dédié à la lutte contre le cancer du sein, à la recherche et aux enjeux du dépistage de la maladie dans le monde entier. En France, avec près de 60 000 nouveaux cas chaque année selon l’Institut national du cancer, le cancer du sein est le cancer féminin le plus meurtrier. On estime qu'une femme sur huit sera touchée par cette maladie au cours de sa vie, et 12 000 personnes en meurent chaque année.
Plusieurs opérations de sensibilisation et de prévention sont ainsi mises en place en Île-de-France à l’occasion d’Octobre Rose. Dans le cadre d'Octobre Rose, découvrez une émission pédagogique et informative sur l'importance du dépistage.
Le rôle de la Région dans la lutte contre le cancer
La Région finance de nombreuses structures d’accueil, d’accompagnement, de bien-être et de médecine intégrative liés au cancer. Depuis 2016, elle a mobilisé 7 millions d'euros pour accompagner les personnes atteintes d'un cancer et leurs proches, soutenir des ateliers d'aide au retour à l'emploi ou encore encourager le dépistage grâce notamment au Mammobus, un véhicule santé qui sillonne tous les départements franciliens en proposant écographies et mammographies gratuites durant Octobre Rose. Dans le domaine de la recherche, la Région a soutenu la création de l'Institut des cancers des femmes, une structure spécialisée pour répondre aux enjeux scientifiques et médicaux des cancers des femmes. Porté par l'Institut Curie, l'université PSL et l'INSERME, il a également pour objectif de prévenir les cancers des femmes et limiter leurs rechutes et leurs impacts en termes de qualité de vie.
D'autres exemples de soutien de la Région aux actions de lutte contre le cancer :
- Institut Curie : la Région a soutenu le financement d’une plateforme de recherche sur la flash-thérapie à hauteur de 2 millions d'euros.
- Institut Rafaël - Institut d'Oncologie des Hauts de Seine - Maison de l'après cancer : le soutien de la Région à l’Institut a rendu possible la création des parcours personnalisés de prise en charge des soins pour les patients atteints de cancer. Grâce à ce partenariat l'institut a accompagné gratuitement plus de 2.000 patients avec plus de 15.000 soins effectués.
- Université Paris Descartes : la Région soutient l’accompagnement des patients touchés par le papillomavirus (infection virale la plus courante de l'appareil reproducteur).
- Association Princesse Margot : la Région a soutenu la création d'une maison des parents afin de faciliter l'hébergement des familles d’enfants hospitalisés. 9 familles peuvent ainsi être hébergées simultanément pendant le traitement long de plusieurs mois de leurs enfants.
- La Ligue contre le cancer : la Région a soutenu le développement d'un projet de prévention santé des jeunes en 2020.
- Association Aïda pour la lutte contre le cancer : la Région a soutenu la création d’une plateforme numérique pour les personnes malade du cancer.
Importance du dépistage des cancers du sein
Le premier facteur de risque de développer un cancer du sein est l’âge. Près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans.
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Le dépistage du cancer du sein repose sur une mammographie (examen radiologique), associée à un examen clinique des seins.
Le dépistage du cancer du sein sauve des vies !
Initiatives de la Ligue contre le cancer
Les personnes malades peuvent, du fait du cancer et/ou des effets secondaires des traitements, souffrir de troubles cognitifs plus ou moins majeurs. Ainsi, depuis plus de 2 ans, la Ligue contre le cancer met en place, sur les territoires, des actions de remédiation cognitive à destination des personnes malades.
Suite à des retours plus que positifs des personnes malades et des comités sur la qualité et l’impact de l’accompagnement d’onCOGITE via ses ateliers en distanciel, la Ligue contre le cancer a décidé de développer un partenariat national afin de permettre à ces 103 comités départementaux de pouvoir offrir cet accompagnement aux personnes atteintes par un cancer et souffrant de troubles cognitifs quelque soit leur lieu d’habitation et leur niveau de ressources. En prenant contact avec le comité départemental de la Ligue le plus proche de chez vous.
Les déterminants commerciaux de la santé et la lutte contre le cancer
Une définition des « déterminants commerciaux de la santé » a été présentée à l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) en 2017, il y est dit : « Les déterminants commerciaux de la santé sont les conditions, les actions et les omissions qui ont une incidence sur la santé. Les déterminants commerciaux surviennent dans le contexte de la fourniture de biens ou de services à des fins de paiement et comprennent les activités commerciales, ainsi que l’environnement dans lequel le commerce a lieu. De façon générale, les activités du secteur privé qui ont une incidence sur la santé des populations.
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Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 30 à 50 % de tous les cas de cancer sont évitables, le tabagisme étant la principale cause évitable de cancer en Europe. D’autres facteurs de risque importants sont la consommation d’alcool, le surpoids et l’obésité, une mauvaise alimentation et une activité physique insuffisante. On ajoute à cela les sources de rayonnement et d’autres cancérogènes chimiques, y compris de l’industrie cosmétique.
L’Europe est l’un des plus grands marchés pour les ventes d’alcool et est aussi la région où la proportion de maladies et la mortalité prématurée due à l’alcool sont les plus élevées. L’Europe a la moyenne la plus élevée de consommation actuelle de tabac chez les adolescents. Les preuves de leur lien de cause à effet avec le cancer sont incontestables.
Bien sûr, il y a toute une gamme de facteurs comportementaux et environnementaux qui expliquent l’incidence accrue du cancer.
Commercialisation du dépistage et des traitements du cancer
La première vague de tests de dépistage du cancer a été élaborée en grande partie dans le secteur public et promue par des organismes de bienfaisance et sociétés de professionnels. Actuellement, il y a une nouvelle vague d’innovation dans le dépistage du cancer et une grande partie de cette innovation provient du secteur privé, et elle est souvent appuyée par des professionnels de santé. Les entreprises qui mettent au point de nouvelles technologies de dépistage du cancer fondées sur la biopsie liquide ont attiré des milliards de dollars d’investissements privés.
Il est prouvé, selon le rapport, que la nouvelle génération de tests de dépistage moléculaire est commercialisée à l’aide de stratégies provenant directement du secteur pharmaceutique : recrutement de leaders d’opinion clés, publicité directe aux consommateurs, envers les médecins et financement d’ONG, y compris d’organisations de patients, pour faire du lobbying apparemment indépendant en faveur de l’adoption de nouvelles technologies par le gouvernement.
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La volonté commerciale de générer des revenus mène à des messages déformés qui présentent une vision très partielle des preuves scientifiques, biaisées vers des bénéfices de santé invoqués, mais obscurcissant les préjudices potentiels, dont les résultantes sont des dépenses publiques majorées.
Exemple du Da Vinci Robotic Surgical System
Peu de technologies représentent mieux la commercialisation de ce qu’on appelle TNP que le Da Vinci Robotic Surgical System. Ce dispositif, qui permet aux chirurgiens une chirurgie à distance, assis à une console pour actionner les bras télécommandés en vue de chirurgie micro-invasive, a été approuvé pour la première fois par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis en 2000.
On s’attendait à ce que ses avantages inhérents, y compris une meilleure visualisation du champ chirurgical, une plus grande amplitude de mouvement des bras robotisés et une ergonomie améliorée pour le chirurgien, se traduisent par une amélioration des résultats pour les patients. Toutefois, dans le cas du cancer de la prostate et du rectum, aucune amélioration des résultats fonctionnels ou oncologiques n’a été observée. Malgré l’absence de preuves claires de sa supériorité sur les techniques ouvertes et laparoscopiques, et aussi malgré ses énormes coûts, la technique a été largement adoptée à travers l’Europe, même dans des pays à plus bas niveau de vie.
Défis et inégalités dans l’accès aux soins
Cette dérive peut influencer non seulement les perceptions du public mais également les personnes qui prennent des décisions concernant le financement de la recherche biomédicale et des soins cliniques, ce qui exacerbe l’adhésion générale. Non seulement cela peut être un gaspillage de ressources, mais dans les pays qui manquent de techniciens qualifiés dans des domaines tels que l’imagerie ou l’endoscopie, cela exacerbe ces pénuries et les retards de diagnostic chez les personnes symptomatiques. Cela exacerbe aussi les inégalités croissantes à l’accès aux soins médicaux.
Le paysage de l’offre de dépistage commercial est transformé non seulement par l’innovation dans les technologies de diagnostic, mais aussi par le développement plus large de l’internet en tant que nouveau mécanisme de consommation des soins de santé.
Les risques de la commercialisation excessive
On a à faire à une représentation trompeuse de l’information clinique et des données de santé publique. Les incitatifs économiques favorisent la mise au point de nouveaux médicaments dont les applications ne cessent de croître, ce qui peut mener à des essais par rapport à des comparateurs faibles (études de non infériorité par exemple) et aux approbations fondées sur des effets modestes dans de nouveaux contextes. Les facteurs économiques influent sur les coûts croissants des soins, qui touchent de façon disproportionnée les plus démunis.
Il est important de soutenir les initiatives de lutte contre le cancer sans publicité, conflit d'intérêt ou subventions, en agissant de manière éthique et transparente.
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