Qui paie la franchise d'assurance en copropriété ?

Vérifier que l’immeuble est bien assuré est souvent la première tâche accomplie par un syndic qui en prend la gestion tant il s’agit d’un sujet crucial. Et même lorsque la trésorerie de l’immeuble n’est pas florissante, la somme liée à l’assurance est déboursée en priorité.

La gestion d’un bien en copropriété implique de comprendre les différentes couvertures d’assurance essentielles pour protéger votre investissement. Entre obligations légales et garanties optionnelles, il est crucial de savoir qui assure quoi.

Lorsqu’il s’agit de souscrire une assurance logement, de nombreux critères doivent être pris en compte. L’un des aspects les plus importants, souvent mal compris, est celui de la franchise. La franchise en assurance logement est une somme qui reste à la charge de l’assuré en cas de sinistre. Ce mécanisme permet aux assureurs de limiter les petites indemnisations, tout en rendant les contrats plus accessibles.

La franchise en assurance (expliquée simplement)

Fonctionnement de la franchise en assurance logement

La franchise représente le montant que vous, en tant qu’assuré, serez obligé de payer de votre poche lorsque vous déclarez un sinistre. Ce dernier doit cependant être couvert par votre assurance logement. Le coût est alors défini lors de la signature de votre contrat. Il est généralement exprimé en euros ou en pourcentage du montant des dommages.

Concrètement, vous avez, par exemple, une assurance logement qui prévoit une franchise de 400 euros. Vous subissez ensuite un sinistre évalué à 1 000 euros. Dans ce cas, l’assureur vous indemnisera à hauteur de 600 euros, avec la différence qui correspond à la franchise. Il faut savoir que le mécanisme peut varier d’un contrat à l’autre. Cela dépend de la nature du sinistre (incendie, dégât des eaux, vol, etc.) et du type de logement assuré. Certaines compagnies offrent la possibilité de personnaliser le montant. Il s’agit d’une pratique qui permet à l’assuré de trouver le juste équilibre entre le coût de ses cotisations et celui de la franchise.

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La franchise permet aux assureurs de ne pas prendre en charge les petits sinistres. Le mécanisme évite ainsi la multiplication des déclarations pour des dommages de faible ampleur. En contrepartie, les coûts des cotisations pour les assurés sont réduits. En effet, plus la franchise est élevée, plus le montant de la prime d’assurance est susceptible de baisser. Dès lors, les assurés sont incités à déclarer des sinistres uniquement lorsque ceux-ci dépassent un certain degré de gravité. En conséquence, les coûts de gestion pour l’assureur sont réduits.

Les différents types de franchise

Il existe principalement deux types de franchises en assurance logement : la franchise absolue et la franchise relative.

  • La franchise absolue: Ce type de franchise en assurance habitation est appliqué systématiquement en cas de sinistre. Avec une estimation des dommages supérieure, vous êtes indemnisé à hauteur de la différence entre le montant du sinistre et celui de l’exemption. Au cas où le coût des dégâts est inférieur ou égal à celui de la franchise, vous n’êtes pas dédommagé.
  • La franchise relative: Avec cette exemption, l’assuré est indemnisé uniquement si le montant des dégradations dépasse celui de la franchise en assurance logement. Dans ce cas, l’assureur couvre la totalité sans appliquer de déduction. En revanche, si celles-ci sont inférieures, aucune indemnisation n’est versée.

Le choix de sa franchise

Choisir votre franchise est capitale lors de la souscription d’un contrat d’assurance logement. Il faut trouver un équilibre entre la prime et le montant de l’exemption. Cela dépend surtout de votre budget et de votre aversion au risque.

  • La franchise basse: En optant pour une franchise en assurance logement basse, vous paierez généralement des cotisations plus élevées. Toutefois, vous serez mieux protégé, car en cas de sinistre, les frais que vous devrez assumer sont moindres.
  • La franchise élevée: Une franchise élevée entraîne une réduction des cotisations. En revanche, en cas de sinistre, vous devrez prendre en charge une plus grande part des coûts. Ce choix est souvent recommandé pour les assurés ayant un bon historique de sinistre. Il est également conseillé à ceux qui souhaitent réduire leurs dépenses mensuelles.

Avant de souscrire, il est essentiel de bien analyser votre situation et vos besoins. Par exemple, si votre logement est exposé à des risques importants (dégâts des eaux fréquents, cambriolages, etc.), une franchise basse serait plus avantageuse.

La franchise en cas de sinistre

En cas de sinistre, la première étape consiste à déclarer le sinistre à votre assurance. Cette opération doit s’effectuer dans les délais impartis (généralement de 5 à 10 jours). L’assureur mandatera un expert pour évaluer les dommages. Si les frais de dommages sont inférieurs au montant de la franchise, vous devrez prendre en charge la totalité des frais. En revanche, si le coût des dommages est plus important, vous serez indemnisé de la différence.

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Assurances obligatoires et recommandées en copropriété

La législation française impose plusieurs types d’assurances pour garantir la protection des copropriétaires et de l’ensemble immobilier. Selon l’article 9-1 de la loi Alur, chaque syndicat de copropriétaires doit obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile. Il est important de noter que le syndicat peut souscrire cette assurance sans attendre l’accord de l’assemblée générale en cas d’urgence.

Pour les propriétaires occupants, la souscription d’une assurance incluant au minimum la garantie responsabilité civile est obligatoire. Pour les propriétaires non occupants (bailleurs), une assurance PNO est indispensable. Quant aux locataires d’un logement en copropriété, ils doivent obligatoirement souscrire une assurance couvrant au minimum les risques locatifs.

L’assurance multirisque immeuble va au-delà de la simple responsabilité civile en offrant une protection contre les principaux risques susceptibles d’affecter les parties communes. Un point crucial à vérifier lors de la souscription concerne la garantie « valeur de reconstruction ». Certains contrats proposent une indemnisation « vétusté déduite », ce qui signifie que l’assureur tient compte de la dépréciation de l’immeuble. Pour une protection optimale, privilégiez une clause de « valeur à neuf » qui garantit une indemnisation plus généreuse en cas de sinistre.

Les primes d’assurance collective constituent une charge générale de la copropriété. En présence de locaux commerciaux considérés à risque (restaurant, pressing, etc.), une surprime peut être appliquée. Deux options s’offrent alors à la copropriété : soit la majoration est supportée par l’ensemble des copropriétaires, soit elle est répercutée uniquement sur le propriétaire du local concerné.

Pour obtenir le meilleur rapport qualité-prix, il est recommandé de comparer régulièrement les offres disponibles sur le marché.

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Infographie assurance habitation copropriété

Déclaration de sinistre et convention IRSI

Pour un sinistre touchant les parties communes, c’est au syndic qu’incombe la responsabilité de la déclaration auprès de l’assurance de la copropriété. En revanche, lorsque le sinistre concerne une partie privative, c’est au copropriétaire ou au locataire concerné de faire la déclaration à son assureur personnel.

Depuis 2018, la convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) a considérablement simplifié la gestion des sinistres en copropriété, notamment pour les dégâts des eaux et les incendies. La convention IRSI s’applique aux sinistres dont le montant des réparations ne dépasse pas 5 000 € HT. Des compagnies comme Matmut ou LCL Assurances proposent des accompagnements spécifiques pour faciliter ces démarches administratives souvent complexes.

Convention IRSI : Simplification des démarches

La convention IRSI est un accord conclu entre les compagnies d’assurance. Son objectif est de simplifier les démarches pour les copropriétés en cas d’incendie ou de dégât des eaux. Cette convention concerne uniquement les sinistres dont les réparations ont un montant maximum de 5 000 euros hors taxe. Elle fixe des règles claires :

  1. Si l’incendie ou le dégât des eaux a lieu dans un logement privatif : l’assurance de l’occupant gère l’indemnisation.
  2. Lorsque la valeur des dégâts ne dépasse pas 1 600 euros hors taxe : l’assureur gestionnaire prend intégralement en charge l’indemnisation, sans aucun recours possible contre une autre compagnie d’assurance.
  3. Entre 1 600 et 5 000 euros hors taxe : l’assureur gestionnaire indemnise les victimes, mais il peut exercer un recours contre les autres assureurs impliqués dans le sinistre.

La convention IRSI désigne l’assureur qui devra organiser et prendre en charge la recherche de fuite.

Infographie assurance copropriété SMACL Assurances

Assurances individuelles et collectives

Au-delà des assurances collectives, chaque copropriétaire doit souscrire une protection individuelle adaptée à sa situation. Le prix d’une assurance habitation individuelle varie considérablement selon le profil du propriétaire, les caractéristiques du logement et le niveau de couverture souhaité. Pour les propriétaires bailleurs, l’assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) représente un coût annuel moyen de 80€ à 150€, avec des variations importantes selon la superficie et la localisation du bien.

La garantie « valeur à neuf » constitue un complément particulièrement intéressant. Elle permet de remplacer les biens endommagés par des équivalents neufs, sans application de vétusté. Certains assureurs comme Swiss Life et BNP Paribas Cardif proposent des packages spécifiques pour les copropriétaires, intégrant des garanties adaptées aux problématiques particulières de ce type de logement.

Il est judicieux de réexaminer votre contrat chaque année pour l’adapter à l’évolution de votre patrimoine et des risques.

Qui paie la franchise en copropriété ?

La franchise applicable aux sinistres touchant les parties communes est prise en charge par le syndicat des copropriétaires. Son montant est réparti entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes, même si le sinistre n’a affecté qu’une partie de l’immeuble.

En principe, la franchise d’assurance en copropriété est à la charge du syndicat des copropriétaires, et non du copropriétaire individuel, sauf disposition contraire du règlement de copropriété. Le syndicat des copropriétaires est l’assuré principal du contrat multirisque immeuble souscrit par le syndic. En cas de sinistre pris en charge par cette assurance, la franchise est une charge collective, répartie entre les copropriétaires au prorata des tantièmes.

Le syndic ne peut pas vous imposer de régler seul cette franchise sauf si le règlement de copropriété prévoit explicitement cette exception, ce qui est rare. L’assurance PNO (propriétaire non occupant) couvre les dommages dans les parties privatives si l’assurance de la copropriété ne prend pas en charge le sinistre. Ici, comme l’assurance de la copropriété est intervenue, c’est elle qui gère l’indemnisation, y compris la franchise.

Vos recours possibles si vous contestez le paiement de la franchise

  • Demander au syndic une justification écrite: Demandez-lui sur quelle base juridique il vous impose la franchise. S’il ne peut pas citer le règlement de copropriété, sa position est contestable.
  • Saisir le conseil syndical: Si vous êtes en désaccord avec le syndic, le conseil syndical peut intervenir pour faire respecter les règles de répartition.
  • Inscrire la question à l’ordre du jour de la prochaine AG: Vous pouvez demander à ce que la répartition de la franchise soit votée ou clarifiée.
  • Contester par voie judiciaire: En dernier recours, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour demander le remboursement de la franchise indûment payée.

Cas particuliers et exclusions

Non, l’assurance multirisque immeuble standard ne couvre généralement pas les dommages survenant pendant des travaux de rénovation importants.

Si un copropriétaire non assuré cause un sinistre affectant les parties communes ou d’autres lots, il devra indemniser personnellement et intégralement les dommages. Cette situation peut entraîner des conséquences financières catastrophiques, le coût des réparations pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La location saisonnière d’un appartement en copropriété nécessite une adaptation de votre contrat d’assurance. La plupart des assurances habitation standard excluent ou limitent fortement la couverture en cas de location temporaire.

Oui, le règlement de copropriété peut prévoir des obligations d’assurance plus étendues que celles imposées par la loi. Par exemple, il peut rendre obligatoire la souscription d’une assurance multirisque pour le syndicat ou imposer des garanties spécifiques aux copropriétaires individuels.

L'application de la franchise est-elle obligatoire ?

L'application de la franchise n'est pas obligatoire.Lorsque vous souscrivez une assurance habitation, l'assureur peut décider de mettre en place ou non une franchise pour chacune des différentes garanties du contrat.Si l'assureur décide d'appliquer une franchise à une garantie, il doit prévoir une clause qui l'indique dans le contrat.L'assureur doit préciser les sinistres auxquels la franchise s'applique et la façon dont elle sera calculée.À savoir lorsque l'auteur du sinistre est un tiers et qu'il est identifié, l'assureur peut lui réclamer la totalité du montant de l'indemnisation.

Tableau récapitulatif des assurances en copropriété

Type d'assurance Obligatoire ? Qui la souscrit ? Ce qu'elle couvre
Responsabilité Civile (Syndicat) Oui Syndic de copropriété Dommages causés aux tiers par les parties communes
Multirisque Immeuble Non (mais fortement recommandée) Syndic de copropriété Incendie, dégâts des eaux, vols, vandalisme dans les parties communes
Responsabilité Civile (Copropriétaire occupant) Oui Copropriétaire Dommages causés aux tiers ou à la copropriété par le copropriétaire
Propriétaire Non Occupant (PNO) Oui Propriétaire bailleur Dommages en cas de vacance locative ou non couverts par l'assurance du locataire
Locataire Oui (risques locatifs) Locataire Dommages au logement et aux tiers causés par le locataire

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