Procédure de réclamation de la taxe foncière : guide complet

Chaque année, si vous êtes propriétaire, vous recevez votre avis de taxe foncière. C’est un impôt local qui peut parfois être source de surprise quand il paraît plus élevé que prévu. Quand arrive l’avis d’imposition, on a parfois le déplaisir de découvrir de mauvaises surprises. Sûr de sa bonne foi, le contribuable concerné peut avoir envie poser un recours tout en ignorant la marche à suivre.

Qu’est-ce que la taxe foncière et comment est-elle calculée ?

La taxe foncière fait partie de la catégorie des impôts locaux. Elle est due par chaque propriétaire d’un bien immobilier, appartement ou maison, au 1er janvier de chaque année. La valeur locative cadastrale sert de base dans le calcul de la taxe foncière. Le calcul de cet impôt se fait la base de la valeur locative cadastrale du logement, soit le loyer annuel qui pourrait être obtenu par le propriétaire s’il louait ce logement. À cette valeur s’ajoute un pourcentage d’imposition décidé et voté par les collectivités territoriales.

La valeur locative cadastrale représente le loyer annuel théorique que votre logement pourrait générer s’il était loué. Cette valeur dépend de plusieurs critères comme la surface, la localisation ou encore les équipements présents. La valeur locative cadastrale peut évoluer au fil des années en fonction des changements constatés par l'administration fiscale, comme l’agrandissement de la surface habitable de votre bien, l'accomplissement de gros travaux, ou encore l’achat ou la construction d’équipements supplémentaires (garage, piscine, véranda…).

Cas d’exonérations et réductions possibles

Toutefois, selon la situation il existe des cas d’exonération partielle ou totale. C’est notamment le cas pour les personnes propriétaires âgées de plus de 75 ans qui ont des ressources inférieures au plafond fixé par l’article 1417-I du Code Général des Impôts ou encore les personnes qui bénéficient des allocations de solidarité aux personnes âgées (« ASPA »), allocation supplémentaire d’invalidité (« ASI ») ou encore l’allocation aux adultes handicapés (« AAH »). À cela s’ajoute que les collectivités territoriales peuvent, par délibération, exonérer totalement ou partiellement les propriétaires qui réalisent des travaux dans un objectif d’économie d’énergie pendant une durée maximum de trois ans.

Il existe quelques exonérations relatives à la taxe foncière, liées à la propriété ou à la personne propriétaire ; vous bénéficiez notamment d'une exonération de taxe foncière sur votre habitation principale si vous êtes titulaire de l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Vous pouvez retrouver les différents cas d'exonérations sur notre fiche pratique consacrée à la taxe foncière sur les propriétés bâties.

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Pourquoi contester la taxe foncière ?

Il est possible que cet avis comporte une erreur ou un calcul incorrect. Dans ce cas là vous pouvez faire une réclamation de taxe foncière. Oui, il est possible de contester votre taxe foncière si vous voyez une erreur sur celle-ci. Le but d’une réclamation est de corriger une erreur dans le calcul de la taxe ou la désignation du bien. Elle peut aussi permettre de demander une réduction ou un remboursement si vous avez un trop-perçu.

Les erreurs les plus courantes : une absence de prise en compte d’une réduction ou d’une exonération, une surface mal évaluée, une valeur locative cadastrale surévaluée ou encore une exonération qui n’a pas été appliquée.

Identifier l’origine de l’erreur

Vous devez repérer précisément l’origine de l’erreur (omission d’une exonération, valeur locative trop élevée, etc). Pour vérifier que la valeur de votre bien locatif est correcte, vous pouvez demander la fiche d’évaluation auprès du centre des impôts fonciers dont dépend ce logement. Ce document permet de connaitre la catégorie affectée au bien, le local de référence utilisé, la surface pondérée retenue et le tarif au mètre carré appliqué pour le calcul de la valeur locative cadastrale.

Il conviendra alors d’analyser ce document afin de vérifier que les informations ne sont pas erronées. À titre d’exemple, la Cour administrative d’appel de Lyon a réduit la taxe foncière pour un établissement hôtelier dès lors que le local de référence utilisé pour le calcul de la valeur locative cadastrale n’était pas comparable dans sa consistance notamment la nature de sa construction et son aménagement (CAA Lyon, 6 avril 2023, n° 21LY02962). De plus, l’administration fiscale doit avertir les contribuables lors d’une opération de mise à jour des valeurs locatives de logements conformément au droit à la défense. Récemment le Tribunal administratif de Grenoble, a prononcé la décharge d’une partie de la taxe foncière dès lors que l’administration fiscale n’a pas informé les propriétaires de cette mise à jour des valeurs locatives cadastrales (TA Grenoble, 29 décembre 2023, n°2107999).

Quand et comment déposer une réclamation ?

Toute réclamation doit être formulée par écrit. Aucune forme particulière n’est demandée par l’administration. Néanmoins, afin d’obtenir réparation, mieux vaut écrire un courrier papier. Il suffit d'écrire une simple lettre. Rédigez votre réclamation en mentionnant tous les éléments utiles à son traitement, notamment les références mentionnées sur l’avis d’imposition concerné. Joignez des pièces justificatives si nécessaire. Vous devez par ailleurs joindre, le cas échéant, les pièces justificatives.

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Vous pouvez déposer votre réclamation en ligne : connectez-vous à votre espace Finances publiques depuis « impots.gouv.fr » puis accéder à votre messagerie sécurisée. Choisissez « Écrire » puis « Réclamation/Contestation » et sélectionnez la taxe concernée. Sélectionnez et validez l’année d’imposition concernée. Rédigez votre demande et ajoutez des pièces jointes si nécessaire. Une fois le formulaire renseigné et validé, l'écran récapitulatif de la demande s'affiche. Vous serez averti(e) par courriel du traitement de votre demande et vous pourrez consulter la réponse de l'administration dans la messagerie sécurisée de votre espace Finances publiques.

Vous pouvez également vous rendre directement au guichet du service concerné dans votre centre des finances publiques ; ou vous pouvez téléphoner au service qui gère votre dossier si votre cas n'est pas trop complexe et que le service en question peut vous apporter directement les explications que vous souhaitez (vous devrez confirmer le cas échéant votre réclamation par écrit). Si vous ne disposez pas du service en ligne « messagerie », il est nécessaire d’y adhérer ou de créer votre espace professionnel en mode simplifié.

Délais à respecter

La réclamation de taxe foncière doit respecter un délai légal strict. Une fois cette date passée votre demande ne sera plus examinée sauf cas exceptionnel d’erreur manifeste reconnue par l’administration fiscale. Pour les impôts locaux, la date limite de dépôt d’une réclamation est fixée au 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en recouvrement du rôle d’imposition. En pratique : cette réclamation préalable doit se faire avant la fin de l’année suivante celle de la mise en recouvrement du rôle ou du versement de l’impôt, soit au plus tard au 31 décembre de l’année suivante (Articles R*190-1 et article R*196-2 du Livre des procédures fiscales). Ex : Avis d’impôt de la taxe foncière 2023 avant le 31 décembre 2024.

Pour tout autre impôt, il est possible de déposer une réclamation au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle du versement spontané de l'impôt contesté ou de la notification d’un avis de mise en recouvrement. Il existe toutefois des délais spéciaux, notamment pour les agriculteurs (sinistres de récolte, pertes de bétail).

Instruction de la réclamation et suite administrative

Une fois que vous avez envoyé votre réclamation vous allez recevoir un accusé de réception et l’administration dispose d’un délai de 6 mois pour répondre. L’administration dispose d’un délai de six mois pour formuler sa réponse au contribuable qui lui a adressé un courrier de réclamation. Si elle n’est pas en mesure de le faire, elle doit en informer le contribuable en précisant le temps nécessaire pour lui retourner sa réponse (trois mois supplémentaires au maximum).

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Si votre demande est acceptée, le service procède au remboursement ou à la rectification du montant. Si votre réclamation est acceptée, la somme versée vous sera remboursée. Si votre demande est acceptée, la décision sera accompagnée d’un échéancier si un délai de paiement a été demandé.

Attention : la réclamation ne vous dispense pas du paiement de votre impôt. Très important, la réclamation ne dispense pas de régler l’impôt dû. Vous pouvez cependant accompagner la contestation de votre avis de taxe foncière d’une demande de sursis de paiement.

Refus de l’administration : recours contentieux devant le tribunal administratif

Dans le cas où l’administration ne fait pas droit à cette demande, soit par une décision express de rejet ou une décision implicite née du silence gardé de l’administration pendant le délai d'instruction, la décision de rejet pourra être contestée devant le Tribunal administratif compétent. Le délai pour saisir le Tribunal administratif est de deux mois (Article R*199-2 du Livre des procédures fiscales). Le tribunal compétent est le tribunal administratif.

Si vous n’avez pas reçu de réponse après avoir déposé votre réclamation auprès de votre centre des finances publiques, c’est à ce moment-là que vous pouvez faire appel au juge. Le délai de 6 mois marque la fin du traitement administratif et vous autorise à passer à l’étape du litige. Mais vous pouvez aussi faire appel au tribunal si votre réclamation a été refusée explicitement par l’administration fiscale.

Le tribunal administratif, c'est quoi ? (définition, aide, lexique, tuto, explication)TIF

Arguments fréquemment soulevés devant le juge

Pour contester la hausse de la taxe foncière il convient d’analyser les causes de cette dernière. Dans le cas où la hausse est notamment due à la hausse de la valeur locative cadastrale, il conviendra d’obtenir de la part du Centre des Impôts Fonciers (CIF) la fiche d’évaluation de l’habitation. Il conviendra alors d’analyser ce document afin de vérifier que les informations ne sont pas erronées.

Dans le cas où la hausse est notamment due à une hausse du taux d’imposition par la Commune, il conviendra de s’assurer que cette hausse a été justifiée par la Commune lors du vote de son budget. Dans le cas contraire, il est possible de contester l’avis de taxe foncière en soulevant devant le juge l’exception d’illégalité de la décision de la municipalité de hausse du taux d’imposition. Le Tribunal administratif de Marseille a annulé la hausse du taux d’imposition de 5,45 point votée en avril par la Ville de Marseille dès lors que cette hausse n’a fait l'objet d’aucune justification (TA Marseille, 14 avril 2023, n°2204585).

Pièces justificatives à joindre

Votre réclamation doit être adressée par écrit au centre des finances publiques dont dépend votre bien, accompagnée de justificatifs comme un acte notarié, une attestation de changement d’usage, etc. Votre réclamation devra mentionner les références et joindre une copie de l’avis d’imposition concerné ainsi que toutes les pièces justificatives. Il est aussi possible qu’une personne mandatée comme un notaire ou un représentant légal fasse une réclamation. Par contre, il doit obligatoirement présenter une procuration ou un document justifiant du mandat.

Situation PJ recommandées
Erreur de surface Acte notarié, plans, diagnostic
Exonération non appliquée Justificatif d’âge, ressources, allocation (ASPA, AAH, ASI)
Valeur locative contestée Fiche d’évaluation, photos, devis de travaux

Précautions et conseils pratiques

Il est recommandé de privilégier la messagerie sécurisée depuis votre espace particulier en choisissant le formulaire « Réclamer, contester (Taxes et impôts) », puis en sélectionnant l’imposition concernée. N’oubliez pas d’apposer une signature manuscrite au bas de votre lettre si vous optez pour le courrier papier. Indiquez, si vous le souhaitez, votre numéro de téléphone et les heures auxquelles vous pouvez être joint. Votre centre des finances publiques pourra ainsi vous appeler si nécessaire ; cela simplifiera vos démarches.

Pensez à vérifier la valeur locative de votre bien. N’oubliez pas de joindre tous les justificatifs dont vous disposez si besoin. Rien ne remplace le contact humain : si vous avez un doute, rendez-vous au guichet ou téléphonez au service qui gère votre dossier.

Récapitulatif des étapes

  1. Vérifier l’avis de taxe foncière et identifier l’erreur potentielle.
  2. Demander la fiche d’évaluation auprès du centre des impôts fonciers si nécessaire.
  3. Rédiger la réclamation (en ligne, par courrier ou au guichet) avec pièces justificatives.
  4. Envoyer la réclamation avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement.
  5. Attendre la réponse de l’administration (délai de 6 mois).
  6. En cas de rejet ou silence, saisir le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de rejet.

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