Redressement judiciaire de la polyclinique Pau-Pyrénées : procédure, enjeux et conséquences pour l’offre de soins
La polyclinique Pau-Pyrénées, qui regroupe les cliniques de Navarre et Marzet, a demandé son placement en redressement judiciaire. En difficultés financières, l’établissement a demandé son placement en redressement judiciaire. La décision du tribunal est attendue en fin de semaine.
Contexte et chronologie des faits
La polyclinique comprend deux établissements qui ont fusionné en 2022, sous l’impulsion du groupe Bordeaux Nord Aquitaine (GBNA Santé) qui les détient, l’ancienne clinique de Navarre et la clinique Marzet. Le groupe Bordeaux Nord Aquitaine (GBNA Santé), propriétaire de la polyclinique Pau‑Pyrénées (Pyrénées‑Atlantiques) a annoncé le 7 mai la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi, annonce l'ARS Nouvelle‑Aquitaine dans un communiqué diffusé le 18 mai. Depuis plusieurs mois, la clinique fait face à la dégradation de sa situation économique, marquée par un déficit structurel et un endettement élevé, rappelle l’agence.
Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a été annoncé ce jeudi 7 mai par la direction de la polyclinique Pau‑Pyrénées. La clinique Marzet et la maternité Navarre, déficitaires, sont visées. Au total, 161 licenciements sur 542 salariés ont été annoncés, ainsi que la fermeture de plusieurs services : maternité, urgences, oncologie et rééducation. La clinique Marzet devrait fermer fin juillet, et la maternité de la clinique de Navarre en septembre.
La polyclinique de Navarre à Pau a demandé son placement en redressement judiciaire. La décision du tribunal est attendue en fin de semaine. L’audience s’est ouverte ce mardi après‑midi à Bordeaux, dans un climat d’incertitude pour la polyclinique Pau‑Pyrénées. Le tribunal de commerce a examiné la situation financière de l’établissement, jugée critique. Au cœur des débats : la possibilité d’un placement en redressement judiciaire. Une mesure qui s’accompagnerait de la nomination d’un administrateur, chargé de tenter de redresser la structure.
Pourquoi un redressement judiciaire ? Causes principales
Depuis plusieurs mois, la clinique fait face à la dégradation de sa situation économique, marquée par un déficit structurel et un endettement élevé, rappelle l’agence. Cette réunion intervient après cinq mois d'attente, depuis l'annonce soudaine, en novembre 2025, d'un déficit de 6 millions d'euros. 55 % des cliniques privées françaises en déficit
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Le professeur Jean‑Charles Le Huec, chirurgien orthopédique et président de la commission médicale d’établissement de la polyclinique Bordeaux‑Nord, regrette le constat, et déplore aussi les difficultés rencontrées par le groupe, sachant, souligne‑t‑il, que « 55 % des cliniques de France sont aujourd’hui en déficit - idem pour les hôpitaux publics, notamment le CHU de Bordeaux ». « Ce déficit, poursuit‑il, est lié à l’absence de revalorisation des tarifs hospitaliers, à une augmentation des dépenses imposées par les ARS [agences régionales de santé] et aux nouvelles lois qui remboursent moins les patients. Le budget des cliniques n’est pas suffisant pour faire face aux dépenses en ressources humaines et en équipements. »
Après la mort du fondateur du groupe en 2024, on a vécu la fuite d’une quinzaine de dirigeants, du directeur général, suivi de toute la direction, de cadres, de directeurs de soins… Il y a eu un changement de stratégie et, après le Covid, un départ d’infirmières, d’aides‑soignants. Le Ségur de la santé a profité au public, et cette bascule nous a plombés. Changer de stratégie ? Un salarié historique du groupe à Bordeaux tique : « On a beaucoup entendu ça dans les couloirs, soi‑disant GBNA voulait faire du Elsan, en se concentrant sur la rentabilité et en laissant tomber toutes les activités peu lucratives. »
La procédure judiciaire et ses étapes
L’audience s’est ouverte ce mardi après‑midi à Bordeaux, dans un climat d’incertitude pour la polyclinique Pau‑Pyrénées. Le tribunal de commerce a examiné la situation financière de l’établissement, jugée critique. Au cœur des débats : la possibilité d’un placement en redressement judiciaire. Une mesure qui s’accompagnerait de la nomination d’un administrateur, chargé de tenter de redresser la structure.
Devant le tribunal de commerce ce mardi après‑midi, à l’appel des syndicats, l’attente était fébrile. Les avocats de la direction ont été les premiers à s’exprimer devant le tribunal. Ils ont mis en avant les « services déficitaires » et les « loyers des cliniques très élevés », selon les deux déléguées syndicales de la CFDT Santé sociaux Béarn et élues au CSE, Camille Bénazet et Suzanne Aragnon, présentes à l’audience.
Des représentants du personnel ont assisté à l’audience. Elles ont expliqué au juge « l’attachement des salariés aux deux établissements » et leur objectif de maintenir l’emploi. Le tribunal doit délibérer dans les prochains jours, mais selon les représentantes syndicales, « il n’y a pas de raison que le dossier soit refusé. Le tribunal s’est montré réceptif et a trouvé la demande cohérente ». Elles ont indiqué que la journée d’audience devait permettre aux interlocuteurs du tribunal qui viendront à la clinique pour traiter avec nous et la direction.
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Conséquences prévues : emploi, services et patients
Au total, 600 salariés sont concernés par l’issue de la procédure. Un plan de sauvegarde de l'emploi a été lancé pour les 600 employés. Au total, 161 licenciements sur 542 salariés ont été annoncés, ainsi que la fermeture de plusieurs services : maternité, urgences, oncologie et rééducation.
Certains services pourraient être directement menacés, faisant craindre un report de patients vers l’hôpital public de Pau, déjà sous tension. L’agence régionale de santé assure que l’hôpital public pourra prendre le relais dès septembre, mais reconnaît qu’il faudra recruter du personnel. Ces mesures viennent fragiliser l’offre de soins sur un bassin de population de près de 450 000 habitants et engagent le devenir professionnel des salariés.
Réactions du personnel, des syndicats et des autorités
Inquiets pour leur avenir, les salariés de la clinique Pau‑Pyrénées ont massivement suivi un mouvement de grève ce mercredi 1er avril. Le personnel de la polyclinique Pau‑Pyrénées était en grève ce mercredi 1er avril, devant le site de Navarre. Une mobilisation prévue de longue date, bien avant l'annonce de la direction, mardi 30 mars, de demander le placement de l'établissement privé de santé en redressement judiciaire.
Ils étaient plus de 600 dans les rues de Pau samedi dernier pour huer le plan social qui menace la polyclinique Pau‑Pyrénées, quelques jours avant l’audience au tribunal de commerce de Bordeaux censée statuer sur l’avenir du site. Le personnel a appris la veille, mardi 30 mars, lors d’un comité social et économique extraordinaire, que la direction envisageait de demander le placement de l’établissement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Bordeaux, en Gironde. Une douche froide pour le personnel qui ne s'y attendait pas.
« On n'a aucune idée de combien de personnes ça va toucher », témoigne Élodie Latisnière, infirmière et déléguée CFDT. Sa collègue Camille Benazet souligne : « On n’a pas eu de réponse sur un plan quelconque, on ne sait pas où on va. » Les représentantes du personnel ont, pour leur part, expliqué au juge « l’attachement des salariés aux deux établissements » et leur objectif de maintenir l’emploi.
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L'ARS Nouvelle‑Aquitaine fait part de sa vigilance quant au respect des engagements pris par le groupe GBNA Santé. L’ARS travaille à l’identification de solutions permettant d’assurer la continuité des prises en charge en oncologie et en soins de réadaptation, en concertation avec les autres établissements du territoire. Le préfet et le directeur général de l’ARS Nouvelle‑Aquitaine réaffirment « leur soutien total à l’ensemble du personnel et soulignent leur professionnalisme, indispensable à la qualité des soins apportés à la population ». « Les services de l’État veilleront au strict respect des procédures et accompagneront l’ensemble des parties prenantes dans les échanges à venir. »
Impact sur l’offre de soins locale et pistes envisageables
Ces mesures viennent fragiliser l’offre de soins sur un bassin de population de près de 450 000 habitants et engagent le devenir professionnel des salariés. L’agence travaille à l’identification de solutions permettant d’assurer la continuité des prises en charge en oncologie et en soins de réadaptation, en concertation avec les autres établissements du territoire. L’agence régionale de santé assure que l’hôpital public pourra prendre le relais dès septembre, mais reconnaît qu’il faudra recruter du personnel.
La fermeture annoncée de plusieurs services de la clinique Pau‑Pyrénées, dont la maternité et les urgences de nuit, provoque inquiétude et colère à Pau. Selon Perrine, sage‑femme en grève : « On ne s'attendait pas du tout à ce genre de réponses parce qu'au final notre avenir est quand même toujours incertain. » Selon elle, la polyclinique perd des patientes à cause de ce flou, « c'est clair qu'on a une fuite de patientèle, je le vois en libéral », ses patientes préfèrent choisir la maternité de l'hôpital de Pau dans le doute.
Doux: audience au tribunal de commerce
Tableau récapitulatif (données issues du dossier)
| Élément | Valeur / statut |
|---|---|
| Nombre total de salariés concernés | Environ 600 |
| Licenciements annoncés | 161 sur 542 salariés |
| Services menacés | Maternité, urgences, oncologie, réadaptation |
| Fermetures prévues | Clinique Marzet (fin juillet), maternité Navarre (septembre) |
| Bassin de population impacté | ≈ 450 000 habitants |
| Cause principale avancée | Déficit structurel, endettement élevé, loyers élevés, baisse d'activité |
Points d’incertitude et attentes
Les salariés n'en savent pas beaucoup plus et dénoncent un manque d'informations qui alimenterait un climat délétère dans l'établissement. « Ils confirment un plan de sauvegarde avec des licenciements économiques, mais on ne connaît ni les services, ni les sites impactés », s'indigne une représentante du personnel. Les employés travaillent jour et nuit dans les mêmes conditions pour prendre en charge les patients du mieux possible, dans un climat anxiogène pour les métiers de chacun, continue Camille Benazet.
Le tribunal s’est montré réceptif et a trouvé la demande cohérente. « On a senti le tribunal réceptif à notre demande. Un point a été fait sur les antécédents du groupe. Ils ont semblé ouverts et nous ont laissé envisager que la procédure de redressement judiciaire serait prise en compte. Ils ont compris l’urgence de la situation et tout ce que ça implique pour nous. » La décision est attendue en fin de semaine. Elle sera déterminante pour l’avenir de la clinique, mais aussi pour l’accès aux soins en Béarn.
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