Reprendre ses études à 40 ans : dispositifs de financement détaillés

Vous êtes salarié, en reconversion ou en recherche d’emploi ? Vous vous posez des questions sur votre avenir professionnel, vous avez envie de vous former, d’évoluer, voire de changer complètement de voie ? Bonne nouvelle : reprendre ses études à l’âge adulte est tout à fait possible, à condition de s’y prendre avec méthode.

Pourquoi reprendre ses études à 40 ans ?

Après plusieurs années à travailler au même poste ou dans la même entreprise, vous ressentez de la lassitude. Vous pensez avoir fait le tour du job et vous rêvez de nouveaux horizons. Changer de métier à 40 ans peut faire peur. Ce qui est certain, c’est que c’est la perspective d’un monde nouveau, rempli d'opportunités !

Que ce soit pour satisfaire un rêve profondément enfoui en vous, un désir d’entrepreneuriat ou bien pour faire de votre passion votre métier, la reprise d’études est une excellente idée. Bien qu’elle ne soit pas toujours indispensable, elle permet de renforcer son projet professionnel et de certifier son savoir-faire avec un diplôme.

Par où commencer ?

Le plan d’action est d’abord de bien définir votre objectif, puis de vous rapprocher d’un conseiller (CEP, France Travail) pour déterminer quel dispositif est le plus adapté à votre situation et à votre projet de reconversion. Faire le point avec un bilan de compétences : c’est souvent le point de départ idéal. Cet accompagnement personnalisé, mené par un professionnel, vous aide à analyser vos compétences professionnelles et personnelles, vos aptitudes et vos motivations.

Si vous avez un doute quant aux études à suivre lors de votre reconversion, tournez-vous vers un bilan de compétences. Avant de vous lancer, si vous souhaitez bénéficier de conseils en reconversion professionnelle, nous pouvons vous accompagner de deux manières : le coaching professionnel ou le bilan de compétences.

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Les principaux dispositifs de financement (selon votre statut)

1. Le Compte Personnel de Formation (CPF)

Chaque personne qui entre dans le monde du travail se voit octroyer une somme d’argent annuelle versée sur un compte dédié à la formation. Ce compte, c’est le CPF, le compte personnel de formation. Cette aide financière offre la possibilité à n’importe quel actif, en activité ou non, de reprendre ses études. Ainsi, si par exemple vous n’avez jamais mobilisé vos droits, vous disposez d’une enveloppe plutôt intéressante pour retourner sur les bancs de l’école. Sachez que vous seul•e êtes décisionnaire sur l’emploi de cet argent : il vous appartient et vous en faites ce que vous voulez.

Le CPF permet d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de la vie professionnelle. Les formations éligibles au CPF doivent permettre l’acquisition d’une certification professionnelle (certification enregistrée au RNCP ou dans le Répertoire Spécifique).

2. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)

Destiné aux salarié•es en CDI, CDD, aux intérimaires ainsi qu’au personnel du service public, le projet de transition professionnelle (PTP) est un choix que beaucoup font pour reprendre leurs études dans l’objectif de changer de métier ou bien d’évoluer au sein de leur entreprise ou d’en intégrer une autre. Votre demande de projet de transition professionnelle est à transmettre à votre employeur, puis une autre concernant la prise en charge doit être envoyée à la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) dont vous dépendez.

Désormais appelé PTP, il s’agit du dispositif le plus adapté à une reconversion professionnelle. Le Projet de Transition Professionnelle peut être utilisé uniquement pour financer des formations certifiantes, éligibles au CPF, et destinées à vous permettre de changer de métier ou de profession.

3. Le plan de développement des compétences

Autre dispositif de financement pour reprendre ses études si vous travaillez en entreprise : le plan de développement des compétences. Celui-ci inclut des formations non obligatoires à destination des salarié•es qui désirent se reconvertir afin d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires au nouveau métier qu’ils convoitent. Le PDC (Plan de Développement des Compétences) vous permet de suivre des actions de formation à l’initiative de votre employeur.

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4. France Travail (ex‑Pôle emploi) : AIF

Depuis le 1er janvier 2024, Pôle emploi est devenu France Travail ! Le nom a changé, mais pas ses missions. En tant que demandeur ou demandeuse d’emploi, vous disposez de l’AIF, l’aide individuelle à la formation. L’AIF permet aux personnes inscrites à France Travail de financer ou cofinancer leur formation. Avant toute démarche, votre projet doit être validé par votre conseillère ou conseiller France Travail.

5. Aides des régions et dispositifs locaux

Votre région est en mesure de vous offrir un coup de main pour financer la reprise de vos études. Par exemple, la Région Île-de-France a mis en place, en 2016, une aide au diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) pour aider les Franciliens et les Franciliennes qui ont interrompu leurs études à réintégrer un cursus de l’enseignement supérieur. Les conseils régionaux disposent d’offres dédiées à la formation des personnes qui souhaitent se former ou se reconvertir. Ces aides peuvent varier d’une région à l’autre et inclure des subventions, des allocations ou des bourses spécifiques.

Optez pour une demande d’Aide individuelle régionale vers l’emploi (AIRE). Les dispositifs s’adressent exclusivement aux personnes en reprise d’études : salariées, en recherche d’emploi, indépendantes.

6. Aides pour les personnes en situation de handicap

Dans le cas où vous seriez porteur ou porteuse d’un handicap, deux organismes peuvent soutenir financièrement votre reprise d’études. Il y a l’Agefiph, l’Association de gestion des fonds pour l’insertion des personnes handicapées, et la Fagerh, la Fédération des centres de réadaptation pour personnes handicapées.

7. Les dispositifs pour les indépendants

Si vous êtes travailleur/travailleuse indépendant•e, votre contact principal est le FAF, le fonds d’assurance formation. C’est lui qui est à même de financer vos études si vous envisagez une autre carrière. Certaines caisses de retraite complémentaire ou mutuelles proposent des aides à la formation pour leurs cotisants.

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8. Alternance et contrats de professionnalisation

L’alternance permet de se former tout en travaillant, grâce à un contrat rémunéré. La reprise d’études en alternance est une solution très appréciée qui permet de travailler et de se former en même temps. Passé l’âge de 26 ans, vous recevez, dans le cadre d’un contrat de professionnalisation, une rémunération au minimum égale au SMIC. Le contrat de professionnalisation est flexible et accessible sans limite d’âge supérieure.

9. Prêts bancaires et aides financières ponctuelles

Dernier moyen pour reprendre ses études en bénéficiant d’une aide financière : le prêt bancaire. Et plus précisément un prêt étudiant garanti par l’État, d’un montant maximum de 20 000 euros. Le FNAU (Fonds National d’Aide d’Urgence) et le CROUS peuvent aussi accompagner les personnes en difficulté, notamment les moins de 35 ans, via des aides ponctuelles ou annuelles.

Cas pratiques selon votre situation professionnelle

Vous êtes en CDI

Vous avez coché toutes les cases du “bon salarié” : poste stable, responsabilités, ancienneté… mais quelque chose ne colle plus. Reprendre ses études ne signifie pas forcément tout plaquer du jour au lendemain pour changer de métier. Être en CDI peut même représenter un avantage pour sécuriser un projet de formation solide. Conseil : prenez le temps d’échanger avec votre RH ou votre manager. Un projet bien construit peut être perçu comme une opportunité pour l’entreprise.

Vous êtes en CDD

Actuellement en CDD, vous aspirez à sécuriser votre avenir et ne plus subir le court terme. Moins engageant qu’un CDI, un contrat court peut être propice pour faire le point et identifier une formation adaptée à votre situation.

Vous êtes intérimaire

Vous êtes abonné aux missions en intérim, mais vous rêvez d’accéder à un emploi durable ? Sachez que ce n’est pas « mission impossible ». Des droits spécifiques sont ouverts aux intérimaires, notamment via le FAF.TT, le Fonds d’assurance formation du travail temporaire. Conseil : parlez de votre projet à votre conseiller intérim.

Vous êtes demandeur d’emploi

Reprendre ses études à 40 ans quand on est demandeur d’emploi ? C’est possible ! France Travail propose des dispositifs tels que l’Aide Individuelle à la Formation (AIF) afin de financer tout ou une partie des frais de formation. Si vous recherchez un emploi, vos frais de formation peuvent être remboursés dans la limite de vos droits à indemnisation.

Formes de formation adaptées aux adultes

Reprendre ses études ne signifie pas tout plaquer pour retourner sur les bancs de l’université. Aujourd’hui, l’offre de formation s’est adaptée aux contraintes des adultes en activité. Le bon format, c’est celui qui vous permet de progresser sans sacrifier votre équilibre personnel et professionnel.

  • Formations à distance (e‑learning) : permettent de conserver son emploi et de suivre les cours sur son temps libre.
  • Cours du soir et week‑ends : des écoles proposent des formations le soir, le samedi ou lors de sessions intensives.
  • Formations courtes ou certifiantes : stages, Executive Bachelor, Master, MS, MBA…
  • Formation continue et VAE : faire valoir son expérience pour obtenir une certification.

Le CNAM offre des formations le soir et le samedi matin dans le cadre de formations hors temps de travail. Les écoles proposent des programmes conçus spécifiquement pour les adultes qui travaillent à temps plein.

Financer quand le financement public n’est pas suffisant

Certaines formations ne sont pas finançables par le CPF ou par d’autres dispositifs d’aides à la reconversion. Dans ce cas, vous pouvez utiliser vos fonds propres pour financer votre reprise d’étude. Si vous le pouvez, cette solution permet de ne pas dépendre d’administrations dont les démarches peuvent être longues. Vous pouvez également être amené à compléter la prise en charge du CPF ou de France Travail, si ces organismes ne financent pas l’intégralité de votre formation.

Quelques conseils pratiques

  • Mobilisez votre CPF en priorité pour financer votre formation.
  • Avant toute démarche, faites valider votre projet par un conseiller (CEP, France Travail).
  • Si la formation impacte votre emploi, informez‑en votre employeur et construisez un dossier solide pour un PTP ou un congé de formation professionnelle.
  • Pour les agents publics, informez‑vous sur le congé de formation professionnelle : pendant votre formation, vous percevez une indemnité forfaitaire mensuelle équivalente à 85 % de votre traitement brut.
  • Ne sous‑estimez pas les aides régionales et sectorielles (FAF, FAF.TT, Agefiph…).
  • Si vous voulez continuer de percevoir une rémunération pendant vos études, privilégiez l’alternance ou le PTP.

FAQ rapide

Oui, selon votre statut (salarié, demandeur d’emploi), vous pouvez mobiliser votre CPF, solliciter un Projet de Transition Professionnelle (PTP) qui maintient votre salaire, ou obtenir des aides de France Travail et des régions. L’âge est rarement un frein pour les principaux dispositifs de financement.

Oui, notamment grâce aux formations à distance (e‑learning) et les cours du soir, qui vous permettent d’organiser votre temps d’étude autour de vos contraintes professionnelles et familiales.

Reprendre ses études à presque 40 ans | Mes erreurs

Tableau récapitulatif des aides selon statut

Statut Principales aides
Salarié CPF, PTP, Plan de développement des compétences, aide de l’employeur
Demandeur d’emploi AIF (France Travail), aides régionales, RFF/RFPE
Indépendant FAF, aides sectorielles, CPF (si applicable)
Personne en situation de handicap Agefiph, Fagerh, aides régionales
Étudiant en difficulté CROUS, FNAU

Vous pensez que vous êtes trop vieux pour retourner sur les bancs de l’école ? Mettez de côté tous vos doutes et prenez quelques minutes pour lire cet article. Reprendre ses études à 40 ans peut soulever de nombreuses réactions, mais à tout âge, vous pouvez apprendre et construire un projet professionnel en adéquation avec vos valeurs. Une fois votre diplôme en main, vous serez également fier du parcours réalisé pour l’obtenir.

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