Créer ou Reprendre une Entreprise : Guide Complet
Vous souhaitez abandonner le salariat pour devenir votre propre patron ? Ou, déjà chef d’entreprise, vous voulez accélérer le développement de votre activité ? Créer ou reprendre une entreprise est un projet délicat qui nécessite une approche professionnelle et prudente pour optimiser ses chances de réussite. Reprendre une activité permet de gagner du temps en s'appuyant sur l'existant, qu'il s'agisse d'une notoriété, d'un savoir-faire interne, d'un portefeuille clients… Mais cela ne s’improvise pas.
Reprise d'entreprise : Plus complexe qu'une création ?
Une opération de reprise d’entreprise s’annonce souvent plus délicate qu’une création d’entreprise, même si cela vous permet de vous lancer directement avec une entreprise en marche. La reprise d’une entreprise implique que le candidat ait une certaine expérience dans le secteur d’activité visé, et également dans le management lorsque l’entreprise convoitée embauche du personnel. Votre profil et vos compétences doivent vous permettre d’être opérationnel immédiatement.
Cherchez d’abord à comprendre l’activité et le marché de l’entreprise : ses clients, mais aussi l’environnement concurrentiel. Décryptez ensuite son organisation : les hommes (effectifs, qualifications, pyramide des âges…), les matériels (locaux, machines, véhicules, système informatique…) et les savoir-faire.
Une reprise d’entreprise peut s’effectuer en rachetant le fonds de commerce ou en rachetant titres de participation du vendeur. Le rachat d’un fonds de commerce consiste à racheter l’outil de travail d’une entreprise existante afin de l’exploiter au sein d’une nouvelle entreprise.
Il est par exemple possible de filtrer avec un budget maximum, une zone géographique précise, une taille d’entreprise, un stade de développement (jeune entreprise, entreprise mature…). Une évaluation du prix de l’entreprise ciblée vous permet d’avoir un ordre d’idée sur sa valeur avant d’entrer en négociation avec le vendeur. Cette limite dépend des besoins financiers liés au plan de reprise et des ressources financières que vous pouvez mobiliser.
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Les avantages de la reprise d'entreprise
Tout d'abord, une entreprise reprise dispose déjà d'une clientèle existante, ce qui assure des revenus dès le départ. De plus, les employés sont déjà formés et opérationnels, ce qui permet une transition plus rapide et moins coûteuse. La reprise permet aussi de bénéficier d'un réseau de contacts établi, essentiel pour les affaires.
Qui peut reprendre une entreprise ?
La reprise d’entreprise peut être envisagée par différents profils. Les entrepreneurs individuels, souvent expérimentés, peuvent reprendre une entreprise pour diversifier leurs activités ou pour bénéficier d'une structure existante. Les cadres supérieurs ou les salariés en reconversion professionnelle peuvent également être intéressés, cherchant à devenir leur propre patron tout en s'appuyant sur une base solide.
Les étapes clés d'une reprise d'entreprise réussie
Comment financer la reprise d'une entreprise?
Vous envisagez de reprendre une entreprise ? En pratique, la reprise d'une entreprise s’inscrit dans une durée moyenne comprise entre 12 et 18 mois, de la recherche de la cible jusqu’au closing. Quel que soit votre degré d'avancement, des questions vous viennent certainement à l'esprit :
- Quelles sont les démarches à suivre pour reprendre une entreprise ?
- Où trouver des entreprises à reprendre ?
- Comment se déroule une opération de reprise d'entreprise ?
- Quel est le coût et comment faire pour financer le projet de reprise d'entreprise ?
- Qui peut m'aider ?
Une reprise d'entreprise réussie s'anticipe et se prépare.
1. Mûrir votre projet de reprise
Pour bien commencer, vous devez mûrir votre projet de reprise d'entreprise. Cette réflexion doit vous amener à :
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- Analyser vos motivations et vos objectifs.
- Bien définir votre projet en listant vos critères de choix (secteur d'activité, région, industrie, taille de l’entreprise...).
- Cibler un type d'entreprise à reprendre cohérent avec votre projet personnel.
- Vous faire accompagner, conseiller (exemples : un conseiller des chambres consulaires, un expert-comptable, un avocat spécialisé, un notaire, etc.).
2. Trouver une entreprise à reprendre
Pour trouver une entreprise à reprendre et à développer, plusieurs solutions s'offrent à vous :
- Activer les réseaux (familial, amical et professionnel).
- S'adresser aux intermédiaires.
- Se rapprocher d'experts.
- Consultez les annonces.
- Prospectez en direct les entreprises.
- Accéder aux bourses de candidats cédants et repreneurs.
Une fois les cibles repérées, réalisez un "prédiagnostic reprise" pour une première sélection.Cette première sélection est importante pour optimiser votre temps.
3. Diagnostic de l'entreprise cible
Au préalable, pour effectuer les différents diagnostics, il est nécessaire de collecter le maximum d'informations sur l'entreprise. La réalisation du diagnostic, à ne pas confondre avec l’audit, vous permet de :
- Vous informer progressivement sur l’entreprise.
- Rassembler les informations nécessaires pour prendre la décision de poursuivre ou non votre projet.
- Puis, dans le cas d’un avis favorable, d’approcher une première valeur d’entreprise afin de construire le business plan et de commencer à organiser le montage juridique et financier.
L'évaluation d'une entreprise n’est pas une affaire purement comptable. Elle doit également prendre en compte son potentiel et son capital immatériel, notamment humain.
4. Formaliser les intentions et réaliser l'audit d'acquisition
Vous avez mené à bien vos diagnostics et évaluations, validé un premier business plan viable de reprise, et vous envisagez donc de reprendre très sérieusement cette entreprise ? A un certain stade de vos discussions, vous, comme le cédant, pouvez ressentir le besoin de formaliser certains éléments fondamentaux du dossier :
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Le vendeur peut par exemple vous demander de clarifier et d’affirmer vos intentions avant de vous ouvrir l’accès à de nouvelles informations plus confidentielles. De votre côté, vous pouvez obtenir un accord, au moins tacite, sur certains points clés avant d’engager des moyens d’étude et de passer du temps à la réalisation de l'audit d'acquisition de l'entreprise (aussi appelé due diligence) qui vous permet de fiabiliser les informations communiquées par le cédant et de vérifier si le prix de cession n’est pas surévalué.
5. Choisir la structure juridique et le montage financier
Différentes situations sont possibles, conduisant à autant de possibilités de montages juridiques. Si vous reprenez une entreprise individuelle, vous ne pouvez reprendre que son principal actif que constitue son fonds de commerce (ou artisanal). Par contre, si vous reprenez une société, vous devrez choisir entre : reprendre son fonds (actif) ou ses titres (actif et passif).
Selon l’option choisie, les conséquences juridiques, fiscales et financières seront différentes selon que l’on se place du côté du repreneur ou du côté du cédant. Entreprise individuelle, EURL, SARL, SAS, SA, SNC ? Le business plan vous permettra de confirmer la viabilité de votre projet de rachat d'entreprise. Et ce sera l’outil utilisé par les financeurs pour vous accorder, ou non, le prêt.
« Bien que les banques soient des acteurs incontournables, ce ne sont pas les seuls interlocuteurs à solliciter. Recherchez vos financements dans un ordre précis : du plus proche au plus éloigné ». Mobilisez d’abord vos propres fonds : on ne prête rien à celui qui ne risque pas son propre argent. Ne négligez pas les prêts d’honneur qui peuvent aller jusqu’à 40 000 € pour reprendre une entreprise. Il y a 2 canaux principaux : les plateformes locales du réseau Initiative France et le réseau Entreprendre. L’apport des banques peut représenter jusqu’à 70 % du coût d'acquisition d'une entreprise. Vous devez donc préparer un dossier solide et convaincant avant de les solliciter : « la qualité du business plan devra être irréprochable ! ».
| Type de Financement | Montant Potentiel | Organismes |
|---|---|---|
| Fonds propres | Variable (selon vos ressources) | Vous-même |
| Prêts d'honneur | Jusqu'à 40 000 € | Initiative France, Réseau Entreprendre |
| Prêts bancaires | Jusqu'à 70% du coût d'acquisition | Banques |
6. Négociation et signature de l'acte de cession
Ce document précise les conditions de réalisation de la cession de la société et engage les deux parties. Vous entrez donc en négociation active avec votre vendeur. Il vous permettra de vérifier la réalité des informations communiquées, bases de votre décision et de la construction de votre business plan. Le bouclage n’est assuré que lorsque la banque accepte de financer la part qui lui revient. Ceci permettra de lever la condition suspensive relative au financement. Vous saisirez donc les banques dès que vous aurez les accords des autres financeurs.
En cas de rachat d’un fonds de commerce ou de titres par une holding, vous devrez aussi créer cette société. Il faut désormais passer à la signature de l'acte de cession. Réalisé devant notaire, avocat ou sous seing privé, les mentions et actes varient en fonction de ce que vous rachetez (actions, parts ou fonds de commerce).
La gestion de la transition après la reprise
Après une reprise d'entreprise, quel que soit le type d'entreprise et les circonstances de l'opération, on assiste généralement à une période de "flottement". La gestion de la transition avec le personnel en place est également un point sensible de l’opération de reprise. Il faut donc prendre soin de gérer correctement la transition vis-à-vis du personnel, en allant à leur rencontre et en les rassurant.
En effet, le repreneur reçoit une entreprise qui, dans 50% des cas, a été créée par son dirigeant trente ans plus tôt. Et, si un dirigeant n'appréciera pas un repreneur qui veut « tout casser » sous prétexte qu'il a des idées, il n'appréciera pas plus un repreneur qui voudrait simplement continuer à l'identique.
Lorsque vous reprenez, vous recevez une entreprise qui a une histoire, laquelle a été faite par des hommes. Certains vous déplairont, d'autres vous effraieront, d'autres encore partiront… Mais ils feront tous partie de l'entreprise et de son succès. Et, sans eux, point de salut. En effet, plus de 20 % des repreneurs se plaignent d'avoir manqué d'informations sur le fonctionnement de l'entreprise de la part de l'ancien dirigeant.
« Il faut par ailleurs avoir une approche globale de la valeur de l’entreprise en vous projetant dans l’avenir. En présence d’enjeux importants, il est conseillé de se faire accompagner par un expert pour évaluer et auditer l’entreprise ciblée.
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