Qu'est-ce que le système de banque de sang

Le système de banque de sang englobe l’ensemble des activités liées à la collecte, à l’analyse, au traitement, au stockage et à la distribution du sang et des produits sanguins destinés aux patients. Avant d’être délivrées au patient qui en a besoin, les poches de sang des donneurs doivent être analysées et préparées.

Le don de sang : principes et conditions

Le don est un acte volontaire. Vous pouvez faire un don si : Vous venez avec votre carte ou carte d'identité. Vous avez plus de 18 ans et moins de 65 ans. Vous êtes en bonne santé. Vous pesez plus de 50 kg. Vous ne jeûnez pas. Vous n'avez pas bu d'alcool au cours des 12 dernières heures. Vous n'êtes pas enceinte. Plus de 3 mois se sont écoulés depuis le dernier don. Si vous n'avez pas reçu de vaccins au cours des 30 derniers jours. Vous n'avez pas voyagé dans des régions chaudes comme la côte et l'est au cours des 30 derniers jours.

Vous ne devriez pas faire de don si vous subissez des pressions pour quelque raison que ce soit. Toutes les informations demandées lors de l’entretien sont importantes pour vous protéger à la fois en tant que donneur et pour protéger les personnes qui recevront le sang. Les informations fournies sont strictement confidentielles. En faisant un don, vous ne contractez aucune maladie, puisque tous les matériaux utilisés sont stériles et jetables.

Un bilan de santé sera effectué, vérifiant votre poids, votre tension artérielle et votre hémoglobine. Avant de donner son sang, le donneur volontaire subit certains contrôles rigoureux (pouls, pression, température, taux d'hémoglobine, poids), afin que les donneurs profitent de l'occasion pour vérifier leur état de santé.

Cas d'attente et contre‑indications

Vous devez attendre un an avant de donner du sang si : Vous avez reçu des transfusions de composants sanguins. Vous avez subi un tatouage, une acupuncture ou percé une partie de votre corps. Vous avez eu plus d'un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois.

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Ils ne peuvent pas être donateurs : Diabétiques. Hypertendu avec traitement. Ceux qui se sont injecté des drogues par voie cutanée ou veineuse. Porteurs de l'infection par le VIH (SIDA), la syphilis, le virus de l'hépatite B ou C et la maladie de Chagas. Epileptiques en traitement. Les personnes qui se sont livrées au commerce du sexe. Si vous souffrez de troubles cardiaques, rénaux, neurologiques, respiratoires ou hématologiques. Ceux qui sont traités avec des antibiotiques. Ce n’est qu’une semaine après la fin de cette période qu’ils seront acceptés comme donneurs. Les gens enrhumés. Les personnes souffrant de diarrhée ne pourront faire un don que 7 jours après le dernier épisode. Ceux qui sont traités avec des antidépresseurs, des stabilisateurs de l'humeur ou similaires. Personnes ayant subi des interventions chirurgicales mineures au cours des 6 derniers mois. Si moins de 6 mois se sont écoulés depuis l'accouchement avec ou sans allaitement.

Processus après la collecte : préparation et contrôle

Après leur collecte par l’Etablissement français du sang (EFS), les dons sont acheminés sur des sites de préparation. Car le sang, dit « sang total », n’est pas destiné à être conservé et transfusé en l’état. Il subit plusieurs étapes : on enlève les globules blancs, puis le sang est centrifugé pour que les divers éléments qui le composent puissent être séparés en différents produits sanguins. Les globules rouges, les plaquettes et le plasma sont ainsi stockés dans des poches distinctes.

Le laboratoire obtient un concentré de globules rouges, qui va être conservé à 4°C pendant 42 jours maximum. Le volume de plaquettes obtenu avec un don n’est pas suffisant pour traiter un patient. Il est donc mélangé avec les plaquettes de quatre autres donneurs du même groupe sanguin, pour obtenir un concentré de mélange plaquettaire, conservé, lui, entre 20 et 24°C pour seulement 5 jours. Quant au plasma, il est congelé à - 25°C pendant un an maximum. Si ce plasma n’est pas délivré à un receveur, il peut être utilisé dans la préparation de médicaments dérivés du sang.

Avant de procéder à leur étiquetage et à la mise à disposition auprès des établissements de santé, le laboratoire dit « de qualification » réalise une trentaine d’examens immunologiques, sérologiques et de dépistage de marqueurs infectieux pour s’assurer de l’absence de toute anomalie. Le sang sera étudié pour détecter les différents agents infectieux requis par le ministère de la Santé.

Stockage, distribution et organisation nationale

Les produits sanguins sont rigoureusement classés, de manière à trouver le bon produit dans les plus brefs délais. Les globules rouges, les plaquettes et le plasma sont conservés dans des enceintes spécifiques, qui répondent à leurs exigences de conservation. Et dans chaque enceinte, chaque poche est rangée en fonction de son groupe sanguin (A, B, AB, O) et de sa date de péremption.

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En ce qui concerne les globules rouges, le classement est un peu plus fin. Il tient compte de la présence ou de l’absence de l’antigène Rhésus, de l’antigène Kell ou d’autres systèmes d’antigènes, également importants dans l’acte transfusionnel. Les stocks sont ajustés au jour le jour, en fonction des besoins, pour éviter toute pénurie ou gaspillage.

Les produits sanguins sont ensuite acheminés dans l’un des 148 sites EFS de la métropole ou l’un des quatre sites des DOM. Ils se trouvent en règle générale dans les enceintes hospitalières. Assurant une continuité de service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ces sites ont une double fonction. Ils réalisent, à l’échelle nationale, 87 % des délivrances de produits sanguins vers les patients. Mais ils approvisionnent aussi les 621 dépôts de sang situés dans les établissements de santé. Deux tiers d’entre eux sont des dépôts d’urgence destinés à la prise en charge immédiate des urgences hémorragiques.

Usage clinique et priorités

Le sang prélevé sur une solution anticoagulante peut être stocké et transfusé à un patient ou une patiente dans un état non modifié. On parle alors de transfusion de « sang total ». Cependant, le sang peut être utilisé plus efficacement s’il est séparé en ses composants, tels que les concentrés de globules rouges, les concentrés de plaquettes, le plasma et le cryoprécipité. Il peut ainsi répondre aux besoins de plusieurs patients et patientes.

Dans les pays à revenu élevé, la transfusion est le plus souvent utilisée pour les soins de soutien en chirurgie cardiovasculaire, en chirurgie de transplantation, en cas de traumatisme massif et en thérapie pour les tumeurs malignes solides et hématologiques. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, elle est utilisée plus fréquemment pour prendre en charge les complications liées à la grossesse et l’anémie sévère chez l'enfant.

Sécurité, réglementation et rôle de l'OMS

L’OMS recommande que toutes les activités liées à la collecte, à l’analyse, au traitement, au stockage et à la distribution du sang soient coordonnées au niveau national grâce à une organisation efficace et à des réseaux intégrés d’approvisionnement en sang. Le système national du sang devrait être régi par une politique nationale et un dispositif réglementaire spécifiques afin de promouvoir la mise en œuvre uniforme des normes et d’assurer la qualité et la sécurité constantes du sang et des produits sanguins.

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L’OMS recommande un dépistage systématique des infections dans tous les dons de sang avant leur utilisation. Il devrait être obligatoire pour le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis et effectué suivant un système répondant à des exigences de qualité. Sur l’ensemble des pays ayant communiqué des données, 10 ne sont pas en mesure de rechercher une ou plusieurs des infections recensées ci-dessous dans l’ensemble du sang collecté.

À l’échelle mondiale, 63 % des laboratoires effectuant un contrôle du sang ont participé à des programmes d’évaluation externe de la qualité à la recherche d’infections à transmission transfusionnelle. La prévalence des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang est bien plus basse dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Stratégies recommandées par l'OMS

  • Mise en place d’un système national de transfusion sanguine doté de services bien organisés et coordonnés, ainsi que de politiques, d’une législation et d’une réglementation nationales efficaces et éthiques.
  • Collecte de sang, de plasma et d’autres composants sanguins auprès de donneurs volontaires non rémunérés à faible risque et réguliers.
  • Dépistage de qualité garantie de tous les dons de sang pour détecter les infections à transmission transfusionnelle ; tests de groupe sanguin et de compatibilité.
  • Utilisation rationnelle du sang et des produits sanguins pour réduire les transfusions inutiles et minimiser les risques associés à la transfusion.
  • Mise en œuvre progressive de systèmes de qualité efficaces, incluant la gestion de la qualité, les normes et la formation du personnel.

Approvisionnement mondial et autosuffisance

Environ 120,4 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, dont 36 % dans des pays à revenu élevé, où vit 15 % de la population mondiale. Il existe une différence marquée dans le niveau d’accès au sang entre les pays à faible revenu et ceux à revenu élevé.

Le taux médian de dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 28,9 pour 1000 habitants, contre 18,2 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, 8,5 dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et 4,5 dans les pays à faible revenu. On dénombre 55 pays indiquant recueillir moins de 10 dons pour 1000 habitants. Parmi eux, 36 appartiennent à la Région africaine de l’OMS. Tous sont des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Il existe 3 types de donneurs et donneuses de sang : volontaires non rémunérés, proches ou membres de la famille, rémunérés. Un approvisionnement adéquat et fiable en sang sûr peut être assuré par une base stable de donneurs et donneuses de sang réguliers, volontaires et non rémunérés. Ces derniers constituent également le groupe le plus sûr, car c’est dans ce groupe que la prévalence des infections véhiculées par le sang est la plus faible.

La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé appelle tous les États Membres à instaurer des systèmes nationaux d’approvisionnement en sang sur la base de dons volontaires non rémunérés et à s’efforcer d’atteindre l’objectif de l’autosuffisance. Une augmentation de 11,6 millions de dons de sang provenant de donneurs volontaires non rémunérés a été communiquée par 132 pays entre 2013 et 2023.

Produits dérivés du plasma et moelle osseuse

Seuls 49 des 168 pays ayant communiqué des données produisent des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement du plasma recueilli dans le pays. Au total, 119 pays ont déclaré importer tous leurs produits médicaux dérivés du plasma, ou bien aucun produit médical dérivé du plasma n’a été utilisé pendant la période considérée.

La banque de sang et la banque (registre) de donneurs de moelle osseuse fonctionnent différemment. Alors que les banques de sang sont pleines d’échantillons « physiques » prêts à être utilisés, l’organisation du don de moelle osseuse repose sur une richesse « immatérielle » : aucun élément biologique n’est mis en banque. Les donneurs de moelle osseuse sont inscrits sur un registre national, appelé Registre France greffe de moelle (RFGM), placé sous la responsabilité de l’Agence de la biomédecine.

La plupart des pays développés ont constitué ce genre de bases de données, ce qui permet d’échanger des informations pour trouver le meilleur donneur. Nous pouvons accéder à 73 registres, dans 68 pays sur tous les continents. Soit un total de 28 millions de donneurs susceptibles de fournir un greffon à des patients atteints de maladies graves du sang, comme des leucémies ou des lymphomes.

Qualité d’utilisation et hémovigilance

L’OMS recommande la mise sur pied de systèmes - comités de transfusion hospitaliers ou systèmes d’hémovigilance - pour suivre et améliorer la sécurité du processus transfusionnel. 129 pays sont dotés de lignes directrices nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang. Des comités de transfusion sont présents dans 40 % des hôpitaux pratiquant des transfusions. Des systèmes de notification des manifestations transfusionnelles indésirables sont présents dans 68 % des hôpitaux réalisant des transfusions.

Quelque 88 pays ont déclaré disposer d’un système d’hémovigilance. Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles dangereuses exposent les patients au risque de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions inutiles réduisent également la disponibilité des produits sanguins pour les patients qui en ont besoin.

Groupes sanguins et compatibilités

Les donneurs de groupe O sont dits « universels » dans le système ABO. Cela signifie que les globules rouges O sont compatibles avec tous les groupes A, B, AB... et O. Les dons de sang du groupe O- sont eux particulièrement précieux, car ils peuvent être transfusés à tous les patients, indépendamment de leur rhésus. À l'inverse du don de sang, ce sont les donneurs de groupe AB qui sont considérés comme donneurs universels de plasma. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur plasma ne contient aucun anticorps du système ABO (ni anti-A, ni anti-B).

Pour ce don, c'est une logique différente qui va s'opérer. On va d'abord chercher à savoir si vous avez une grande quantité de cellules plaquettaires dans le sang ou non. Dans la majorité des cas, les patients sont transfusés avec le sang d'un donneur de leur propre groupe sanguin.

COMPRENDRE LES GROUPES SANGUINS

Mythes, vérités et avantages pour le donneur

Il existe encore beaucoup d’ignorance et de fausses croyances qui empêchent les gens de donner leur sang. Donner du sang n'affaiblit pas, ne fait pas grossir ou maigrir, ne fait pas mal, ne contracte pas de maladies, ne modifie pas le groupe sanguin de la personne qui le donne. Avec les tatouages et les piercings, vous pouvez faire un don un an (12 mois) après le dernier perçage ou tatouage corporel.

En plus de la possibilité de sauver jusqu'à trois vies, nous vous présentons quelques raisons qui vous inciteront à rejoindre cette cause : Lorsqu’une personne donne du sang, le corps détecte une réduction du niveau de liquide. Immédiatement, le corps génère de nouvelles cellules et cède la place à du sang propre et frais. Après un don, le sang circule sainement et aide à la muqueuse des vaisseaux sanguins, ce qui réduit les risques de blocage artériel. Il y a donc moins de risques de souffrir d'une crise cardiaque ou d'un accident vasculaire cérébral.

En donnant du sang, vous pouvez perdre jusqu'à 650 calories, soit à peu près l'équivalent d'un cours d'aérobic moyen.

Historique et avancées technologiques

Jusqu’en 1628, les scientifiques pensaient que le sang était produit par le foie. C’était sans compter sur la découverte majeure du docteur anglais William Harvey à cette même date. Celui‑ci découvrit la circulation sanguine et l’importance du cœur dans la propulsion et la circulation du sang. En 1900, en comparant le sang de différents sujets, Karl Landsteiner fît une découverte majeure : celle du groupe sanguin ABO. Cette découverte permit d’améliorer considérablement le taux de réussite des transfusions.

Le 27 mai 1914, Albert Hustin, médecin belge, est le premier à réaliser une transfusion de sang en utilisant du sang conservé grâce aux propriétés anticoagulantes du citrate de soude. En 1940, Karl Landsteiner et Alexander Solomon Wiener firent la découverte de l'antigène Rh (D). En 1943, John Freeman Loutit et Patrick Loudon Mollison mirent au point et ensuite, améliorèrent des solutions anticoagulantes et préservatrices. Ces solutions permettaient de conserver le sang total pendant 21 jours. Petit à petit, à partir des années 60, les transfusions furent adaptées aux besoins spécifiques des malades en tel ou tel composant du sang.

Données clés mondiales

Indicateur Valeur / remarque
Dons de sang annuels (mondial) Environ 120,4 millions
% des dons dans pays à revenu élevé 36 % (15 % de la population mondiale)
Taux médian de dons (pays à revenu élevé) 28,9 pour 1000 habitants
Taux médian (pays faible revenu) 4,5 pour 1000 habitants
Nombre de pays avec politique nationale (2023) 133 sur 168 (79 %)
Pays produisant dérivés du plasma 49 sur 168

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