Se Lancer Comme Auto-Entrepreneur: Démarches et Conseils
Vous avez un projet, vous rêvez de lancer votre propre micro-entreprise mais vous ne savez pas par où commencer ? Le statut d’auto-entrepreneur, désormais appelé micro-entrepreneur, offre une solution simple et flexible pour lancer votre activité indépendante.
Grâce au modèle juridique de la micro-entreprise, et au statut d'auto-entrepreneur, les démarches administratives sont simplifiées et vous pouvez créer rapidement et facilement votre activité. La micro-entreprise, ou le statut d'auto-entrepreneur, est un régime simplifié qui permet de créer une entreprise avec des démarches administratives allégées. Ce statut est particulièrement adapté aux petites entreprises individuelles qui génèrent des revenus modestes, qu’elles soient dans le secteur des services ou dans le commerce. Il n’y a pas de différence entre auto-entrepreneur et micro-entreprise. En effet, les deux termes ont fusionné en 2016.
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Qu'est-ce que le statut d'auto-entrepreneur ?
L’auto-entrepreneur est une personne physique qui crée et exerce une activité commerciale, artisanale ou libérale de manière indépendante. L’auto-entrepreneur, comme tout travailleur indépendant, est responsable de son activité et doit respecter certaines obligations, notamment en matière de déclaration et de gestion.
Depuis 2016, les termes auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même régime. Avant cette date, les régimes de la micro-entreprise et de l’auto-entreprise avaient des règles distinctes, notamment en matière de calcul des cotisations sociales.
Le statut d’auto-entrepreneur, ou micro-entrepreneur, séduit par sa simplicité et sa souplesse. L’auto-entreprise est un régime ouvert aussi bien aux salariés, aux étudiants, aux demandeurs d’emploi ou encore aux retraités. Vous pouvez l’exercer comme activité principale ou en complément d’une autre source de revenu.
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Pourquoi choisir le statut d'auto-entrepreneur ?
Le choix du statut d'auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est souvent motivé par la simplicité des démarches administratives et les charges allégées. Cependant, il existe des limites.
Si autant de Français optent pour ce régime, ce n’est pas un hasard. En 2023, L'INSEE rapporte que plus de deux millions d’auto-entrepreneurs étaient enregistrés en France, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Ce succès s’explique par des démarches administratives simplifiées, la possibilité de cumuler cette activité avec un emploi salarié et un régime fiscal avantageux. En somme, l’auto-entrepreneuriat permet de tester une idée, un concept, un marché, sans se retrouver noyé sous les formalités bureaucratiques.
Avantages du régime social :
- Le régime social est très intéressant.
- Il est encore plus avantageux puisque vous payez des cotisations en fonction de ce que vous avez réellement encaissé comme chiffre d’affaires.
- Pas de cotisations provisionnelles ni de paiement automatique comme pour les SARL.
L’auto-entreprise est également peu consommatrice de financements, notamment du fait qu’il n’y a pas d’obligation à avoir un capital social.
Qui peut devenir auto-entrepreneur ?
Le statut d’auto-entrepreneur est accessible à toute personne physique majeure, qu’elle soit salariée, étudiante, retraitée ou même fonctionnaire sous certaines conditions. Les mineurs émancipés peuvent également bénéficier de ce régime. Il est possible de cumuler cette activité avec un emploi salarié, une autre entreprise ou même une retraite, à condition de respecter les plafonds de chiffre d’affaires et les éventuelles clauses de non-concurrence imposées par un employeur.
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Oui, il est tout à fait possible d’être auto-entrepreneur et salarié en même temps. Ce cumul est particulièrement fréquent chez les freelances, les artisans ou les consultants qui souhaitent tester leur activité avant de se lancer à temps plein. Toutefois, il est essentiel de vérifier si le contrat de travail ne contient pas de clause d’exclusivité ou de non-concurrence.
Les conditions pour bénéficier du régime de l'auto-entrepreneur
Pour pouvoir bénéficier du régime de l'auto-entrepreneur, votre future activité ne doit pas dépasser un niveau maximum de chiffres d’affaires. Ces plafonds pour la micro entreprise sont différents selon l’activité pratiquée et sont fixés pour trois ans par l’administration.
Plafonds de chiffre d'affaires (2023) :
- 77 700 € pour les prestations de services
- 188 700 € pour la vente
Les démarches pour devenir auto-entrepreneur
L’ouverture d’une micro-entreprise n’est pas très compliquée. Il suffit de suivre plusieurs étapes pour que l'entreprise soit enregistrée et que vous soyez en règle vis-à-vis des autorités fiscales et sociales.
Commencez par préciser que vous n’avez pas besoin de rédiger des statuts, ni même de déposer un capital social pour créer votre entreprise individuelle et devenir auto entrepreneur.
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Les étapes clés :
- Définir votre projet : Avant même de commencer les démarches administratives, il est crucial de bien définir votre statut et l’activité que vous souhaitez exercer en tant qu'auto-entrepreneur. Il est essentiel de cadrer son projet avec précision. Quelle est la nature de l’activité ? Qui sont les clients potentiels ? Quels sont les besoins du marché ? Une étude préalable permet d’éviter les mauvaises surprises et d’ajuster son offre en fonction de la demande.
- Choisir une adresse : Tout auto-entrepreneur doit déclarer une adresse administrative pour son activité. Il peut utiliser son adresse personnelle, recourir à une société de domiciliation ou encore louer un espace de coworking offrant ce service. Cela peut paraître évident, mais votre future entreprise a besoin d’une adresse légale qui apparaîtra dans tous vos échanges avec l’administration, avec vos clients et avec vos fournisseurs. Vous pouvez la fixer à votre domicile, si vous exercez une activité chez vous. Attention dans ce cas, notamment si vous êtes locataire, à vérifier que votre copropriété ne l’interdit pas. Vous pouvez également faire appel à une société de domiciliation qui gérera votre courrier pour vous moyennant une cotisation mensuelle. Si vous avez loué ou acheté un local commercial, vous pouvez définir ce lieu comme adresse.
- L'inscription : L’inscription d’une auto-entreprise passe obligatoirement par le Guichet unique. Il faut remplir un formulaire en ligne, choisir un code APE correspondant à l’activité, et déclarer son régime fiscal et social. Certaines professions nécessitent des démarches supplémentaires, comme l’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) ou l’obtention de certifications spécifiques. L’auto-entrepreneur doit s’inscrire auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent. Rendez-vous sur le site officiel www.autoentrepreneur.urssaf.fr pour l’inscription de votre micro-entreprise. Vous pouvez également passer par le Guichet Unique. Il s’agit d’une plateforme mise en place par le gouvernement pour centraliser toutes les démarches liées à la création d’une entreprise (immatriculation, déclaration d'activité, enregistrement auprès des différents organismes comme l'Urssaf, le CFE et l'INSEE). Il centralise toutes les démarches administratives.
- Immatriculation : Depuis le 1er janvier 2023, les formalités pour la création d’une micro-entreprise se font exclusivement en ligne via le Guichet Unique de l’INPI. Ensuite, pour effectuer votre déclaration d’activité, vous devez vous rendre sur le site du Guichet Unique de l’INPI. Au départ, les entreprises devaient s’enregistrer en fonction de leur activité soit auprès de la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie), soit auprès de l’Urssaf ou encore pour les artisans auprès des chambres de métiers. Depuis le 1er janvier 2023, vous ne pouvez plus effectuer les formalités d'entreprises auprès de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat (CMA). Vous devez déclarer votre activité uniquement auprès du guichet unique du registre national des entreprises.
- Déclarer son chiffre d’affaires : Chaque mois ou trimestre, selon l’option choisie lors de votre inscription, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF. Même si vous n’avez réalisé aucun revenu, cette déclaration reste obligatoire. Même une auto-entreprise doit effectuer des démarches administratives. Elles sont simplifiées puisque vous aurez simplement à déclarer mensuellement ou trimestriellement le chiffre d’affaires encaissé auprès de l’Urssaf. Vous disposez d’un délai de 90 jours après le début de l’activité et son enregistrement pour réaliser votre première déclaration. Annuellement vous devrez remplir une déclaration d’impôts spécifique pour vos revenus. Vous pourrez ainsi faire apparaître dans les lignes réservées à cet usage le montant des ressources créées par votre activité.
Documents nécessaires pour l'immatriculation
Lors de la demande d'immatriculation auprès du guichet des formalités des entreprises, il faut indiquer un certain nombre d'informations et joindre les documents suivants :
- Justificatif de domiciliation de l'entreprise avec l'adresse clairement identifiable (facture d'eau, d'électricité ou de gaz par exemple)
- Copie du contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape)
- Documents concernant l'entrepreneur :
- Déclaration sur l'honneur de non-condamnation et attestation de filiation datées et signées par l'entrepreneur
- Copie de la pièce d'identité de l'entrepreneur
- Copie authentique de la déclaration relative à l'insaisissabilité des biens immobiliers non affectés à l'activité professionnelle
- Si l'entrepreneur exerce une activité réglementée : copie de l'autorisation d'exercice de l'activité, du diplôme ou du titre
Obligations comptables, fiscales et administratives
Lorsque vous créez votre auto-entreprise, vous devez respecter plusieurs obligations comptables, fiscales et administratives.
L'auto-entrepreneur bénéficie d'une comptabilité allégée. De la même manière, la comptabilité simplifiée est un gain de temps et aussi d’argent pour l’auto entrepreneur. Car dès qu’il y a une vraie comptabilité, il faut faire appel aux services d’un comptable.
Obligations fiscales :
- Par défaut, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA.
- Pour les activités de prestations de services : le chiffre d’affaires de l’année civile précédente (N-1) est inférieur ou égal à 37 500 €.
- Pour les activités commerciales : le chiffre d’affaires de l’année civile précédente (N-1) est inférieur ou égal à 85 000 €.
Attention : La loi de finances pour 2025 a instauré un seuil unique de franchise en base de TVA fixé à 25 000 € de chiffre d’affaires, applicable à partir du 1er mars 2025.
Sous ce régime fiscal, vous êtes soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cet abattement réduit votre chiffre d’affaires, et c’est sur le montant restant que vous serez imposé.
Si vous choisissez cette option, l’impôt sur le revenu est payé en même temps que vos cotisations sociales, de manière forfaitaire et régulière (mensuelle ou trimestrielle).
Bon à savoir : Il est possible de renoncer à la franchise en TVA tout en restant en micro-entreprise.
Le régime social de l’auto-entrepreneur
Le régime social de l’auto-entrepreneur repose sur des règles simplifiées qui permettent de payer des cotisations sociales proportionnelles au chiffre d’affaires. En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes affilié au Réseau de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Ce régime assure votre couverture sociale en matière de maladie, de maternité, de retraite de base et de retraite complémentaire.
Les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur sont calculées en fonction de votre chiffre d’affaires réalisé. Le système de déclaration est simplifié pour les auto-entrepreneurs. Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre sur le site de l’Urssaf. En fonction de cette déclaration, le montant de vos cotisations sociales est calculé automatiquement et prélevé directement.
Le régime social de l’auto-entrepreneur vous permet de bénéficier de droits sociaux, tels que les indemnités journalières en cas de maladie ou de maternité, ainsi que des droits à la retraite des auto-entrepreneurs. Cependant, la couverture sociale dépend directement de vos cotisations.
Il est crucial de respecter les délais de déclaration et de paiement des cotisations sociales. En cas de non-déclaration ou de non-paiement, vous risquez des pénalités financières et une régularisation de vos cotisations par l’Urssaf.
Combien coûte de devenir auto-entrepreneur ?
Le lancement d’une auto-entreprise est relativement peu coûteux.
- Inscription gratuite : L’inscription en ligne sur le site officiel est gratuite.
- Frais annexes : Bien que l’inscription soit gratuite, certains frais peuvent s’ajouter en fonction de votre activité. Par exemple, si votre profession est réglementée, vous devrez peut-être régler des frais d’inscription spécifiques.
- Communication et marketing : Si vous souhaitez promouvoir votre activité, il peut être utile de prévoir un budget pour la création d’un site web, de cartes de visite, ou de tout autre outil de communication.
L’inscription au statut d’auto-entrepreneur est gratuite lorsqu’elle est réalisée sur le Guichet unique. Cependant, certaines professions nécessitent une immatriculation payante, comme les artisans, qui doivent s’enregistrer auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). À cela peuvent s’ajouter des frais liés à l’assurance professionnelle (obligatoire dans certains secteurs), un éventuel compte bancaire dédié ou encore des frais de formation si l’auto-entrepreneur souhaite monter en compétence.
La création et la déclaration en elles-mêmes sont gratuites. Toutefois, selon votre activité, vous devrez peut-être vous inscrire au Répertoire des métiers (45 €) ou au Registre du commerce (24,08 € pour une entreprise individuelle).
Aussi, vous devez vous attendre à avoir des frais pour mettre en route votre entreprise. Outre les frais d’assurance ou d’ouverture de compte bancaire que nous venons d’évoquer, vous devez prévoir des moyens pour acheter le matériel nécessaire à votre activité, des fournitures ou encore du matériel.
Les limites de l'auto-entreprise
Du fait des plafonds de chiffres d’affaires l’entreprise est limitée dans son développement. Il lui est difficile aussi de recruter. Par ailleurs, ces entreprises sont souvent peu capitalisées et peinent à trouver des financements notamment auprès des investisseurs mais aussi parfois auprès des banques. Certains des investisseurs sont également freinés par le caractère individuel estimant que la responsabilité de l’entrepreneur est trop importante.
La micro-entreprise fonctionne sans comptabilité donc sur une logique très simple : recettes moins dépenses égal résultat. C’est idéal si vous avez peu à investir. En revanche, c’est déconseillé si vous devez, pour démarrer l’activité, faire d’importants investissements en matériels ou en technologies. Car vous ne pourrez pas amortir ceux-ci sur plusieurs années comme le permet une comptabilité d’entreprise.
Conseils et accompagnement
Lancer son activité en tant qu'auto-entrepreneur peut sembler intimidant. Bien sûr, plusieurs dispositifs existent pour soutenir et accompagner les micro-entreprises. Ces organismes proposent des conseils pour bien démarrer son activité, des formations ou encore du mentorat. Les chambres de commerce et d’industrie offrent des formations, tout comme des associations telles que la BGE (Boutique de Gestion pour Entreprendre).
En revanche, sachez que vous avez la possibilité de vous faire accompagner par Legalstart, et ce, tout au long de votre déclaration d’activité d’auto-entrepreneur.
Tableau récapitulatif des seuils de chiffre d'affaires et taux de cotisations sociales
| Type d'activité | Seuil de chiffre d'affaires (2023) | Taux de cotisations sociales |
|---|---|---|
| Prestations de services | 77 700 € | 22 % |
| Vente de marchandises | 188 700 € | 12,3 % |
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