Se Mettre en Auto-Entrepreneur : Coûts et Charges en Détail

Le régime de la micro-entreprise, anciennement dénommé auto-entreprise, constitue une forme simplifiée d’entrepreneuriat individuel, conçue pour faciliter la création d’activités indépendantes. Ce statut est ouvert à toute personne souhaitant exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, que ce soit à titre principal ou en complément d’une autre activité. Le régime de l’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) séduit par sa simplicité, mais il repose sur des règles strictes en matière de charges sociales, de cotisations, de fiscalité et d’obligations déclaratives. Avec des charges calculées directement sur le chiffre d’affaires, évaluer sa rentabilité semble être un jeu d’enfant. Oui, mais êtes-vous sûr de n'avoir rien oublié ?

Cet article détaille les coûts et charges à prendre en compte lorsque l'on se lance en tant qu'auto-entrepreneur, afin d'évaluer au mieux la rentabilité de son activité.

Coûts d'Immatriculation

Les formalités de création d'entreprise individuelle sont gratuites, peu importe l'activité exercée.

Toutefois, il faut prendre en compte les coûts pour les démarches obligatoires : immatriculation, annonce légale, rédaction des statuts. À ces coûts s'ajoutent des frais annexes : dépôt de marque, signature d'un bail commercial par exemple.

Selon l'activité, l'immatriculation peut engendrer des frais :

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  • Activité commerciale : 24,08 €
  • Activité artisanale : 45 €

Chiffre d’Affaires : Le Point Central

Le chiffre d’affaires est le point central du régime de la micro-entreprise car il conditionne à la fois le montant des cotisations sociales, l’assujettissement à la TVA, la cotisation foncière des entreprises (CFE) et le régime fiscal applicable. Le respect des seuils de chiffre d’affaires est primordial, un dépassement, même ponctuel, peut entraîner la perte du régime micro-fiscal dès l’année suivante. Cela implique l’application du régime réel d’imposition, plus complexe en matière de comptabilité et de déclarations fiscales.

Pour bénéficier de ce régime, plusieurs conditions doivent être remplies. Le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser des plafonds fixés par l’administration : 77 700 euros pour les prestations de services et les activités libérales, et 188 700 euros pour les activités commerciales et d’hébergement en 2025. Ces seuils sont réévalués tous les trois ans, mais pour 2025, ils restent inchangés par rapport à 2024. Dépasser ces plafonds peut entraîner un changement de régime fiscal et social, avec des conséquences notables sur la gestion de l’activité.

Pour les années de 2023 à 2025, les seuils sont fixés à 188 700 euros pour les activités de vente de marchandises et 77 700 euros pour les prestations de services. Si ces plafonds sont dépassés sur deux années consécutives, cela entraîne un passage au régime réel d’imposition, plus complexe en matière de comptabilité et de déclarations fiscales.

Quelles charges sont déductibles de ton entreprise ? (Et lesquelles ne le sont pas DU TOUT)

Les Charges et Cotisations Sociales

Le succès du régime de la micro-entreprise repose sur la simplicité de ses obligations fiscales et sociales. Les cotisations sociales sont calculées proportionnellement au chiffre d’affaires réalisé, ce qui signifie qu’en l’absence de revenus, aucune charge sociale n’est due. Ces cotisations couvrent la protection sociale de l’entrepreneur : assurance maladie, allocations familiales, retraite de base et complémentaire.

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Les charges sociales sont directement proportionnelles au chiffre d’affaires déclaré. Cela signifie qu’en cas d’activité fluctuante, les cotisations varient de manière flexible, ce qui peut être un avantage en période de faible activité. Cependant, en cas de revenus élevés, le poids des cotisations peut rapidement augmenter, impactant la rentabilité de l’activité.

Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité :

Activité Taux de Cotisations Sociales
Vente de marchandises et fourniture de logement (sauf location d'habitation meublée et logement meublé de tourisme) 12,3 %
Activité de location d'habitation meublée 21,2 %
Activité de location de logements meublés de tourisme 6 %
Activité de prestation de services (BIC) 21,2 %
Activité libérale hors Cipav (BNC) 24,6 %
Activité libérale relevant de la Cipav (BNC) 23,2 %

En tant que micro-entrepreneur, vous bénéficiez d'un régime simplifié pour le calcul et le paiement de vos cotisations sociales. Vos cotisations sont calculées selon un pourcentage fixe appliqué à votre chiffre d'affaires. Ce pourcentage est un forfait qui inclut l'ensemble des cotisations et contributions sociales.

Vous devez déclarer votre chiffres d'affaires et payer vos cotisations auprès de l'Urssaf. La déclaration est à effectuer en ligne chaque mois ou trimestre selon l'option que vous avez choisie.

Si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne payez aucune charge. Toutefois, la déclaration de chiffre d'affaires est obligatoire, peu importe le montant.

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Vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de demander à régler des cotisations sociales minimales qui vous permettront de bénéficier d’une meilleure protection sociale, en cas de chiffre d’affaires faible.

La première année de micro-entreprise (ex auto-entreprise) bénéficie d'un allègement significatif des charges sociales grâce à l'ACRE, qui réduit de moitié les cotisations sociales de l'Urssaf. Ce dispositif d'aide de l'Urssaf réduit le montant des cotisations sociales jusqu'à la fin du troisième trimestre de la première année d'activité professionnelle.

Taxes pour Frais de Chambre Consulaire

Seuls les auto-entrepreneurs qui exercent une activité commerciale et/ou une activité de prestation de services artisanales ou commerciales sont soumis aux taxes pour frais de chambre consulaire. Ces taxes correspondent également à un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé par l’auto-entrepreneur.

Plus précisément, les chambres consulaires sont des organismes publics conçus pour soutenir les chefs d'entreprise. Leur rôle principal consiste à défendre les intérêts des sociétés et à favoriser la croissance économique.

Ces taxes sont perçues par les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) ainsi que les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA) à partir de la seconde année d'activité. Elles ne concernent pas les activités libérales.

Les taxes pour frais de chambre consulaire sont proportionnelles au chiffre d'affaires de l’auto-entrepreneur :

  • 0,015 % pour la vente de marchandises, restauration, hébergement
  • 0,044 % pour les prestations de services
  • 0,48 %* pour les prestations de services artisanales
  • 0,22 %** pour l'achat revente pour un artisan
  • 0,007 % pour les artisans en double immatriculation CCI/CMA

* 0,65 % en Alsace et 0,83 % en Moselle

** 0,29 % en Alsace et 0,37 % en Moselle

Si vous êtes artisan ou commerçant, une taxe pour frais de Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ou de Chambres des Métiers et de l’Artisanat (CMA), est à régler en même temps que vos cotisations et contributions sociales. Cette taxe est calculée en pourcentage du chiffre d’affaires, à compter de la deuxième année d’activité.

Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)

Les frais d’un auto-entrepreneur impliquent aussi de s'acquitter de la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP). La contribution à la formation professionnelle (CFP) est due par tous les auto-entrepreneurs.

Le montant de cette taxe est calculé selon un taux fixe appliqué sur le chiffre d’affaires :

  • 0,20 % du CA pour les commerçants et professions libérales non réglementées
  • 0,20 % du CA pour les professions libérales réglementées
  • 0,30 % du CA pour les artisans et les prestations de services BIC

Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local obligatoire pour les auto-entrepreneur exerçant une activité professionnelle régulière en France. La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dont sont redevables toutes les entreprises, y compris les auto-entrepreneurs.

Vous êtes concerné par cet impôt même si vous travaillez depuis chez vous ou exclusivement au domicile de vos clients. Chaque commune fixe son taux d’imposition. Ce taux est ensuite appliqué sur la valeur locative des biens utilisés par votre micro-entreprise au cours de l'année N-2.

Montant de la CFE = taux d’imposition x base d’imposition sur la valeur locative des biens

En tant qu'auto-entrepreneurs, vous bénéficiez d'une exonération totale de la Cotisation Foncière des Entreprises durant votre première année d'activité, jusqu'au 31 décembre de l'année de création. Par ailleurs, l'auto-entrepreneur est exonéré de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) durant cette première année.

Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant dernière année est inférieur à 5 000 €.

Selon votre domaine d’activité, vous pouvez bénéficier d’une exonération de CFE. C’est le cas, par exemple, des propriétaires louant une partie meublée de leur propre maison, des sportifs, des pêcheurs, des exploitants agricoles, des artistes, des artisans (sauf ceux qui exploitent de la matière première comme les boulangers), des vendeurs indépendants à domicile ou encore des enseignants.

À ces taxes et cotisations calculées sur la base de votre chiffre d’affaires, s’ajoutera la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé.

Impôts sur le Revenu

L’auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel. Ses revenus d’activité sont de ce fait imposés à l’impôt sur le revenu (IR), et non sur les sociétés (IS). Vous êtes imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

En ayant le statut de la micro-entreprise (ex auto-entreprise), votre chiffre d'affaires est obligatoirement soumis à l'impôt sur le revenu, et ce dès la première année.

Pour calculer votre revenu imposable, les impôts appliqueront un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires annuel. Le taux de cet abattement dépend de votre catégorie d’activité :

  • 71 % pour les activités d’achat / vente et de location de logements (votre revenu imposable est donc égal à 29 % de votre chiffre d’affaires)
  • 50 % pour les prestataires de services commerciaux et artisanaux (votre revenu imposable est donc égal à 50 % de votre chiffre d’affaires)
  • 34 % pour les professions libérales réglementées et non réglementées (votre revenu imposable est donc égal à 66 % de votre chiffre d’affaires)

Ce revenu forfaitaire est additionné à vos autres revenus pour déterminer le montant de l'impôt dû au titre d'une année.

Par ailleurs, en ayant le statut d'auto-entrepreneur, vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels de votre base imposable.

Il est conseillé de mettre en place un système de prélèvement à la source sur votre compte personnel des impôts pour éviter de payer vos impôts en une seule fois. Pour cela, vous devez estimer le chiffre affaires issus de vos ventes ou prestations de services, puis un taux moyen s'applique. Vous serez alors prélevé tous les mois, à date fixe.

Versement Libératoire de l’Impôt

Côté fiscal, le micro-entrepreneur peut opter pour le régime de l’impôt sur le revenu classique ou pour le versement libératoire de l’impôt, qui consiste à payer un pourcentage fixe de son chiffre d’affaires en même temps que ses cotisations sociales.

Cette option permet aux auto-entrepreneurs de déclarer et payer leur impôt en même temps que leurs cotisations sociales, directement lors de la déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires en ligne à l'Urssaf. Il est conseillé de comparer cette option fiscale avec le régime d'imposition classique au barème progressif avant de faire votre choix.

Si vous optez pour le versement libératoire, l'impôt sur le revenu que vous payez au cours de l'année est définitif. Il ne sera remboursé en aucun cas par l'administration fiscale, y compris si vous êtes non imposable.

Si vous avez opté pour le versement libératoire de votre impôt sur le revenu, il sera également à régler dans les mêmes conditions.

Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

En tant qu'auto-entrepreneurs, vous bénéficiez d'une exonération totale de la Cotisation Foncière des Entreprises durant votre première année d'activité, jusqu'au 31 décembre de l'année de création.

Concernant la TVA, la micro-entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas 25 000 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales (mise à jour de janvier2025). Au-delà de ces seuils, l’entrepreneur doit facturer la TVA et en assurer la déclaration.

En tant qu'auto-entrepreneur, vous êtes automatiquement soumis à la franchise en base de TVA. Cela signifie que vous n'appliquez pas la TVA sur vos factures.

Il est important de comprendre votre responsabilité concernant la TVA. Généralement, les auto-entrepreneurs sont exemptés de TVA jusqu'à ce que leur chiffre d'affaires atteigne un certain seuil, qui varie en fonction de la nature de l'activité (services ou vente de marchandises).

Une fois ce seuil dépassé, vous êtes tenu de collecter et de déclarer la TVA sur vos ventes ou services. Le taux de TVA appliqué dépend du type d'activité et peut varier, mais le taux standard est souvent autour de 20%. Il est essentiel de se tenir informé des seuils actuels et des taux applicables, car ils peuvent évoluer avec le temps.

Autres Frais et Charges

Quelle que soit votre activité, vous avez sans aucun doute des frais à prendre en charge pour développer votre micro-entreprise. On vous fait l'inventaire de toutes les choses auxquelles vous devez penser dans le cadre de votre auto-entreprise.

  • Frais de communication : Mise en place et gestion d’un site Internet, publicité, supports papier.
  • Vente de vos produits : Frais de déplacement, emplacements sur les foires, marchés, salons, emballages, frais postaux.

La plupart de vos charges sont liées au volume des ventes et ne sont pas connues d’avance. Il est toutefois indispensable d'essayer d'anticiper ces frais car ils peuvent diminuer votre rentabilité.

En première année d'activité, votre trésorerie de micro-entreprise (ex auto-entreprise) est généralement faible.

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