Le Statut d'Auto-Entrepreneur dans le Bâtiment : Avantages et Inconvénients
Le statut d’auto-entrepreneur a la cote dans le secteur du BTP. Depuis sa création en 2009, l’auto-entreprise, désormais appelée micro-entreprise, connaît un succès grandissant auprès des personnes souhaitant lancer leur activité d’indépendant. Vous aussi, vous voulez franchir le pas en vous installant à votre compte ? Découvrez ici les avantages et les inconvénients du statut d’auto-entrepreneur et faites le choix le mieux adapté à votre projet.
En vigueur depuis le 1er janvier 2009, ce régime désigne une entreprise individuelle composée d’un seul employé. Celui-ci est indépendant non salarié avec un régime social particulier appelé, le micro-social. L’entrepreneur individuel bénéficie du régime de la micro-entreprise. Il profite de l’allègement des formalités de création et de la simplification du mode de calcul et de paiement des cotisations.
Le statut est gratuit et permet de lancer son activité professionnelle (immatriculée au registre du Répertoire des métiers) de façon simplifiée avec des charges sociales proportionnelles au chiffre d'affaires (CA) qui est généré.
Micro-Entrepreneur vs Auto-Entrepreneur : Quelle Différence ?
Il n'existe aucune différence entre ces deux statuts. En effet, depuis le 1er janvier 2016, le terme "micro-entreprise" remplace tout simplement "auto-entrepreneur".
Il a été créé pour simplifier le quotidien de la personne qui lance son activité avec :
Lire aussi: Micro-entreprise : Tout ce qu'il faut savoir
- Un calcul des cotisations et impôts plus simple (en fonction du CA),
- Un paiement de cotisations sociales seulement s'il y a du CA,
- Le paiement des cotisations en même temps que la génération du CA.
Le régime micro-entrepreneur séduit de nombreux porteurs de projet du fait de sa simplicité. Pour autant, il présente des caractéristiques qui peuvent le rendre incompatible avec certains projets.
Guide Complet : Créer son Entreprise dans le bâtiment en 2025
Pourquoi Choisir ce Régime ? Avantages & Inconvénients
Le statut d’auto-entrepreneur facilite le démarrage de votre activité et ne nécessite que peu d’investissement. Ce statut permet aussi de tester votre activité, en évitant les risques du travail au noir. Néanmoins, plusieurs points sont vus comme des avantages, mais aussi des inconvénients. Découvrez tout de suite lesquels :
Avantages
- Une gestion quotidienne simplifiée: Certains entrepreneurs n’osent pas se lancer dans la création de leur activité par peur de se retrouver face à une gestion quotidienne lourde et contraignante. Avec la micro-entreprise, fini la rédaction de statuts, les bilans comptables et les publicités légales obligatoires ! Avec cette forme juridique, vous optez en effet pour un régime où les formalités administratives et les obligations comptables sont réduites au minimum.
- La rapidité des formalités d’ouverture: Les démarches pour créer une micro-entreprise sont facilitées par rapport aux autres formes juridiques (EURL ou SASU par exemple). Votre dossier de déclaration de début d'activité pour devenir auto-entrepreneur devra être déposé directement sur la plateforme du guichet unique. L'ensemble des démarches est entièrement dématérialisé. Vous obtiendrez votre numéro de SIRET 1 à 6 semaines plus tard. Cela validera la création de votre statut de travailleur indépendant. Sachez également que le régime de la micro-entreprise ne dispose pas d’un capital social. Pour créer votre activité, vous n’avez donc pas besoin de faire un apport financier (contrairement aux sociétés).
- Statuts cumulables: Le statut d’auto-entrepreneur étant ouvert à tous les profils (étudiant, salarié, fonctionnaire, demandeur d’emploi, retraité, et dirigeant assimilé salarié), il est particulièrement intéressant pour les personnes qui souhaitent conserver leur statut actuel tout en complétant leurs revenus. Cette flexibilité permet à chacun de développer une activité complémentaire sans renoncer à la sécurité financière apportée par un emploi salarié, une pension de retraite, ou des allocations.
- La franchise en base de TVA: C’est l’un des grands atouts de la micro-entreprise ! En tant qu’auto-entrepreneur, vous n’êtes pas redevable de la TVA si vous ne dépassez pas les seuils de chiffre d’affaires suivants : 37 500 € par an pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) et 85 000 € par an pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou pour des prestations d’hébergement.
- Charges sociales allégées: Depuis le 1er janvier 2020, les nouveaux créateurs d'entreprise peuvent bénéficier de l’ACRE sous conditions. Ce dispositif leur permet de profiter d’une exonération partielle de leurs cotisations sociales. Cette aide est valable pour la première année suivant la création de l’entreprise.
- Impôt sur le revenu plus visible: Côté impôts, les auto-entrepreneurs ont la possibilité, sous conditions de revenus, d’opter pour le versement libératoire. Pour rappel, le versement libératoire pour les auto-entrepreneurs est un système simplifié de paiement de l'impôt sur le revenu. Concrètement, au lieu de payer l'impôt sur le revenu à la fin de l'année, le micro-entrepreneur paye un pourcentage fixe de son chiffre d'affaires chaque mois ou trimestre.
Inconvénients
- Certaines charges fixes, même en cas de chiffre d’affaires faible: Parallèlement à des cotisations sociales allégées, l’auto-entrepreneur doit tout de même s’acquitter de différentes charges : les frais liés au compte bancaire dédié (plus importants en cas de compte bancaire professionnel), le coût engendré par la souscription de diverses assurances et la Cotisation Foncière des Entreprises calculée par rapport à la valeur locative des biens qui sont utilisés par l'entreprise.
- Des plafonds de chiffre d’affaires rapidement atteignables: Le micro-entrepreneur ne devra pas dépasser les plafonds annuels en vigueur pour continuer à bénéficier de ce statut. Ces seuils peuvent être rapidement atteints, notamment dans le cas d’une activité qui nécessite l’achat de matières premières dont le coût sera répercuté sur votre facturation.
- Des cotisations payées sur la base du CA et non du bénéfice: Reprenons le cas du peintre en bâtiment. Il vient de facturer son client à hauteur de 200 € pour l’achat de matières premières et 300 € pour la prestation. Comme il est micro-entrepreneur, il ne peut pas déduire ses dépenses professionnelles lors de sa déclaration à l’Urssaf. Il devra donc régler des cotisations sociales non pas sur son bénéfice (300 €) mais sur son chiffre d’affaires (500 €).
- La TVA non déductible en deçà d’un certain seuil: On vous le disait, un auto-entrepreneur peut bénéficier de la franchise en base de TVA, s’il ne dépasse pas les seuils de chiffre d’affaires mentionnés plus haut. Mais attention, puisqu’il ne facture pas la TVA à ses clients, il ne peut pas non plus la récupérer !
- Une couverture sociale limitée: Les auto-entrepreneurs qui exercent leur activité d'indépendant à titre exclusif ne bénéficient pas de la même couverture sociale que les salariés. Ils ont en effet le statut de travailleur non salarié (TNS) et sont soumis au régime micro-social.
Quels sont les avantages du statut d'auto-entrepreneur pour travailler dans le bâtiment ?
Le régime de la micro-entreprise est intéressant pour se lancer dans le bâtiment, notamment car :
- Les démarches de création et la gestion de la micro-entreprise sont simplifiées par rapport à d’autres statuts juridiques.
- Les cotisations sociales et la fiscalité sont allégées, de même que les obligations comptables et l’administratif plus généralement.
- Vous pouvez bénéficier d’aides et d'exonérations partielles de cotisations (avec l’Acre, par exemple).
- Enfin, devenir auto-entrepreneur artisan, permet d’exercer où vous le souhaitez et quand vous le souhaitez. Cela vous offre une certaine liberté.
Vous pouvez aussi proposer vos services pour faire des chantiers, en plus de votre emploi salarié (en respectant certaines conditions). L’auto-entreprise est le statut idéal pour facturer simplement.
Quels sont les métiers du bâtiment qu'il est possible d'exercer en auto-entrepreneur ?
Avant tout, sachez que beaucoup de métiers du BTP sont réglementés. Pour devenir auto-entrepreneur dans le bâtiment, vous devez donc avoir un diplôme en lien avec la profession, ou justifier d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans.
Lire aussi: Fiscalité auto-entrepreneur : le guide indispensable
Voici une liste des métiers que vous pouvez exercer en auto-entrepreneur dans le bâtiment :
- peintre en bâtiment ;
- plâtrier plaquiste ;
- maçon ;
- menuisier poseur ;
- carreleur ;
- couvreur ;
- plombier ;
- électricien.
Vous pouvez également devenir auto-entrepreneur multiservices dans le cas d’interventions ponctuelles chez des particuliers, par exemple.
Quels plafonds de chiffres d'affaires pour un auto-entrepreneur du bâtiment en 2025 ?
Attention, devenir auto-entrepreneur artisan nécessite de respecter des plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise pendant 2 années consécutives. Si vous les dépassez, vous basculez au régime réel de l’entreprise individuelle.
Les plafonds de chiffre d’affaires : 188 700 € pour la vente de marchandises (vente de carrelage, par exemple) et 77 700 € pour les prestations de services (pose du carrelage).
Exemple: Si vous créez une auto-entreprise en 2023 et que vous réalisez un chiffre d’affaires pour vos prestations de 80 000 € et plus de 77 700 € en 2024, vous sortez de la micro-entreprise au 1er janvier 2025.
Lire aussi: Avantages SARL pour ex-Auto-entrepreneur
Quels seuils de TVA pour un auto-entrepreneur du bâtiment en 2025 ?
L’auto-entrepreneur dans le bâtiment bénéficie de la franchise en base de TVA sous un certain seuil de chiffre d’affaires. Il ne déclare pas et ne récupère pas la TVA (il facture en hors taxe HT).
Les seuils de TVA : 38 700 € (seuil de tolérance de 39 100 €) pour les prestations de services et 96 700 € (seuil de tolérance de 101 000 €).
Attention: Si vous dépassez le seuil de tolérance, vous devez commencer à payer la TVA dès le 1er jour du mois suivant le dépassement. Vous pourrez également récupérer la TVA.
Quelles sont les formations obligatoires pour un auto-entrepreneur dans le bâtiment ?
On le disait précédemment, les métiers du bâtiment et du BTP sont majoritairement des activités réglementées. Vous devez donc obtenir un diplôme officiel, selon votre profession (un auto-entrepreneur peintre doit obtenir un diplôme de peintre) :
- CAP
- BEP
- Bac Pro
- Brevet professionnel
- Mention complémentaire
Pour faire la différence, il est possible de poursuivre des études supérieures en se spécialisant :
- BTS
- BUT (bachelor universitaire de technologie)
- Licence Pro
Un BTS peut par exemple, vous aider à passer chef de chantier plus rapidement.
Bon à savoir: Pour se reconvertir dans le bâtiment, il est plus simple de passer une validation des acquis de l'expérience (VAE), pour certifier vos compétences. Vous devrez justifier d’une certaine expérience (1 an minimum) dans la compétence visée.
Notez qu'il est impossible de devenir auto-entrepreneur dans le BTP sans diplôme ou sans expérience professionnelle.
Quelles sont les étapes pour créer sa micro-entreprise en bâtiment ?
Devenir auto-entrepreneur dans le bâtiment est assez simple. Surtout que depuis janvier 2023, toutes les démarches de création, de modification (changement d'adresse par exemple) ou de fermeture de sa micro-entreprise, passent par le guichet unique qui remplace le centre de formalités des entreprises (CFE).
Pour créer votre micro-entreprise du bâtiment, rendez-vous sur le site du guichet unique et :
- Remplissez votre déclaration d’activité (formulaire P0 CMP).
- Remplissez le formulaire justification de qualification professionnelle artisanale (JQPA).
- Joignez vos pièces justificatives (pièce d’identité, domiciliation, non-condamnation).
- Transmettez votre diplôme ou le justificatif d’expérience professionnelle.
Après quelques jours, vous êtes immatriculé au répertoire national des entreprises (RNE) et au répertoire des métiers (RM). Dès réception de votre numéro de SIRET, vous pouvez commencer à facturer.
Bon à savoir: Si le stage de formation à l’installation (SPI) était obligatoire pour les artisans, il est aujourd’hui facultatif. Vous pouvez demander à le suivre pour vous former à la gestion d’entreprise.
L’avantage de devenir micro-entrepreneur dans le bâtiment est de pouvoir déclarer son chiffre d’affaires facilement auprès de l’URSSAF. De plus, vous payez des cotisations sur le chiffre d’affaires réalisé. Si vous générez 0 €, vous ne payez pas de cotisations sociales.
Pour les artisans du bâtiment, le taux de cotisation est de 21, 2 %.
Quelles sont les assurances obligatoires pour un auto-entrepreneur du bâtiment ?
Il y a 2 assurances obligatoires pour un auto-entrepreneur du bâtiment. Elles protègent l’artisan et ses clients en cas de dommages, et sont indispensables pour travailler.
- La Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) couvre les dommages causés par l’auto-entrepreneur du bâtiment pendant les travaux. Ces dommages peuvent être matériels, immatériels ou corporels. Comptez au moins 100 € par an.
- La garantie décennale couvre des dommages qui incombent à l’auto-entrepreneur du bâtiment, pendant 10 ans après la fin des travaux. L’assurance décennale couvre des dommages qui affectent l’ouvrage et doit être souscrite avant le début des travaux. Comptez plusieurs centaines d’euros par an. Cependant, de nombreux assureurs proposent des forfaits incluant RC pro, protection juridique et garantie décennale.
Bien sûr, il est obligatoire d’assurer votre véhicule professionnel. Le coût de l’assurance varie notamment en fonction du nombre de véhicules que vous possédez.
Bon à savoir: La garantie décennale est également obligatoire pour les professions intellectuelles (architectes, ingénieurs, etc.) qui réalisent les études de construction, peu importe leur statut juridique.
Il est possible de souscrire à d’autres assurances pour l’auto-entrepreneur bâtiment, comme :
- Une garantie perte d’exploitation en cas de baisse d’activité.
- Une garantie biennale (garantie de bon fonctionnement) pour les équipements pouvant être dissociés d’un ouvrage.
Comment devenir auto-entrepreneur dans le bâtiment ?
Vous remplissez toutes les conditions pour créer votre micro-entreprise dans le bâtiment ? Vous avez souscrit vos assurances obligatoires et avez vos attestations en poche, c’est parfait ! Voici maintenant comment devenir auto-entrepreneur.
Étape 1 : déclarer votre auto-entreprise
Pour cela, rendez-vous sur le site du Guichet unique. Vous devrez renseigner plusieurs informations concernant votre identité (coordonnées, régime maladie, etc.) et celle de votre micro-entreprise (adresse du siège social, type d’activités, option fiscale, etc.).
C’est également ici que vous pourrez faire votre demande d’exonération de début d’activité (anciennement ACRE). Pensez-y, cette aide est précieuse car elle vous permet d’obtenir une réduction de 50 % sur vos cotisations sociales durant les 4 premiers trimestres de votre activité.
Une fois toutes ces informations remplies, vous pourrez joindre vos différents justificatifs, parmi lesquels :
- Une copie de votre carte d’identité (ou un titre de séjour si vous êtes ressortissant hors union européenne) ;
- Le formulaire de Justification de Qualification Professionnelle Artisanale ou JQPA (téléchargeable sur internet) ;
- La copie de votre diplôme ou du titre professionnel ou les documents prouvant votre expérience professionnelle d’une durée au moins égale à 3 ans.
Vous avez peur de vous tromper en remplissant ce dossier ? Vous vous posez des questions sur les documents à fournir ? Faites attention, une erreur ou un oubli peuvent entraîner un retard dans le traitement de votre demande.
Pour débuter rapidement, vous pouvez également vous faire accompagner dans vos démarches de création. Il vous suffit de remplir notre formulaire simplifié et en cas de doute, nous sommes là pour vous répondre. Vous évitez ainsi la paperasse et les erreurs. Vous gagnez du temps et recevez votre SIRET rapidement.
Bon à savoir: La Stage de préparation à l’installation (SPI) n’est plus obligatoire pour les artisans. Nous vous conseillons toutefois de bien vous renseigner sur le statut de la micro-entreprise avant de vous lancer.
En résumé
- Le statut d'auto-entrepreneur, également appelé micro-entrepreneur, est un régime simplifié pour les travailleurs indépendants.
- L'auto-entreprise est une entreprise individuelle (EI).
- La plupart des métiers du bâtiment sont réglementés.
- Le stage de préparation à l'installation n'est plus obligatoire depuis 2019. Il reste cependant recommandé, car il permet d'acquérir des bases en gestion d'entreprise.
- Le SPI dure environ 30 heures sur 4 à 5 jours.
- Vérifiez que vous remplissez les conditions de qualification professionnelle.
- Choisissez votre activité précisément.
- Immatriculez-vous via le Guichet unique des entreprises.
- Obtenez votre numéro SIRET, après validation de votre dossier.
- Ouvrez un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle.
- Souscrivez les assurances obligatoires.
- L'auto-entrepreneur bénéficie du régime micro-social simplifié.
- Vous payez vos cotisations sociales sous forme d'un pourcentage de votre chiffre d'affaires.
- Par défaut, l'auto-entrepreneur relève du régime fiscal de la micro-entreprise.
- Par défaut, l’auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA. Cela signifie qu’il ne facture pas la TVA à ses clients et ne la collecte pas pour l’État.
- Limitation des déductions fiscales : Le régime fiscal de la micro-entreprise ne permet pas de déduire vos charges réelles.
balises: #Entrepreneur
