Statut juridique de la salle de classe dans l'école française
Le statut juridique de la salle de classe dans l'école française s'inscrit dans un cadre complexe de répartition des compétences entre l'État et les collectivités territoriales, et repose sur des textes législatifs et des pratiques administratives établies.
Cadre législatif et répartition des compétences
La répartition des compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales est fixée par le titre I du livre II du code de l'éducation. Le chapitre premier, en particulier dans ses articles L. 211-1 et L. 211-8.1º, définit les compétences de l'Etat en matière d'enseignement primaire ; le chapitre 2 - section 1 - précise celles des communes (art. L. 212-1 à L. 212-8). En application de ces dispositions législatives issues des lois du 30 octobre 1886, du 19 juillet 1889 et nº 83-663 du 22 juillet 1983, la commune est propriétaire des locaux des écoles primaires ; elle en assure la construction, la reconstruction, l'extension, les grosses réparations, l'équipement et le fonctionnement. L'Etat, pour sa part, prend en charge la rémunération du personnel enseignant.
Ainsi, les écoles primaires font-elles l'objet d'une compétence partagée entre l'Etat et les communes, mais, contrairement aux collèges et lycées, elles n'ont pas un statut d'établissement public. L’école n’est pas un établissement scolaire : elle ne dispose d'aucune autonomie budgétaire (les frais de fonctionnement sont à la charge des communes) et il n’y a aucun-e chef-fe d’établissement.
Organisation interne : conseils, instances et rôle de la direction
Le conseil d’école réunit les enseignant-e‑s de l’école, les représentant-e‑s de la commune, un‑e membre du RASED, les représentant-e‑s de parents d’élèves et un‑e délégué‑e départemental‑e de l’éducation (DDEN). L’IEN peut aussi assister aux réunions. Le conseil d’école vote le règlement de l’école (sur la base d’un règlement départemental) et donne son avis sur toutes les questions relatives au fonctionnement et à la vie de l’école. Le procès verbal du conseil d’école est envoyé par la directrice à l’ensemble des personnes invitées, dont l’IEN. Des motions de conseil d’école peuvent être ajoutées à ce PV.
Il réunit l’ensemble des enseignant-e‑s de l’école et est présidé par le directeur ou la directrice de l’école. Il discute de toutes les questions relatives à la vie de l’école : projets pédagogiques, régulation des conflits entre les élèves, organisation d’événements, mise en oeuvre du projet d’école, etc. Le conseil des maître-sse‑s donne son avis sur l’organisation des services, qui est ensuite arrêtée par le-la directeur-rice.
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C’est le-la chargé‑e de direction qui fixe les modalités d’utilisation des locaux (pendant et hors temps scolaire). C’est la mairie qui lui donne cette prérogative en dehors du temps scolaire. Pour pouvoir utiliser les locaux hors temps scolaire (mouvements pédagogiques, ou autres), il faut demander l’autorisation de la mairie par le biais du-de la chargée de direction.
Néanmoins, les associations de parents d’élèves, les syndicats, et les élu-e‑s de la mairie n’ont pas à demander d’autorisation à la mairie. Il leur est juste nécessaire d’informer le-la chargé‑e de direction de l’utilisation des locaux qui ne peut refuser que, le cas échéant, pour des raisons précises de sécurité ou si tous les locaux sont déjà occupés. De plus, les collectivités territoriales peuvent, sous certaines conditions, utiliser les locaux scolaires pendant les heures d’ouverture de l’école, afin d’organiser des activités éducatives, sportives et culturelles complémentaires ou portant sur la connaissance des langues et cultures régionales.
Statut et conditions de travail des personnels
Le-la chargé‑e de direction faisant partie de l’équipe pédagogique, il-elle n’est pas exempté‑e de service d’accueil et de surveillance des élèves. Le conseil des maîtres-ses peut exiger qu’il-elle participe aux services de surveillance. Les parents, les élèves et parfois des collègues, perçoivent les chargé-e‑s de direction comme les supérieur-e‑s hiérarchiques des autres enseignant-e‑s des écoles, ce qui n’est pas le cas.
La personne chargée de direction bénéficie du droit de grève et n’est pas astreint‑e à quelque « obligation » de réserve, au même titre que les collègues face à élèves. Sous prétexte de la décharge de service, les chargé-e‑s de direction font souvent l’objet d’exigences importantes - parfois exorbitantes, répétitives, voire contradictoires - de la part des deux administrations de tutelle, l’Éducation nationale et les communes. Il s’agit souvent d’enquêtes et de paperasserie inutiles ou redondantes qui pourraient être allégées afin de dégager du temps pour des activités d’ordre pédagogique.
Tout‑e collègue peut demander à être reçu‑e par l’IEN pour pouvoir défendre son point de vue en cas de conflit. L’idéal est que cette demande soit la plus collective possible. Le bureau de l’école habituellement appelé « bureau de direction » doit rester accessible à tou-te‑s les collègues de l’école, surtout si le-la chargé‑e de direction est absent‑e. En cas d’absence, le conseil des maître-sse‑s désigne un‑e suppléant‑e qui doit avoir accès à tous les outils de la fonction. Un nom doit être transmis à l’IEN en début d’année, on peut en changer en cours d’année sans demander l’autorisation à l’IEN. Il faut par contre l’en informer.
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Autonomie, gouvernance et revendications
La personne chargée de direction est l’interlocutrice privilégiée de la hiérarchie ainsi que des collectivités territoriales, mais elle est aussi le-la porte-parole du Conseil des maître-sse‑s. Dans ce rôle, elle peut être amenée à porter et défendre des positions qui ne vont pas dans le sens de l’IEN ou de la mairie (limitation d’effectifs, par exemple).
SUD éducation est opposé à la création de nouvelles hiérarchies intermédiaires dans les écoles et revendique une organisation collégiale dans le cadre du conseil des maîtres et des maîtresses. Parmi les revendications figurent un travail en équipe renforcé avec des moyens et du temps attribués aux écoles et non a des individu-e‑s directeurs ou directrices, l’augmentation du temps de concertation sans augmentation du temps de travail, avec un temps de classe des enseignant-e‑s inférieur au temps de classe des élèves, et une définition claire des responsabilités en termes de sécurité (PPMS, rélations avec les mairies).
Ce temps doit pouvoir être partagé entre les collègues d’une même école. Ce temps de décharge doit être respecté et planifié à l’avance. Les décrets d’application de la loi Rilhac ne modifient pas les conditions de nomination des directeurs et directrices : cette nomination est faite par le ou la Dasen, après avis de l’IEN (il faut obligatoirement s’inscrire à la liste d’aptitude pour pouvoir être nommé‑e à cette fonction).
Utilisation des locaux scolaires et régulation
C’est le-la chargé‑e de direction qui fixe les modalités d’utilisation des locaux (pendant et hors temps scolaire). C’est la mairie qui lui donne cette prérogative en dehors du temps scolaire. Pour pouvoir utiliser les locaux hors temps scolaire (mouvements pédagogiques, ou autres), il faut demander l’autorisation de la mairie par le biais du-de la chargée de direction.
De plus, les collectivités territoriales peuvent, sous certaines conditions, utiliser les locaux scolaires pendant les heures d’ouverture de l’école, afin d’organiser des activités éducatives, sportives et culturelles complémentaires ou portant sur la connaissance des langues et cultures régionales. Cette utilisation par le-la maire-esse est soumise à l’avis du conseil d’école, doit être compatible avec la nature des installations, l’aménagement des locaux et le fonctionnement normal du service.
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Ouverture et fermeture de classes : la carte scolaire
Au cours du mois de novembre, les IEN, sur demande du-de la DASEN, font le tour des écoles de leur circonscription pour prévoir les fermetures et ouvertures de classes de l’année suivante. En janvier ou février, après les remontées des IEN au‑à la DASEN, se tient la première phase de la carte scolaire dans le cadre du comité social d’Administration départemental (CSAD) et du conseil départemental de l’éducation nationale CDEN. Si le syndicat siège en comité social d’administration (CSA), il pourra défendre votre dossier en instance afin d’essayer de faire infléchir la position du ou de la DASEN.
Aspects pratiques et pédagogiques liés à la salle de classe
Le temps et l'utilisation de la salle de classe sont également liés à l'organisation pédagogique : le conseil des maître-ses donne son avis sur l’organisation des services, qui est ensuite arrêtée par le-la directeur-rice. Le-la chargé‑e de direction faisant partie de l’équipe pédagogique, il-elle n’est pas exempté‑e de service d’accueil et de surveillance des élèves.
Des projets pédagogiques, la régulation des conflits entre les élèves, l’organisation d’événements et la mise en oeuvre du projet d’école se jouent au niveau de la salle de classe et sont coordonnés par ces instances collectives. Les motions de conseil d’école et les procès-verbaux consignent les décisions afférentes au fonctionnement des locaux et à la vie scolaire.
Relations avec les acteurs extérieurs et formes d'établissement
Les établissements privés sont indépendants et restent libres d'adopter les statuts les plus variés, depuis l'association ou la fondation jusqu'à la société anonyme. Pour pouvoir accueillir des étudiants dans leur enceinte, ils doivent néanmoins être autorisés par l'Etat à dispenser un enseignement et à délivrer un diplôme. Attention, la reconnaissance de l'école par l'Etat n'entraîne pas automatiquement la reconnaissance du diplôme.
Il existe plusieurs formes d'établissements. Les uns sont régis par la loi d'orientation sur l'enseignement supérieur qui définit plusieurs types spécifiques. Les établissements publics des ministères techniques, par exemple, sont des entités publiques administratives dont le conseil d'administration et le directeur sont nommés par le ministre concerné. Les autres écoles restent des établissements publics ordinaires.
Le statut d'Établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), créé par la loi Mandon du 20 décembre 2014, répond aux besoins des écoles de pouvoir continuer à se développer en proposant un statut très proche de celui des personnes morales de droit privé. Cette nouvelle dimension leur permet de renforcer leur autonomie de gestion et leur donne la possibilité d’élargir leurs sources de financement (actionnariat, emprunts, entreprises, anciens diplômés, autres donateurs dans le cadre du mécénat ou fundraising…).
Le statut d’EESC doit simplifier la signature d’accords de toute nature avec d’autres institutions d’enseignement mais aussi avec des entreprises, des mécènes, etc. tout particulièrement auprès d’acteurs étrangers. Si le statut permet de ne pas être assujetti à l’impôt sur les sociétés, il ne permet pas non plus de distribuer de dividendes. Ainsi, les bénéfices dégagés sont exclusivement investis dans le développement de l’école.
Procédures, contestations et droit des personnels
Les procédures de contestation mises en oeuvre permettent à tout‑e collègue de solliciter l’arbitrage de l’IEN en cas de désaccord. L’avis de l’IEN peut être demandé et tout membre de l’équipe enseignante peut demander qu’un point soit porté à l’ordre du jour. Le-la chargé‑e de direction peut être auditionné-e et être amené-e à recueillir l'avis consultatif de la collectivité locale.
Le rôle du-la chargé‑e de direction de faire respecter les règles, de coordonner l’usage des locaux et de défendre collectivement les positions de l’équipe pédagogique le place dans une position de médiation entre les personnels, les familles et les autorités locales et académiques.
Notes pratiques pour les usages de la salle de classe
Pour pouvoir utiliser les locaux hors temps scolaire, il est nécessaire d'informer le-la chargé‑e de direction ; celui-ci ou celle-ci ne peut refuser que pour des raisons précises de sécurité ou d'occupation des locaux. Les collectivités territoriales peuvent utiliser les locaux scolaires pendant les heures d’ouverture de l’école sous conditions et après avis du conseil d’école.
Les décisions relatives à l’ouverture et la fermeture de classes, l’aménagement des locaux et l’organisation des services se prennent à différents niveaux : IEN, DASEN, CSAD et CDEN pour la carte scolaire, et au sein du conseil d’école pour le fonctionnement courant et les règlements internes.
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Tableau récapitulatif : responsabilités sur la salle de classe
| Responsabilité | Acteur principal | Commentaires |
|---|---|---|
| Propriété des locaux, construction, réparations | Commune | Frais de fonctionnement à la charge des communes |
| Rémunération du personnel enseignant | État | Pas d'autonomie budgétaire des écoles primaires |
| Organisation pédagogique, règlement intérieur | Conseil d'école, direction | Procès-verbal envoyé aux acteurs, avis de l'IEN possible |
| Autorisation d'utilisation hors temps scolaire | Chargé-e de direction / Mairie | Utilisation possible sous conditions et avis du conseil d'école |
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