Subventions pour l'Agriculture Urbaine en France : Un Essor Vert dans les Villes

De plus en plus, des espaces agricoles de culture ou d’élevage se développent au cœur des zones urbaines ou péri-urbaines, offrant ainsi aux habitants des villes une ressource alimentaire locale. Au-delà de cet aspect, l’agriculture urbaine présente de nombreux autres avantages, notamment en favorisant le lien social entre les habitants, en les sensibilisant aux enjeux écologiques et alimentaires, et en améliorant le cadre de vie en apportant un poumon vert dans la ville.

Agriculture urbaine

Les fermes urbaines sont aussi souvent un outil d’insertion économique, formant et employant des habitants éloignés de l’emploi. C'est pourquoi les projets d’agriculture urbaine ont toute leur place au sein des quartiers en renouvellement urbain. En effet, beaucoup d’entre eux comptent de nombreux espaces vides qui pourraient aisément être végétalisés.

Le Plan France Relance : Un Soutien Massif

Le plan France Relance consacre 30 millions d'euros pour soutenir le développement de l'agriculture urbaine et des jardins partagés. Doté de 30 millions d’euros, le dispositif de soutien à l’agriculture urbaine et aux jardins partagés du plan France Relance continue de se déployer avec, pour ambition, d’accompagner des projets locaux à visée environnementale et sociale pour les populations des zones urbaines et périurbaines (notamment dans les quartiers prioritaires et zones de renouvellement urbain).

L’initiative « Jardins partagés », dotée de 17 millions d’euros, permet de financer des investissements matériels et immatériels ainsi que des prestations de formation-animation. Accessibles par des appels à projets départementaux, ces aides sont mobilisables sur l'ensemble du territoire hexagonal et ultramarin. Les appels à projets ont été lancés cette semaine dans les préfectures. Par ailleurs, avec une dotation de 34 millions d’euros, le Gouvernement renforce son soutien, grâce au plan France Relance, aux projets d’agriculture urbaine dans les quartiers en renouvellement urbain.

Grâce à ces financements, l'association Rézo'Fêt'art va pouvoir moderniser, à Dijon, un jardin partagé qui profite à 40 familles. Dotée de 17 M€, cette mesure est destinée à soutenir les jardins partagés et collectifs. Accessibles via des appels à projets départementaux, les aides financières sont mobilisables sur l'ensemble du territoire métropolitain et ultramarin.

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Les Bénéfices de l'Agriculture Urbaine

Pour les quartiers, l’agriculture urbaine représente des bénéfices sociaux, économiques, environnementaux. Développement des circuits courts, création d’emplois, amélioration de la qualité de vie… L'ANRU encourage les initiatives grâce au déploiement d'un appel à projets qui a permis le financement de 100 fermes urbaines couvrant 140 quartiers prioritaires.

« Je crois profondément à l’agriculture urbaine pour trois raisons principales. Elle permet tout d’abord de remettre de la nature en ville en remplaçant des espaces de béton par des espaces de végétalisation. Les fermes urbaines remplissent une fonction pédagogique très importante, notamment auprès des enfants. En outre, l’agriculture urbaine tisse un lien social très fort en changeant concrètement et durablement la vie des habitants des quartiers concernés.

L'initiative "Quartiers Fertiles"

Pour accélérer le développement de l’agriculture urbaine dans les quartiers du NPNRU, l’ANRU a lancé un appel à projets : Les Quartiers Fertiles. L’Agence soutient une centaine d’initiatives (jardins d’insertions, microfermes…). Les lauréats sélectionnés vont accompagner la structuration de filières locales en associant de manière étroite les habitants et s’inscrivant dans une logique productive.

Quelques exemples de projets soutenus :

  • La Boucle d’alimentation locale (BAL) à Stains (93): a créé une filière complète allant de la production agricole au traitement des déchets organiques en passant par la vente directe et la transformation des aliments. Le projet comporte aussi des volets d’insertion professionnelle et pédagogique.
  • La « ferme mobile » à Sartrouville (78): doit s’implanter sur les espaces rendus temporairement disponibles par les travaux du NPNRU.
  • Cycloponics: est une start-up qui recycle des superstructures souterraines en zones d’activité agricole. À Strasbourg (67), elle a installé un espace de culture dans un ancien bunker réaménagé en ferme.
  • Fais pousser ton emploi ! à Lorient (56): vise l’implantation d’une microferme en maraîchage biologique dans un parc à proximité d’un quartier du NPNRU.

Dans le cadre de la démarche ANRU+, un groupe de travail dédié à l’agriculture urbaine dans les quartiers s’est créé en 2018. Il réunit notamment des lauréats des appels à manifestation d’intérêt « Ville durable et solidaire » et ANRU+, ainsi que des territoires du NPNRU intéressés par cette thématique. L'objectif ? Les réflexions de ce groupe de travail ont donné lieu à la publication d’un numéro des « Carnets de l’Innovation de l’ANRU » : l’agriculture urbaine dans les quartiers en renouvellement urbain.

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Comment Développer l'Agriculture Urbaine ?

L'objectif est d’accompagner les collectivités et leurs opérateurs (porteurs de projets) dans le développement de projets d’agriculture urbaine et périurbaine professionnelle intégrés dans leur environnement économique, naturel et social au plus proche des habitants.

Voici quelques pistes pour développer l'agriculture urbaine :

  • On soutient les projets émanant d’initiatives citoyennes et collectives se développant dans un secteur non-marchand sans but lucratif et donnant une large part à la participation citoyenne : les jardins partagés, pédagogiques, familiaux, les poulaillers collectifs, et également les projets axés sur la sensibilisation et l’éducation.
  • Avec quelques élus, rendez visite aux communes et villes déjà engagées qui ouvrent volontiers leurs portes pour partager leurs pratiques.
  • Élaborez une cartographie des espaces pouvant être consacrés à l’agriculture urbaine : terrains arables à sanctuariser, friches à reconquérir, mais aussi places, cours d’école, toits d’immeubles, espaces verts à usage paysager...
  • Consacrez un volet de cette cartographie à l’historique des sites, afin d’identifier les risques de pollution des sols.

Ce diagnostic recense aussi les acteurs impliqués dans les multiples formes d’agriculture urbaine : des entreprises ou associations spécialisées aux jardiniers amateurs, en passant par les travailleurs sociaux, les animateurs des Projets d’alimentation territoriaux (PAT), les gestionnaires de biodéchets, les aménageurs, le monde agricole etc.

Donnez une traduction concrète au projet en l’inscrivant au Plan local d’urbanisme (PLU) et/ou PLU intercommunal, par exemple en adaptant les règles pour favoriser l’implantation des productions agricoles.

Développer l’agriculture urbaine va au-delà de la plantation de quelques arbres et plantes, ou de la création de quelques espaces. C’est un moyen de repenser l’aménagement et une opportunité de rendre son territoire plus résilient, plus robuste face aux enjeux de notre siècle comme le changement climatique, la pollution, l’érosion de la biodiversité.

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Outre l’aspect pédagogique, encouragez une production alimentaire, au plus près des besoins. Elle est créatrice d’emplois locaux. Ces actions permettent de reconnecter les « urbains » à la nature et aux travaux d’agriculture.

Aux côtés de jardins ouvriers précédemment installés, de nouveaux espaces ont été mis à disposition pour accueillir des jardins partagés, une serre pédagogique et des ruches. Sur une surface de 5 000 m2, plus de 150 personnes se côtoient régulièrement pour jardiner.

En complément de jardins familiaux déjà présents dans la zone, de jeunes agriculteurs sont invités à s’installer dans des fermes qui n’étaient plus exploitées depuis plusieurs années. Les zones ainsi identifiées sont à la fois des espaces de production agricole et des parcs périurbains accessibles à tous, alliant un volet de production agricole et une visée éducative et récréative pour les habitants.

L'association Si t'es jardin, initiée par le Comité national de liaison des régies de quartiers (CNLRQ), développe des jardins potagers urbains et solidaires, en lien avec les habitants. À l’École Du Breuil, dans le 12e arrondissement de Paris, des formations diplômantes en agriculture urbaine sont dispensées aux adultes en reconversion professionnelle !

Il crée son micro-potager urbain 100% écolo !

Acteurs Clés et Initiatives

Depuis 2016, la mairie de Paris lance chaque année l’appel à projet « Parisculteurs ». Elle recense des espaces à végétaliser et propose leur exploitation pour favoriser la biodiversité et un retour de l’agriculture en ville. La 3e saison des Parisculteurs innove en proposant de nouveaux territoires, en collaboration avec la Métropole du Grand Paris.

Dans le cadre des États généraux de l’alimentation, Stéphane Travert et Agnès Buzyn se sont rendus, ce vendredi, dans les locaux de « La Boîte à Champignons ». L'occasion d'échanger avec les agriculteurs et de visiter l’installation d’agriculture urbaine conduite selon les principes de l’économie sociale et solidaire.

L’axe Paris-Roissy, vitrine de l’agriculture française dans sa diversité et selon les principes de l’agro-écologie ? Tel est le pari de l’union des coopératives agricoles InVivo qui souhaite valoriser les multiples fonctions de l’agriculture et du végétal.

Comme chaque année, la récolte du Miel issu des abeilles du ministère (MIAM), a eu lieu début septembre. Comment et par qui le miel est-il récolté dans les jardins de la rue de Varenne ? Clément et Maximilen, deux étudiants ingénieurs agronomes ont mis à profitleur année de césure pour réaliser un ambitieux projet : ils partiront ce mercredi 15 avril pendant plus de quatre mois à la conquête de l’Amérique du nord.

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a adopté à l'unanimité, le 12 juin 2019, son avis « L'agriculture urbaine : un outil déterminant pour des villes durables ».

Simon Ronceray, fils de céréalier, a suivi une prépa biologie (BCPST) et des études d’ingénieur Agroécologie et agriculture durable à Montpellier SupAgro. En 2014, il s’est lancé, avec deux autres camarades, dans un tour d’Europe à vélo durant 8 mois à la découverte de l’agriculture urbaine et a créé l’association Agrovélocités. 12 000 kilomètres engrangés, 18 pays traversés et 150 projets étudiés plus tard, ses projets sont chamboulés. Alors qu’il se destinait à faire de l’agro-développement dans les pays du Sud, il a choisi de rester en France « parce qu’il y a beaucoup à faire ici aussi ».

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