Taux de TVA Applicable à l'Alimentation Animale en France
En France, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) appliquée aux produits destinés à l'alimentation animale est un sujet complexe, avec des taux variant en fonction de l'utilisation prévue de ces produits. Les lois de finances récentes ont apporté des modifications significatives à ces taux, impactant directement les agriculteurs et les entreprises du secteur.
Voici une vue d'ensemble des taux de TVA en vigueur :
- 5,5 % : Ce taux réduit s'applique aux produits destinés à la consommation des animaux producteurs de denrées alimentaires elles-mêmes destinées à la consommation humaine.
- 20 % : Le taux normal s'applique aux denrées destinées à l'alimentation des animaux de compagnie et aux autres animaux non producteurs de denrées alimentaires pour la consommation humaine.
Pour mieux comprendre, examinons les détails de ces taux et leurs implications.
La nutrition animale en France
Produits Destinés à l'Alimentation Animale
En matière de denrées alimentaires destinées à la consommation des animaux, on applique :
- la TVA à 5,5% pour la consommation des animaux producteurs de denrées alimentaires (bétail, animaux de basse-cour, poissons d’élevage, gibier d’élevage et cailles) elles-mêmes destinées à la consommation humaine
- la TVA à 20% pour les denrées destinées à l’alimentation des animaux de compagnie.
Dans le premier cas, la TVA à 5,5% s’applique aux matières premières et aliments composés, aux additifs et prémélanges. En revanche, les médicaments vétérinaires, les aliments médicamenteux et les produits intermédiaires sont taxés à 20% même s’ils sont réservés à la consommation des animaux producteurs de denrées alimentaires pour les humains.
Lire aussi: TVA sur les Transports
La définition des produits destinés à l'alimentation animale obéit aux mêmes principes que celle des produits destinés à l'alimentation humaine. Ainsi, les commentaires du I-A § 10 et suivants du BOI-TVA-LIQ-30-10-10 sont directement transposables. Sont ainsi concernés à la fois :
- les denrées et produits assimilés qui ont une fonction nutritionnelle pour l’animal ;
- les intrants de la production alimentaire animale, définis sur la base de leur destination « normale », qui est d’entrer dans la chaîne alimentaire animale.
Dans tous les cas, seuls les animaux eux-mêmes producteurs de denrées alimentaires destinées à l’alimentation humaine sont concernés.
Animaux Producteurs de Denrées Alimentaires
Par animal producteur de denrées alimentaires, il convient d’entendre tout animal nourri, élevé ou détenu pour la production de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine, et ce, quelle que soit leur utilisation effective.
Les animaux concernés sont notamment le bétail, les animaux de basse-cour, les poissons d’élevage destinés à la consommation humaine, les escargots, les abeilles, le gibier d’élevage et les cailles. Le « bétail » s’entend notamment de tous les animaux de boucherie et de charcuterie (équidés, bovidés, ovidés, suidés, caprins). Les animaux de basse-cour comprennent notamment les volailles (coqs, poules, chapons, poulets, poulettes, poussins, canards, oies, jars, pintades, dindes, dindons), les lapins de rente, c’est-à-dire producteurs de viande, et les pigeons domestiques.
En revanche, ne sont pas considérés comme des animaux producteurs de denrées alimentaires les animaux autres que ceux désignés au I-A § 40, tels que les animaux de compagnie (chiens, chats, lapins familiers comme les lapins nains, etc.), les animaux d’agrément (poissons d’aquarium, poules naines, etc.), les animaux d’expérimentation, les animaux à fourrure et les animaux de cirque, même lorsque la consommation de leur viande est possible.
Lire aussi: Collectivités : comprendre les taux de TVA
Produits
Les produits susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire animale comprennent :
- les matières premières et les aliments composés ;
- les additifs et prémélanges ;
- les médicaments vétérinaires et les aliments médicamenteux ;
- les produits intermédiaires.
Est sans incidence sur l’application du taux réduit la qualification d’aliment diététique au sens du point a de l’article 18 du règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009.
Matières Premières
Conformément au g du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009, les matières premières pour aliments des animaux se définissent comme les produits d’origine végétale ou animale dont l’objectif principal est de satisfaire les besoins nutritionnels des animaux, à l’état naturel, frais ou conservés, et les dérivés de leur transformation industrielle, ainsi que les substances organiques ou inorganiques, comprenant ou non des additifs pour l’alimentation animale, qui sont destinés à être utilisés pour l’alimentation des animaux par voie orale, soit directement en l’état, soit après transformation, ou pour la préparation d’aliments composés pour animaux ou en tant que supports des prémélanges.
La partie C de l’annexe au règlement (UE) n° 68/2013 du 16 janvier 2013 relatif au catalogue des matières premières pour aliments des animaux fournit une liste non exhaustive des matières premières des aliments pour animaux à laquelle il convient de se reporter.
Relèvent ainsi de la catégorie des matières premières notamment les produits suivants :
Lire aussi: Tout savoir sur la TVA
- les grains de céréales et produits dérivés ;
- les graines ou fruits oléagineux et produits dérivés ;
- les graines de légumineuses et produits dérivés ;
- les tubercules, racines et produits dérivés ;
- les autres graines, fruits et produits dérivés ;
- les fourrages, fourrages grossiers et produits dérivés ;
- les autres plantes, algues, champignons et produits dérivés ;
- les produits laitiers et produits dérivés ;
- les produits d’animaux terrestres et produits dérivés ;
- les poissons, autres animaux aquatiques et produits dérivés ;
- les minéraux et produits dérivés ;
- les produits et coproduits obtenus par fermentation à l’aide de micro-organismes.
Aliments Composés
Conformément au h du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009, un aliment composé est un mélange d’au moins deux matières premières telles que définies au I-B-1 § 70, comprenant ou non des additifs pour l’alimentation animale, et qui est destiné à l’alimentation animale par voie orale, sous la forme d’un aliment complet pour animaux ou d’un aliment complémentaire pour animaux.
Conformément au i du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009, les aliments complets se définissent comme des aliments composés pour animaux qui, en raison de leur composition, suffisent à assurer une ration journalière.
Conformément au j du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009, les aliments complémentaires sont des aliments composés pour animaux qui ont une teneur élevée en certaines substances, mais qui, en raison de leur composition, n’assurent la ration journalière que s’ils sont associés à d’autres aliments pour animaux. Ils peuvent, à cet effet, être utilisés pour l’alimentation directe des animaux ou être incorporés à d’autres aliments composés.
Additifs
Conformément au a du paragraphe 2 de l’article 2 du règlement (CE) n° 1831/2003 du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003 relatif aux additifs destinés à l’alimentation des animaux, les additifs se définissent comme des substances, micro-organismes ou préparations, autres que les matières premières pour aliments des animaux et les prémélanges, délibérément ajoutés aux aliments pour animaux ou à l’eau pour remplir une ou plusieurs fonctions mentionnés au paragraphe 3 de l’article 5 du règlement n° 1831/2003 du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003 et répondant aux critères d’autorisation fixés par celui-ci.
Conformément à l’article 6 du règlement n° 1831/2003 du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003, les catégories d’additifs autorisés sont ainsi limitativement énumérées :
- additifs technologiques ;
- additifs sensoriels ;
- additifs nutritionnels ;
- additifs zootechniques ;
- coccidiostatiques et histomonostatiques.
Prémélanges
Conformément au e du paragraphe 2 de l’article 2 règlement (CE) n° 1831/2003 du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003, les prémélanges se définissent comme des mélanges d’additifs pour l’alimentation animale ou des mélanges d’un ou de plusieurs additifs pour l’alimentation animale avec des matières premières pour aliments des animaux ou de l’eau utilisées comme supports, qui ne sont pas destinés à l’alimentation directe des animaux.
Médicaments Vétérinaires
Conformément au paragraphe 1 de l’article 4 du règlement (UE) n° 2019/6 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 relatif aux médicaments vétérinaires et abrogeant la directive 2001/82/CE, un médicament vétérinaire s’entend de toute substance ou association de substances qui remplit au moins l’une des conditions suivantes :
- elle est présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies animales ;
- elle a pour but d’être utilisée chez l’animal ou de lui être administrée en vue de restaurer, de corriger ou de modifier des fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique ;
- elle a pour but d’être utilisée sur des animaux en vue d’établir un diagnostic médical ;
- elle a pour but d’être utilisée pour l’euthanasie d’animaux.
Aliments Médicamenteux
Conformément au a du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (UE) n° 2019/4 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 concernant la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation d’aliments médicamenteux pour animaux, modifiant le règlement (CE) n° 183/2005 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 90/167/CEE du Conseil, un aliment médicamenteux se définit comme tout aliment prêt à être directement administré aux animaux sans transformation supplémentaire, consistant en un mélange homogène d’un ou plusieurs médicaments vétérinaires ou produits intermédiaires et de matières premières pour aliments des animaux ou d’aliments composés.
Produits Intermédiaires
Conformément au b du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (UE) n° 2019/4 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018, s’entend comme produit intermédiaire un aliment qui n’est pas prêt à être directement administré aux animaux sans transformation supplémentaire, consistant en un mélange homogène d’un ou plusieurs médicaments vétérinaires et de matières premières pour aliments des animaux ou d’aliments composés, exclusivement destiné à être utilisé pour la fabrication d’un aliment médicamenteux pour animaux.
Taux Applicables
Règles Générales
Voici un tableau récapitulatif des taux de TVA applicables aux produits destinés à l'alimentation des animaux producteurs de denrées alimentaires pour la consommation humaine :
| Produits | Taux |
|---|---|
| Matières premières | 5,5 % |
| Aliments composés | 5,5 % |
| Additifs | 5,5 % |
| Prémélanges | 5,5 % |
| Médicaments vétérinaires, aliments médicamenteux et produits intermédiaires | 20 % |
| Aliments destinés aux animaux non producteurs de denrées alimentaires, sauf lorsqu’ils relèvent des intrants agricoles éligibles | 20 % |
Il est rappelé que la destination « normale » du produit permet de déterminer le taux de la TVA applicable à la livraison de celui-ci (I-A-3 § 60 à 90 du BOI-TVA-LIQ-30-10-10).
Les appâts et amorces pour la pêche (colorants, conservateurs chimiques, décolorants chimiques, etc.) ne relèvent du taux réduit de 5,5 % que lorsqu’ils ont le caractère de produits alimentaires.
Précisions
Les aliments destinés aux animaux non producteurs de denrées alimentaires relèvent du taux normal de 20 % de la TVA. Toutefois, lorsque le produit est, à titre général et habituel, utilisé indifféremment pour l’alimentation à la fois d’animaux producteurs de denrées alimentaires et d’animaux non producteurs, notamment parce que l’espèce en cause peut avoir les deux usages (les lapins ou les poules, par exemple), le taux réduit de 5,5 % s’applique.
Les aliments médicamenteux et produits intermédiaires sont constitués de produits relevant du taux réduit de 5,5 % (matières premières, aliments composés, etc.) et de médicaments relevant du taux normal. La fonction principale de ces produits étant celle des médicaments vétérinaires visés au I-B-5 § 130, le taux normal de TVA s’applique aux aliments médicamenteux et produits intermédiaires.
La loi avait indiqué que tous les produits destinés à la consommation alimentaire humaine bénéficiaient d’un taux de TVA à 5,5 %. Au lieu d’apporter de la simplification, celle-ci était plus complexe puisqu'un même produit (du blé par exemple) pouvait être vendu avec un taux de 5,5 % s’il était destiné à l’alimentation humaine ou avec un taux de 10 % s’il était destiné à l’alimentation animale.
Cela signifie que les ventes de produits agricoles destinés à faire des aliments pour le bétail (blé, orge, maïs, colza, pommes de terre, etc.) ont désormais eux aussi un taux de TVA à 5,5 %. Cela concerne aussi la vente des animaux entre agriculteurs : désormais tous les animaux vendus entre exploitants sont au taux de 5,5 %.
Malgré ces précisions apportées en 2023, il reste en suspens la question du taux de TVA pour des ventes aux particuliers. Est-ce que les poules pondeuses (vivantes) ou le foin que je vends à des particuliers pour leurs chevaux et leurs moutons bénéficient du taux de TVA à 5,5 % ? L’administration fiscale n’ayant pas apporté de réponse officielle à cette question, nous préférons pour l’instant jouer la carte de la sécurité et nous vous conseillons de faire ces ventes avec un taux de TVA à 20 %.
En amont de l’usine, le taux de TVA applicable aux intrants (matières premières, additifs et prémélanges) destinés notamment à l’alimentation d’animaux producteurs de denrées alimentaires sont désormais également soumis à un taux de TVA de 5,5 %.
Produits d’Origine Agricole et de la Pêche
Les produits d’origine agricole, de la pêche, de la pisciculture et de l’aviculture sont soumis au taux de TVA à 5,5% lorsqu’ils sont normalement destinés à être utilisés dans la production agricole. Le taux à 5,5% s’applique également lorsque ces produits sont destinés à l’alimentation humaine ou à l’alimentation d’animaux eux-mêmes producteurs de denrées alimentaires pour l’alimentation humaine.
En revanche, la TVA à 10% s’applique :
- aux engrais et amendements calcaires
- aux matières fertilisantes et supports de culture d’origine organique agricole autorisés à la vente sur le marché
- aux produits phytopharmaceutiques utilisables en agriculture biologique et aux produits biocides.
Le taux de TVA applicable aux ventes d’aliments pour animaux producteurs de denrées alimentaires et aux matières premières utilisées pour la fabrication de ces aliments est passé à 5,5 % au 1er janvier 2023, contre 10 % pour la majorité de ces produits auparavant. La mesure, inscrite dans la loi de finances pour 2023, vise à uniformiser les taux qui pouvaient précédemment créer des charges de trésorerie en raison du différentiel de taux entre certains achats soumis à un taux de 10 %, comme les animaux vivants, et certaines ventes soumises à un taux de 5,5 %, comme les animaux morts destinés à la consommation humaine.
Ce taux de 5,5 % s’applique ainsi aux produits destinés à la consommation des animaux eux-mêmes producteurs d’aliments pour la consommation humaine ; aux produits d'origine agricole, de la pêche, de la pisciculture ou de l’aviculture, lorsqu’ils sont destinés à une utilisation dans la production agricole.
