TPE et PME : Définition et enjeux en France

Les TPE - Très Petites Entreprises - et PME - Petites et Moyennes Entreprises - constituent l’immense majorité du tissu économique français. En France, les TPE représentent plus de 95% des entreprises, et les PME 4%.

Bien que les TPE fassent officiellement partie de la famille des PME, il existe une différence nette entre les deux profils d’entreprise. Quels éléments distinguent réellement la TPE de la PME ?

Définition des TPE et PME

Selon la définition de l’administration française, les TPE-PME regroupent deux catégories d’entreprise :

  • Les microentreprises (nombre de salarié inférieur à 10 et un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros).
  • Les petites et moyennes entreprises (nombre de salariées inférieur à 250 et CA inférieur à 50 M€).

Plus précisément :

  • Les TPE sont les très petites entreprises, ayant moins de 10 salariés et dont le chiffre d'affaires ou le total du bilan est inférieur à 2 millions d'euros.
  • Les PME, petites et moyennes entreprises, sont les entreprises de 10 à 50 salariés, dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan n'excède pas 43 millions d'euros.

En 2018, selon l’INSEE, la France comptait 3,9 millions de microentreprises et de PME marchandes non agricoles et non financières. Au total, les microentreprises et les PME emploient 6,3 millions de salariés (en équivalent temps plein) et réalisent 43 % de la valeur ajoutée.

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La première [différence] réside dans leur taille et le chiffre d’affaires généré. Par TPE, on désigne en effet les entreprises de moins de 10 salariés réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros. La PME se caractérise quant à elle par un effectif de moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros.

Parmi ces entreprises, on trouve par exemple des artisans, des commerçants de proximité, des restaurateurs, hôteliers, cabinets libéraux, ou encore des start-up. Par leur nombre, elles forment un tissu productif important pour maintenir l'emploi et l'activité de façon diffuse sur le territoire, y compris dans les espaces ruraux.

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Les défis et les enjeux

Au-delà des différences évidentes issues de la définition d’une PME, cette typologie d’entreprise fait face à des défis de développement et de croissance plus ambitieux, bien qu’il lui faille aussi préserver sa flexibilité. Une fois ces enjeux posés, les problématiques quotidiennes des deux types d’entreprise s’avèrent bien différentes.

La Très Petite Entreprise, tout d’abord, doit faire face quotidiennement à des impératifs de survie et de pérennisation de son activité.

Au-delà des critères chiffrés, ce facteur de taille des entreprises a une incidence sur leurs défis aussi bien opérationnels que stratégiques, et donc, un impact dans le choix des solutions de gestion utilisées par l’entreprise, comme le CRM PME ou encore la mise en place d’un ERP.

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Pour les dirigeants de TPE, il est naturel de viser, à terme, une évolution vers la PME.

Différences opérationnelles et stratégiques

Les organisations décisionnelles des deux types d’entreprise reflètent leur décalage de taille. Il en va différemment dans une PME ! Au sein des moyennes entreprises, la gouvernance est plus complexe, avec la structuration de services (commercial, financier, marketing…) et des processus de décision plus formalisés.

Par exemple, l’une des forces des PME réside dans la prise de décision rapide. Effectivement, l’organisation hiérarchique étant relativement simple, le circuit décisionnel est court.

TPE et PME se distinguent également sur le plan financier. Les capacités d’investissement d’une TPE sont en effet extrêmement restreintes : l’entreprise s’appuie essentiellement sur son expertise métier, des solutions technologiques de base, et un réseau informel de compétences. Les PME, en revanche, disposent de ressources plus conséquentes pour se développer, recruter des profils qualifiés, acquérir des outils performants et mener des projets structurants (solutions technologiques avancées et R&D notamment).

Si l’activité d’une Très Petite Entreprise s’opère généralement de façon locale avec une forte dépendance envers les réseaux de proximité, la PME vise généralement de nouveaux marchés nationaux ou régionaux, sur le sol français ou à l’international. Ses moyens marketing et commerciaux plus conséquents lui permettent généralement de déployer une stratégie plus ambitieuse.

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Enfin, les différences entre TPE et PME se jouent aussi sur le plan de la réglementation ! Si celle des TPE demeure relativement simple en matière de droit du travail, de comptabilité ou de fiscalité, pour la PME, l’encadrement légal et réglementaire devient beaucoup plus complexe.

Les obligations comptables et sociales se limitent à devoir déclarer le chiffre d’affaires encaissé tous les mois ou tous les trimestres.

Bien que liées par la terminologie, donc, les TPE et PME évoluent dans des univers et avec des problématiques bien distincts.

Avantages et inconvénients

Par ailleurs, du fait de leur petite taille, les TPE se spécialisent généralement dans des domaines très précis. Cela leur permet de devenir des experts dans leur secteur d’activité. Dès lors, ils peuvent nouer des partenariats et satisfaire une demande très précise. Cependant, le principal souci des TPE est de trouver de nouveaux clients, afin de faire croître l’activité.

Par ailleurs, les PME font généralement preuve d’un grand savoir-faire.

Quant à leurs structures plus conséquentes qu’une TPE, les PME permettent de gérer des commandes ou des projets plus importants.

Comme toutes les entreprises, les PME ont également des inconvénients. Les premières années d’activité sont décisives, et sont souvent synonymes de manque de moyens techniques, financiers et humains.

À moyens différents, objectifs commerciaux différents.

Répartition des entreprises par taille en France
Répartition des entreprises par taille en France (Source: INSEE)

Le rôle des TPE et PME dans l’économie française

Les TPE et les PME représentent en France 99,9 % des entreprises, 6,3 millions de salariés, et 43 % de la valeur ajoutée (en 2020).

Plus dynamiques lors des phases de reprises de l’activité économique, les TPE-PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) jouent un rôle prépondérant dans les créations d’emplois, d’autant plus qu’une grande majorité de ces emplois ne sont pas délocalisables.

Selon l’OCDE, la contribution des PME à la croissance de l’innovation a fortement progressé ces dernières années. Les mutations technologiques, la croissance des revenus et la segmentation de la demande sur les marchés ont permis aux PME de combler leurs difficultés structurelles : faiblesse de leurs ressources et capacitée limitée à créer des économies d’échelles.

De plus, les TPE-PME sont souvent à l’origine d’innovations radicales car plus agiles que les grands groupes à exploiter des opportunités technologiques ou commerciales jugées secondaire par les entreprises plus implantées. Par ailleurs, les TPE-PME contribuent à la création de valeur en adoptant des innovations produites ailleurs.

Ancrées dans des écosystèmes locaux qui constituent leur principale source de connaissances, de compétences, de financement, de débouchés commerciaux et de réseaux, les TPE-PME sont implantées sur le territoire national de manière bien plus homogène que les grandes entreprises (souvent implantées dans les grandes métropoles régionales).

Contribuant à employer d’importants segments de main d’œuvre, notamment des travailleurs peu ou moyennement qualifiés, les TPE-PME leur offrent des possibilités pour développer leurs compétences.

Problématiques rencontrées par les TPE et PME

En dépit des apports des TPE-PME à l’économie française, celles-ci restent confrontées à des problématiques, notamment sur le plan concurrentiel, qui empêchent de libérer leur plein potentiel.

Dans les relations avec les grands groupes, les TPE-PME sont trop souvent victimes de la chasse aux coûts opérée par les grands groupes qui, pour diminuer le prix des approvisionnements et des activités sous-traitées, imposent une pression économique forte sur le tissu des sociétés sous-traitantes (ETI et PME). Cette pression rejaillit en cascade sur les sous-traitants de rang inférieur, les exposant à des contraintes fortes et pénalisantes pour leur équilibre économique et leur capacité à investir.

Cette problématique entame les capacités d’investissements des PME qui, dès lors, n’ont plus suffisamment de moyens pour le développement de nouveaux produits ou pour moderniser leurs outils de production. C’est particulièrement le cas dans l’industrie où les PME françaises sont très peu robotisées comparativement aux PME allemandes.

De même, les grands donneurs d’ordre n’hésitent pas, ensuite, à transférer les fruits de cette réduction des coûts vers des filiales étrangères via un système de prix de transfert permettant de baisser leur taux réel d’imposition.

Lors de la présentation, par le gouvernement, du plan de relance économique de 100 milliards d’euros, la CFE-CG a rappelé qu’il était important que la réduction des impôts de production prévue (20 milliards d’euros sur deux ans) aille en priorité aux microentreprises et aux PME pour restaurer leurs fonds propres afin qu’elles puissent financer leurs investissements.

Il est également important de soutenir davantage les TPE-PME pour qu’elles puissent peser plus fortement sur les marchés mondiaux. La transition numérique est en effet un formidable atout pour permettre aux plus petites entreprises de se développer à l’international où elles peuvent, du fait de leur flexibilité à personnaliser et à différencier leurs produits, être plus réactives aux évolutions des conditions sur les marchés.

Enfin, pour la CFE-CGC, les sommes allouées au plan de relance doivent permettre aux TPE-PME de faire leur transition numérique tant cet enjeu est fondamental pour certaines entreprises et certains secteurs d’activité. Or le retard français en la matière est particulièrement inquiétant.

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