Valeur ajoutée de Monsanto dans l'agriculture et impact économique
Monsanto Company est une entreprise américaine active dans le secteur chimique et des biotechnologies du secteur agricole. Fondée en 1901 par John Francis Queeny, elle fusionne avec Pharmacia & Upjohns en décembre 1999 et s'en sépare en 2002. La division agriculture est officiellement créée en 1960, année qui marque la conversion de la firme en une entreprise tournée vers l'agriculture et spécialisée dans les engrais. En 1982, les chercheurs de Monsanto réussissent à modifier génétiquement une cellule de plante. Monsanto Hybritech Seed International est créé avec le rachat en 1982 du programme de recherche sur le blé de la société Dekalb. Puis en 1985, Monsanto acquiert le laboratoire pharmaceutique GD Searle & Co., notamment fabricant du célèbre aspartame NutraSweet pour 2,7 milliards de dollars. À partir de 1993, Monsanto se développe par une succession d’acquisitions d’entreprises dans les trois secteurs qui deviendront le cœur de son activité : nutrition, santé et agriculture.
Dans les années 1970 Monsanto développe et brevète un de ses produits le plus connu, l'herbicide au glyphosate RoundUp. Le dernier brevet américain concernant le RoundUp expire en 2000. En 1945, Monsanto débute la production d’herbicides et d’insecticides. En 1950, Monsanto et American Viscose créent en coentreprise Chemstrand. Chemstrand produira les fibres acryliques Acrilan, inventées par Monsanto et Nylon, sous licence DuPont. Par la suite, Chemstrand deviendra Solutia. Dans les années 1940, Monsanto était un producteur majeur de plastiques comme le polystyrène et des fibres synthétiques. Monsanto est notamment la première entreprise à avoir produit des diodes électro-luminescentes visibles en masse.
Concentration du marché et fusion avec Bayer : enjeux de compétitivité et de R&D
En septembre 2016, Monsanto a accepté une offre d'achat faite par l'entreprise chimique et pharmaceutique allemande Bayer. Cette acquisition (pour 66 milliards de dollars, soit 56 milliards d’euros) annoncée en 2016 a fait en 2017 l’objet d’une enquête approfondie par la Commission européenne qui craint ses effets délétères sur la concurrence dans les secteurs des pesticides, des semences et des caractères agronomiques (« hausse des prix, une baisse de qualité, une réduction du choix et un recul de l’innovation »). Margrethe Vestager (commissaire européenne chargée de la politique de la concurrence) estime que « les semences et les pesticides sont essentiels pour les agriculteurs et, en définitive, pour les consommateurs. Nous devons garantir une concurrence effective, de manière à permettre aux agriculteurs d’avoir accès à des produits innovants de meilleure qualité et à des prix compétitifs ». Elle a ajouté que « dans le même temps, il faut préserver un environnement dans lequel les entreprises peuvent innover et investir dans des meilleurs produits ».
La nouvelle entité contrôlera environ 31 % du marché des semences commerciales et 26 % de celui des pesticides agricoles. Cette nouvelle fusion arrive dans un contexte de consolidation intense avec la fusion des sociétés Dow et Dupont d’une part, et l’entreprise étatique chinoise ChemChina et Syngenta d’une autre. La firme transnationale Bayer, leader de l’industrie pharmaceutique, a décidé d’augmenter sa ligne commerciale dans l’agro-industrie. Pour financer l'opération, Bayer a contracté un prêt-relais de 57 milliards et 19 milliards de fonds propres. La future entité devrait générer un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros. Et, plus important, son budget de R&D (Recherche et Développement) se situera à hauteur de 2,5 milliards d’euros.
Dans le contexte présent de l’agriculture industrielle a été « construite » une confluence entre trois ensembles: 1° Un point de rencontre entre les semences et les pesticides, plus exactement - du point de vue des firmes nommées - une partie significative des OGM sont compatibles avec un seul pesticide. 2° Le développement du big data (mégadonnées) permet d’établir des tableaux croisés entre la fertilité de la terre, le climat (les deux dans des configurations locales), les semences et les pesticides adéquats. 3° Dès lors, la recherche pour optimiser l’ensemble de facteurs pousse à l’intégration de firmes qui ont des points forts pouvant se compenser et se combiner. Cela afin de dégager un chiffre d’affaires et donc des profits - desquels les dépenses de recherche dépendent - que leur assurent leurs positions oligopolistiques.
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Valeur ajoutée technologique : semences OGM et traits agronomiques
Des gènes de la bactérie commune du sol Bacillus thuringiensis (Bt) ont été insérés dans des cotonniers, leur faisant produire une protéine qui est toxique pour certains insectes. Le coton Bt est très efficace pour lutter contre les chenilles telles que le ver rose du cotonnier (Pectinophora gossypiella) et le ver de l'épi de maïs (Helicoverpa zea). Le coton transgénique contenant un gène issu de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) qui est résistante à certains ravageurs, a d'abord été cultivé en Australie, aux États-Unis et au Mexique en 1996 et a ensuite été introduit commercialement dans six autres pays: l'Afrique du Sud, l'Argentine, la Chine, la Colombie, l'Inde et l'Indonésie.
Les premières variétés de coton Bt ont été mises en vente en vertu d'un accord de licence entre le découvreur du gène, Monsanto, et la première Société américaine de matériel génétique de coton, Delta and Pine Land Company (D&PL). Ces variétés contiennent le gène Cry1Ac et sont mises sur le marché sous le nom commercial de Bollgard®. Des variétés auxquelles avaient été incorporés des transgènes empilés pour la résistance aux insectes et la tolérance aux herbicides (Bt/HT) ont été introduites aux États-Unis en 1997. Monsanto a récemment reçu l'approbation réglementaire sur certains marchés pour un nouveau produit qui contient deux gènes Bt, Cry1Ac et Cry2Ab2. Ce produit, connu sous le nom de Bollgard II®, a été commercialisé en 2003.
Plus de 35 variétés différentes de coton Bt et Bt/HT sont sur le marché aux États-Unis (données du Département de l'agriculture des États-Unis [USDA]). Ces variétés et la plupart des variétés Bt dans le monde contiennent des gènes pour lesquels Monsanto a obtenu des licences. L'impact économique global des cultures transgéniques sera fonction de facteurs très divers, dont l'incidence des technologies sur les rendements et les pratiques agronomiques, l'achat des denrées alimentaires et autres produits issus des cultures transgéniques par les consommateurs, les obligations réglementaires et les coûts qu'elles entraînent.
Retombées économiques pour les exploitations : gains et limites
Comme toute innovation technologique dans l'agriculture, les cultures transgéniques auront des retombées économiques sur les agriculteurs, les consommateurs et la société dans son ensemble. Les agriculteurs qui optent pour les nouvelles technologies, notamment lorsqu'ils le font précocement, peuvent bénéficier d'une baisse des coûts de production et/ou d'une amélioration des rendements. Dans les pays en développement en particulier, de nombreux facteurs économiques et institutionnels viennent s'ajouter à leurs caractéristiques purement agronomiques et pèsent sur leur rentabilité au niveau des exploitations.
La recherche économique commence à montrer que les cultures transgéniques peuvent se révéler très avantageuses à l'échelle des exploitations lorsqu'elles apportent une solution aux problèmes de production graves et que les agriculteurs ont accès aux nouvelles technologies. Les publications relatives à l'impact des cultures transgéniques sur les pays en développement sont très limitées, principalement parce que ces cultures ne sont cultivées que depuis quelques années et dans très peu de pays. On dispose rarement de données pour des périodes de plus de deux ou trois ans, et la plupart des études portent sur un nombre relativement restreint d'agriculteurs.
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Le coton transgénique étant désormais cultivé dans un nombre assez important de pays, dans des conditions institutionnelles et commerciales différentes et par différents types d'agriculteurs, il devient possible de tirer quelques conclusions provisoires quant aux retombées et aux enjeux potentiels de l'utilisation des cultures transgéniques dans les pays en développement. Bien qu'il soit périlleux d'extrapoler les résultats concernant un pays ou une culture à d'autres, les premiers éléments d'information concernant le coton transgénique laissent à penser que les petits exploitants sans ressources des pays en développement peuvent tirer des avantages non négligeables de l'adoption de ces cultures, notamment une augmentation et une stabilité des rendements effectifs, ainsi qu'une baisse des dépenses en pesticides et des risques sanitaires dus à l'exposition aux pesticides chimiques.
Études de cas et observations terrain : Burkina Faso, Inde et autres
Le moral remonte, au sein de la filière coton burkinabé : la campagne 2012 vient de s’achever sur une très bonne récolte d’environ 630 000 tonnes. C’est près de 60 % de mieux que la précédente saison. « La production de coton transgénique s’accroît chaque année », affirme Karim Traore, président de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB). Dans le petit village de Banwaly, au cœur de la région cotonnière de Bobo-Dioulasso, cinq des huit groupements de producteurs ont adopté le coton Bt. Seydou Cissé lui a consacré ses 4,5 hectares de terre. Son bénéfice annuel, à l’hectare, est de l’ordre de 60 000 francs CFA (90 euros). À peine mieux qu’avec une variété conventionnelle.
Sur les plus grandes exploitations, où l’on respecte toutes les préconisations, on obtient jusqu’à 2,7 tonnes à l’hectare, relève Déhou Dakuo, directeur du développement de la production à la Sofitex, la principale des trois sociétés cotonnières du pays, qui contrôle 80 % de la production. Cependant, toutes exploitations confondues le gain de productivité moyen, sur cinq ans, s’élève à environ 15 %. Dans ce pays très rural, l’un des plus pauvres au monde, 60 % des paysans ne possèdent que de petites parcelles, et travaillent encore à la binette traditionnelle (daba) : leur rendement tourne autour de 500 kg à l’hectare. Le grand bond n’est pas pour eux.
Nombre de cultivateurs ont cru pouvoir se passer totalement d’insecticides : travail moins pénible, intoxications réduites, plus de temps pour les cultures vivrières, cet avantage du coton OGM est plébiscité. Or il faut conserver deux aspersions de pesticides sur les six nécessaires en conventionnel - la variété Bt est inefficace contre les « piqueurs-suceurs » (pucerons, cochenilles…). Le coton OGM est aussi exigeant en engrais. Les sociétés cotonnières ont identifié une anomalie généralisée : le détournement d’au moins 30% de l’engrais « coton » vers les parcelles de maïs.
La filière de guerre lasse a finalement consenti à livrer aux groupements de producteurs un surplus d’engrais. Mais seulement pour les cultivateurs qui sèment plus de trois hectares de coton. La moitié d’entre eux en est donc délibérément exclue. Le malaise principal concerne le pari économique imposé par le modèle Monsanto. Le prix des semences, surtout, reste en travers de la gorge de tous les paysans. En début de saison 2012, le sac, calibré pour ensemencer un hectare, coûtait 27 000 FCFA (41 €) contre 814 FCFA (1,2 €) pour les variétés conventionnelles ! L’énorme surcoût provient de la dîme prélevée au titre des droits de propriété intellectuels.
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En Inde, qui cultive du coton Monsanto depuis 2002, des souches d’insectes résistants aux toxiques Bt sont apparues, obligeant à revenir aux aspersions de pesticides : une catastrophe économique doublée d’un fiasco sanitaire. La chute de rentabilité a provoqué la ruine de dizaines de milliers de paysans, des mouvements de contestations très violents et même des vagues de suicides. Rien de tel, pour l’instant, au Burkina-Faso, où le coton Bt a été agréé officiellement en 2008. Reste que la société civile y est opposée depuis le départ.
Impacts économiques et agricoles du glyphosate : étude estonienne
L'étude a permis de comparer les dépenses des entreprises agricoles utilisant différentes technologies de culture et différents types de production afin de fournir une base pour déterminer la compensation appropriée pour les producteurs qui n'utilisent pas d'herbicides contenant du glyphosate dans leurs exploitations. Différentes sources de données et de la littérature spécialisée ont été utilisées pour réaliser l'étude, comme les données statistiques de Statistics Estonia, les coûts du travail mécanique pour différentes technologies, les données du registre des produits phytopharmaceutiques, les données du RICA, les calculs de la marge brute de 2021 dans la production végétale et l'élevage, les enquêtes sur les prix, les recommandations en matière de fertilisation et la clarification des normes.
Dans le modèle de rotation des cultures pour les cultures de type végétal, les cultures céréalières largement cultivées en Estonie ont été sélectionnées. Il a été constaté que dans la rotation des cultures du type de production végétale, où les céréales et le colza d'hiver étaient cultivés, la marge brute la plus élevée (en moyenne 133 euros par hectare (€/ha)) était obtenue lorsque le contrôle des mauvaises herbes était largement basé sur le glyphosate. Cela a permis un travail superficiel du sol plus rentable. La marge brute de la variante « avec glyphosate » était supérieure à celle de la variante « sans glyphosate » et à celle de la variante « sans herbicides », respectivement de 31 et 39 €/ha (soit 30 % et 41 %).
Pour les productions de type végétal, les coûts de travail du sol étaient plus élevés lorsque l'on n'utilisait pas de glyphosate, dans une certaine mesure. La non-utilisation d'herbicides a une incidence significative sur le coût des travaux de machinerie en tant que moyenne de la rotation des cultures. Dans la production animale, où aucun herbicide n'a été utilisé dans deux champs de fétuque des prés, aucun travail du sol n'a été effectué pendant la croissance de la fétuque des prés. Les champs de céréales et de colza ont été cultivés principalement par labourage. Les marges brutes les plus élevées et pratiquement égales ont été obtenues en n'utilisant pas d'herbicides (158 €/ha en moyenne) et en utilisant du glyphosate (157 €/ha en moyenne).
Les marges brutes des variantes « n'utilise pas d'herbicides » et « utilise du glyphosate » ont dépassé les marges brutes de la variante « n'utilise pas de glyphosate » de 25% en moyenne dans la rotation des cultures. Pour la culture de légumes sans herbicides, il a été nécessaire d'augmenter considérablement le travail manuel et mécanique. Cela signifie qu'en plus du labourage et de la culture habituels pour le travail du sol avant les semis, une opération supplémentaire a été effectuée. Au cours de la période de végétation, la fréquence du travail du sol entre les rangs a dû être augmentée au moins deux fois. En outre, sans herbicides, le désherbage manuel nécessite au moins le double de temps par rapport à l'utilisation d'agents chimiques de désherbage.
Risques sanitaires, environnementaux et responsabilités judiciaires
L'entreprise a été impliquée dans de nombreux scandales sanitaires et écocides. En 2002, Monsanto a été attaquée en justice par 3 450 résidents de la ville d'Anniston (Alabama) pour la contamination de rivières et du sol aux PCB. Des documents internes montrèrent que la firme savait depuis plus de 30 ans que les poissons des rivières environnantes étaient contaminés par les rejets d'une de ses usines. À l'issue de ce procès, Monsanto a été jugée coupable d’avoir pollué « le territoire d’Anniston et le sang de sa population avec les PCB » et condamnée à payer 700 millions USD de dommages-intérêts. La firme signa, en marge du procès, un accord avec l'EPA pour un plan de nettoyage de la ville.
Deux plaintes ont porté sur des mentions mensongères placées sur l’emballage du désherbant Roundup et concernant sa biodégradabilité. En France, en janvier 2007, la 5e chambre du tribunal correctionnel de Lyon a condamné les sociétés Monsanto et Scotts France (distributeur du Roundup) à 15 000 euros d'amende pour publicité mensongère à la suite d'une plainte déposée par des associations. Le fait est que si le glyphosate est effectivement rapidement dégradé, ses produits de dégradation dont l'AMPA s'accumulent dans les nappes phréatiques.
Dans le cadre de l'affaire des Monsanto Papers, la justice américaine déclassifie le 16 mars 2017 des correspondances internes de Monsanto, qui montrent que l'entreprise s'inquiétait dès 1999 du potentiel mutagène du glyphosate. Le 9 juillet 2018, Monsanto est engagée dans un procès à San Francisco à la suite de la plainte de Dewayne Johnson, jardinier atteint d'un cancer (lymphome non hodgkinien) en phase terminale diagnostiqué en 2014, et à qui il reste deux ans à vivre selon les médecins, après avoir pulvérisé du Roundup puis du Ranger Pro, plus puissant, pendant plus de deux ans. Le 10 août 2018, Monsanto est condamnée à verser 290 millions de dollars de dommages et intérêts à Dewayne Johnson. Un jury américain, d'un tribunal d’Oakland, inflige le 13 mai 2019 un troisième camouflet de taille à Monsanto, détenu par Bayer, en le condamnant à verser 2 milliards de dollars aux époux Pilliod, un couple d’Américains atteints d’un cancer qu’ils attribuent au Roundup.
Propriété intellectuelle, contrôle du marché et conséquences pour les agriculteurs
Du milieu des années 1990 à 2004, Monsanto avait poursuivi, en Amérique du Nord, 147 agriculteurs et 39 entreprises agricoles pour violation de brevet en relation avec des OGM. La majorité de ces procès concerne l'utilisation d'une partie de la récolte comme semence pour l'année suivante. Le plus célèbre est Monsanto contre Percy Schmeiser. Le prix des semences, surtout, reste en travers de la gorge de tous les paysans. Aux États-Unis, le différentiel de prix entre semences conventionnelles et transgéniques n’a cessé de croître pour atteindre un rapport de un à six en 2009.
La logique de cette concentration (sous forme de rachats, de fusions) peut s’expliquer en partie par la déclaration de Bayer-Monsanto: le groupe va mettre 2,5 milliards dans la recherche et développement. C’est une somme énorme comparée au budget de centres de recherche comme l’INRA qui disposait, en 2013, d’un budget de 881 millions d’euros, d’origine publique. Ces trois mégagroupes vont concentrer leurs efforts sur un type d’agriculture fortement capitalistique qui a comme débouché solvable une partie de la population d’un monde de plus en plus urbanisé. Leur position monopolistique va aboutir à une réduction de la biodiversité, du nombre de produits, dont les prix ne seront pas plus bas, au contraire. La pression de la grande distribution va s’y ajouter. Et les politiques agricoles imposées, dont la définition est fortement influencée par cet ensemble oligopolistique, y contribuent aussi.
Bayer plombé par le rachat de Monsanto
Innovation, biocontrôle et orientation future
Bruno Parmentier souligne: «Tous les géants de la chimie voient bien qu’on est à la fin d’une époque, et que l’avenir sera pour une bonne part dans une nouvelle chimie «bio inspirée», et en particulier au «biocontrôle», au travers de produits naturels alternatifs aux pesticides. Cette industrie des produits biologiques agricoles représente aujourd’hui environ 2,3 milliards de dollars par an et enregistre des taux de croissance à deux chiffres!» Ces firmes pressentent l’impasse du «modèle agricole» des 50 dernières années qui a abouti à ce que la complexité énorme du sol soit gommée.
La firme a également investi dans des technologies émergentes: en 2011, Monsanto a acquis Beeologics, société de recherche sur la santé des abeilles qui développe une technique de lutte contre Varroa à l'aide d'interférence par ARN. Cette acquisition doit se replacer dans le contexte d'une stratégie globale d'investissement et de positionnement dans les technologies ARN. L'interférence par ARN est considérée comme ayant un potentiel important dans la lutte ciblée contre les nuisibles via les OGM ou de simple pulvérisation. Ces investissements s'inscrivent dans une logique où la R&D est essentielle pour maintenir une position dominante sur les marchés des semences et des traits agronomiques.
Tableau synthétique - Impacts observés (exemples)
| Zone / étude | Technologie | Effet observé |
|---|---|---|
| Estonie (étude rotation) | Contrôle des mauvaises herbes avec glyphosate | Marge brute moyenne 133 €/ha, supérieure de 31-39 €/ha aux alternatives |
| Burkina Faso (coton) | Coton Bt | Gains moyens limités, coût semences élevé, 15% gain productivité moyen sur 5 ans |
| Inde (coton) | Coton Bt | Apparition de résistances, retour aux pesticides, crise économique et sociale |
Ces éléments montrent que la valeur ajoutée de Monsanto se situe à l'intersection de plusieurs dimensions: innovation génétique, offre intégrée semence/pesticide, investissement R&D massif. Les impacts économiques observés sont hétérogènes selon les régions, les cultures et les modes d'adoption, oscillant entre gains de productivité et coûts accrus pour les agriculteurs, renforcement des inégalités entre exploitations et risques environnementaux ou sanitaires documentés par de nombreuses affaires judiciaires.
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