Comment créer de la valeur ajoutée dans la filière agricole

Le développement de votre activité agricole est impacté par vos choix en matière d’investissement, de financement ou encore de gestion. Votre installation s’est bien passée, votre exploitation a de bonnes performances et vous avez des projets de développement. Pour concrétiser vos projets, plusieurs solutions de financement sont à votre disposition.

Principes généraux pour augmenter la valeur créée

Voici 7 actions qui concourent à augmenter la valeur créée par votre exploitation agricole. Elles peuvent être mises en place conjointement ou séparément.

  1. Produire des produits de qualité

    Se concentrer sur la production de produits de qualité supérieure pour répondre aux besoins et aux attentes des consommateurs prêts à payer pour une certaine catégorie de produit. Cela peut inclure l'utilisation de techniques de culture spéciales ou l'utilisation de variété de qualité par exemple.

  2. Diversifier les productions

    La diversité des productions est au service d’une production qui sera (très) bien valorisée. Implanter des cultures à valeur ajoutée comme les noisetiers, les bambous par exemple pour les productions végétales. Côté production animale cela peut être le choix d’une race à viande comme l’Angus.

  3. Transformer les produits de base

    Transformer les produits type « matières premières » comme les céréales, les carcasses de viande, les fruits ou les légumes en produits finis, tels que des confitures, des conserves, des jus de fruits, des huiles, de la farine ou des fromages, pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Lire aussi: La Taxe sur la Valeur Ajoutée expliquée

  4. Diversifier les activités

    Diversifier les activités en proposant des services supplémentaires, tels que l'agritourisme, la vente directe à la ferme, la restauration, la formation, la location de salles, l'accueil d'événements, la location de lieu de stockage ou encore la valorisation d’une compétence personnelle.

  5. Collaborer avec d'autres producteurs

    Collaborer avec d'autres producteurs pour créer des synergies et des économies d'échelle. Pour les investissements en matériel notamment mais aussi en regroupant la production afin d’atteindre des marchés comme la restauration collective hors foyer intouchable pour certains s’ils restent seuls.

  6. Utiliser des certifications et labels

    Utiliser des certifications et labels reconnus pour valoriser les produits, tels que le label Agriculture Biologique, AOP -AOC, IGP, Global Gap ou encore HVE.

  7. Former et développer des compétences en management agroalimentaire

    La création d’un atelier de transformation agroalimentaire est une diversification possible. C’est une stratégie prometteuse pour créer de la valeur ajoutée. Cependant, pour réussir cette transition vers de nouvelles activités, il est essentiel de développer des compétences en management agroalimentaire.

Pourquoi la diversification et la transformation sont stratégiques

La diversification agricole consiste à élargir les activités de votre ferme en ajoutant de nouveaux produits, services ou marchés. Cela peut impliquer la production de cultures alternatives, l’élevage de nouvelles espèces, la transformation de produits agricoles ou même le développement d’activités liées au tourisme rural. Avant de vous lancer dans cette voie, il est important de comprendre les enjeux et les opportunités de la diversification agricole.

Lire aussi: Évolutions de la CVAE

Une fois votre choix porté sur la transformation et donc la commercialisation de produits alimentaires transformés, il est crucial de préparer cela au mieux. Une formation en management agroalimentaire vous permettra d’acquérir les connaissances nécessaires pour analyser le marché, évaluer les tendances et identifier les opportunités de diversification les plus prometteuses.

Compétences apportées par la formation en management agroalimentaire

  • Comprendre les attentes des consommateurs, les évolutions réglementaires et les nouvelles demandes en matière de durabilité.
  • Savoir gérer les ressources (matières premières, eau, énergie, main-d’œuvre) et maîtriser la gestion de projet pour établir des objectifs clairs et suivre les progrès.
  • Apprendre les principes fondamentaux du marketing : segmentation du marché, positionnement du produit, élaboration de plans de communication et exploration des canaux de distribution.
  • Identifier les risques spécifiques à la diversification agricole et mettre en place des mesures d’atténuation appropriées.

Par exemple, FMS propose des formations, en initiale et alternance, en management spécialisées dans le secteur de la food et forme du bac +1 au bac+5 les futurs experts de l’industrie alimentaire. En acquérant cette expertise vous aborderez la diversification avec confiance, en maximisant les chances de réussite et en créant une valeur ajoutée durable pour votre ferme.

Créer un atelier de transformation : défis et points d’attention

Lorsqu’un agriculteur choisit de mettre en place un atelier de transformation à la ferme, il se confronte à différents défis.

  • Conformité réglementaire et normes de qualité : Se conformer aux réglementations et aux normes de qualité strictes en matière de transformation des produits agricoles.
  • Investissement en équipements et infrastructure : Il peut s’agir de machines de transformation, de dispositifs de stockage et de réfrigération, d’installations de traitement des eaux usées, etc.
  • Gestion des coûts et de la rentabilité : La transformation à la ferme peut engendrer des coûts supplémentaires, tels que l’achat de matières premières, les coûts de main-d’œuvre, les coûts de maintenance des équipements, les coûts de certification, etc.
  • Acquisition de compétences en transformation alimentaire : La transformation des produits agricoles nécessite des compétences spécifiques en matière de transformation alimentaire, de méthodes de conservation, de bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité alimentaire, ainsi que des connaissances en matière de développement de produits.
  • Commercialisation des produits transformés : Il est essentiel de développer une stratégie de marketing solide pour attirer les consommateurs et créer une demande pour les produits transformés à la ferme.
  • Gestion de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement : Il faut s’assurer d’avoir un approvisionnement régulier en matières premières, de gérer les stocks de produits transformés, d’organiser les livraisons et de répondre aux demandes des clients.

Exemples de productions de forte valeur ajoutée

Certains fruits et légumes primeurs sont recherchés par les consommateurs et permettent une forte valeur ajoutée. C’est le cas de la fraise, de l’artichaut et de l’asperge.

Par exemple, un pied de fraisier peut produire jusqu’à un kg de fraises, commercialisé aux environ de 10 ⇔ le kilo, selon la variété et la saison. Ces cultures vous intéressent? Le forum intitulé « Une opportunité pour mon exploitation : les légumes de plein champ » est fait pour vous. Producteur, conseiller spécialisé et acteurs de la filière seront présents le 27 septembre prochain, à Beaulon, pour répondre à vos questions. N’hésitez pas, venez nous rencontrer ! Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans le journal.

Lire aussi: Obligations et modalités du partage de la valeur pour les PME

Potentiel des légumes de plein champ et conditions culturales

Le marché des légumes de plein champ existe, mais l’offre est loin de satisfaire la demande. Bon nombre de collectivités, de GMS (grande et moyenne surface) et de restaurateurs souhaiteraient travailler avec des produits locaux.

La production dans l’Allier est aujourd’hui organisée avec des petites exploitations agricoles orientées sur le maraîchage, avec des gammes de légumes très diversifiées, avec des circuits de commercialisation s’adressant à une clientèle de particuliers (ventes sur les marchés, en paniers, à la ferme, …). Les quantités produites avec ces systèmes d’exploitation sont souvent insuffisantes, la logistique pour satisfaire à des circuits de commercialisation avec des volumes plus importants peut sembler compliquée.

Chaque collectivité inscrit ses besoins en termes de produits et de quantité, et le producteur disposant de la marchandise peut ensuite se porter candidat pour répondre à la demande. Pour les autres modes de commercialisation, c’est au producteur de prendre contact avec les GMS, les restaurateurs...

Intégration dans les rotations et cultures hivernales

C’est dans un système de monoculture maïs que l’intégration d’une culture de légumes de plein champ sera la plus facile. Implanter à l’automne-hiver des espèces ou variétés au cycle plus long, à condition qu’elles soient tolérantes aux basses températures.

Les légumes racines, à produire en botte, tels que les radis, navets, betteraves et carottes. Globalement, le cycle est de deux à trois mois en hiver. Les pommes de terre primeurs, avec un cycle de 70 à 90 jours. Plantées mi-février et protégées par un voile de forçage, la récolte peut avoir lieu dès la fin avril et jusqu’à mi-mai.

Les légumes feuilles : épinards, laitues, mescluns, cresson, pourpier, scaroles et frisées. Les bulbes : l’oignon blanc semé en février est récolté à partir d’avril pour la commercialisation en bottes. Les bulbes d’oignon et d’ail peuvent être aussi plantés à l’automne et cueillis au printemps avant maturité complète.

Techniques culturales pour précocité et protection

  • Utiliser des mottes : à moins de disposer d’abris (serres) pour semer et faire ses plants soi-même, il est très important d’utiliser des mottes. Cela assure une précocité d’environ dix jours et limite la concurrence avec les adventices.
  • Gérer la fertilisation pour les cultures d’hiver : En hiver, les températures faibles modifient les processus biologiques et chimiques, qui ont une influence sur le développement des plantes. Le sol étant froid, la minéralisation est plus lente. Il est conseillé d’apporter des matières rapidement minéralisables.
  • Réchauffer le sol : Pour limiter les adventices et réchauffer le sol, il est possible d’utiliser un film « opaque thermique », qui laisse passer le rayonnement solaire mais pas la lumière.
  • Protéger les plants : Les voiles de forçage apportent des conditions favorables en termes d’humidité et de température. La germination et le développement des plantes en sont accélérées, et permettent « de gagner » au moins 15 jours. Ces voiles permettent aussi de protéger les plants des intempéries (gel, fortes pluies, vent puissant,…) et des ravageurs.
  • Bien choisir son mode d’irrigation : L’irrigation est une composante essentielle de la production de légumes, très consommateurs en eau. Dès la mise en culture, la bonne maîtrise de l’irrigation permet le bon développement des plantes. Elle influe également sur le rendement et sur la qualité des produits récoltés.

Investissements matériels et mutualisation

D’autres d’investissements spécifiques vont être nécessaires. Planteuse, arracheuse, matériel de désherbage et de mise en place des films, charrue, sont les essentiels. Du fait de leur spécificité, il est préférable d’envisager ces investissements en copropriété ou en Cuma pour réduire le prix de revient à l’hectare de légumes cultivés.

Préparation de planches en maraîchage Bio Intensif

Commercialisation et circuits courts

Vendre directement aux consommateurs : un choix pris par de plus en plus d’agriculteurs. La commercialisation se passe bien, elle va tirer les résultats de l’entreprise vers le haut. Le commerce est primordial à la réussite de ce type de diversification. Il sera votre troisième métier après celui de produire et de transformer.

Bon nombre de collectivités, de GMS et de restaurateurs souhaiteraient travailler avec des produits locaux. Si la commercialisation se passe bien, elle va tirer les résultats de l’entreprise vers le haut.

Enjeux structurels et contexte économique

L'agriculture se caractérise aujourd’hui par une pression foncière qui limite les agrandissements des structures, un revenu des agriculteurs de plus en plus conditionné aux aides PAC, et des cours qui fluctuent et dépendent des marchés à terme et des spéculations. L'agriculture est un secteur en constante évolution, confronté à de nombreux défis économiques, environnementaux et sociaux.

La diversification agricole est un processus complexe, mais essentiel pour créer une valeur ajoutée et assurer la pérennité de votre ferme.

Ressources et rendez-vous

Ces cultures vous intéressent? Le forum intitulé « Une opportunité pour mon exploitation : les légumes de plein champ » est fait pour vous. Producteur, conseiller spécialisé et acteurs de la filière seront présents le 27 septembre prochain, à Beaulon, pour répondre à vos questions. N’hésitez pas, venez nous rencontrer ! Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans le journal.

balises:

Articles populaires: