Définition et exemples de valeur ajoutée matérielle et immatérielle

Les processus de gestion concourent à la création de différentes formes de valeur : valeur fondée sur le revenu (approche en termes de flux), valeur fondée sur un patrimoine (approche en termes de stocks), valeur perçue, valeur sociale.

1. La valeur sociale

La valeur sociale cherche à améliorer les salaires, les conditions de travail et la satisfaction au travail. Elle peut générer également des avantages destinés non plus aux seuls salariés mais à la société dans son ensemble ; on parlera alors de rôle sociétal (par exemple, la prise en compte de l'environnement). La valeur sociale n'est pas valorisée positivement dans les comptes de l'entreprise. Elle correspond souvent à un surcoût : des matières premières plus chères, des objectifs de rentabilité moins poussés afin de favoriser le bien-être sur le lieu de travail, par exemple.

2. La valeur ajoutée

La notion de valeur ajoutée

La valeur ajoutée mesure la richesse créée par l'organisation. Elle correspond à une augmentation de valeur apportée par l'entreprise aux biens et services en provenance de tiers. L'organisation créée de la valeur puisque la valeur du produit final est supérieure à celle des achats effectués pour le produire. Valeur ajoutée = chiffre d'affaires − consommations intermédiaires

Le chiffre d'affaires est le total des ventes de biens et de services d'une entreprise. Les consommations intermédiaires sont les achats auprès des fournisseurs, c'est-à-dire les achats de matières premières et les « autres charges externes » (frais de transport, d'énergie, d'assurance, de loyer, d'honoraires de publicité, etc.).

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La répartition de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée revient aux partenaires de l'entreprise ayant permis sa création. Partenaires de l'entrepriseFormes de la répartitionLe personnelSalairesL'État et les autres organisations publiques (Sécurité sociale, mairie…)Impôts et taxes, cotisations socialesLes établissements financiersIntérêts bancairesLes associésDividendes convenus en assemblée des actionnairesL'entrepriseAutofinancement

Chaque acteur de l'entreprise a de bonnes raisons d'espérer une part importante de la richesse créée par l'entreprise. Les salariés souhaitent des augmentations de leur rémunération, les associés, des hausses de dividendes, et les responsables de l'entreprise, des mises en réserve pour permettre l'autofinancement des projets futurs. Toutes ces attentes sont contradictoires. Une hausse des salaires réduit le bénéfice et donc les dividendes ou les réserves. Une hausse de la mise en réserve réduit les dividendes… Le responsable est donc amené à faire des choix et des compromis afin de satisfaire au mieux les différents acteurs.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

La TVA est un impôt sur la consommation. Elle est de loin la recette fiscale la plus importante en France, représentant la moitié du prélèvement fiscal. C'est le consommateur final qui paie l'impôt. En effet, les entreprises sont seulement chargées de sa collecte et de son reversement à l'État. La plupart des opérations d'achat et de vente de biens et/ou de services marchands sont soumises à la TVA. On distingue quatre principaux taux de TVA en France :

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  • Intitulés Taux Exemples de produits concernés
  • Taux normal 20 % Essence, gasoil, ordinateurs, véhicules, etc.
  • Taux intermédiaire 10 % Séjours à l'hôtel, spectacles de cinéma, concerts, etc.
  • Taux réduit 5,5 % Fruits et légumes frais, produits alimentaires de 1re nécessité, etc.
  • Taux super-réduit 2,1 % Médicaments remboursables par la Sécurité sociale, publications de presse, etc.

À la fin de chaque mois, l'entreprise calcule l'ensemble des TVA collectées auprès de ses clients dans le mois et l'ensemble des TVA versées aux fournisseurs dans le mois. Elle reverse à l'État la différence entre les deux. Ainsi, en ne reversant à l'État qu'une partie de la TVA collectée auprès des clients, elle se rembourse de la TVA qu'elle a elle-même payée à ses fournisseurs. La TVA est donc neutre pour les comptes de l'entreprise.

Mécanisme de la TVA Étapes Actions

Taxe calculée 1 Les entreprises collectent la taxe sur leurs ventes. ventes TVA collectées

2 Les entreprises payent la taxe sur leurs achats. − achats − TVA déductibles

3 La différence est reversée par les entreprises à l'État. = valeur ajoutée= TVA dues par l'entreprise à l'État.

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La TVA est reversée à l'État par chaque entreprise intermédiaire en proportion de la valeur ajoutée qu'elle a apportée aux produits.

Exercice n°13. La valeur financière

Chaque année, l'entreprise doit produire et diffuser des documents comptables (le compte de résultat et le bilan). La tenue d'une comptabilité est obligatoire et s'appuie sur des pièces justificatives (factures, relevés bancaires, bulletin de paie, etc.). La comptabilité permet de mesurer la valeur financière de l'entreprise, le calcul de l'impôt et la prise de décision des dirigeants.

Le compte de résultat

Le compte de résultat présente l'activité de l'entreprise pendant les douze mois de l'exercice comptable. La différence entre le total des produits et le total des charges met en évidence un résultat comptable qui peut être un bénéfice ou une perte. Le compte de résultat permet donc d'évaluer la valeur financière fondée sur le revenu.

Le bilan

Le bilan présente le patrimoine de l'entreprise, c'est-à-dire l'ensemble des biens et des ressources qui ont permis d'acquérir les biens. La colonne « brut » de l'actif présente la valeur d'achat des biens, la colonne « net » représente la valeur actuelle après prise en compte de la perte de valeur prévisible d'un actif. Valeur du patrimoine = biens (valeur nette) − dettes. L'actif net correspond à la valeur actuelle des biens détenus par l'entreprise. Il est égal au passif qui représente l'ensemble des ressources qui ont financé les biens. C'est pourquoi le total net de l'actif est toujours égal au total du passif. Le bilan permet de décrire les moyens de financement utilisés par l'entreprise. En outre, il constate, en comparant les colonnes « brut » et « net », si les immobilisations de l'entreprise sont plus ou moins récentes. Le bilan permet de mesurer la valeur financière fondée sur le patrimoine.

3. La valeur perçue

La valeur perçue correspond à la valeur que revêt un produit ou un service dans l'esprit du consommateur. La valeur perçue n'a pas de lien direct avec le coût de fabrication. Elle correspond au prix maximal que le consommateur est prêt à payer pour obtenir le produit en fonction de divers éléments : la notoriété, la qualité, la satisfaction et l'image de marque.

La notoriété de la marque

La notoriété d'une marque varie beaucoup en fonction de l'image de celle-ci et de sa réputation. Il s'agit de la capacité des individus à citer la marque de manière soit spontanée soit assistée. Deux indicateurs la mesurent : le taux de notoriété spontanée et le taux de notoriété assistée. Plus le taux de notoriété s'approche de 100 %, plus la marque est connue de tous.

L'image de marque

L'image d'un produit, d'une marque ou d'une société correspond à la façon dont celle-ci est perçue par les consommateurs. Cette perception peut se faire sur des critères objectifs ou subjectifs. La publicité est stratégique afin d'exercer une influence positive sur l'image de marque et, par conséquent, sur la valeur perçue par les consommateurs. L'image de marque peut être mesurée par le nombre de nouveaux clients, la fidélité ou la fréquence d'achats.

La satisfaction

La satisfaction est l'action d'assouvir un besoin. Elle résulte de la comparaison entre les attentes et l'expérience de consommation. Elle peut porter sur le produit lui-même ou sur les services associés. La satisfaction du client se mesure généralement grâce à une enquête de satisfaction.

La qualité

La qualité d'un produit est l'ensemble des caractéristiques lui permettant de satisfaire les besoins exprimés ou implicites des consommateurs. On peut apposer un signe officiel de qualité (par exemple, Label rouge, AOC, AB). La qualité perçue désigne le niveau de qualité tel qu'il est perçu par le consommateur, et elle peut jouer un grand rôle dans le choix et l'achat. On distingue la qualité perçue et la qualité objective mesurée par des normes ou tests.

Exemples d'indicateurs de la qualité

  • Pour un service livraison : erreur d'adresse ; délai de livraison.
  • Pour un service commercial : taux de nouveaux clients ; nombre de réclamations.

4. À retenir

Une organisation est destinée à créer toutes sortes de valeurs, de la valeur financière fondée sur le revenu ou le patrimoine, mais aussi de la valeur ajoutée dont le partage fera l'objet d'un compromis entre les acteurs à l'origine de sa création. L'organisation va également produire des formes de valeur plus difficilement mesurable. Elle crée de la valeur sociale qui va améliorer la vie de ses salariés ou son environnement. Enfin, elle dégage de la valeur perçue basée sur son image de marque, sa notoriété, la satisfaction de ses clients et sur la qualité perçue ou objective des produits et services associés.

Représentant de 50 à 70 % de la valeur financière d’une entreprise, les biens immatériels sont des actifs précieux pour une entreprise. À l’inverse des marques et brevets déjà visibles et pris en compte depuis longtemps dans l’actif d’une entreprise, d’autres éléments incorporels apparaissent avec la numérisation de l’activité et ne sont pas toujours bien identifiés et comptabilisés (bases de données, nom de domaine internet, compétences internes). Il n’est pas facile de calculer leur valorisation, pourtant leur possession est un véritable atout pour chaque entreprise. Le patrimoine immatériel prend de plus en plus d’importance et peut être utilisé comme un puissant levier stratégique.

La valeur ajoutée (VA) représente la richesse nouvelle produite par l’entreprise lors du processus de production et peut être répartie sous forme de revenus. Elle est différente du chiffre d’affaires (CA). Pour produire, une entreprise consomme aussi des équipements et achète des brevets; ces biens d’investissement ne sont pas comptabilisés dans les coûts intermédiaires et servent sur plusieurs années. La valeur ajoutée brute est la différence entre le prix de vente et le coût des matières et équipements; la valeur ajoutée nette déduit les dotations aux amortissements.

La répartition de la valeur ajoutée dans l’entreprise se fait entre tous les acteurs concernés par la production. Cette répartition peut être complexe, chacun souhaitant augmenter sa part (salaires, dividendes, réserves). L’entreprise doit opérer des choix pour assurer des capitaux propres et la productivité des salariés. Le PIB national résulte de la somme des VA des entreprises et administrations, ajustée par les droits de douane.

Exemple illustratif: une fabrique de jouets traditionnels en bois achète des matières pour 300 000 euros et produit pour 1 million d’euros. La richesse créée est 700 000 euros, correspondant à la valeur ajoutée.

Selon l’INSEE, la production des sociétés non financières a atteint 3 638,2 milliards d’euros en 2022, en hausse de 15,8 % par rapport à 2021. La valeur ajoutée est un indicateur clé, mais elle ne suffit pas pour évaluer à elle seule la performance globale.

Tout Comprendre sur la Valeur Ajoutée et le PIB

Exerces et notions complémentaires: la valeur ajoutée nette, le calcul via le compte de résultat ou le billon, la différence avec le chiffre d’affaires, et l’importance des éléments incorporels immatériels dans l’économie moderne.

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