Avis et guide complet : maintien des aides France Travail (ex-Pôle emploi) pour la création d’entreprise en auto‑entrepreneur
Créer ou développer une micro-entreprise ne signifie pas avancer seul. Il existe aujourd’hui de nombreux dispositifs d’aide pour les auto-entrepreneurs, qu’ils soient en transition professionnelle, en période de développement, ou confrontés à des difficultés temporaires. Cette page constitue la vue d’ensemble complète des aides disponibles : aides sociales, fiscales, financières, subventions, accompagnements et dispositifs publics.
Principales aides mobilisables pour un auto‑entrepreneur inscrit à France Travail
- ARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) : l’allocation chômage ou aide au retour à l’emploi est une aide financière mise en place par France Travail. L’allocation est recalculée après abattement et le cumul revenus + ARE ne peut pas dépasser votre ancien salaire de référence.
- ARCE (Aide à la reprise ou à la création d’entreprise) : l’ARCE s’adresse aux demandeurs d’emploi qui perçoivent ou sont éligibles à l’ARE. En choisissant l’ARCE, 60 % de leurs droits restants à l’ARE seront alors convertis sous forme de capital.
- ACRE (Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise, ex‑ACCRE) : exonération partielle et dégressive de cotisations sociales pendant 12 mois, gérée par l’URSSAF et non par France Travail.
- AIF (Aide individuelle à la formation) : dispositif de financement des frais pédagogiques des formations des demandeurs d’emploi lorsque d’autres financements ne couvrent pas la formation.
Détail de l’ARCE : caractéristiques et démarches
L’ARCE vous permet de toucher 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital, pour financer votre projet. La somme est versée en deux fois : un premier versement au démarrage de l’activité, le second versement six mois plus tard. Pour percevoir l’ARCE vous devez renoncer à l’ARE.
Vous devez effectuer votre demande auprès de l’agence France Travail dont vous dépendez. Le premier versement intervient au démarrage de l’activité, le second arrive six mois plus tard. Le second versement de l’ARCE, six mois après le premier, dépend de deux conditions : vous devez prouver que votre activité existe toujours et ne pas occuper un CDI à temps plein.
L’ARCE n’est pas exonérée d’impôt. Elle est imposable à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. Une déduction de 3 % est par ailleurs appliquée sur le capital, au titre du financement des retraites complémentaires.
ARE/ARCE/ACRE - Le GUIDE ULTIME pour éviter une erreur fatale.
Maintien partiel de l’ARE lors de la création d’une activité indépendante
Le maintien partiel de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) après la création ou la reprise effective d'une activité indépendante est possible, sous conditions. Les chômeurs indemnisés qui reprennent une activité indépendante peuvent cumuler leur rémunération avec une partie de leurs allocations chômage s'ils continuent de remplir les conditions d'attribution de l’ARE.
Lire aussi: Demarches ACRE Auto-Entrepreneur
Le créateur/repreneur doit ainsi maintenir son inscription en tant que demandeur d'emploi en déclarant qu'il est toujours à la recherche d'un emploi dans sa déclaration personnelle mensuelle (aussi appelée "actualisation mensuelle").
Modalités de calcul et paiements
Deux types de modalités de paiement des allocations complémentaires sont possibles :
- Un paiement par avance pour les créateurs ou repreneurs d'entreprise pour lesquels les rémunérations professionnelles sont connues lors de l'actualisation mensuelle. L'avance est égale à 80 % de l'allocation normalement due. Un calcul définitif est ensuite établi sur la base des justificatifs transmis avant la fin du mois qui suit la période actualisée.
- Un paiement provisoire des allocations pour les créateurs dont les revenus professionnels sont indéterminés. Il consiste en un versement de 70 % du montant de l'allocation normalement due. Une régularisation de ces paiements intervient annuellement à partir des revenus réels.
Ce calcul permet de déterminer un nombre de jours indemnisables (qui correspond au montant du complément d'allocation / ARE brut journalier) qui s'impute sur la durée d'indemnisation. Les jours non indemnisés reportent d'autant la date de fin de droits.
Le cumul est possible dans la limite de 60 % du reliquat de droits qui existait au moment de la création ou de la reprise d’entreprise. Depuis avril 2025, le cumul est plafonné à 60 % du montant mensuel de l'ARE restante (contre 70 % auparavant).
Procédure et obligations
Il convient d'informer France Travail de l'existence d'un projet de reprise ou de création d'activité. Vous devez déclarer chaque mois votre chiffre d’affaires à France Travail (ex-Pôle emploi). L’allocation est recalculée après abattement.
Lire aussi: Auto-Entrepreneur et URSSAF
Attention aux erreurs fréquentes : oublier de déclarer son chiffre d’affaires à France Travail, penser que l’ARE se "gèle" en cas de non-demande, choisir l’ARCE sans mesurer les conséquences. Mal géré, le cumul ARE + auto-entreprise peut entraîner des blocages de versement, des trop-perçus, ou une perte de droits.
L’ACRE : conditions, évolutions récentes et impact pour le micro‑entrepreneur
L’ACRE est une exonération partielle des cotisations sociales pendant les douze premiers mois d’activité. Elle allège vos charges au démarrage, quand la trésorerie est la plus tendue. L’ACRE est gérée par l’URSSAF, pas par France Travail. L’ACRE se cumule avec l’ARE ou l’ARCE.
Information importante : Le Décret n° 2026-69 du 6 février 2026 modifie les conditions du dispositif ACRE. Le taux d’exonération de l’ACRE a baissé. Pour une micro-entreprise créée jusqu’au 30 juin 2026, l’ACRE réduisait les cotisations de 50 %. Le décret du 6 février 2026 a ramené ce taux à 25 % pour toute création à compter du 1er juillet 2026.
En 2026, l’exonération est pleine si votre revenu reste inférieur à 36 045 €. Entre 36 045 € et 48 060 €, elle devient dégressive et diminue à mesure que le revenu augmente. Si vous créez une micro-entreprise, l’ACRE n’est plus automatique. Vous devez en faire la demande auprès de l’URSSAF dans un délai de 60 jours suivant le début de votre activité.
Taux et barème des cotisations pour les micro‑entrepreneurs (ACRE et après)
Les taux de cotisations sociales sont ainsi appliqués de manière partielle. Le décret n° 2024-484 du 30 mai 2024 modifie à la hausse les taux globaux de cotisations affiliés au régime général de la micro-entreprise. Ces taux ont augmenté de 3 points en 5 ans : Du 1er janvier au 31 décembre 2025, le taux est passé de 23,1% à 24,6%. Depuis le 1er janvier 2026, le taux est de 25,6%. Cette mise à jour concerne aussi les auto-entrepreneurs bénéficiaires de l'ACRE.
Lire aussi: Tout savoir sur l'ACRE
| Activité | 1ère période | Autres années |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 6,2 % (sans VL) / 7,2 % (avec VL) | 12,3 % / 13,3 % |
| Prestation de services commerciale ou artisanale (BIC) | 10,6 % / 12,3 % | 21,2 % / 22,9 % |
| Prestation de services (BNC) et professions libérales (hors CIPAV) | 12,3 % / 14,5 % | 25,6 % / 27,8 % |
| Libérale réglementée à la CIPAV | 13,90 % / 16,1 % | 23,2 % / 25,4 % |
Cette aide constitue un véritable coup de pouce aux nouveaux créateurs d’entreprise qui voient ainsi leurs charges allégées au début de leur activité.
Financements complémentaires et dispositifs d’accompagnement
Vous ne parvenez pas à obtenir un prêt de la part de votre banque ou vous cherchez simplement d’autres solutions pour financer votre auto-entreprise ? Bonne nouvelle, il existe d’autres options pour les porteurs de projet.
Prêts d’honneur et micro‑crédits
Les prêts d’honneur : il s’agit de prêts personnels, à taux 0 %, sans garantie, ni caution personnelle. Ils s’étalent en moyenne de 2 000 € à 50 000 € et sont remboursables entre 2 à 5 ans. Ils sont accordés par des associations à but non lucratif. Les organismes référents en France sont Initiative France, BPI France et Réseau Entreprendre.
Les micro-crédits : plusieurs organismes sont susceptibles de vous accorder un micro-crédit, tel que l’organisme ADIE. L'ADIE propose des plans de financement à travers un micro-crédit complété, selon les régions, par un prêt d'honneur, une aide de l'État ou de la Région. Le montant maximal du prêt est de 12 000 € et le remboursement peut s’étaler entre 6 et 48 mois. Le taux d’intérêt appliqué est à partir de 8,07 %.
Aides européennes et régionales
Selon votre secteur et votre implantation, des financements européens peuvent exister sous forme de garanties, prêts ou fonds d’investissement. Ils viennent en complément des financements nationaux. Selon son secteur d’activité, et sa situation géographique, l'auto-entrepreneur peut obtenir une aide européenne. Vous pouvez consulter "L'Europe est à vous", un site édité par l'Union Européenne.
En fonction de votre lieu de résidence et de votre projet, votre conseil régional, votre département, des associations ou d’autres acteurs, peuvent proposer des aides et des contrats d'accompagnement. Certains concours peuvent aussi vous permettre d’accéder à des prix avec une récompense financière. Pour savoir quels sont les aides et concours dans votre région, vous pouvez vous rapprocher de votre Conseil régional.
Dispositifs d’accompagnement opérationnel
Le CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) permet aux créateurs ou repreneurs d’entreprises de bénéficier du soutien matériel et financier d’une association ou d’une entreprise, pour une aide au montage, à la structuration financière ou encore au développement de votre entreprise. En contrepartie, vous vous engagez à suivre un programme de préparation à la création, ou à la reprise et à la gestion d'entreprise. Le CAPE est conclu pour une durée maximale de trois ans.
Vous pouvez aussi rejoindre un réseau d’hébergement d’entreprises (couveuses et pépinières d’entreprises) pour bénéficier d’un suivi individuel, de formations collectives, et d’un cadre juridique, social et fiscal. Vous signez alors un CAPE mais vous êtes assimilé à un salarié et percevez une rémunération.
Aides ciblées et dispositifs spécifiques
Certaines aides sont ciblées : par exemple, l'AGEFIPH pour les entrepreneurs en situation de handicap, qui propose une aide financière au démarrage de 3 000 € en complément d’un apport en fonds propres de 1 500 €, des garanties complémentaires et un accompagnement spécialisé par un prestataire labellisé. Pour en bénéficier, vous devez être reconnu comme travailleur handicapé, être inscrit à France Travail et avoir le contrôle effectif de l’entreprise.
Pour les femmes entrepreneures, plusieurs dispositifs ont été mis en place : la garantie ÉGALITÉ Femmes facilite l’accès au crédit, et de très nombreux organismes et réseaux dédiés à l’entrepreneuriat féminin existent en France. Chaque année, des concours ou des prix réservés aux femmes entrepreneures mettent en avant des projets innovants ou porteurs de sens.
Formation et montée en compétences
France Travail accompagne les créateurs sur le volet humain et sur la formation. L’AIF finance une formation nécessaire à votre projet de création lorsque les dispositifs habituels ne la couvrent pas. Les formations éligibles au CPF sont toutes les formations permettant d’accéder à une certification professionnelle et notamment la formation pour la création / reprise d’entreprise.
Si le CPF ne permet pas de financer en totalité la formation ou à défaut de droits CPF, il est possible de demander directement depuis "Mon Compte Formation", le financement du reste à charge à France Travail. Pour faire une demande d’AIF il convient de demander à l’organisme de formation d'établir un devis et de le transmettre en ligne sur le site de France Travail.
Cas particuliers et points de vigilance
L’ARCE ne se cumule pas avec l’ARE : vous devez choisir l’une ou l’autre. L’ACRE se cumule cependant avec l’ARE ou l’ARCE. Aucun dispositif officiel de France Travail ne verse une aide de 400 € pour créer une entreprise : cette somme circule en ligne, mais elle ne correspond à aucune aide réelle.
Si vous avez opté pour l’impôt sur les sociétés, la question du cumul de l'ARE avec les dividendes est complexe : les dividendes ne sont pas en principe des revenus d'activité, mais dans certaines situations la part des dividendes qui excède 10 % du montant du bénéfice net peut être soumise à cotisations sociales. Cette situation pourrait amener France Travail à considérer qu'il s'agit d'un "revenu d'activité". Quoi qu'il en soit, cette question n'a pas aujourd'hui de réponse officielle.
Attention : pour bénéficier de l'ARCE, ne créez pas votre entreprise AVANT de vous inscrire. Vous devez rester inscrit comme demandeur d'emploi et actualiser votre situation chaque mois. Depuis le 1er janvier 2023, tout dossier de création, de modification et de cessation d'entreprise doit être déposé directement sur le guichet unique géré par l'INPI.
Que choisir : ARE ou ARCE ?
- Le choix entre l’ARE et l’ARCE dépend de la vitesse à laquelle votre entreprise va générer des revenus. L’ARE convient aux projets qui démarrent lentement, car elle vous assure un revenu mensuel tant que l’activité peine à décoller.
- L’ARCE convient aux projets qui ont besoin de trésorerie tout de suite, car elle transforme vos droits en un capital immédiat.
Si votre activité cesse après le second versement de l’ARCE, vos droits ne sont pas perdus : il vous reste 40 % de vos droits à l’ARE. Le maintien de l’ARE vous permet de continuer à toucher une partie de votre allocation chaque mois, en complément des revenus de votre nouvelle activité.
Ressources pratiques et accompagnement
Différents organismes peuvent accompagner les auto-entrepreneurs et répondre à leurs interrogations : l’Urssaf, l'Agence Pour la Création d'Entreprises (APCE), les Boutiques de Gestion des Entreprises (BGE), les Chambres des Métiers et de l’Artisanat (CMA), les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI). Par ailleurs, les auto-entrepreneurs bénéficient d’une aide à la formation professionnelle via les fonds d’assurance formation (Agefice, FIFPL selon l’activité).
Du formulaire à remplir, aux documents à joindre, jusqu'à l'envoi du dossier complet, certains services privés proposent également d'accompagner la création. LegalPlace et Portail Auto-Entrepreneur sont cités comme exemples d'accompagnement pour la création et les démarches administratives.
Notre dernier conseil : soyez rigoureux lors de l’élaboration de vos dossiers. Vous mettez ainsi toutes les chances de votre côté !
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