Avantages et fonctionnement des achats groupés pour les salariés de PME

Recruter est difficile. Fidéliser l’est encore plus. Pourtant, vous avez des cartes à jouer. Les avantages salariés ne sont pas réservés aux entreprises du CAC 40. Ce n’est pas une question de génération. Pas forcément une augmentation. Dans un contexte économique où chaque euro compte, les PME industrielles cherchent des leviers concrets pour optimiser leurs dépenses. C’est le levier le moins utilisé par les TPE/PME - et pourtant l’un des plus accessibles.

Pourquoi les avantages salariés comptent pour une PME

Les candidats comparent. Avant même un entretien, ils regardent ce que vous proposez : la mutuelle, les tickets-restaurant, le télétravail, les avantages divers. Le coût du turnover est systématiquement sous-estimé. Remplacer un salarié coûte entre 6 et 18 mois de salaire selon les études - recrutement, formation, perte de productivité, transmission du savoir. Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement RH.

La mutuelle d’entreprise est obligatoire pour toutes les entreprises, dès le 1er salarié. Depuis 2016, toute entreprise doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, avec une prise en charge d’au moins 50 % de la cotisation. Vous êtes légalement tenu de rembourser 50 % de l’abonnement aux transports en commun de vos salariés (Navigo, TER, etc.). La seule obligation légale pour toutes les entreprises est la mutuelle d’entreprise et le remboursement à 50 % des abonnements aux transports en commun. Tout le reste est facultatif.

Quels avantages mettre en place sans CSE ou sans RH dédiée

Ce n’est pas une question d’avoir un CSE pour offrir des avantages. Pas besoin d’un CSE pour offrir des avantages. La plupart des avantages ne nécessitent pas de comité social et économique. Vous n’avez pas de RH dédié ? Ce n’est pas un problème. Pour sécuriser les exonérations URSSAF, vous n’avez pas besoin d’un service RH dédié. Un document d’une page suffit.

Commencez par le socle obligatoire : mutuelle + 50 % de transport. Ajoutez un avantage visible et immédiat : tickets-restaurant ou chèques-cadeaux. Créez une couche de différenciation : plateforme culturelle, accès à des contenus pour les enfants, soutien scolaire, presse numérique. Ce n’est pas un avantage de luxe. Vous et votre salarié cofinancez chaque ticket. En 2026, l’exonération de charges s’applique jusqu’à 7,26 € par titre, à condition que votre participation représente entre 50 % et 60 % de la valeur totale. Résultat concret pour le salarié : un repas à 12 € qui lui coûte moins de 5 €.

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Avantages fiscaux et sociaux des dispositifs pour l’entreprise

La cotisation que vous payez pour la mutuelle est déductible de votre bénéfice imposable. Une partie est déductible fiscalement, une autre génère un retour indirect. Les chiffres sont indicatifs et dépendent de votre régime fiscal. Oui, dans leur grande majorité. Les dépenses liées aux avantages salariés sont considérées comme des charges d’exploitation déductibles du résultat imposable, à condition qu’elles soient justifiées, proportionnées et documentées.

Certains avantages sont déductibles fiscalement pour l’entreprise ET exonérés pour le salarié. Pour conserver les exonérations URSSAF, oui. Il doit aussi être formalisé par un accord collectif, une DUE ou une convention de branche. Sans décision unilatérale de l’employeur (DUE) ou accord collectif, vous n’avez pas de base juridique pour les exonérations.

Règles de non-discrimination et conditions d’exemption

Trois conditions principales : l’avantage doit être collectif (ouvert à tous les salariés ou à une catégorie objective), non discriminatoire, et dans les limites des plafonds fixés par l’URSSAF. Le principe de non-discrimination est fondamental : un avantage ne peut pas être réservé aux seuls salariés en CDI si les CDD exercent les mêmes fonctions. Pour conserver les exonérations URSSAF, oui.

L’URSSAF exige que les avantages soient collectifs et non discriminatoires. Dépasser les plafonds d’exonération sans le savoir. Un chèque-cadeau de 300 € à Noël n’est pas entièrement exonéré. La partie au-dessus du plafond (~200 €) est soumise à cotisations. Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient même d’un régime simplifié avec des modèles d’accord types disponibles sur legifrance.gouv.fr.

Achats groupés : mécanismes et acteurs

L’achat groupé consiste à obtenir les meilleures conditions d’achat en négociant de manière collective ses contrats. Le regroupement de plusieurs acheteurs permet de négocier pour obtenir le meilleur tarif. Le concept est basé sur un système d’économie d’échelle : plus il y a d’acheteurs, plus la réduction est importante. En regroupant leurs achats, les PME peuvent bénéficier de tarifs préférentiels et réduire leurs coûts.

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Le schéma est simple : plusieurs entreprises décident de s’associer pour grouper leurs achats et augmenter leur capacité de négociation avec les fournisseurs. Le groupement d’achat est l’une des solutions à cette attente. Un groupement d’achat est une organisation qui réunit plusieurs entreprises, collectivités ou réseaux afin d’optimiser leurs achats. Un groupement d’achat doit couvrir ses frais de fonctionnement (négociation, animation du réseau, outils digitaux).

Le mode de fonctionnement du groupement : acheteur/revendeur, négociateur/référenceur ou délégataire. Le secteur d'activité du groupement : vertical, horizontal ou mixte. Le système de rémunération du groupement : commission sur les achats, cotisation annuelle ou forfaitaire. Les conditions d'adhésion au groupement : durée du contrat, exclusivité ou non, engagement de volume ou non.

Centrale d’achat, groupement et plateforme : différences pratiques

La centrale d’achat est une structure qui centralise les achats de ses “affiliés”. La centrale d’achat est une société autonome qui poursuit le même but qu’un groupement : obtenir auprès des fournisseurs des prix plus avantageux en s’appuyant sur un effet de volume. Elle a une position de prestataire de services et tous les achats se font par la centrale, en direct, c’est elle qui achète en gros volume et négocie auprès des fournisseurs pour revendre ensuite à ses affiliés.

Le groupement d’achat, en revanche, n’achète pas les produits auprès de fournisseurs, il négocie les tarifs en amont, sur la base des nombreuses entreprises adhérentes, pour optimiser les achats de ses adhérents. Ils sont en revanche liés à la société par un contrat d'adhésion. Comme dans le groupement d’achat, les membres participent au capital mais ils votent selon le principe « un homme, une voix » quelle que soit leur participation au capital.

La centrale de référencement, elle, n’achète pas directement, elle référence simplement des noms de fournisseurs avec qui elle a négocié des tarifs en amont. Certaines plateformes numériques à destination des entreprises se sont saisies du sujet afin de faciliter, multiplier et démocratiser la mise en œuvre de ces achats. Elles permettent notamment de lever certains freins évoqués plus haut et d’augmenter les gains économiques des entreprises participantes.

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Achats groupés au service du CSE et du pouvoir d’achat des salariés

Un achat groupé est une opération où le CSE négocie des tarifs préférentiels pour les salariés auprès de fournisseurs. Le principe est de bénéficier de prix réduits grâce au volume des commandes. Le CSE n’est pas un vendeur ; il agit comme un intermédiaire, connectant les salariés aux prestataires, parfois via une plateforme dédiée. Les achats groupés améliorent le pouvoir d’achat en mutualisant les commandes, ce qui permet au CSE d’obtenir des prix réduits négociés en volume, parfois jusqu’à 30 % de remise.

Les achats groupés sont très diversifiés. Ils peuvent concerner des produits alimentaires (paniers bio, produits locaux), des équipements du quotidien (électroménager, informatique, téléphonie), des services (assurances, abonnements, services à la personne), ou encore des loisirs et vacances (billetterie, séjours). Les CSE peuvent organiser des achats groupés pour des biens non directement liés aux loisirs ou à la culture, comme des produits de consommation courante (chauffage, électroménager, alimentaire).

Règles URSSAF et rôle du CSE

Oui, des règles URSSAF spécifiques s’appliquent si le CSE subventionne les achats groupés. Pour être exonérés de cotisations sociales, ces avantages doivent être liés à une activité sociale ou culturelle, respecter le plafond de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) par événement, et être attribués sans discrimination injustifiée. L’ordre des Experts-Comptables recommande que le paiement aux fournisseurs soit effectué directement par les salariés. Soit par le biais d’une plateforme, soit par des règlements au nom du fournisseur remis au CSE, mais non encaissés par celui-ci. Cependant, uniquement lors des évènements URSSAF, il est possible au CSE de subventionner entièrement ou partiellement une commande groupée.

Processus opérationnel : comment lancer une commande groupée

Pour participer à un achat groupé, il faut suivre plusieurs étapes : sélectionner l’intermédiaire / la société d’achat groupé le plus pertinent ; s'inscrire gratuitement (pour la plupart des sociétés d’achat groupé) et sans engagement ; l’intermédiaire que vous sélectionnez lance un appel d’offres, sélectionne et négocie les meilleures conditions d’achat (prix, qualité, quantité, …) ; choisir de souscrire ou non à l’offre retenue.

Pour les élus, une fois la décision prise de proposer des achats groupés aux salariés, il faut choisir quels produits seront mis en avant. Pour cela, il faut définir de quoi ils ont besoin ou envie. Pour répondre à cette question, il peut être très intéressant pour le CSE de proposer un sondage ou un questionnaire aux salariés. La réalisation de ces sondages peut s'effectuer via plusieurs outils de communication (newsletter, site internet, etc.).

Étape 1 : Définir si vous souhaitez privilégier des fournisseurs locaux ou nationaux. Ces deux types de fournisseurs proposent des avantages différents. Ainsi, le producteur local offre en général : une meilleure traçabilité, une prise en compte de l’impact environnemental du CSE, une mise en avant de la région de l’entreprise et donc des salariés. Alors que les entreprises nationales vont vous permettre de : bénéficier d’offres très diversifiées, des gammes de tarifs plus larges, des outils de réservation plus simples pour les CSE.

Étape 2 : Demander plusieurs devis. Comme très souvent, demander plusieurs devis est un réflexe primordial. Vous pourrez y comparer les tarifs du fournisseur, mais aussi les remises qu’il va vous accorder. N’oubliez pas également de prendre en compte les formules de réservation, les frais de port et les délais de livraison.

Formules de réservation et logistique

Les fournisseurs proposent plusieurs types de formules de réservation. Tout d’abord, la formule la plus courante consiste à passer les commandes des salariés via le CSE avec une livraison au CSE. Dans ce cas, les salariés doivent se déplacer jusqu’aux élus pour récupérer leur commande. Cette solution possède l’avantage de maintenir le contact humain, mais comporte plusieurs inconvénients. En effet, les salariés peuvent être répartis sur différents sites. Ou alors, pour le CSE qui possède peu d’élus, il peut être difficile de trouver du temps à consacrer à ce type d’avantage.

Pour pallier les inconvénients précédents, certains fournisseurs, notamment nationaux, proposent un service clé en main. Pour cela, ils s’occupent des commandes et de la livraison individuelle de la commande chez le salarié. Enfin, il existe une solution plus conviviale. Elle consiste à laisser les fournisseurs installer un stand au sein du CSE ou de l’entreprise. Ainsi, les salariés prendront directement contact avec le fournisseur.

Organiser une commande groupée avec GR.APP & CO

Bénéfices mesurables et retours d’expérience

Les achats groupés permettent des économies immédiates : les fournisseurs sont déjà négociés, les conditions sont claires, accessibles et surtout bordées par des contrats-cadres. Ils offrent une rationalisation des dépenses : passer par un groupement d’achats est idéal pour repenser les actions de son entreprise dans l’optimisation de ses approvisionnements. Cela permet aussi de moins subir les hausses de prix des fournisseurs !

Un gain de temps : plus besoin de passer des heures à comparer, benchmarker ou lancer des appels d’offres : ce travail est mutualisé, les groupements sont en charge de ces tâches chronophages. Un accompagnement et de la transparence : certaines sociétés d’achats groupés proposent plus qu’une simple négociation, elles peuvent également accompagner les TPE / PME / ETI sur des achats dits plus techniques.

Quelques chiffres

Indicateur Valeur / observation
Fréquence achats groupés (CSE) 48 % des CSE organisent des commandes groupées tous les ans (étude DETECTOUR)
Taux de participation moyen Entre 10 et 20 % des salariés passent une commande
Remises obtenues En général autour de 30 %, jusqu'à 50 % sur certains déstockages
Même portée financière Estimation d’environ un demi-milliard € par an (selon étude)

Points de vigilance et limites

La création d’un groupement d’achat est une affaire sérieuse. Le projet doit être très bien ficelé : avec des statuts précis, on évite les blocages en interne et les conflits. Un engagement d’adhésion (cotisation, durée minimale) peut exister. Des processus parfois moins flexibles que dans une relation fournisseur directe (conditions communes pour tous, délai de négociation). Un catalogue qui ne couvre pas 100% des besoins : il reste souvent nécessaire de compléter avec des achats individuels, propres aux produits ou services de votre entreprise (matériaux, logiciels spécifiques…).

La diversité des parties prenantes multiplie les critères spécifiques à intégrer dans le cahier des charges, pouvant freiner sa rédaction. L’identification des besoins des entreprises, la consultation d’offres de fournisseurs et la rédaction d’un cahier des charges sont des tâches chronophages. Il est donc important de bien analyser ses besoins, ses objectifs et ses contraintes avant de franchir le pas.

Conseils pratiques pour démarrer

Pour lancer un premier groupement d’achat de manière optimale, il est idéal de commencer avec un cercle restreint d’entreprises (3 ou 4 maximum) et de cibler des entreprises qui se connaissent et ont déjà établi un climat de confiance entre elles. Les parties prenantes doivent s’assurer qu’elles en attendent la même chose et partagent la même vision des conséquences, des risques et des bénéfices qui en découlent. L’implication des instances décisionnaires de chaque entreprise est également une clé de réussite avec notamment une volonté forte de travailler de concert.

Ne pas formaliser. Sans décision unilatérale de l’employeur (DUE) ou accord collectif, vous n’avez pas de base juridique pour les exonérations. Ne jamais communiquer sur les avantages. Un avantage que vos salariés ne connaissent pas ou n’utilisent pas n’existe pas. Pas de CSE, budget serré, peu de temps. Pas besoin de tout faire d’un coup. Vous n’avez peut-être un CSE depuis peu, ou vous approchez du seuil. À ce stade, votre CSE gère une partie des avantages.

Impact RSE et achats responsables

De plus en plus de groupements d’achats intègrent des critères environnementaux, sociaux et sociétaux dans leurs échanges avec leurs fournisseurs, afin de référencer des acteurs toujours plus responsables sur ces aspects. Une démarche d’achats durables. Chez QANTIS, nous avons fait de la RSE un axe fort : nos négociations et choix de partenariats s’inscrivent dans une logique de responsabilité sociétale et de performance globale des achats. Notre conviction : acheter mieux, ce n’est pas seulement obtenir de meilleurs prix, c’est aussi favoriser des pratiques responsables et durables pour nos adhérents comme pour nos partenaires.

Partant du postulat que de nombreux emplois seraient créés sur les territoires si 20% des achats par famille d’achats des grands groupes étaient effectués auprès des TPE/PME, le Lab Pareto propose aux directeurs achats de grands groupes et aux dirigeants de PME d’échanger sur des bonnes pratiques pour des solutions concrètes. Ainsi, les grands donneurs d’ordre sont invités à considérer les TPE/PME comme un potentiel d’innovation et à valoriser la valeur ajoutée de structures plus flexibles, plus mobiles et plus agiles.

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