Financement des entreprises en France : Solutions et enjeux

Au cours de son existence, une entreprise a besoin de financement pour assurer son fonctionnement, son développement au quotidien et sa pérennité. En France, les solutions de financement d’une entreprise en développement sont multiples. Elles varient selon les sociétés, leurs besoins de croissance, et les résultats de ces dernières.

Sources de financement pour une entreprise
Sources de financement pour une entreprise

Les besoins de financement : court terme vs. long terme

Tous les besoins d’une entreprise ne se financent pas de la même façon. En effet, des solutions de financements professionnels spécifiques ont pour mission de couvrir les besoins à court terme d’une entreprise. Pour une création d’entreprise, il s’agit essentiellement des dépenses de départ (stocks, frais de création…). Lors de l’exploitation de l’activité, cela concerne principalement le besoin en fonds de roulement.

Besoins à court terme

Les besoins à court terme regroupent, comme leur nom l’indique, un ensemble de dépenses qui se dénouent sous un horizon très court. Pour le cas de la création d’entreprise, ils correspondent à des achats de stocks initiaux (comme des marchandises, des fournitures ou des matières premières), des dépenses de création (honoraires d’avocat, annonce légale, frais de greffe…) et des premières dépenses d’exploitation (loyers mobiliers ou immobiliers payables d’avance, quittances d’assurance…).

Une fois l’activité démarrée, les besoins à court terme comprennent également le besoin en fonds de roulement (BFR). Le BFR représente le montant à financer qui résulte du décalage dans le temps entre le moment où les recettes sont encaissées et celui où les dépenses sont décaissées.

Voici les différents moyens de financement des besoins à court terme d’une entreprise :

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  • Délais de paiement fournisseurs : Il convient de faire en sorte que leur nombre de jours soit le plus élevé possible. La Loi règlemente les délais de paiement entre professionnels.
  • Apport en compte courant : C'est une solution de financement intéressante et flexible pour les besoins à court terme. Elle consiste, pour les associés concernés, à mettre des fonds à la disposition de l’entreprise. Cette dernière va les utiliser comme bon lui semble. Contrairement aux apports incorporés au capital social, ceux laissés en compte courant sont récupérables à tout instant. Il faut toutefois que la trésorerie de l’entreprise le permette.
  • Crédits de trésorerie : Les banques proposent également des solutions de financement pour les besoins à court terme. Les facilités de caisse et les découverts consistent, pour une banque, à autoriser une entreprise à présenter un compte débiteur, pendant une période temporaire. Les crédits à court terme s’assimilent à des prêts bancaires classiques. Ils sont consentis sur une période très courte. Généralement, ils prennent la forme de billets financiers. Leur échéance est, dans la plupart des cas, fixée à 90 jours.
  • Mobilisation de créances : Mobiliser ses créances consiste, pour une entreprise, à demander à recevoir en avance le paiement de ses ventes. Il existe 3 principales solutions de mobilisation de créances commerciales : l’escompte, le financement Dailly et l’affacturage.

Les différentes solutions de financement

La boîte à outils du dirigeant Face à la diversité des solutions de financement possible, trouver la solution la plus adaptée (couts, durée, souplesse …) est une des préoccupations importantes des entrepreneurs et des chefs d’entreprises. Pour choisir un moyen de financement adapté, il est essentiel de commencer par définir son besoin avec précision. En effet, chaque besoin de financement à des caractéristiques qui lui sont propres.

1. L'autofinancement

L’autofinancement d’une société correspond au financement des projets de développement de l’activité sans recours à des ressources externes.

2. Le capital social

C’est l’origine même du capital social qu'une entreprise doit constituer à sa création. Aussi, le capital social défini à la constitution de la société permet de financer un temps le fonctionnement de l'activité. Ce capital social n'est pas obligatoire pour toutes les formes juridiques d’entreprises.

Toutefois, les banques facilitent l'accès aux prêts aux entreprises qui ont réuni un apport. Il faut donc que l’entrepreneur constitue un dossier de financement très solide.

Les apports sont les ressources financières, mobilières ou immobilières, cédées par les associés ou actionnaires d’une société à son capital social. Elles lui appartiennent. Les associés ne sont plus en mesure de les récupérer, mais ils bénéficient de titres en contrepartie de leur apport. Ces titres leur ouvrent :

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  • des droits de vote lors des assemblées générales de la société
  • le droit de récupérer une fraction du bénéfice distribuable sous forme de dividende dans le cas d’un résultat positif

La notion d’apport concerne les sociétés.

Types d'apports

  • Apports en numéraire : Les apports en numéraire sont les sommes d’argent versées par les associés d’une société à son capital social. Ce dernier peut annoncer un montant non encore versé au démarrage, mais au moins la moitié doit en être libérée, c’est-à-dire disponible sur son compte au moment de la création.
  • Apports en nature : Les apports en nature constituent les biens corporels ou incorporels donnés au capital de la société.
  • Apports en industrie : Les apports en industrie représentent les connaissances techniques, les services ou les compétences apportées par les associés à leur société. Les apports en industrie ne contribuent pas à l’augmentation de son capital social, mais ils augmentent le pouvoir et le droit au partage des bénéfices.

3. Le prêt en compte courant d’associé

Le prêt en compte courant d’associé est, comme son nom l’indique, un prêt établi entre un associé et sa société. L’argent versé sur son compte ne lui appartient pas et n’augmente pas son capital social.

4. Le prêt bancaire

Le prêt bancaire permet à l’entreprise d’investir sans toucher à son capital, mais les organismes de crédit exigent un cofinancement de la part de celle-ci au moins égal à 30, voire 50 % des besoins énumérés dans son plan de financement. Cette participation financière peut provenir de son capital social ou de liquidités externes. En effet, plusieurs solutions complémentaires au prêt bancaire coexistent pour augmenter la capacité d’apport de l’entreprise.

5. Le prêt d’honneur

Le prêt d’honneur est proposé par les plateformes d’initiatives locales issues de l’organisme France Initiative. Le prêt d’honneur est un prêt personnel à taux 0. Son objectif est d’augmenter la capacité d’apport du porteur de projet afin d’accéder au financement bancaire. Ses conditions d’attribution et son montant maximum varient en fonction des départements.

6. Prêts spécifiques aux entreprises innovantes

Des prêts spécifiques aux entreprises innovantes contribuent à augmenter la capacité d’apport en vue de l’obtention d’un crédit bancaire.

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7. La recherche d’investissements externes

La recherche d’investissements externes est une solution de financement très prisée des startups, dont les besoins peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les réseaux de business angels investissent au capital d’une société, sous forme d’apport en numéraire. Leur intérêt est financier puisqu’ils obtiennent des titres de participation en contrepartie. Leur objectif n’est pas de prendre le contrôle de la société, c’est pourquoi la création d’une SAS est souvent recommandée dans ce cas.

8. Le financement participatif (ou « crowdfunding »)

Le financement participatif (ou « crowdfunding ») permet une mise en relation par le web, entre des entreprises en recherche de financements et des particuliers soucieux d’investir dans les projets de leur choix. Associations, entreprises commerciales ou artistes, tout le monde peut tenter sa chance !

Comment réussir sa campagne de crowdfunding ?

9. La "love money"

Elle fait référence aux fonds investis dans une entreprise par des membres de la famille, des amis proches ou des connaissances personnelles de l’entrepreneur, plutôt que par des investisseurs institutionnels ou des capitaux-risqueurs.

Contrairement aux investissements traditionnels, la love money est souvent basée sur des relations personnelles et peut être moins formelle en termes de structure d’investissement et de retour sur investissement attendu.

10. Les subventions

Les subventions sont des fonds accordés par un gouvernement ou une organisation à des individus, des entreprises ou d’autres entités dans le but de soutenir des activités spécifiques ou d’atteindre certains objectifs.

11. L’affacturage

L’affacturage également connu sous le nom de factoring, est une méthode de financement utilisée par les entreprises pour améliorer leur flux de trésorerie. Dans le cadre de l’affacturage, une entreprise vend ses créances clients à une société de factoring (appelée factor) à un taux de réduction convenu. En échange de ces créances, l’entreprise reçoit immédiatement une avance en espèces, généralement d’environ 70% à 90% de la valeur nominale des créances.

12. Le leasing

Le leasing également connu sous le nom de crédit-bail, est une forme de financement qui permet à une entreprise ou à un individu de louer un actif plutôt que de l’acheter. Dans le cadre d’un leasing, le bailleur (généralement une institution financière ou une société de crédit-bail) achète l’actif souhaité, tel qu’une voiture, un équipement informatique, ou même un immeuble, puis le loue au preneur (le locataire) pour une période spécifiée moyennant des paiements périodiques.

Les paiements de leasing peuvent être fixes ou variables en fonction des termes du contrat.

Solutions de financement proposées par des partenaires

De plus en plus nombreux font confiance aux partenaires bancaires et organismes de crédit qui proposent des solutions sur mesure pour optimiser la gestion des économies et concrétiser les projets. Parmi les partenaires, on peut citer :

  • Crédit Social des fonctionnaires : Accompagne les agents du secteur public dans leurs projets immobiliers.
  • Banque Française Mutualiste : Propose des solutions d'épargne avec des taux attractifs et des prêts à la consommation responsables.
  • CSF Assurance Emprunteurs : Assure les prêts immobiliers en offrant une protection en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail.
Solution de financement Description Avantages Inconvénients
Autofinancement Utilisation des fonds propres de l'entreprise Pas de coûts financiers, indépendance Peut limiter les investissements importants
Prêt bancaire Emprunt auprès d'une banque Permet de financer des projets importants Nécessite un apport, coûts financiers
Crowdfunding Financement participatif via une plateforme en ligne Permet de mobiliser un grand nombre d'investisseurs Nécessite une campagne de communication efficace
Subventions Aides financières accordées par des organismes publics Pas de coûts financiers Soumis à des conditions d'éligibilité
Affacturage Vente de créances clients à une société de factoring Améliore la trésorerie rapidement Coûts liés aux commissions de factoring
Leasing Location d'un bien avec option d'achat Pas besoin d'immobiliser des capitaux Coût total peut être supérieur à l'achat direct

En conclusion, le choix du financement dépend des besoins spécifiques de chaque entreprise, de sa situation financière et de ses perspectives de développement. Il est essentiel d'évaluer attentivement les avantages et les inconvénients de chaque option avant de prendre une décision.

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