Guide complet : être freelance et choisir le statut d'auto-entrepreneur en France
Il est fréquent de confondre le statut de freelance avec celui d’auto-entrepreneur. Pourtant, ces deux termes renvoient à des réalités différentes : le freelance désigne communément un travailleur indépendant quand l’auto-entrepreneur est rattaché à une réalité administrative et juridique particulière.
Freelance : définition et réalités
Le terme freelance est un anglicisme pouvant se traduire par « travailleur indépendant ». Un freelance est donc un professionnel travaillant à son compte. Il propose ses services à des entreprises ou à des particuliers. Vous décidez seul des clients pour lesquels vous travaillez. Ces derniers ne peuvent pas vous imposer d’horaires de travail. Vous n’êtes pas non plus lié à eux par un contrat de travail (CDD, CDI).
En France, ce mode de travail attire de plus en plus d’actifs : on compte déjà plus de 3 millions de travailleurs indépendants en France, soit plus d’un actif sur 10. Le statut de freelance séduit de nombreux Français en recherche d’indépendance professionnelle mais attire également les entreprises cherchant à sous-traiter certaines de leurs activités de manière ponctuelle (communication, informatique, maintenance, etc.).
Le terme freelance s’applique généralement aux professions libérales, même si parler d’un « artisan freelance » n’est pas fondamentalement faux si l’on parle d’un artisan indépendant. Les travailleurs indépendants travaillent généralement pour plusieurs clients sur des projets temporaires ou à court terme. En général, ils ne sont pas liés par des contrats à long terme avec leurs clients. Par ailleurs, ils peuvent exercer dans divers domaines.
Métiers et missions courants
On peut devenir freelance et valoriser ses compétences dans des secteurs d’activités très divers. Que vous souhaitiez exercer une profession commerciale, artisanale ou libérale, vous pouvez ainsi lancer votre activité et devenir freelance !
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- Les métiers informatiques et du digital (développeur web, data scientist, web designer...)
- Les métiers créatifs (graphiste, illustrateur...)
- Les métiers de la communication (community manager...)
- Les métiers du conseil (consultant, consultant en ressources humaines...)
- Les métiers de l’immobilier (agent commercial en immobilier...)
Avantages et inconvénients du freelance
Devenir freelance vous permet d’avoir une plus grande liberté dans votre travail. Vous n’êtes pas limité par un contrat de travail salarié, et disposez donc d’une plus grande flexibilité dans l’organisation de votre travail : vous définissez le temps que vous souhaitez consacrer à chaque client et organisez votre journée comme vous le souhaitez, à condition de remplir les missions qui vont être demandées.
Le freelance travaille en général depuis chez lui, dans un espace de coworking ou directement chez ses clients. Aux freelances donc de choisir leurs modalités de travail et de se discipliner. Un travailleur indépendant est son propre patron ! De vos missions à vos clients, en passant par le prix de vos services, à vous de déterminer la manière dont vous voulez organiser votre travail.
Côté inconvénients, le freelance dispose d’une couverture sociale moins protectrice qu’un salarié. Être en freelance a des conséquences majeures sur l’organisation de votre vie professionnelle, voire de votre vie en général. Il faut vous poser les bonnes questions avant de vous lancer pour être sûr qu’être freelance est ce qu’il vous faut !
La liberté offerte par le freelancing implique un niveau de stress et d’investissement personnel qui peut être supérieur à ce qu’on rencontre dans le cadre du salariat. À ce titre, cumuler salariat et activité en freelance peut permettre de diminuer la pression. De plus, du fait de cette indépendance, certains freelances peuvent ressentir une certaine solitude.
Auto-entrepreneur : un régime simplifié de l’entreprise individuelle
L’auto-entrepreneur (également appelé micro-entrepreneur) est un « freelance », c’est-à-dire un travailleur indépendant, ayant choisi de créer une Entreprise Individuelle (EI) sous le régime simplifié de l'auto-entreprise (ou micro-entreprise). Contrairement au terme de freelance, il correspond donc à une réalité juridique particulière. Si l’on résume : un auto-entrepreneur est un freelance. En revanche, un freelance n’est pas forcément un auto-entrepreneur.
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Le saviez-vous ? L’auto-entreprise n’est pas une forme juridique à proprement parler. Il s’agit plus précisément d’un régime particulier de l’entreprise individuelle (EI), permettant à un freelance de profiter du statut d'auto-entrepreneur, avec le régime micro-social et micro-fiscal.
Activités possibles et interdites
Sous le statut d’auto-entrepreneur, il est possible de monter son auto-entreprise pour exercer un large panel de métiers en tant qu’auto-entrepreneur (activité commerciale, artisanale ou libérale). Il existe cependant des activités interdites sous le régime de l’auto-entreprise :
- Les activités agricoles
- Les activités relevant de la TVA immobilière
- Les activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur
- Les professions de santé (en revanche, la médecine dite « douce » ou « alternative » peut se pratiquer en auto-entreprise dans la plupart des cas)
Plafonds et spécificités (rappels importants)
Le régime de l’auto-entreprise est dit simplifié. Un auto-entrepreneur est en effet soumis à moins d’obligations administratives qu’un créateur de société. Néanmoins, ce régime reste encadré ! En 2026, un auto-entrepreneur ne peut pas dépasser les plafonds de chiffre d'affaires suivants :
- 203 100 € pour une activité de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement tel que tourisme classé et chambre d’hôtes (sauf meublé qui relève du seuil de 83 600 €)
- 83 600 € pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) et les professions libérales non réglementées ou relevant de la Cipav pour leur assurance retraite.
Un auto-entrepreneur ne peut pas déduire ses achats professionnels de son chiffre d’affaires. Il paie donc ses cotisations sociales sur la totalité de ce qu’il encaisse. Parallèlement à cette contrainte, l’auto-entreprise dispose de nombreux avantages :
- La comptabilité est simplifiée (tenue d’un livre des recettes et selon les cas, d’un registre des achats)
- Le calcul des cotisations sociales est simplifié (un pourcentage fixe est appliqué à votre chiffre d’affaires)
- L’auto-entreprise ne dispose pas d’un capital social : vous n’avez pas à faire d’apport financier pour créer votre activité
- Les auto-entrepreneurs sont exonérés de TVA tant qu’ils ne dépassent pas un seuil de chiffre d’affaires prédéfini (37 500 € ou 85 000 € de chiffre d’affaires selon le secteur d’activité et à partir du 1er Janvier 2025)
Quels statuts juridiques choisir pour exercer en freelance ?
Pour devenir travailleur indépendant, vous avez alors trois possibilités : créer une entreprise individuelle (avec option micro-entreprise), créer une société unipersonnelle (EURL ou SASU) ou opter pour le portage salarial. Le choix du statut détermine vos cotisations sociales, votre fiscalité, votre protection et vos obligations comptables.
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Micro-entreprise : simplicité maximale pour démarrer
La micro-entreprise se crée en ligne en 30 minutes sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), gratuitement. La comptabilité se limite à un livre de recettes. Les plafonds de chiffre d'affaires sont de 203 100 € pour les activités commerciales et de 83 600 € pour les prestations de services. Les cotisations sociales sont proportionnelles au CA encaissé : 25,6 % pour les prestations BNC non réglementées, 23,2 % pour les professions libérales relevant de la CIPAV.
Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Un abattement forfaitaire les remplace : 34 % en BNC, 50 % en BIC services. Vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre CA reste sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes).
EURL : maîtriser ses charges dès le démarrage
L‘Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est une société unipersonnelle dont le dirigeant unique est TNS comme en micro-entreprise. À la tête de votre EURL, vous êtes par défaut soumis à l’impôt sur le revenu, avec toutefois une option possible à l’impôt sur les sociétés. Vous déduisez toutes vos charges réelles (loyer, matériel, déplacements, assurance RC Pro, comptabilité) et récupérez la TVA.
SASU : protection sociale maximale
En Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU), vous créez une société dans laquelle vous êtes président assimilé salarié, ce qui vous permet de bénéficier d’une meilleure protection sociale qu’en EURL. La SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Comme en EURL, vous n’avez pas de plafond de chiffre d’affaires à respecter, vous pouvez déduire vos frais, et en vous acquittant de la TVA, vous pouvez la récupérer sur vos achats professionnels.
Portage salarial : tester sans créer de structure
Si vous voulez vous lancer en tant que freelance mais que vous ne voulez pas créer votre entreprise, vous pouvez aussi opter pour un contrat de portage salarial. Dans ce cas-là, vous laissez une société de portage s’occuper des formalités juridiques et comptables à votre place. Le freelance est ici salarié de la société de portage. Il est donc lié à elle par un contrat de travail. Pour se rémunérer, la société de portage prélève un pourcentage sur votre chiffre d’affaires.
Tableau comparatif synthétique des statuts
| Critère | Micro-entreprise | EURL (IS) | SASU (IS) | Portage salarial |
|---|---|---|---|---|
| Régime social | Micro-social / TNS | TNS | Assimilé salarié | Salarié |
| Taux de cotisations (indicatif) | 23,2-25,6 % du CA | ~45 % du net | ~82 % du net | ~50 % + frais |
| Plafond de CA | 203 100 € / 83 600 € | Illimité | Illimité | Illimité |
| Déduction des charges | Non (abattement forfaitaire) | Oui (frais réels) | Oui (frais réels) | Non |
| Récupération TVA | Non (franchise en base) | Oui | Oui | Non |
| Complexité création | Très faible | Moyenne | Moyenne | Nulle |
Démarches pratiques pour créer sa micro-entreprise
La création d’une micro-entreprise signifie qu’aucune société (personne morale) ne sera créée. En effet, le micro entrepreneur travaille en nom propre sous la forme de l’entreprise individuelle. Avant de lancer votre déclaration, préparez quelques éléments : votre pièce d’identité, vos informations personnelles, le choix de votre activité (code APE), et votre régime fiscal (avec ou sans versement libératoire).
Ensuite, déposez votre demande sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) ou sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Une fois votre dossier validé, vous recevez votre numéro SIRET, votre affiliation à la Sécurité sociale des indépendants, et les identifiants pour déclarer votre chiffre d’affaires auprès de l’Urssaf. Même en cas de chiffre d’affaires nul, la déclaration reste obligatoire.
Obligations juridiques, fiscales et comptables
Vos obligations juridiques commencent dès la création de votre statut. Pour créer votre entreprise, que vous ayez choisi le statut de micro-entreprise ou de société, il vous faudra remplir toutes les formalités demandées avant de vous lancer afin d’obtenir votre numéro de SIRET. Selon la nature de votre activité, il peut être conseillé d’encadrer vos relations commerciales par des Conditions Générales de Vente (CGV).
En tant que travailleur indépendant, vous avez aussi des obligations comptables et fiscales. Celles-ci diffèrent selon votre statut juridique. Pour tous produits ou services vendus, vous devrez rédiger une facture pour vos clients, et tenir une comptabilité à jour. La comptabilité est simplifiée en micro-entreprise. Le recours à un expert-comptable est donc facultatif. En revanche, il est recommandé, voire obligatoire dans certains cas, de faire appel à un professionnel si vous décidez de créer une société.
Information importante : En 2027, tous les auto-entrepreneurs seront tenus d’émettre leurs factures via une plateforme certifiée.
Cotisations, aides et dispositifs pour lancer son activité
Plusieurs dispositifs réduisent le coût de lancement de votre activité. Trois méritent une attention particulière :
- ACRE : aide à la création ou à la reprise d'entreprise, exonération partielle de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. La demande doit être faite au moment de la création ou dans les 60 jours suivants.
- ARCE ou maintien de l'ARE : si vous êtes inscrit à France Travail, vous devez choisir entre l'ARCE (convertit 60 % de vos droits ARE restants en capital) et le maintien de l'ARE (continuer à percevoir vos allocations mensuelles en parallèle de votre activité).
- Prêt d'honneur et garantie BPI : prêts et garanties pour faciliter l'accès au financement.
Fixer ses prix : construire son TJM
Identifiez votre expertise, votre cible et votre positionnement sur le marché. Le TJM freelance se calcule en partant du revenu net souhaité, auquel vous ajoutez les cotisations sociales, les charges de fonctionnement et une marge pour les jours non facturés (congés, prospection, maladie : environ 20 à 30 % du temps).
Exemple : vous visez 3 000 € net par mois en SASU. Vos charges mensuelles (comptabilité, assurance, logiciels) s'élèvent à 400 €. Le coût total mensuel à couvrir : (3 000 × 1,82) + 400 = 5 860 €. Sur 18 jours facturés par mois, votre TJM minimum est de 5 860 / 18 ≈ 326 € HT. En pratique, visez au moins 400 à 450 € HT pour absorber les imprévus.
Se faire connaître et trouver ses premiers clients
Une fois la création de votre activité lancée, il est important de vous faire connaître pour trouver vos premiers clients. Pour cela, nos partenaires Fiverr et 5euros (ComeUp), vous permettent de proposer vos services à une cible internationale. Votre stratégie de communication sera différente selon votre activité ou les services et produits que vous vendez.
Que ce soit pour vous faire connaître, demander des conseils ou travailler en collaboration, élargir votre carnet d’adresses peut être très intéressant et vous apporter plus de crédibilité en même temps que de nouveaux clients.
Organisation personnelle et bonnes pratiques
Gérer son temps et éviter l’épuisement : structurez vos journées avec des horaires définis, planifiez des moments off (demi-journées sans clients, pauses réelles), limitez la surcharge : 3 à 4 créneaux focus par jour suffisent largement. L’isolement peut peser aussi : travaillez ponctuellement en coworking, rejoignez un collectif ou un réseau d’indépendants, échangez avec d’autres freelances pour normaliser vos doutes et partager vos victoires.
Se former en continu : le freelancing évolue vite. Se former régulièrement fait partie intégrante du métier : compétences métiers (design, SEO, rédaction, tech…) et compétences business (marketing, prospection, visibilité, construction d’offres).
Quitter son emploi pour devenir freelance : options et précautions
La façon dont vous quittez votre poste détermine vos droits au chômage, votre trésorerie de départ et votre filet de sécurité. Cinq situations sont possibles :
- La rupture conventionnelle : la voie la plus sécurisée. Elle ouvre droit à l'allocation de retour à l'emploi (ARE).
- La démission pour création d'entreprise : depuis 2019, démissionner pour créer ou reprendre une entreprise peut ouvrir droit à l'ARE sous conditions (5 ans d'activité salariée continue, validation du projet par une CPIR, consultation d'un CEP).
- Le congé pour création d'entreprise : suspend votre contrat de travail pendant 1 an (renouvelable une fois) si vous justifiez de 24 mois d'ancienneté.
- La fin d'un CDD, d'une mission d'intérim ou un licenciement : ouvre droit à l'ARE.
- Clause de non-concurrence et obligation de loyauté : relisez votre contrat avant de vous lancer.
Erreurs fréquentes à éviter
- Se brader ou accepter des tarifs qui ne couvrent pas vos besoins réels.
- Dire « oui » à tout par peur de manquer.
- Ne pas cadrer la mission : pas de devis précis, pas de CGV, pas de périmètre clair.
- Oublier de provisionner les charges et les périodes creuses.
- Négliger sa santé mentale, ses limites et son rythme.
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FAQ rapide
- Faut-il forcément être auto-entrepreneur pour devenir freelance ? Non. Vous pouvez exercer en micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU ou en portage salarial.
- Peut-on cumuler freelance et CDI ? Oui, sauf clause d’exclusivité dans votre contrat de travail. Il faut respecter l’obligation de loyauté et éviter la concurrence déloyale.
- Comment fonctionne la protection sociale d’un freelance ? Le niveau de couverture dépend du statut et des cotisations. Certaines prestations nécessitent des solutions complémentaires (prévoyance, mutuelle).
- Combien coûte la création d’une micro-entreprise ? La création est gratuite sur le guichet unique, avec des frais possibles pour immatriculations spécifiques.
Devenir freelance attire de plus en plus de personnes : envie de liberté, quête de sens, flexibilité du quotidien… mais aussi une vraie dose de questions. Quel statut choisir ? Quelles démarches faire ? Comment trouver ses premiers clients ? La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin d’être juriste, ni expert·e comptable pour vous lancer. Avec la bonne méthode et une feuille de route claire, tout devient plus simple.
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