Éligibilité des associations au statut PME et au financement public : guide complet
Vous dirigez une association et souhaitez savoir quelles sont les conditions pour bénéficier de financements publics, mécénat, dons, subventions ou autres ressources ? Cet article rassemble les règles essentielles, les sources de financement possibles et les obligations à connaître pour piloter sereinement la vie financière de votre structure associative.
Pourquoi le financement est-il indispensable pour une association ?
Trouver des moyens financiers est à la fois une source d’inquiétude pour les dirigeants associatifs, mais aussi une nécessité au vu de la conjoncture économique. D’après un rapport 2024 du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) sur l’évolution du modèle de financement des associations, "62 % des associations constatent ne pas avoir assez de financements pour réaliser leur objet social et 42 % d’entre elles ont vu diminuer les subventions publiques".
Les associations, acteurs centraux de la cohésion sociale et force économique majeure du pays, sont aujourd’hui fragilisées par de fortes contraintes budgétaires et institutionnelles. Pour faire face à ce contexte en pleine mutation, elles doivent faire évoluer leurs modèles économiques. Mais pour changer sans se dénaturer et tout en préservant leur utilité sociale, il est impératif qu’elles bénéficient d’un environnement budgétaire et institutionnel favorable à leur développement, ouvert et sécurisant.
Panorama des sources de financement
Ressources internes
- La cotisation est la somme d’argent que peut demander une association à tout ou partie de ses membres pour participer à son fonctionnement. Elle n’est pas systématique.
- On nomme cotisation, toute somme d’argent versée par chaque membre d’une association. En revanche, ce sont les statuts de ladite association qui attestent la possibilité ou non d’utiliser ces cotisations pour son financement.
- Utiliser ses moyens internes est une bonne idée pour assurer un financement pérenne à son association.
- Organiser des événements (lotos, kermesses, concerts, buvettes, tombolas, expositions, vide-greniers, etc.) permet de générer des recettes destinées au financement des projets associatifs.
Financements publics
Une subvention se présente comme une contribution de toute nature accordée par une personne publique à une association, dans l'objectif de mener un projet d’intérêt général. Si toutes les associations peuvent demander une subvention, l’attribution et le renouvellement de cette précieuse ressource est à la discrétion de l’administration.
- Les subventions publiques sont des aides financières ou en nature octroyées par l’État (FDVA, ANS, etc.), les collectivités territoriales (commune, département, région), l’Union européenne (FEDER, FSE+, FEAMPA), les établissements publics administratifs, les organismes de Sécurité sociale, ou les établissements publics à caractère industriel et commercial.
- Depuis janvier 2010, un nouveau cadre juridique réglemente les subventions des pouvoirs publics aux associations ; il s’agit du nouveau modèle de convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) contenu dans la circulaire Fillon du 18 janvier 2010.
- La France est riche de sa vie associative. Sur tout son territoire, ce sont 1,3 millions d’associations et 13 millions de bénévoles qui mobilisent des énergies, répondent à des besoins nouveaux et véhiculent l’apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble.
- La circulaire du Premier ministre du 29 septembre 2015, "relative aux nouvelles relations entre les pouvoirs publics et les associations" détaille notamment le cadre juridique régissant les subventions versées par les pouvoirs publics aux associations.
- Les fonds structurels (FEDER, FSE+, FEAMPA) peuvent être sollicités en déposant des candidatures à tout moment de l’année et émettent des appels à projets réguliers ; il est essentiel de savoir que les financements européens sont des remboursements de frais engagés.
- La plus grande partie des subventions est aujourd’hui soumise aux règles du droit communautaire et au droit des aides publiques ; les juridictions administratives contrôlent la légalité de ces subventions.
Aides privées : dons, mécénat et sponsoring
Toute association déclarée peut recevoir des dons manuels de la part de particuliers, en principe sans limite de montant. Les associations et organismes mentionnés à l’article 200 du Code général des impôts (CGI) peuvent bénéficier du régime du mécénat et délivrer des reçus fiscaux à leurs donateurs.
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- Les dons manuels : selon l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901, toute association déclarée peut, sans autorisation spéciale et quel que soit son objet, recevoir des dons manuels.
- Les donations et legs : seuls certains types d’associations peuvent prétendre bénéficier d’une donation ou d’un legs (associations d'intérêt général déclarées depuis au moins 3 ans, associations reconnues d'utilité publique, associations d'assistance, etc.).
- Le mécénat : soutien financier, en nature ou mécénat de compétences fourni par une entreprise. L’entreprise mécène peut bénéficier d’une exonération d’impôts si votre association remplit des conditions d’éligibilité édictées dans l’article 238 bis du CGI.
- Le parrainage (sponsoring) : contrairement au mécénat, le parrainage apporte une contrepartie publicitaire à l’entreprise et constitue une démarche commerciale.
Éligibilité au statut d'organisme d’intérêt général ou de reconnaissance d’utilité publique
Pour bénéficier de certains avantages fiscaux (émettre des reçus fiscaux, recevoir donations et legs), l’association doit respecter des critères précis.
- Un organisme est d'intérêt général s'il remplit les 3 conditions suivantes : il n'exerce pas d'activité lucrative, sa gestion est désintéressée, il ne fonctionne pas au profit d'un cercle restreint de personnes.
- Pour qu’une association soit reconnue d’utilité publique, elle doit être d'intérêt général, avoir une influence dépassant le cadre local, un nombre minimum d'adhérents (au moins 200), une activité effective et une réelle vie associative, un fonctionnement démocratique, et une solidité financière sérieuse (ressources annuelles minimales, résultats positifs, etc.).
- En principe, l’association doit justifier d’une période de fonctionnement d’au moins 3 ans à compter de sa déclaration en préfecture avant de pouvoir demander la reconnaissance d’utilité publique.
- La reconnaissance d'utilité publique est accordée par décret publié au Journal officiel ; la demande se fait par voie électronique auprès du Ministère de l'Intérieur et donne lieu à une instruction, des consultations ministérielles et à l'avis du Conseil d'État.
Obligations comptables, fiscales et déclaratives
La comptabilité est un pilier du bon fonctionnement des associations. Une association loi 1901 n’est pas obligée de tenir une comptabilité, mais pour une gestion saine et transparente, elle s’avère être nécessaire.
- La gestion désintéressée est une condition primordiale pour qu’une association soit défiscalisée.
- La conclusion d’une convention avec l’organisme émetteur est nécessaire si la subvention dépasse 23 000 €. Vous devez définir l’objet, le montant, les conditions de versement et d’utilisation de la subvention.
- L’établissement de comptes annuels (bilan, compte de résultats, annexe) est obligatoire si le montant global des subventions reçues dépasse 153 000 €.
- Votre structure devra publier ses comptes annuels au Journal officiel des associations et fondations d'entreprises (JOAFE) et faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes si elle bénéficie d'au moins 153 000 € de dons de personnes physiques ou morales.
- Le dépôt et la publication s'effectuent exclusivement par voie électronique.
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Conformité juridique des aides publiques et SIEG
Les associations doivent désormais connaître les conditions de légalité des subventions au regard des règles du droit communautaire. La plus grande partie de leurs subventions est aujourd’hui soumise à ces dispositions. Le juge administratif n’hésite plus à contrôler le respect de cette réglementation lorsqu’il est saisi de la légalité d’une subvention.
- Les SIEG (services d'intérêt économique général) sont des activités économiques remplissant des missions d’intérêt général qui ne seraient pas exécutées par le marché en l’absence d’une intervention de l’État ; leur existence est subordonnée à une reconnaissance officielle (mandatement).
- La Commission européenne a adopté des règlements d’exemption par catégorie (RGEC) pour certaines aides et a révisé ces cadres au fil du temps ; il convient de vérifier l’applicabilité du règlement de minimis (Commission n° 1407/2013) ou d’autres dispositifs.
Financements alternatifs et innovations
- Le crowdfunding : le principe est simple : l’association mentionne la somme qu’elle convoite et la période précise de collecte ; les internautes donnent librement et, selon les modalités, reçoivent parfois une contrepartie. Depuis le décret du 28 octobre 2016, le Code monétaire et financier a prévu un plafond pour un emprunt de 2 000 € par projet s’ils sont soumis à des intérêts, seuil augmenté à 5 000 € pour un emprunt sans intérêt.
- Le mécénat et le bénévolat de compétences contribuent à apporter visibilité et compétences aux acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), tout en soutenant leur modèle socio-économique.
- Les fonds de dotation, la venture philanthropy et les bourses participatives (par exemple initiative de Malakoff Humanis et Ulule) sont des outils complémentaires pour financer des projets associatifs.
- Des plateformes en ligne comme HelloAsso proposent une gamme complète d'outils gratuits pour la collecte de dons, le crowdfunding, la billetterie en ligne, et la gestion des adhésions.
Pratiques et précautions à l’heure de réduire la dépendance aux subventions
Face à la baisse des subventions, une bonne gestion d’association passe aujourd'hui aussi par la diversification des ressources. Entre 2005 et 2020, la part des subventions a baissé de 41 % dans le budget des associations au profit de logiques marchandes. Les dernières années (crise sanitaire, inflation, tensions financières) ont accentué la tendance : le financement public s’amenuise, et passe de moins en moins par la subvention.
- Guidées par la nécessité, les associations explorent diverses mesures pour regagner de la visibilité financière : 28 % déclarent revoir leurs activités, 22 % annulent certaines actions, 15 % augmentent la participation financière des usagers.
- Pour maximiser ses chances d’obtenir des financements, il est essentiel de construire un budget prévisionnel à partir des comptes annuels, de préciser le projet associatif et de mobiliser son réseau.
- Il peut être pertinent de candidater aux prix et appels à projets (Prix de l'ESS, bourses régionales...), ou de solliciter des fonds européens en respectant les règles de remboursement et de justification des dépenses.
AMI 2021 - Comment remplir mon dossier de demande de subvention ?
Aspects pratiques : démarches et formulaires
- Pour effectuer une demande de subvention, l’association doit remplir le formulaire Cerfa n° 12156*06 (ou n° 12156*05 pour la création) et déposer son dossier en ligne selon les modalités locales.
- Pour collecter des fonds auprès du grand public (appel à la générosité), l’association doit être déclarée, soutenir une cause prévue par la loi n° 91-772 du 7 août 1991, ne pas s’adresser uniquement aux adhérents, et respecter l’obligation déclarative si le montant des dons dépasse 153 000 € sur un exercice.
- La demande de reconnaissance d’utilité publique, la modification des statuts et la déclaration des changements (siège social, dirigeants, établissements) s’effectuent par téléprocédure auprès du Ministère de l’Intérieur.
- La transmission des comptes annuels et du rapport d’activité des associations reconnues d’utilité publique au préfet doit être réalisée dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice financier.
Cas particulier : recevoir des dons, donations et legs
- Une association peut recevoir des dons manuels sans autorisation particulière ; ces dons peuvent être en numéraire, par chèque, virement, ou en nature (acte notarié obligatoire pour les biens immeubles).
- Les donations et legs sont possibles pour certaines associations seulement et doivent être déclarés à la préfecture. Les dons et legs réalisés au bénéfice de certaines associations sont exonérés de droits de succession (ex. associations d'enseignement supérieur, œuvres d'assistance, Croix-Rouge, etc.).
- En échange d’un don, l’association peut émettre un reçu fiscal ouvrant droit à une réduction d’impôt pour le donateur, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité.
Emprunts, épargne et solutions bancaires
- Une association aura recours à des solutions de financement extérieur (emprunts bancaires, prêts participatifs, apports en fonds associatifs…) au cours des grandes étapes de sa vie, tant pour rendre possible sa création, favoriser son développement ou consolider ses activités.
- Plusieurs options existent : prêt bancaire, crédit-bail, crédit-relais, prêt entre associations (loi n° 2021-875), emprunt auprès d’un adhérent (déclaration au fisc si > 5 000 €).
- Des solutions d’épargne (par exemple livret dédié) peuvent offrir des opportunités avantageuses aux associations.
Conseils pour renforcer l’éligibilité et la solidité financière
- Assurez une comptabilité rigoureuse et transparente et adaptez-vous aux évolutions réglementaires (plan comptable 2025).
- Formalisez vos statuts et votre règlement intérieur pour prévoir les modalités de cotisation, d’activités économiques et de gouvernance.
- Diversifiez vos sources de financement : cotisations, événements, dons, mécénat, partenariats, appels à projets, crowdfunding, emprunts.
- Anticipez les obligations liées aux subventions et aux dons (conventions, comptes annuels, certification des comptes si seuils atteints).
- Mobilisez votre réseau et candidatures à appels à projets, prix et bourses pour renforcer visibilité et ressources.
Vous souhaitez développer un nouveau projet ? Renforcer la stabilité financière de votre structure ? Alors vous allez devoir vous lancer dans la recherche de fonds pour assurer le financement de votre association, même si elle est à but non lucratif.
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