Avocat détention de parts sociales dans une SARL: règles déontologiques et cadre pratique

La profession d’avocat est encadrée par des règles déontologiques strictes qui interdisent toute activité commerciale directe, conformément à l’article 22 du décret n°2023-552 du 30 juin 2023, visant à préserver l’indépendance professionnelle.

Toutefois, un avocat peut détenir des parts sociales minoritaires dans certaines sociétés commerciales telles que la SA, la SARL ou la SAS, à condition de ne pas assumer de mandat de direction incompatible. Ces restrictions légales, renforcées par le contrôle du Conseil de l’Ordre, exposent à des sanctions disciplinaires et pénales en cas de non-respect.

Cadre déontologique et objectifs d’indépendance

La profession d’avocat est historiquement fondée sur un principe d’incompatibilité avec toute activité commerciale, inscrite dans le Code de déontologie des avocats (article 22 du décret n°2023-552). Ce principe vise à garantir l’indépendance de l’avocat, assurant qu’il exerce ses fonctions sans contrainte économique ni subordination, ce qui pourrait compromettre son devoir de conseil et de représentation loyale.

  • Indépendance
  • Absence de conflit d’intérêts
  • Dignité de la profession
  • Respect absolu du secret professionnel

Évolutions et assouplissements

Depuis la loi Macron de 2015 et les décrets subséquents, des assouplissements graduels ont été introduits. Ils autorisent désormais l’avocat à détenir des participations minoritaires dans des sociétés commerciales, sous réserve qu’il ne contrôle pas la gestion.

En 2020, un changement notable a permis à un avocat de présider le Conseil d’Administration d’une SA à condition que la fonction de président et celle de directeur général soient séparées, limitant ainsi l’exercice à une fonction non exécutive.

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En revanche, il lui est interdit d’être associé dans des formes telles que la Société en Nom Collectif (SNC) ou d’assumer des fonctions de gérant dans une SARL ou de dirigeant exécutif dans une SA ou SAS (sauf président non exécutif de SA).

Règles applicables à l’avocat associé d’une société commerciale

L’avocat associé d’une société commerciale doit prévenir tout risque de conflit d’intérêts. Il ne peut intervenir en qualité de conseil ou de mandataire auprès d’un client dans un contentieux opposant ce dernier à la société où il détient des actions. Une obligation de transparence s’impose avec la déclaration obligatoire de la participation à son Conseil de l’Ordre, qui évalue la compatibilité avec les règles déontologiques.

La particularité essentielle est que 51 % du capital social et des droits de vote doivent être détenus par des avocats exerçant la profession, garantissant ainsi le contrôle effectif par des membres soumis aux règles déontologiques. Depuis le 1er mars [year], un rapport annuel sur la composition du capital et les droits de vote doit être transmis au Conseil de l’Ordre.

En résumé, l’avocat peut être associé minoritaire dans une SARL ou SAS, à condition de ne pas détenir le contrôle et de ne pas exercer de fonctions de direction incompatibles. Le cadre déontologique impose transparence, prévention du conflit d’intérêts et respect des règles d’agrément et de publication auprès du Conseil de l’Ordre. Les évolutions jurisprudentielles récentes, notamment la reconnaissance de la validité d’offres fondées sur des pourcentages du capital, renforcent la nécessité d’une rédaction précise et sécurisée des actes juridiques.

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