Calcul du chiffre d'affaires pour un auto-entrepreneur : Guide complet
Les déclarations de chiffre d’affaires, les calculs de CA et des bénéfices sont réguliers lorsque l’on est autoentrepreneur. Pour bien gérer son autoentreprise, il est important de comprendre et de maîtriser ces notions. Voici les informations essentielles à retenir pour ne commettre aucune erreur. Le chiffre d'affaires est l'ensemble des rentrées d'argent réalisées par l'auto-entrepreneur sur une période donnée. Son calcul n’est pas toujours simple lorsqu’on vient de créer sa micro-entreprise.
Comment déclarer son chiffre d'affaires auto entrepreneur 📝
Qu'est-ce que le chiffre d'affaires pour un auto-entrepreneur ?
Concrètement, le chiffre d’affaires d’une autoentreprise correspond à la totalité des sommes encaissées sur une période donnée. On calcule généralement un chiffre d’affaires (CA) au mois, au trimestre ou à l’année. Ainsi, le CA de votre autoentreprise correspond aux sommes facturées qui sont effectivement encaissées. À titre d’exemple, au 31 du mois, si vous attendez des règlements et que vous souhaitez calculer votre CA mensuel, vous ne devez pas prendre en compte les sommes qui sont en attente, mais seulement celles dont vous avez déjà reçu le règlement. Pour faire simple, le CA correspond à tout l’argent qui rentre sur votre compte ou dans votre caisse.
Le chiffre d’affaires d’une micro-entreprise correspond aux factures émises et encaissées ! En effet, ne rentre dans le chiffre d’affaires à déclarer uniquement les sommes que vous avez rentrées et non pas les factures en attente de paiement.
Exemple : Vous réalisez une mission pour un client en mai 2023. Vous le facturez 2 000 € à la fin du mois de mai lorsque la mission est terminée et approuvée par le client. Celui-ci règle la facture le 25 juin. Vous devez déclarer le chiffre d’affaires (CA) encaissé sur le mois de juin.
Rappelons l’importance de faire signer un devis avec versement d’un acompte avant toute réalisation d’une mission longue durée. L’acompte entre alors dans le chiffre d’affaires du mois au cours duquel il est versé. Il est donc essentiel de réaliser régulièrement ses factures de micro-entrepreneur en précisant bien les délais de paiement.
Lire aussi: Révision de loyer : le guide
En d’autres termes, le chiffre d’affaires de la micro-entreprise dépend des sommes effectivement réglées par les clients, ce qui peut différer du montant initialement facturé : c’est ce qu’on appelle la différence entre le chiffre d’affaires facturé ou encaissé.
Chiffre d’affaires facturé ou encaissé ? Ваш chiffre d’affaires comprend uniquement les sommes encaissées, c’est-à-dire celles qui ont été bel et bien payées par vos clients. En clair, cela correspond à l'argent qui est bien tombé sur votre compte bancaire, en comptant également les éventuels frais retenus par vos intermédiaires.
Exemple : Prenons l’exemple de Victor, graphiste en micro-entreprise. Le mois dernier, il a émis 4 factures d’un montant total de 1 000 €. Mais ses clients ne semblent pas pressés de le payer et seuls 400 € lui ont été réglés. S’il a opté pour une déclaration mensuelle de son CA, il ne devra déclarer que 400 € pour le calcul de ses cotisations. Par ailleurs, si Victor a encaissé ces 400 € par le biais d'une plateforme qui prend une commission de 2 % sur le montant facturé (soit 8 €), il devra toujours déclarer 400 € et non pas 392 €.
Pensez à indiquer une date limite de règlement dans vos factures ainsi que le taux de pénalité que vous appliquez en cas de retard.
Comment gérer les factures impayées ?
Lire aussi: Finances Publiques : Salaire Agent
Chiffre d'affaires vs Bénéfice
Le chiffre d’affaires en micro-entreprise ne doit pas être confondu avec le bénéfice. Le CA d’un micro-entrepreneur est brut, car il n’est pas possible d’y soustraire certains montants. Le bénéfice, quant à lui, représente les recettes encaissées, desquelles les charges et les dépenses en micro-entreprise ont été retranchées. Ainsi, on peut générer un chiffre d’affaires important mais avoir également beaucoup de charges, ce qui peut donner des bénéfices relativement faibles. Cette distinction constitue à la fois un avantage et un inconvénient du statut d’auto-entrepreneur.
Bien que le régime soit simplifié, cela peut poser des problèmes si le micro-entrepreneur facture des biens ou services sans en tirer de bénéfice, comme l’achat de matières premières. Dans ce cas, il doit quand même payer des cotisations sur ces montants.
Le calcul des bénéfices d’une autoentreprise est simple ! Il vous suffit de déduire les frais de votre autoentreprise de votre CA. Par exemple, si vous avez comptabilisé 160 € de frais mensuel et que vous avez eu un chiffre d’affaires de 1200 €, vos bénéfices sont de 1040 €.
Bénéfices et chiffre d’affaires ne sont pas la même chose ! Le chiffre d’affaires d’une entreprise correspond à toutes les sommes encaissées, autrement dit à tout l’argent encaissé dans le mois. Les bénéfices se calculent sur la base du CA, d’où on déduit les frais de l’entreprise, comme les frais de gestion, les outils en ligne ou les frais de déplacement. Les bénéfices sont donc toujours moins importants que le CA mensuel.
Les micro-entrepreneurs ne peuvent pas déduire leurs frais lorsqu’ils déclarent leur chiffre d’affaires. Vous devez donc déclarer la somme totale qui vous a été payée dans le cadre de votre activité. Le chiffre d’affaires ne doit ainsi pas être confondu avec le bénéfice (ou résultat) qui lui, correspond aux sommes encaissées desquelles on déduit les frais professionnels.
Lire aussi: Gérants de SARL et URSSAF
Exemple : Si l’on reprend l’exemple de Victor, il loue désormais un espace de co-working pour rencontrer d’autres professionnels. Les frais pour cette location se sont élevés à 200 € le mois dernier et il a aussi investi dans un nouvel ordinateur pour 1 400 €. En parallèle, il a encaissé 1 500 € pour ses travaux de graphiste. Lorsqu’il déclarera son chiffre d’affaires, il ne pourra déduire aucun de ses frais et devra uniquement indiquer la somme de 1 500 €.
Peu d’auto-entrepreneurs le savent mais ils ont la possibilité de déduire des frais professionnels en facturant des frais de débours à leurs clients. Une limite toutefois puisque ceci concerne uniquement les avances d’argent dédiées à l’achat de matériel ou de matières premières pour le compte du client.
Seuils de chiffre d'affaires à ne pas dépasser
Le régime de la micro-entreprise s'applique tant que votre chiffre d'affaires annuel (effectivement encaissé au cours de l'année civile) ne dépasse pas certains seuils. Ces seuils varient en fonction de la nature de votre activité. Le chiffre d'affaires qui est pris en compte est le chiffre d'affaires effectivement encaissé. Autrement dit, il s'agit du montant des ventes réalisées moins la TVA qui a été éventuellement facturée.
En tant que micro-entrepreneur, vous êtes soumis à des plafonds de chiffre d’affaires qui varient en fonction de votre activité.
Si vous dépassez les seuils applicables pour la TVA, vous en devenez redevable : vous devrez la facturer à vos clients, puis la déclarer et la reverser à l’État.
Si vous dépassez les plafonds de la micro-entreprise 2 années consécutives, vous perdez les avantages du statut :
- les professions commerciales et artisanales passeront au régime réel simplifié d’imposition, ou régime réel normal d’imposition sur option.
- les professions libérales passeront au régime fiscal de la déclaration contrôlée
En 2025, les plafonds des auto-entrepreneurs sont les suivants :
| Type d’activité | Plafond de CA annuel | Seuil de TVA |
|---|---|---|
| Achat / revente de marchandises | 188 700 € | 85 000 € |
| Vente de denrées à consommer sur place | 188 700 € | 85 000 € |
| Prestations d'hébergement | 188 700 € | 85 000 € |
| Prestations de service commerciales ou artisanales | 77 700 € | 37 500 € |
| Activités libérales et agents commerciaux | 77 700 € | 37 500 € |
Attention Le chiffre d'affaires pris en compte pour déterminer si vous pouvez continuer de bénéficier du régime de la micro-entreprise est celui de l'année N-2 et celui de N-1 (et non celui de l'année en cours). Autrement dit, c'est le chiffre d'affaires généré les 2 années qui précèdent l'année en cours. Si vous dépassez pendant 2 ans les seuils de CA, vous sortez du régime de la micro-entreprise.
Au moment de la création de votre micro-entreprise, vous êtes automatiquement soumis au régime fiscal de la micro-entreprise. Ainsi, lorsque vous démarrez votre activité vous êtes forcément soumis au régime fiscal de la micro-entreprise durant les 2 premières années d'existence.
Cependant, vous n'êtes cependant pas obligé de rester sous le régime fiscal de la micro-entreprise. Vous avez la possibilité d'opter pour bénéficier d'un régime réel d'imposition. Cette option peut être prise lors de votre première déclaration de revenus.
Si vous dépassez les seuils de chiffre d'affaires du régime de la micro-entreprise pendant 2 années consécutives, vous passez au régime fiscal du réel simplifié. Ce changement de régime a lieu au 1er janvier de l'année qui suit la 2e année durant laquelle vous avez dépassé le seuil. Le dépassement du seuil de chiffre d'affaires pendant la 1re année n'entraine pas la sortie du régime de le microentreprise.
Exemple : Vous créez votre entreprise commerciale le 8 mai 2024 et réalisez un chiffre d'affaires supérieur à 188 700 € la première année.
- Si vous dépassez également ce seuil en 2025, alors vous sortirez du régime de la micro-entreprise et vous serez soumis au régime réel d'imposition à partir du 1er janvier 2026.
- En revanche, si vous êtes en-dessous du seuil en 2025, même si vous avez dépassez le seuil en 2024, vous continuerez de bénéficier du régime de la micro-entreprise en 2026.
Lorsque vous dépassez les seuils durant 2 années consécutives, vous sortez du régime de la micro-entreprise le 1er janvier de l'année qui suit la deuxième année consécutive de dépassement. Cette sortie a des conséquences sur votre régime social, fiscal et sur votre comptabilité.
Conséquences sociales
En sortant du régime de la micro-entreprise, vous ne pouvez plus bénéficier du régime micro-social. Vous êtes alors soumis au régime social de l'entrepreneur individuel. Celui-ci varie en fonction de la nature de l'activité exercée.
Conséquences fiscales
En sortant du régime de la micro-entreprise, vous ne pouvez plus bénéficier du régime micro-fiscal. Vous êtes désormais à un régime réel d'imposition.
En fonction de votre activité et du type de bénéfices que vous générez, votre régime d'imposition sera différent.
Conséquences sur la comptabilité
En tant que micro-entrepreneur, vous avez pu bénéficier d'une comptabilité ultra simplifiée. En sortant du régime de la micro-entreprise, vous ne pouvez plus bénéficier d'une comptabilité aussi simplifié. Vous devez vous soumettre à des obligations comptables supplémentaires.
Déclaration du chiffre d'affaires
Une fois que vous avez fait le calcul du chiffre d’affaires en auto-entrepreneur gagné, il faut le déclarer à l’URSAFF. L’administration fiscale vous demande de déclarer votre chiffre d’affaires encaissé, de manière mensuelle ou trimestrielle. Cette déclaration est essentielle pour garantir votre conformité aux plafonds en vigueur. La procédure de déclaration du chiffre d’affaires de la micro-entreprise se réalise obligatoirement en ligne, via le site autoentrepreneur.urssaf.fr. Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires, même s’il est nul.
La déclaration du chiffre d’affaires à l’Urssaf ne sert pas seulement à vérifier que vous respectez les plafonds, mais elle permet surtout de payer vos cotisations sociales. Celles-ci sont calculées sur un pourcentage fixe, en fonction du type d’activité exercée.
Vous êtes libre d’en déterminer la périodicité (mensuelle ou trimestrielle), mais devrez nécessairement l’effectuer en ligne sur ce site.
Les déclarations se font toujours après la période terminée.
- Exemple : Pour ceux qui ont choisi une déclaration mensuelle : vous déclarerez en mars le chiffre d’affaires du mois de février.
- Pour ceux qui ont choisi une déclaration trimestrielle : vous déclarerez en avril le chiffre d’affaires du 1er trimestre (janvier février mars)
Vous avez tout le mois jusqu’au dernier jour à midi pour déclarer le chiffre d’affaires et payer les cotisations en conséquence.
Vous devez obligatoirement déclarer l'ensemble de vos chiffres d'affaires, même en cas de chiffre d’affaires nul. Si vous ne respectez pas cette formalité, vous encourez des pénalités.
De plus, si pendant huit trimestres, votre chiffre d’affaires est nul ou que vous ne faites aucune déclaration, vous perdrez le bénéfice de la micro-entreprise et serez radié du régime.
Cette déclaration entraînera le paiement de plusieurs cotisations et taxes :
- Les cotisations sociales, pour votre couverture sociale en cas de maladie et votre retraite.
- Les taxes pour frais de chambres consulaires, sauf pour les activités libérales
- La contribution à la formation professionnelle
- Le versement forfaitaire libératoire de l’impôt sur le revenu si vous avez choisi cette option.
Ces cotisations et taxes sont calculées selon un taux fixe appliqué sur votre chiffre d’affaires. Ce taux varie en fonction de la nature de votre activité.
Déclaration aux impôts
En plus de la déclaration auprès de l’URSSAF, l’auto-entrepreneur est tenu de déclarer son chiffre d’affaires annuel aux impôts. Pour ce faire, il doit remplir sa déclaration d’impôt sur le revenu habituelle ainsi qu’une déclaration complémentaire spécifique aux activités non salariées : le formulaire N°2042 C PRO. Cette déclaration est obligatoire, même si l’option du versement forfaitaire libératoire a été choisie. Lorsque l’auto-entrepreneur effectue sa déclaration annuelle d’impôt sur le revenu, l’administration fiscale applique automatiquement un abattement sur le chiffre d’affaires déclaré.
La déclaration n° 2042 C PRO Vous devrez également déclarer le chiffre d’affaires de votre auto-entreprise lors de votre déclaration d’impôt annuelle. Pour ce faire, il vous faudra remplir une déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées (formulaire 2042 C PRO). La période de déclaration est généralement ouverte de mi-avril à début juin.
Pour le savoir, il vous suffit de télécharger votre attestation fiscale. Vous pouvez la retrouver sur votre espace personnel de votre compte Urssaf. Ce document est précieux pour votre comptabilité. Pensez-y !
Une fois que vous aurez rempli votre déclaration annuelle de revenus, l’administration fiscale appliquera automatiquement un abattement sur votre chiffre d’affaires.
Son taux varie en fonction de votre catégorie d’imposition :
- En BIC, vous bénéficiez d’un abattement de 71 % de votre chiffre d'affaires pour les activités d’achat / vente et de 50 % pour les activités de prestations de services.
- En BNC, vous bénéficiez d’un abattement de 34 % sur votre chiffre d'affaires.
Cette déclaration annuelle est obligatoire même si vous avez opté pour le versement libératoire. Les revenus issus de votre auto-entreprise seront en effet pris en compte pour le calcul du taux d’imposition applicable aux autres ressources de votre foyer dans le cadre du prélèvement à la source.
Ressources utiles
- Indépendant Calcul du revenu net après impôt et des cotisations à partir du chiffre d'affaires et inversement : Accéder au simulateur
- Comparaison des statuts Auto-entrepreneur, EI/EURL ou SASU ? Simulez les différences de revenu, retraite et indemnités maladie : Accéder au simulateur
- Site officiel des auto-entrepreneurs : Vous pourrez effectuer votre déclaration de chiffre d’affaires, payer vos cotisations, et plus largement trouver toutes les informations relatives au statut d’auto-entrepreneur. Visiter le site
- Guides pratiques de l’auto-entrepreneur : Les guides de l’Urssaf dédiés aux auto-entrepreneurs et auto-entrepreneuses. Voir les guides
- Le service en ligne Auto-entrepreneur : L’Urssaf met à votre disposition un service en ligne.
balises: #Entrepreneur
