Calcul de la capacité de financement d'une entreprise : un guide complet
Au cours du cycle de vie d’une entreprise, l’aspect financier possède une part centrale. Elle permet d’assurer son bon fonctionnement, son cycle d’exploitation ainsi que sa pérennité. La notion de capacité de financement d’une entreprise est vaste et relève des divers moyens dont dispose une entreprise pour financer tout ou partie de son cycle d’investissement. Estimer la capacité de financement est crucial pour toute entreprise ou investisseur.
Vous êtes entrepreneur et cherchez à en savoir plus sur votre capacité d’autofinancement (CAF) ? Vous êtes au bon endroit, et la question est plus que légitime. Pourquoi ? Tout simplement parce que cet indicateur financier est très important pour la croissance de votre activité. Il permet de déterminer la capacité de votre entreprise à financer ses dépenses sans financements externes. Le calcul de la CAF est donc essentiel pour toute entreprise qui souhaite évaluer sa situation financière et déterminer une stratégie de financement. C'est également l'un des indicateurs qui permet d'établir un prévisionnel financier.
Comment calculer la CAF ? Exercice capacité d’autofinancement - Finance d'entreprise 2/4
Qu'est-ce que la capacité d'autofinancement (CAF) ?
L’acronyme CAF désigne votre capacité d'autofinancement. La capacité d'autofinancement (CAF) est un indicateur tout aussi important que le besoin en fonds de roulement (BFR) pour le chef d'entreprise. Elle constitue un excédent : on parle alors de flux potentiel de trésorerie. Ainsi, le calcul de la CAF correspond à la différence entre les entrées et les sorties de votre entreprise, contrairement au résultat de votre société qui ne prend pas en compte le fait que les dotations aux amortissements ne sont pas des charges décaissables.
La CAF (capacité d'autofinancement) est un ratio financier particulièrement suivi par les investisseurs car une partie peut être distribuée aux actionnaires sous forme de dividendes. De plus, la CAF prouve aussi que votre société peut financer par elle-même son cycle d’exploitation. C’est donc un signal de rentabilité pour l’entreprise !
En cas d’emprunt, faire le calcul de la CAF permet de déterminer si votre entreprise est en capacité de faire le remboursement de toutes les échéances. Vous devez aussi savoir que l’autofinancement est atteint par votre entreprise lorsqu’elle génère par sa seule activité les ressources nécessaires à son développement sans faire appel à un emprunt.
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Un solde va découler de ce calcul, si le compte de capital s’avère être positif alors on considère l’excédent (bénéfice) comme la capacité de financement. Suivant ce principe, il est crucial pour l’entreprise que les actions misent en œuvre permettent d’atteindre cet objectif de trésorerie excédentaire et de le conserver.
La capacité de financement peut ainsi être mobilisée lorsqu’une entreprise possède un projet d’investissement et uniquement se reposer sur celle-ci. La viabilité financière d’une entreprise est avant tout une question de survie, pour cela son solde de capital doit au minium être à l’équilibre.
La capacité d'autofinancement (CAF) est un indicateur financier utilisé pour évaluer la capacité d’une entreprise à générer des ressources internes pour financer ses investissements et assurer sa croissance. La CAF permet également de mesurer la solvabilité et la pérennité de l’entreprise. Une entreprise avec une CAF régulièrement positive démontre sa capacité à générer des ressources financières pour assurer sa croissance et sa pérennité.
La CAF, par définition, permet de connaître le seuil de rentabilité d’une entreprise, ainsi que sa capacité à rembourser ses dettes. C’est pourquoi, le calcul de la CAF n’intéresse pas uniquement les chefs d’entreprises, mais aussi les investisseurs. Par exemple, la banque à qui l’entreprise demande un nouvel emprunt va chercher à déterminer sa CAF, afin de savoir si elle aura la capacité de rembourser les échéances.
La capacité d'autofinancement (CAF) est une ressource interne dégagée par l'activité de l'entreprise (son résultat net après retraitement). Le calcul de la capacité d'autofinancement permet d'analyser dans quelle mesure l'entreprise est capable de financer elle-même ses opérations d'investissement par son cycle d'exploitation. Il permet donc aussi d'identifier un financement interne insuffisant devant être complété par d'autres sources telles que l'endettement financier et le capital.
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Pourquoi est-ce aussi utile de calculer la CAF ?
Votre capacité d'autofinancement sert à mesurer la capacité de votre société à "fabriquer de l’argent". En d’autres termes, le niveau de création en monnaie sonnante et trébuchante que votre activité rapporte chaque année.
Ainsi, c’est un ratio essentiel de gestion pour mesurer votre capacité à :
- rembourser un emprunt ;
- investir pour développer votre entreprise ;
- distribuer des dividendes.
Par exemple, si votre entreprise rembourse chaque année 10 000 € d'emprunt, votre CAF doit être au minimum de 10 000 €. À défaut, votre trésorerie s’amenuise progressivement. Idem pour la distribution de dividendes. Ainsi, si votre CAF est insuffisante, vous ne pouvez pas distribuer de dividendes.
Enfin, sachez que l’autofinancement est pour vous un excellent moyen d'identifier votre capacité à emprunter. La raison ? Le résultat positif du calcul de la CAF envoie aussi un très bon signal à vos potentiels investisseurs, banquiers ou autres.
Selon les statistiques d’analystes financiers, la CAF doit représenter environ 5 % du chiffre d’affaires. Cependant, en cas d’emprunt en cours, il vous faudra au moins une CAF à la hauteur du remboursement afin de ne pas impacter la trésorerie de votre entreprise.
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Vous devez impérativement vérifier grâce à un calcul de la CAF que votre capacité d’autofinancement est suffisante, et qu’elle puisse vous permettre de vous autofinancer. Petite précision : l’autofinancement est une solution efficace, mais peut aussi être une pression pour vous, en tant que dirigeant.
En effet, un recours exclusif au financement interne peut être risqué en cas de fluctuations d’activité négatives non anticipées. C'est la raison pour laquelle vous ne devez pas être fermé à l'idée d'une croissance externe, c'est-à-dire faire appel à un établissement bancaire ou à des investisseurs.
L’idéal ? Suivre en temps réel les évolutions du résultat de votre calcul CAF ! Toutes ces données ne sont obtenues qu’à l’issue de votre exercice comptable. Dans cette configuration, il est difficile de prendre si nécessaire des mesures correctives... et dans des délais appropriés !
Comment se calcule la CAF ?
Tout d’abord, il existe 2 méthodes pour calculer la CAF, à partir du résultat :
- la méthode additive, à partir du bénéfice net ;
- la méthode soustractive, à partir du chiffre d’affaires.
En ce qui concerne la capacité d’autofinancement, le calcul peut se faire de deux manières. Deux méthodes existent pour calculer la capacité d'autofinancement : une méthode basée sur le résultat appelée additive et une méthode basée sur l'excédent brut d'exploitation (EBE) appelée soustractive.
Cependant, l’idée reste la même identique car les 2 méthodes ont pour objectif de mesurer l’argent produit par votre société !
À ce stade, quelques explications comptables sont nécessaires, notamment qu’une dépense d’argent n’est pas nécessairement comptabilisée de la même façon.
Tout d’abord, sachez que dans un compte de résultat, on trouve :
- des recettes que l’on appelle des "produits" ;
- des dépenses que l’on nomme des "charges".
Cependant, dans ces produits et ces charges, certains n’ont jamais été encaissées ou décaissées financièrement. C’est le cas des dotations aux amortissements.
Ce sont des charges calculées que l’on inscrit dans le compte de résultat pour constater l’obsolescence technologique, le vieillissement de l’immobilisation (comme un ordinateur par exemple). Mais concrètement, vous n’avez pas fait de chèque pour payer une dotation aux amortissements, il s’agit d’une charge calculée.
Par ailleurs, on retrouve la même situation pour d’autres natures de charges comme :
- les dotations aux provisions pour créances ;
- les produits au niveau des réintégrations de quote-part de subventions.
L’objectif du calcul de la CAF (capacité d’autofinancement) va être d’éliminer toute charge non décaissée et tout produit non encaissé pour obtenir son vrai montant.
Les produits non encaissables représentent des recettes qui ne génèrent aucune rentrée de trésorerie. Il s’agit, par exemple, des reprises sur provisions et amortissements et des quotes-parts de subvention virées au compte de résultat. Les charges non décaissables correspondent, à l’inverse, aux dépenses qui n’occasionnent pas de sortie de trésorerie. Ce sont essentiellement les provisions et amortissements.
Calcul de la CAF méthode additive : on part du bénéfice net
La méthode additive calcule la capacité d'autofinancement en partant du résultat net, auquel on ajoute les dotations aux amortissements et aux provisions, et dont on retranche les reprises et produits de cession.
Cette méthode est celle la plus couramment utilisée pour déterminer la capacité d'autofinancement d'une entreprise.
Le PCG va évoluer à partir des exercices ouverts le 1er janvier 2025 : modification de certains numéros de compte, suppression de la technique du transfert de charges, nouvelle définition du résultat exceptionnel... (règlement 2022-06 de l'ANC). Le calcul ci-dessous est donc présenté accompagné à la fois des comptes utilisés pour les exercices ouverts jusqu'à fin 2024 et des comptes en vigueur à partir de 2025.
Les comptes suivants sont en effet ainsi remplacés :
- le compte 675 est remplacé par le compte 657 Valeurs comptables des immobilisations incorporelles et corporelles cédées ;
- le compte 775 est remplacé par le compte 757 Produits des cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles ;
- le compte 777 est remplacé par le compte 747 Quote-part des subventions d'investissement virée au résultat de l'exercice.
Exemple de calcul de CAF en tableaux :
Commençons par les chiffres suivants :
| Libellé | Montant HT |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 100 000 € |
| Charges externes (assurances, loyer, edf, etc.) | 20 000 € |
| Dotations aux amortissements | 5 000 € |
| Charges de personnel | 55 000 € |
| Impôt sur les sociétés | 3 000 € |
| = Montant du bénéfice net | 17 000 € |
Calcul de la CAF en méthode additive :
| Calcul de la CAF en méthode additive | Montant HT |
|---|---|
| Montant du bénéfice net | 17 000 € |
| Dotation aux amortissements | 5 000 € |
| = CAF | 22 000 € |
La CAF sera quant à elle égale au montant du bénéfice auquel on ajoute les 5 000 € de dotations aux amortissements. Cette somme représente les dotations qui n’auraient pas dû exister du fait de l’absence de versement d’argent. Le calcul de la CAF se porte à 22 000 € de capacité d'autofinancement.
Calcul de la CAF en méthode soustractive : à partir du CA HT
La CAF soustractive, quant à elle, part de l'excédent brut d'exploitation (EBE) et consiste à soustraire les charges réellement décaissables des produits réellement encaissables. Cette méthode est la seule recensée dans le plan comptable général. Même si elle est moins utilisée que la méthode additive, elle n'en reste pas moins une autre solution pour déterminer la capacité d'autofinancement.
| Calcul de la CAF en méthode soustractive | Montant HT |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 100 000 € |
| Charges externes (assurances, loyer, edf, etc.) | 20 000 € |
| Charges de personnel | 55 000 € |
| Impôt sur les sociétés | 3 000 € |
| = CAF | 22 000 € |
Avec cette formule de calcul de la CAF, nous arrivons donc au même résultat !
Que représente le résultat positif d'un calcul CAF ? Et une capacité d'autofinancement négative ?
En repartant de l’exemple des 22 000 € de CAF, supposons que votre société rembourse 12 000 € d’emprunt.
Pour mémoire, le remboursement d’emprunt ne se trouve pas dans votre compte de résultat. On y retrouve uniquement les charges d’intérêt liées à l’emprunt mais pas le capital de l’emprunt ! En effet, votre remboursement n’a aucun impact sur le compte de résultat, mais uniquement sur votre trésorerie.
Ainsi, en enlevant 12 000 € de la CAF, il restera donc 10 000 € : c’est ce que l’on appelle "l’autofinancement d’une entreprise".
| Calcul de l’autofinancement | Montant HT |
|---|---|
| CAF | 22 000 € |
| Emprunt | 12 000 € |
| = Autofinancement après emprunt | 10 000 € |
Dans cet exemple, votre société dispose d’une capacité d'autofinancement, ce qui est positif ! Ces 10 000 € vous permettent, soit :
- d’autofinancer certains investissements ;
- de distribuer des dividendes aux actionnaires ;
- d’augmenter la trésorerie de votre entreprise.
Deux cas de figure :
- Si le résultat du calcul de votre CAF est négatif, vous envoyez un signal défavorable aux investisseurs et aux banques vis-à-vis de la capacité de votre entreprise à couvrir son cycle d'exploitation avec ses propres ressources internes.
- Si le résultat du calcul de votre CAF est positif voire élevé, c'est une très bonne nouvelle ! Vous signalez à vos différents acteurs financiers que votre société dégage un chiffre d’affaires suffisant pour les rémunérer.
Calcul CAF : le cas des dotations aux amortissements
Quand vous achetez une ramette de papier pour l'activité de votre entreprise, c’est une charge sur le plan comptable. Autrement dit, cette ramette de papier va se consommer lors de son premier usage, ce qui se traduit par une baisse du résultat du montant HT de la facture.
Parallèlement, si vous faites l’acquisition d’une immobilisation comme un ordinateur ou une voiture, cette acquisition ne se consomme pas au premier usage. Au-delà du prix, c’est avant tout la nature de la dépense qui est en jeu. Ainsi, comptablement, un ordinateur d’une valeur de 3000 € impacte le compte de résultat sur une durée de 3 ans.
Comptablement, le coût de l’investissement n’impacte pas l’année de sa dépense, mais l’année de sa dépense et les 2 suivantes. C’est ce qu’on appelle la "dotation aux amortissements". Ainsi, en reprenant l’exemple d’un ordinateur acheté 3 000 € en janvier 2023, celui-ci sera amorti à raison de 1 000 € sur 3 ans.
Pour simplifier, si cet ordinateur a été acheté le 1er janvier 2023, le compte de résultat 2023 tient compte d’une charge de 1000 €, celui de 2024 de 1000 € et enfin celui de 2025 de 1000 €. Ainsi, vous aurez bien vos 3000 € de dotations aux amortissements, qui correspondent au coût initial de votre immobilisation.
Comment améliorer la capacité d'autofinancement ?
2 leviers principaux permettent d'améliorer cet indicateur clé qu'est votre capacité d'autofinancement, à savoir :
- Augmenter votre chiffre d’affaires. En effet, des solutions peuvent être mises en place, comme un nouveau produit plus rentable, des produits de niches peu concurrentiels, etc. Ces actions vous permettent également de renouveler votre panier de vente et de fidéliser de nouveaux clients.
- Réduire les charges qui impactent votre entreprise. Pour y parvenir, vous devez vous intéresser aux charges fixes, mais aussi aux charges variables de votre activité. En somme, une meilleure maîtrise des coûts peut améliorer considérablement et durablement le résultat du calcul de votre CAF.
Les limites de la CAF
En premier lieu, vos ressources financières peuvent se révéler insuffisantes. Pourquoi ? Tout simplement parce que votre résultat de calcul de CAF est parfois trop limité pour assurer le développement de votre entreprise.
De plus, votre entreprise peut avoir du mal à se constituer une trésorerie solide et reverse en général l’intégralité de ses bénéfices dans le maintien et le développement de son activité. En cas de période difficile (avec moins d’entrées d’argent), il peut être utile de compléter la trésorerie de votre entreprise en faisant appel à des établissements bancaires, ainsi qu’à des investisseurs.
Enfin, le résultat de votre calcul CAF ne prend pas en compte la maturité de votre entreprise. Selon l’étape du cycle de vie de votre société, ses besoins en trésorerie ne sont pas identiques ! Faites donc bien attention à prendre cet indicateur comme un simple outil, au même titre que vos SIG (soldes intermédiaires de gestion).
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