Chef d'entreprise abattu devant son commerce à Borgo : enquête et contexte
Un nouveau meurtre a été commis en Corse ce vendredi 24 octobre : un chef d'entreprise a été tué par balles alors qu'il s'apprêtait à ouvrir son établissement dans la zone industrielle de Borgo (Haute-Corse). La victime, âgée de 35 ans et identifiée ensuite comme Romain Santoni, est décédée des suites de ses blessures, a précisé le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre.
Les faits établis
Plusieurs coups de feu ont été tirés aux alentours de 7h alors que le chef d'entreprise venait d'arriver devant son commerce et s'apprêtait à ouvrir le rideau métallique. L’homme a été pris pour cible dès la sortie de son véhicule alors qu’il rejoignait son entreprise de façade. Deux hommes lui ont tiré dessus avant de repartir à bord d’un véhicule utilitaire. Ce dernier n’a, pour l’heure, pas été retrouvé.
La victime a été atteinte par plusieurs projectiles, notamment à la tête, « plusieurs plaies par balles » ayant été découvertes sur le corps, selon le procureur. L’homme est décédé des suites de ses blessures.
Enquête et suites judiciaires
Une enquête a été ouverte pour homicide volontaire et association de malfaiteurs. Dans certaines sources la qualification retenue est celle d’assassinat en bande organisée, d’association de malfaiteurs, et l'affaire a été confiée au service de la direction zonale de la police judiciaire. La Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille s’est saisie de l’affaire, a indiqué par la suite le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Deux hommes auteurs des tirs sont actuellement recherchés. Aucun suspect n’a pour l’heure été interpellé.
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Profil de la victime
La victime, âgée de 35 ans, était chef d’entreprise et active dans plusieurs domaines économiques, notamment l’entrepreneuriat en BTP selon certaines sources. « La victime était connue de la justice », a indiqué le procureur, sans fournir plus de précisions. Romain Santoni apparaît dans une note confidentielle de 2025 du service information, renseignement et analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la police nationale.
Hypothèses : règlement de comptes et criminalité organisée
Les éléments disponibles et le fait que la victime soit « connue de la justice » ont conduit les autorités à envisager l'hypothèse d'un règlement de comptes sur fond de criminalité organisée. La DNPJ et les services spécialisés indiquent que des bandes criminelles efficaces exercent une emprise sur certaines activités jugées lucratives.
Contexte régional : une île confrontée à la montée du grand banditisme
La Corse est en tête, au niveau national, du nombre d'homicides rapportés à la population. En 2024, 18 homicides et 16 tentatives pour 355 000 habitants ont été dénombrés. La Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) estime dans une note que 20 équipes criminelles articulées en « deux blocs » exercent une « emprise de type mafieux » afin de « dominer les activités légales » les plus lucratives de l'île.
Ces 20 bandes criminelles « ont pénétré les secteurs politiques, sociaux et économiques de l'île, et cherchent à dominer les activités légales qui leur semblent les plus lucratives » : BTP, immobilier, restauration, hôtellerie ou batellerie, selon la fiche rédigée en 2025 par le service information, renseignement et analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco).
Mobilisation citoyenne
L'ampleur prise par la criminalité et le grand banditisme pousse même la société civile corse à se mobiliser. La montée de la criminalité et du grand banditisme a conduit à une forte mobilisation citoyenne, qui organise notamment une manifestation le 15 novembre à Ajaccio « pour obtenir de nouvelles mesures et de nouveaux moyens afin de renvoyer la mafia dans la marginalité de la délinquance ». Ces initiatives reflètent l'inquiétude et la volonté de la population de lutter contre l'emprise criminelle sur l'économie et la vie publique.
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Chronologie synthétique des éléments disponibles
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date et heure | 24 octobre, vers 7h (7h06 selon certains témoignages) |
| Lieu | Zone industrielle de Borgo (Haute-Corse) |
| Victime | Homme, 35 ans, identifié comme Romain Santoni |
| Mode opératoire | Tirs d'arme à feu, plusieurs projectiles, prise pour cible dès la sortie du véhicule |
| Auteurs | Deux hommes en fuite, véhicule utilitaire utilisé |
| Enquêtes | Ouverture pour homicide volontaire / assassinat en bande organisée, association de malfaiteurs ; Jirs de Marseille saisie |
| Contexte | Montée du grand banditisme en Corse, 20 équipes criminelles selon la DNPJ/Sirasco |
Réactions et implications
Le procureur de Bastia a confirmé que la victime était connue de la justice et a précisé que l’enquête vise également des faits d’association de malfaiteurs. Le dossier, confié aux services spécialisés, devra préciser les motivations, les liens éventuels entre la victime et des réseaux organisés, et identifier les auteurs.
En parallèle, l’affaire alimente les débats publics sur la sécurité en Corse, le contrôle des secteurs économiques visés par le grand banditisme, et la réponse institutionnelle à apporter face à une emprise qui, selon les autorités, a infiltré des secteurs clés de l’économie insulaire.
Corse, une ile sous haute tension | Documentaire police
Ressources citées
- Parquet de Bastia : déclaration du procureur Jean-Philippe Navarre
- Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille
- Note Sirasco 2025 et rapports de la DNPJ
- Articles de presse locaux (20 Minutes, AFP, Ici RCFM, Le Nouveau Détective)
Les investigations sont en cours et les autorités poursuivent les recherches pour retrouver le véhicule utilitaire impliqué et interpeller les deux suspects. La suite de l'enquête déterminera si ce meurtre s'inscrit formellement dans un règlement de comptes lié à la criminalité organisée ou dans un autre type de dossier.
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