Comment Créer Sa Propre Entreprise : Les Étapes Essentielles en France
La création d’une entreprise en ligne est un projet qui demande de la préparation, des décisions importantes doivent être prises. En 2022, selon l’Insee, 1 million d’entreprises ont été créées. Un nouveau record pour la France qui s’impose comme un terreau fertile pour l’entrepreneuriat. Désir d’indépendance, goût du challenge, besoin d’accomplissement personnel… Autant de motivations à se lancer dans l’aventure. Toutefois, la création d'entreprise nécessite de respecter quelques étapes incontournables.
1. L'Idée de Projet et Votre Situation Personnelle
Le point de départ consiste à trouver une idée de projet de création d’entreprise. Une idée prend souvent la forme d'une intuition ou d'un simple désir qui mûrit avec le temps. Plus l'idée est nouvelle ou originale, plus vous devrez vous interroger sur la capacité des futurs clients à l'accepter. C'est un élément capital car sans clientèle, il n'y a pas d'entreprise possible ! En effet une "super idée" peut devenir un mauvais projet, faute de clients.
Lorsque l’on a une idée précise de projet de création d’entreprise et que l’on ambitionne de se lancer, il est temps de faire le point sur sa situation personnelle. Votre situation est-elle compatible avec un projet de création d’entreprise? Réfléchir à votre changement de situation. Par exemple, si vous êtes salarié, comment quitter votre poste actuel ? êtes-vous bloqué par des clauses (non-concurrence ou exclusivité par exemple) ? Prendre conscience de votre changement de revenu.
En quittant votre emploi, vous risquez de perdre votre revenu principal et mesurer l’impact de ce choix sur votre vie de famille. Se lancer dans un projet de création aura des conséquences au niveau de votre famille, vous risquez de passer d’avantage de temps au travail, d’avoir des périodes de stress plus intenses qu’actuellement et d’avoir moins de moyens financiers pendant le début d’activité.
2. Évaluation des Compétences et Intégration de Réseaux
Avez-vous toutes les compétences nécessaires au lancement du projet ? Enfin, il peut être opportun d’intégrer un ou plusieurs réseaux de porteurs de projet, ce qui vous permettra d’être en contact avec d’autres personnes dans la même situation que vous, ou de trouver une personne sur laquelle vous pourrez vous appuyer en cas de besoin (un ancien chef d’entreprise, un ami qui connait bien la création d’entreprise…).
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3. L'Étude de Marché : Une Étape Cruciale
Une fois que vous avez défini votre idée et pris le temps nécessaire à sa réflexion, la première étape consiste à réaliser une étude de marché. Evaluer le potentiel de marché et l’état de la concurrence de votre futur domaine d’activité est une étape essentielle. Dans un premier temps, vous devrez faire une étude macro-économique sur votre futur secteur d’activité.
Cette dernière vous permet de vérifier qu’il existe un véritable marché pour le bien ou le service que vous souhaitez proposer. Quelle est votre offre ? Quel est votre environnement ? Répondre à ces questions va vous permettre de préciser votre offre, de définir vos premières actions commerciales et de fixer votre chiffre d’affaires prévisionnel.
La réalisation d'une étude de marché a pour objectifs principaux de :
- Définir avec précision qui seront vos clients, votre persona, votre cible principale... ses attentes, ses besoins, etc.
- Vous positionner face à la concurrence, et ainsi adapter votre produit ou votre service en fonction des éléments recueillis.
Par ailleurs, l'analyse de ces éléments vous permettra de :
- Définir un niveau de prix acceptable par vos futurs clients.
- Déterminer votre stratégie et chiffrer les premières actions commerciales et de communication qui seront nécessaires pour capter puis fidéliser votre clientèle.
- Fixer un chiffre d'affaires prévisionnel.
Testez et confrontez l'idée au marché. Un bon moyen d’évaluer l’intérêt de votre produit/service sur le marché, est la création d’une landing page dédiée (une méthode inspirée du lean startup) que vous diffuserez sur vos réseaux sociaux par exemple. Pour réussir ce test, il faudra utiliser un bon copywriting, mettre en avant votre proposition de valeur et construire une landing page incitant à effectuer une action en incluant un call to action (lien ou bouton vers un formulaire de contact, lien de téléchargement, etc.).
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Un projet peut être également testé en condition réelle sans pour autant vous immatriculer et créer une structure !
4. Le Business Plan : Un Document Indispensable
Pour cela, le business plan est un document indispensable pour vérifier la viabilité de votre projet et connaître les capitaux nécessaires pour vous lancer. Cette démarche va vous conduire à construire un projet cohérent et viable présenté dans un dossier, appelé business plan. Chaque option trouvera sa traduction financière et sa répercussion sur les équilibres financiers. Si le déséquilibre est trop important, votre projet devra être remanié et sa structure financière adaptée en conséquence.
Ce document détaille les points clés de votre projet : ses objectifs, son étude de marché, son offre, son plan de développement, ses projections financières, etc.
Structure du Business Plan
Vision du projet, analyse du marché et positionnement stratégique. Dans cette première partie du business plan, l'objectif est de détailler votre vision pour le projet, les produits ou services que vous souhaitez offrir, le marché que vous ciblez et la stratégie que vous comptez déployer pour réussir.
La structure peut se décliner de la manière suivante :
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- Présentation du concept et de votre offre.
- Étude approfondie du marché.
- Stratégie de positionnement et de lancement.
Profil du porteur de projet et cadre organisationnel. La deuxième section du business plan doit se concentrer sur la personne ou l'équipe à l'origine du projet, ainsi que sur la structure légale et organisationnelle prévue pour le soutenir.
Cette partie peut s'articuler ainsi :
- Présentation du porteur de projet, motivations et objectifs personnels.
- Présentation de l'équipe et des partenaires.
- Cadre juridique et structure de l’entreprise.
Plan financier prévisionnel. La dernière partie du business plan doit être consacrée à l'aspect financier, en fournissant des projections chiffrées et des analyses pour évaluer la viabilité économique du projet.
Les éléments financiers clés à inclure sont :
- Un compte de résultat prévisionnel, illustrant les revenus, les coûts, et les bénéfices anticipés.
- Un bilan prévisionnel.
- Un plan de trésorerie.
- Les tableaux des investissements et du financement.
- L’analyse du besoin en fonds de roulement et du seuil de rentabilité.
Bpifrance Création met à votre disposition des outils pour vous aider dans la rédaction de votre business plan ! L'application gratuite "Mon business plan" pour construire votre business plan en ligne, en créant gratuitement votre Pass Crea. Vous y retrouverez un modèle de business plan à télécharger et son mode d'emploi pour vous aider à le remplir. Ne sous-estimez pas vos besoins financiers ! N'hésitez pas à voir "grand" : votre projet de création a peut-être plus de potentiel que vous ne l'imaginez !
5. Recherche de Financements et Aides
Après avoir établi votre business plan, vous allez avoir une visibilité sur vos éventuels besoins d’aides financières, l’objectif étant de choisir la solution la plus adaptée à vos attentes. Le financement correct d’un projet de création d’entreprise est l’une de ses conditions de réussite. Vous allez devoir trouver suffisamment de capitaux pour que les besoins que vous avez identifiés soient financés intégralement.
Après avoir recensé ces besoins et évalué les ressources que vous pouvez facilement mobiliser, il vous faudra identifier et solliciter une ou plusieurs solutions financières pour les capitaux manquants : prêts d’honneur à taux zéro et sans garantie, crowdfunding, micro-crédit, emprunts bancaires, recherche d’investisseurs au capital social de l'entreprise, etc.
Enfin, vous pouvez également solliciter des aides en fonction de la nature de votre activité. Informez-vous sur les aides à la création d'entreprise ! Un conseil ? Ne partez pas avec une capitalisation trop juste. Les entreprises les plus pérennes sont celles qui ont prévu d’anticiper les coups durs.
6. Choix du Statut Juridique
Lors de la création de votre entreprise, vous allez devoir choisir sa forme juridique correspondant au cadre légal dans lequel vous allez exercer votre activité. Le statut juridique correspond au cadre légal dans lequel vous allez exercer votre activité. Plusieurs possibilités s'offrent à vous, il conviendra de tenir compte de différents critères pour choisir la meilleure forme juridique pour votre entreprise.
Ce choix se définit en fonction de plusieurs critères : la volonté de vous associer ou non, le choix de séparer votre patrimoine personnel de votre patrimoine professionnel, la définition du montant des apports, l’imposition des bénéfices, etc. Ce choix a un impact direct sur vos démarches administratives : selon votre statut, la création et la cession de votre entreprise se feront selon des modalités différentes.
Si vous créez seul, vous devrez opter entre l'entreprise individuelle, c'est à dire en nom propre (régime micro-entrepreneur ou entreprise individuelle "classique") ou une société (EURL, SASU). Si vous montez votre projet avec un ou plusieurs associés, plusieurs types de sociétés s’offriront à vous (SAS, SARL, etc.) Dans tous les cas, ne négligez pas cette étape et choisissez votre structure avec l'aide d'un professionnel du droit, ou un conseiller spécialisé, qui pourra également vous accompagner tout au long du processus de la création d'entreprise.
Le choix de la forme juridique d’une entreprise a des conséquences sur le statut social de son dirigeant. Il est donc important pour un entrepreneur de faire le bon choix et maîtriser les conséquences financières (fiscal et social) ainsi que sur la couverture sociale de chacun des statuts. Ce choix peut également engager l'avenir de l'entreprise.
Tableau des Formes Juridiques
| Forme juridique | Caractéristiques | Qui peut l'utiliser ? |
|---|---|---|
| Société en nom collectif (SNC) | Les associés (minimum 2) sont commerçants et responsables solidairement des dettes de la société. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens). |
| Société anonyme (SA) | Forme de société généralement réservée à de grandes entreprises. Elle doit être composée de 2 associés au minimum. Les actions détenues par les actionnaires dépendent du montant de leur apport dans la société. | Artisan, commerçant, industriel |
| Société à responsabilité limitée (SARL) | Société permettant à chacun des associés (entre 2 et 100) de n'être responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) | Société à responsabilité limitée composée d'un associé unique. Il n'est responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Société par actions simplifiée (SAS) | Société d'une grande souplesse. Les associés (au moins 2) sont libres de déterminer dans les statuts les modalités de son fonctionnement. Sans capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
| Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) | Société par actions simplifiée composé d'un associé unique. Il peut déterminer librement les modalités de fonctionnement de la société dans les statuts. Sans capital minimum | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
7. Domiciliation, Nom et Statuts
Tout d’abord, le choix de domiciliation de votre entreprise (correspondant à son siège social) : si votre activité ne nécessite pas l’utilisation d’un local, il est possible de domicilier votre activité dans votre propre logement, à condition que votre bail ou règlement de copropriété ne s’y oppose pas. En revanche, si un local commercial est indispensable, c’est un peu plus compliqué et cela peut prendre du temps.
Si cela n’est toujours pas fait, c’est le moment de choisir le nom de votre entreprise. Une fois que vous avez trouvé votre dénomination sociale et votre nom commercial, il convient de s’assurer de leur disponibilité auprès de l’INPI.
La rédaction des statuts est obligatoire lors de la création d'une société et ce, quelle que soit la forme juridique envisagée (EURL, SARL, SASU, SAS, etc.). C’est un document écrit qui prévoit l’organisation et le fonctionnement de la société, établi par les associés. Si vous choisissez de procéder à la création de société, il va falloir rédiger votre projet de statuts. Là-encore, il est recommandé de vous faire accompagner par un professionnel. L’expert-comptable peut intervenir sur la rédaction de vos statuts uniquement si vous vous engagez à travailler avec lui sur une mission comptable.
8. Dépôt des Apports et Préparation du Dossier de Création
Si vous constituez une société, vous devez procéder au dépôt des apports en numéraire immédiatement libérés lors de la constitution. Lorsque des apports en nature sont prévus, vous devrez procéder à leur évaluation.
Pour les créations de sociétés, lorsque le projet de statut est terminé et validé par tous les associés, il est temps de commencer à préparer le dossier de création.
9. Immatriculation de l'Entreprise
Dernière étape : l'immatriculation de votre société auprès du Service de formalités des entreprises. Pour que votre entreprise ait une existence juridique, vous devrez effectuer le dépôt de votre dossier d'immatriculation auprès du Guichet unique.
Après avoir transmis votre dossier de demande d’immatriculation au guichet unique, votre entreprise est en cours d’immatriculation. Lorsque le dossier est complet, l’immatriculation de l’entreprise intervient rapidement et vous recevrez votre extrait d’immatriculation. Une fois que l’entreprise est immatriculée, vous pouvez démarrer votre activité. N’oubliez pas de souscrire une assurance pour couvrir votre activité.
10. Après l'Immatriculation
Votre entreprise est créée ! Il faut maintenant vous faire connaître des différentes administrations : services fiscaux, caisses de retraite, caisses d’assurance maladie, etc. En tant que micro-entrepreneur, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires tous les mois ou tous les 3 mois.
Lors du dépôt de votre dossier de création d’entreprise, vous avez choisi le régime d’imposition des bénéfices ainsi que celui de la TVA (franchise en base, régime simplifié d’imposition ou régime réel normal). Si vous êtes un entrepreneur individuel ou une micro-entreprise, vous bénéficiez de démarches administratives simplifiées et la création d’un bilan comptable n’est pas une obligation légale.
11. Accompagnement Professionnel
Il est fortement recommandé, dans cette étape essentielle, de se faire accompagner par un professionnel (idéalement un expert-comptable pour ses compétences multidisciplinaires). Parallèlement à ces réflexions, vous devez continuer à avancer sur le montage du financement du projet.
Contactez un réseau d'accompagnement. L'appui d'un organisme ayant une parfaite connaissance des outils de financements existants pour les créateurs et des aides à la création d'entreprise peut être précieux à ce stade. Les entrepreneurs accompagnés augmentent leurs chances de succès!
Les réseaux d’accompagnement sont mobilisés pour la réussite des porteurs de projet partout en France et en Outre-mer. Ils s’adressent à l’ensemble des entrepreneurs, quels que soient leur profil, leur besoin et leur localisation. De la sensibilisation à l’aide au rebond en passant par la formation et les aides et financement de la création d’entreprise.
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