Comment financer l'achat d'un fonds de commerce ?
Reprendre un fonds de commerce est un investissement stratégique capital pour lancer ou développer votre activité commerciale, artisanale ou industrielle. En plus de l’acquisition immédiate d’une clientèle déjà existante, vous bénéficiez de locaux, d’un nom commercial reconnu, d’éventuelles licences, ainsi que des équipements de votre prédécesseur. Cependant, un tel projet nécessite un investissement financier parfois conséquent, ce qui soulève la question du financement. Faut-il opter pour un prêt bancaire classique, explorer les aides publiques, ou se tourner vers des investisseurs privés ? Découvrez toutes les solutions de prêt et de financement qui s’offrent à vous pour financer l’achat d’un fonds de commerce, avec ou sans apport.
Les modes de financement pour l'achat d'un fonds de commerce
L’achat ou la reprise d’un fonds de commerce est un projet professionnel qui peut être rendu possible grâce à un mode de financement unique, ou une combinaison habile de plusieurs modes de financement. D’où l’importance d’envisager toutes les options possibles afin de prendre la décision qui correspond le plus à vos besoins.
1. Les circuits de financement classiques
Pour financer l’achat d’un fonds de commerce en l’absence de fonds propres suffisants, une société peut suivre deux grandes voies : les circuits classiques et les circuits innovants, éloignés du secteur bancaire. Des aides peuvent aussi venir compléter le ou les modes de financement retenus.
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Le prêt bancaire personnel
Un dossier de demande de prêt bancaire personnel peut être déposé à la banque aussi bien par un particulier que par une entreprise. Le montant maximum du financement est fixé à 75 000 euros et le contrat ne peut généralement excéder 7 ans.
Le prêt bancaire professionnel
Connu aussi sous le nom de crédit entreprise, le prêt bancaire professionnel est la forme de crédit la plus populaire auprès des entreprises, pour le financement de fonds de commerce comme pour tout autre projet professionnel. Par rapport au prêt bancaire personnel, les intérêts sont légèrement supérieurs. En revanche, et c’est bien là l’avantage du crédit professionnel : ils sont déductibles fiscalement. Le montant empruntable est en outre plus important.
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Le prêt d’honneur
Lorsque la banque refuse de financer la totalité du projet de création ou de reprise du fonds de commerce, l’entreprise peut compléter son crédit avec un prêt d’honneur, c’est-à-dire un prêt personnel sans intérêts (hormis les frais de dossier). Pour faire une demande, elle peut se rapprocher des associations Réseau Entreprendre ou France Initiative, ou bien encore de la société d’investissement Raise.
Le prêt d'honneur est accordé à vous personnellement et pas à l'entreprise créée/reprise. Le montant du prêt d'honneur varie entre 1 000 € et 90 000 €. Son remboursement s'étale sur une durée de 1 à 7 ans. L'obtention de ce prêt permet de crédibiliser votre projet de création d'entreprise aux yeux des banques. Il vous sera d'autant plus facile de les convaincre de vous accorder un prêt bancaire.
Vous pouvez renforcer votre apport personnel avec un prêt d'honneur Création-Reprise :
- Sans intérêts : il s'agit d'un prêt à taux zéro, vous ne remboursez que ce que l'on vous a prêté.
- Sans garantie : vous vous engagez sur l'honneur à rembourser ce prêt. On ne vous demandera pas de caution ou de nantissement sur le fonds de commerce ou les titres sociaux.
Le crédit-bail
Un fonds de commerce peut aussi être loué par l’entreprise à travers le crédit-bail. L’achat est alors réalisé par une banque ou une société de financement spécialisée en la matière, qui endosse le rôle de crédit-bailleur. L’entreprise locataire, elle, est appelée crédit-preneur.
Un contrat de crédit-bail est obligatoirement assorti d’une promesse de vente. Cela permet à l’entreprise, si elle le souhaite, d’acheter le fonds de commerce une fois le contrat arrivé à son terme. Le cas échéant, elle devra verser à la banque un montant résiduel (prix d’achat prévu au contrat). Ce prix tient compte des loyers déjà versés, mais des intérêts et autres frais, également prévus au contrat, viendront s’ajouter. Ce n’est donc pas la solution la plus économique pour l’entreprise.
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2. Les circuits de financement novateurs
Et du côté des circuits de financement dits novateurs, que retrouve-t-on ?
Le financement participatif (crowdfunding)
L’objectif du financement participatif, ou crowdfunding, est d’augmenter les fonds propres de sa société en sollicitant l’apport financier de particuliers. Cette méthode, dédiée à un projet de création d’entreprise, peut prendre diverses formes (prêt avec ou sans intérêts, investissement en capital…).
Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobilier des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.
La campagne de crowdfunding se déroule dans un temps imparti et sur une plateforme dédiée (ex : Ulule, Kickstarter, Kisskissbankbank...). Le choix de la plateforme dépend de la nature du projet, certaines plateformes étant généralistes et d'autres spécialisées.
Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes :
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- Don (reward crowdfunding) : les contributeurs vous font des dons d'argent sans retour sur investissement. Une contrepartie non-financière peut éventuellement être proposée (ex : goodies, entrées pour un évènement de l'entreprise, photos de l'équipe dédicacées...).
- Prêt (crowdlending) : les contributeurs vous accordent un prêt que vous devrez rembourser, avec ou sans intérêts.
- Investissement : les contributeurs peuvent financer le projet en achetant des titres sociaux (des actions) de votre société. Les contributeurs deviennent des associés à part entière de l'entreprise et obtiennent, en contrepartie de leur apport, le droit aux bénéfices de l'entreprise et le droit de prendre part aux décisions qui concernent l'entreprise.
Les business angels
Les business angels se définissent comme des personnes physiques investissant dans un projet d’entreprise. Le business angel type est un ancien dirigeant de société ou un professionnel encore en activité disposant d’une solide expérience dans le commerce.
Le business angel peut vous apporter plusieurs choses :
- Un apport financier direct : lorsque les business angels se groupent pour financer un projet à fort potentiel, l'apport moyen va de 300 000 € à 500 000 €.
- Un carnet d'adresses : son réseau peut vous permettre de trouver d'autres financements.
- Une expérience professionnelle : le business angel participe activement à la vie de l'entreprise et à la prise de décision. Il apporte des compétences et de nombreux conseils.
En contrepartie de cet investissement, le business angel entend dégager une forte plus-value. Cette voie de financement s'adresse donc aux projets innovants (innovation technologique, par exemple) à forte valeur ajoutée.
Le crédit participatif
Encore appelé prêt entre particuliers ou crédit sans banque, le crédit participatif repose sur le prêt d’argent entre particuliers et investisseurs professionnels, sans intermédiaire ou presque. La société de crédit est le seul intervenant. Avec le crédit sans banque, l’épargne des uns est donc utilisée pour financer l’investissement des autres. L’avantage ? Des intérêts bien inférieurs à la plupart des établissements de crédit classiques. C’est ce que propose Younited Credit, au travers d’une solution de financement unique : le prêt personnel amortissable à taux fixe, à destination des particuliers comme des professionnels.
3. Les aides publiques
En effet, la France encourage les initiatives entrepreneuriales telles que la reprise ou la création d’une entreprise ou d’un fonds de commerce.
Parmi les nombreuses aides publiques pouvant être accordées pour le financement d’un fonds de commerce, citons :
- L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) de Pôle emploi.
- L’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (ACRE) de l’État.
- L’aide à la création d’entreprise en faveur des personnes handicapées de l’AGEFIPH.
Notons néanmoins que les demandeurs d’emploi qui respectent les conditions fixées par France Travail (anciennement Pôle Emploi) peuvent bénéficier de l’ARCE (l’aide à la reprise et à la création d’entreprise). Il s’agit du versement d’une somme d’argent en deux fois, qui vient remplacer le maintien partiel de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Ici, l’ARCE peut donc servir à financer en partie l’acquisition d’un fonds de commerce.
Ainsi, les bénéficiaires de ces dispositifs publics peuvent prétendre à certaines aides régionales et nationales, à des conseils et formations relatifs à la reprise et à la création d’entreprise, à des abattements fiscaux, à des exonérations de charges sociales, etc. Dans le cadre de l’élaboration de votre business plan, nous vous invitons à vous rapprocher des collectivités territoriales locales qui pourront vous renseigner sur les aides auxquelles vous avez le droit. Celles-ci peuvent varier en fonction du futur lieu d’implantation de votre commerce, de votre secteur d’activité ou encore de votre statut.
4. Contrat de développement transmission proposé par Bpifrance
Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance permet de financer les dépenses suivantes :
- Achat d'un fonds de commerce
- Achat majoritaire de titres sociaux (parts sociales ou actions)
- Frais d'acquisition
- Renforcement du besoin en fonds de roulement
- Remboursement de comptes courants
Le montant du prêt varie entre 40 000 € et 1 500 000 €. Le remboursement peut s'étaler sur une durée de 7 ans, avec un allègement du remboursement les 2 premières années.
Le contrat de développement transmission concerne les reprises effectuées de la manière suivante :
- soit par la constitution d'une holding de reprise par des personnes physiques
- soit par des sociétés existantes en phase de croissance externe (fusion, acquisition, prise de participation, etc.).
Le repreneur et l'entreprise ciblée par la reprise doivent être des TPE/PME créées depuis plus de 3 ans, capables de fournir une documentation comptable (bilan et compte de résultat) couvrant une période d’activité de 24 mois.
5. Le crédit vendeur
Dans le cadre d'une reprise, si un climat de confiance s'est installé entre vous et le cédant de l'entreprise, il est possible de négocier avec lui la conclusion d'un crédit vendeur.
Le crédit vendeur vous permet d'obtenir un paiement échelonné (paiement en plusieurs fois) d'une partie du prix (50 % maximum). La durée du remboursement du crédit vendeur est de 1 à 3 ans. Elle est plus courte que celle du crédit bancaire et vient donc alourdir les charges de l’entreprise.
Ce crédit est également un levier important pour rassurer les banques et obtenir un emprunt bancaire. En effet, le fait que le cédant prenne le risque d'y recourir est un gage de confiance dans les compétences professionnelles du repreneur.
En plus du crédit vendeur, vous pouvez proposer au cédant une clause de complément de prix (ou clause d'earn out) qui permet d'indexer une partie du prix de cession aux résultats futurs de l'entreprise. Vous pouvez ainsi étaler le paiement du prix de cession.
L'apport personnel : un atout majeur
Si vous envisagez de contracter un prêt bancaire pour financer votre fonds de commerce, alors il est fortement conseillé de vous constituer un apport personnel. Il parait plutôt logique que l’entrepreneur à l’initiative du projet soit le premier à mettre la main à la poche ! Cette somme d’argent permet de gagner la confiance des banques afin de les convaincre de vous octroyer le prêt souhaité. L’apport personnel peut être perçu par les organismes financiers comme un gage du sérieux de votre projet, mais également de votre capacité à rembourser le prêt accordé. Précisons qu’un prêt d’honneur sans intérêt ni garantie peut être considéré par votre banque comme un apport personnel.
D’autre part, constituer un apport personnel permet également de convaincre de potentiels investisseurs d'apporter leur contribution à votre projet !
Enfin, si votre activité nécessite d’acquérir un stock de marchandises, sachez que cet élément essentiel ne peut pas être financé par votre banque. Dans ce cas de figure, l’apport personnel est absolument indispensable.
Les garanties exigées par les banques
Il est plutôt rare qu’une banque n’exige pas de garantie lorsqu’elle accorde un financement de fonds de commerce. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’une création de société, les risques étant plus importants. Le montant de la garantie doit être au moins équivalent au montant du financement.
Pour s'assurer que l'emprunt sera bien remboursé, la banque peut exiger des garanties :
- Garantie réelle (le nantissement du fonds de commerce ou le nantissement de titres sociaux)
- Garantie personnelle (dans ce cas, la banque exige que le l'emprunteur se porte personnellement garant du paiement des échéances)
Une garantie de prêt peut prendre plusieurs formes :
- Nantissement du fonds de commerce
- Hypothèque
- Cautionnement personnel (une personne de l’entourage se porte garant).
Pour le financement d’un fonds de commerce, certains organismes spécialisés se portent caution envers l’organisme bancaire. C’est par exemple le cas de BPI France et de SIAGI.
Les organismes de financement solidaire
Si vous créez/reprenez une entreprise dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), vous pouvez faire appel à des financeurs solidaires tels que France Active, la Nef ou le Crédit Coopératif.
Une entreprise solidaire produit des biens ou des services à forte utilité sociale et/ou environnementale. Ces entreprises agissent dans différents domaines et ont pour objectif de résoudre des problématiques d’intérêt général : lutte contre le chômage, contre l’exclusion, le mal-logement, développement de l’agriculture biologique, des énergies renouvelables, aide aux pays en développement, etc.
Le microcrédit professionnel
Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises, quel que soit le secteur d'activité ou leur statut, qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique.
Il s'agit d'un prêt de 17 000 € maximum, le plus souvent assorti d'un taux d'intérêt au moins égal à 5 %. Sa durée de remboursement est de 5 ans maximum. Le microcrédit peut être remboursé par anticipation.
Pendant sa durée de remboursement, le prêt fait l’objet d’un suivi financier par l’association ou la fondation chargée de l’accompagnement social.
Le financement issu du microcrédit professionnel est utilisé pour financer l'achat d'un stock, de matériel, d'un véhicule, de trésorerie, etc.
Participer à des concours
Vous pouvez vous inscrire à des concours qui récompensent les créateurs/repreneurs d'entreprise selon leur secteur d'activité.
La somme perçue lors d'un concours que vous remportez peut-être directement intégrée aux capitaux propres de votre entreprise.
Gagner un concours peut aussi vous permettre de vous faire connaître, de rencontrer des partenaires et de gagner en crédibilité aux yeux des banques et autres investisseurs.
Tableau récapitulatif des sources de financement
| Source de financement | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Prêt bancaire | Montants importants, durée de remboursement adaptée | Exigence de garanties, taux d'intérêt |
| Prêt d'honneur | Sans intérêt, sans garantie | Montants limités |
| Crédit vendeur | Facilite l'obtention d'un prêt bancaire, gage de confiance | Durée de remboursement courte |
| Crowdfunding | Alternative aux financements traditionnels, test de marché | Campagne chronométrée, nécessité de mobiliser une communauté |
| Business Angels | Apport financier, carnet d'adresses, expérience professionnelle | Exigence de forte plus-value |
| Aides publiques | Aides financières, conseils, exonérations | Conditions d'éligibilité, démarches administratives |
| Microcrédit professionnel | Accessible aux créateurs ne pouvant accéder au financement bancaire classique | Montant limité, taux d'intérêt |
En conclusion, le financement d'un fonds de commerce est une étape cruciale qui nécessite une planification rigoureuse et une connaissance approfondie des différentes options disponibles. N'hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels pour optimiser votre stratégie de financement et assurer la réussite de votre projet entrepreneurial.
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