Comment financer les études de son enfant ?

Les études supérieures représentent un investissement important pour l'avenir de vos enfants. Entre les frais d’inscription, le logement, le transport et les dépenses courantes, le coût annuel peut s'élever à plusieurs milliers d’euros. Il est donc crucial d'anticiper et de planifier financièrement cette étape.

Une étude de l'institut CSA* évaluait en 2018 le budget moyen consacré aux études supérieures d’un enfant à 7 118 € en moyenne par an. En 2024, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) estimait le coût de la rentrée pour les étudiants à 3 157 €. Auxquels s'ajoutent les coûts de la vie étudiante tout au long de l'année : 1 238 en moyenne par mois selon la FAGE, avec comme premier poste de dépense le loyer, de 520 €/mois en région à 688 € en Ile-de-France.

Alors, comment financer les études de vos enfants ? Voici plusieurs pistes à explorer :

Épargne et placements

Épargner en amont permet aussi de constituer un pécule destiné à financer les études supérieures de votre ou vos enfants en privilégiant une enveloppe financière adaptée à de l’épargne longue. Si vous vous y prenez tôt, il faut envisager à la fois une épargne longue et un contrat qui autorise les retraits de fonds.

Il est conseillé de commencer très tôt. Quand vous mettez de côté de l’argent pour leurs études, vous leur offrez la chance de choisir, le moment venu, le cursus de leur rêve ou tout au moins l’opportunité de finir leurs études.

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Voici quelques options d'épargne à considérer :

Les livrets d'épargne

Les livrets d’épargne sont souvent proposés par les banques dès la naissance d’un enfant. C’est une solution non contraignante, sans frais et sans risque. Cette solution a l’avantage d’être peu contraignante et généralement sans frais.

  • Le Livret A: Vous pouvez y placer jusqu’à 22 950 € de manière totalement sécurisée, sans frais, ni impôts, à raison d’un livret par personne majeure ou mineure. Le capital reste disponible à tout moment. À noter que le taux du livret A est passé à 1,7 % le 1er août 2025.
  • Le livret Jeune: Ouvert aux jeunes de 12 à 25 ans inclus, le livret jeune est également un placement sûr dont le taux d'intérêt est fixé par l’État. On ne peut détenir qu'un seul livret jeune par personne. Les versements sont libres, mais la plupart des établissements demandent un versement initial minimum de 10 €. Le plafond du livret jeune est de 1 600 € seulement, ce ne peut donc être qu'un complément aux autres solutions d'épargne.
  • Le livret de développement durable et solidaire (LDDS): Ce livret permet de verser jusqu’à 12 000 € sans impôts, ni limite de temps. La rémunération est la même que pour le livret A, avec un plancher de 0,5 %.

Le plan d’épargne logement (PEL)

L’épargne est placée sur un PEL pour une durée maximale de 15 ans (plafonnée à 61 200 € avec des versements annuels minimum de 540 € sur 10 ans, suivis de 5 années de capitalisation). Après un dépôt initial de 225 €, le PEL exige un versement annuel minimum de 540 euros et ne peut dépasser un plafond de versement de 61 200 euros. Les fonds peuvent être retirés à tout moment, notamment pour financer les études de son enfant, sachant qu’un PEL est conclu pour une durée minimale de 4 ans et qu’il peut être prorogé jusqu'à 10 ans.

Il présente l’avantage de permettre un prêt pouvant aller jusqu’à 92 000 € pour aider à l’acquisition d’un logement. Ce droit à l’emprunt peut être transféré à un membre de votre famille, à votre enfant par exemple, s’il est lui-même titulaire d’un PEL ouvert depuis au moins trois ans. À noter que la rémunération du PEL est de 1,75 % pour les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2025.

L’assurance vie

L’assurance vie est aussi à envisager pour financer les études de vos enfants. Un placement financier permet de réaliser un investissement diversifié et modulable dans le temps : le contrat d’assurance vie. En effet, la souplesse de ce contrat de long terme permet d’épargner à votre rythme en choisissant la formule d’investissement qui vous convient le mieux : versement unique, versements périodiques ou versements libres. Vous serez également libre de choisir le montant, et de le modifier ultérieurement si nécessaire.

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Deux solutions sont possibles pour financer les études supérieures :

  • Souscrire une assurance vie à votre nom que vous alimenterez comme un compte épargne, et effectuer des retraits au moment de financer les études de votre enfant. À noter que les plus-values réalisées ne sont totalement exonérées d’impôts qu’au bout de 8 ans.
  • Ou souscrire l’assurance vie au nom de votre enfant, qui pourra disposer du capital constitué à sa majorité en effectuant des retraits, dont jusqu’à 4 600 € par an de gains en franchise d’impôt (sauf prélèvements sociaux) au-delà du huitième anniversaire du contrat.

Attention, pour cette deuxième solution, mieux vaut prendre des précautions d’un point de vue fiscal. Vous avez le droit de verser sur le contrat d’assurance vie de votre enfant 500 € à Noël et 500 euros à son anniversaire. Ces deux sommes sont considérées comme des présents d’usage non taxables.

L’immobilier locatif

Investir dans l’immobilier locatif peut également permettre de préparer l’avenir de vos enfants. Plutôt qu’un capital financier, vous pouvez miser sur l’immobilier, une démarche autrement plus lourde. L’idée ? Vous achetez un bien dans une grande ville. Si votre enfant y fait ses études, il l’occupera, réduisant du même coup significativement le coût de ses études (le logement est un poste clé). Et si ce n’est pas le cas, vous louerez ce bien, ce qui génèrera un revenu qui pourra aider votre enfant. Attention, placez-vous clairement dans la peau d’un investisseur immobilier.

En recourant à un prêt, qui sera remboursé grâce aux revenus locatifs, vous disposerez à terme d’un logement que vous pourrez continuer à louer pour dégager des revenus afin de verser une pension alimentaire à votre enfant majeur. Vous pouvez déduire de vos revenus imposables jusqu’à 6 674 € au titre du logement, de la nourriture et des frais de scolarité (avec un justificatif) si votre enfant est détaché de votre foyer fiscal. En contrepartie, vous perdez le bénéfice d’une demi-part voire d’une part fiscale sur votre déclaration d’impôt.

L’investissement dans l’immobilier locatif peut aussi se faire de manière indirecte, en souscrivant des parts de Société civiles de placement immobilier (SCPI). Ces sociétés, qui détiennent des immeubles d’entreprise et des biens immobiliers résidentiels, versent des revenus réguliers grâce aux loyers encaissés sans que vous ayez à intervenir dans la gestion, ni l’entretien des bâtiments. Logés dans une assurance vie, ces parts et les revenus produits bénéficieront en plus du cadre fiscal avantageux du contrat.

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Coût moyen des études supérieures en France

Aides financières et bourses

Il existe de nombreuses aides financières pour les étudiants :

  • Bourse sur critères sociaux
  • Aide au mérite
  • Aide à la mobilité
  • Allocation

La bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux est considérée comme une aide complémentaire à la famille lorsque le bénéficiaire est toujours à la charge de ses parents. Les charges et les revenus de la famille déclarés l’année de la demande sont donc pris en compte pour fixer son taux.

Les Caisses d’Allocations Familiales participent indirectement aux frais d’enseignement des étudiants en finançant une partie du coût du loyer. Afin d’alléger la charge du loyer qui est l’une des plus importantes dans le budget étudiant, la CAF propose l’ALS et l’APL.

Comment financer les études des enfants ?

Prêts étudiants

Le prêt étudiant garanti par l’État permet quant à lui d’emprunter sans la caution d’un proche. Pour financer un projet d’étude, il est aussi possible de se tourner vers un crédit à la consommation.

Si vous ne souhaitez pas que votre enfant contracte lui-même un prêt, mais ne disposez pas de l’épargne nécessaire, vous pouvez demander un crédit à la consommation non affecté, c’est-à-dire un prêt personnel.

Voici les principaux types de prêts étudiants :

  • Prêt étudiant classique: Il s’agit alors d’un prêt affecté devant servir uniquement au financement de la vie étudiante et dont le montant est compris entre 1 500 et 45 000 euros selon les besoins et les revenus de l’étudiant et de ses parents.
  • Prêt étudiant garanti par l'État: Ce prêt peut être contracté par tout étudiant majeur de moins de 28 ans (ou mineur émancipé de plus de 16 ans) préparant un diplôme d’enseignement supérieur français (BTS, diplôme universitaire, école d’ingénieurs, etc.) dans un établissement situé en France. Le montant attribué est fixé à 20 000 euros au maximum et l’emprunt est à remboursement différé c’est-à-dire que l’étudiant peut commencer à le rembourser jusqu’à deux ans après l’obtention de son diplôme. La durée minimum de remboursement est fixée à deux ans bien que des possibilités de remboursement anticipé existent sous conditions.
  • Crédit à la consommation: Vous pouvez également recourir à un crédit à la consommation classique pour le financement des études qui peut être à votre nom comme à celui de votre enfant. Celui-ci vous laisse alors plus de liberté quant à son utilisation et permet d’emprunter jusqu’à 75 000 euros sans justificatif.

Le prêt étudiant offre divers avantages. Son taux est tout d’abord abordable, sachant que l’emprunteur peut bénéficier d’une période différée de remboursement. Cela permet de rembourser le prêt à la fin des études de l’enfant quand il s’agit d’une franchise totale. Cependant, le taux d’un prêt étudiant avec une franchise totale peut être élevé.

Travail étudiant et stages rémunérés

Le travail étudiant constitue une alternative courante, permettant aux jeunes de contribuer financièrement à leur éducation tout en acquérant une expérience professionnelle précieuse. L’apprentissage permet également de financer les études d’un enfant tout en étant exempté de frais de scolarité.

Les stages rémunérés sont une forme de travail temporaire dans le cadre d'un cursus d'études, où l'étudiant reçoit une rémunération pour les tâches effectuées.

Autres solutions

  • Prêt familial: Pour éviter toute disparité entre leurs enfants, les parents peuvent consentir un prêt - plutôt qu’un don - à celui qui entreprend des études coûteuses. Il leur faudra établir par précaution - mais aussi par obligation au-delà de 1 500 € -, une reconnaissance de dette indiquant notamment les modalités du prêt.
  • Donation temporaire d’usufruit: C’est un excellent moyen d’aider un enfant, si vous pouvez vous passer momentanément des revenus d’un bien locatif. Il suffit de lui faire, obligatoirement par acte notarié, une donation temporaire d’usufruit du logement loué, de façon à lui transférer les loyers pendant la durée de ses études.
  • Un don d’argent exonéré: Chaque parent, grand-parent ou arrière-grand-parent peut effectuer un don d’argent jusqu’à 31 865 € sans impôt, tous les 15 ans, à chacun de ses enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants.

En conclusion, plusieurs options s'offrent à vous pour financer les études de vos enfants. L'essentiel est d'anticiper, de diversifier vos sources de financement et d'adapter votre stratégie à votre situation financière et aux besoins de votre enfant.

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