Comment monter une auto-entreprise : Les étapes clés

Le statut d’auto-entrepreneur, aussi appelé aujourd’hui micro-entrepreneur, est un régime simplifié qui permet de lancer facilement une activité indépendante. Accessible à tous, il séduit par sa souplesse, ses formalités allégées et une gestion comptable simplifiée. De ce fait, il offre un cadre idéal et légal pour tester un projet ou générer un revenu complémentaire. 60 % des entreprises nouvellement créées en 2023 étaient des micro-entreprises : un pourcentage qui permet de constater que ce régime fiscal rencontre toujours un franc succès. Alors comment vous immatriculer et déclarer votre activité en micro-entreprise ? Quelles sont vos obligations ? Que devez-vous garder en tête au moment de la création de votre statut ?

Un auto-entrepreneur est une personne physique qui crée et exerce une activité commerciale, artisanale ou libérale. Toutefois, l’auto-entrepreneur comme tout travailleur indépendant doit respecter certaines obligations et est responsable de son activité.

Bon à savoir : Depuis 2016, les termes auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même régime. Avant cette date, les régimes de la micro-entreprise et de l’auto-entreprise avaient des règles distinctes.

En principe, toute personne physique peut devenir entrepreneur et notamment auto-entrepreneur. De plus, l’auto-entreprise peut être exercée à titre principal, c’est-à-dire en tant qu’activité à part entière ou à l’inverse à titre complémentaire, c’est-à-dire en tant qu’activité annexe en complément d’un statut. Cependant, le statut d’auto-entrepreneur n’est pas compatible avec certaines activités ou certaines situations professionnelles.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d’une micro-entreprise sont réalisées exclusivement en ligne via le Guichet Unique de l’INPI. Ensuite, pour effectuer votre déclaration d’activité, vous devez vous rendre sur le site du Guichet Unique de l’INPI.

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Guichet Unique INPI

Il est nécessaire de choisir un nom pour sa micro-entreprise. Ce nom est aussi appelé la dénomination sociale ou encore la raison sociale. Lorsqu'un entrepreneur crée sa micro-entreprise, il exerce son activité en son nom propre. Ainsi, le nom de la micro-entreprise correspond au prénom et au nom de famille de l'entrepreneur précédé ou suivi de la mention "entrepreneur individuel ou "EI".

En plus de la dénomination sociale, il est recommandé de choisir également un nom commercial ou professionnel. Il s'agit du nom sous lequel la micro-entreprise sera connue du public.

Lorsque l'entrepreneur souhaite exercer une activité réglementée (exemples : restaurateur, agent immobilier, coiffeur), il doit s'assurer de remplir les conditions préalables à l'exercice de cette profession. Il s'agit par exemple de l'obtention d'un diplôme particulier, de la demande d'une autorisation auprès de la mairie du lieu d'exercice ou encore d'une demande d'agrément. Pour savoir si une activité est réglementée, vous pouvez consulter notre fiche dédiée.

Le siège social correspond à l'adresse de la micro-entreprise. Il s'agit du lieu où tous les documents concernant l'activité de la micro-entreprise sont envoyés. Le micro-entrepreneur a la possibilité de domicilier son entreprise chez lui ou dans un local dédié (cabinet, colocation d'entreprises, pépinière). Cette adresse doit être renseignée lors de l'immatriculation sur le site du guichet des formalités des entreprises. En l'absence de domiciliation, l'immatriculation ne peut pas être effectuée. L'adresse doit figurer sur les documents commerciaux (devis, factures notamment).

Une fois que l'entrepreneur a choisi l'adresse de sa domiciliation, il est important de communiquer cette adresse au bureau de Poste le plus proche pour s'assurer de recevoir son courrier.

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Lorsqu'un individu devient micro-entrepreneur, son patrimoine personnel est en principe protégé. Seul son patrimoine professionnel (patrimoine affecté à l'activité de la micro-entreprise) pourra être saisi en cas de difficultés. La résidence principale de l'entrepreneur est automatiquement protégée. En revanche, pour protéger les biens immobiliers qui ne sont pas affectés à l'activité professionnelle (par exemple, résidence secondaire), il faut se rapprocher d'un notaire pour qu'il effectue une déclaration d'insaisissabilité. Cette déclaration doit être jointe lors de la démarche d'immatriculation sur le guichet des formalités des entreprises.

À savoir : L'administration fiscale ou les organismes de sécurité sociale peuvent réclamer le paiement de leurs dettes sur les patrimoines professionnel mais aussi personnel de l'entrepreneur lorsque celui-ci a commis des fraudes ou manquements graves.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche sur la séparation des patrimoines professionnel et personnel.

Étape par étape : L'immatriculation de votre micro-entreprise

Pour immatriculer sa micro-entreprise, il faut se rendre sur le site du guichet unique. Cette plateforme est devenue l'unique guichet unique électronique et se substitue aux autres services. Elle permet de demander l'inscription d'une entreprise au Registre National des Entreprises (RNE). Découvrez étape par étape comment procéder à l'immatriculation de votre micro-entreprise.

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Étape 1 : Renseigner l'identité de l'entreprise

Une fois connecté sur le site du Guichet unique, dans le tableau de bord vous devez "déclarer une formalité d'entreprise", puis cliquez sur "création d'entreprise". C'est à partir de là que les étapes suivantes débutent.

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L’étape de l’immatriculation constitue l’une des plus importantes et elle est obligatoire et doit être effectuée au moment de la déclaration de début d’activité. Elle est essentielle en ce qu’elle lui confère une existence juridique : elle permet d’identifier, recenser et informer les tiers de son existence. C’est enfin par l’immatriculation que le micro-entrepreneur est autorisé à exercer son activité formellement son activité professionnelle et à bénéficier de la protection sociale attachée. Cette étape se concrétise par la délivrance d’un extrait Kbis et d’un numéro SIRET.

Extrait KBIS

C'est sur le premier écran que vous décidez de vous déclarer sous le statut de la micro-entreprise. Une fois votre compte activé sur le guichet unique, on vous demandera “Quelle est la forme d'entreprise que vous souhaitez créer ?”. cocher “oui” lorsque l'on vous demande si vous bénéficiez du statut de la micro-entreprise. Cette première partie des informations à remplir pour la création de votre micro-entreprise concerne votre identité et celle de votre entreprise individuelle.

Si vous avez déjà exercé une activité non salariée, vous devez répondre "oui" à la seconde question.

Une fois la forme validée, il faut renseigner les informations sur l’entrepreneur lui-même :

Si vous exercez votre activité de manière non sédentaire, c’est-à-dire que vous exercez votre activité de façon itinérante dans différents lieux sur l’espace public, vous devez cocher la case suivante : S’ouvre la case "qualité de non sédentarité" où vous devez choisir entre :

  • ambulant ressortissant UE hors France (si vous êtes un ressortissant de l'UE) ;
  • ambulant non sédentaire (dans les autres cas).

Les écrans suivants permettent de renseigner les informations sociales pour procéder à votre affiliation à un régime d’assurance maladie. En tant que micro-entrepreneur, vous serez sous le régime micro-social. Vous devez à ce stade choisir la périodicité de vos déclarations "mensuelles" ou "trimestrielles" :

Vous devez ensuite répondre à la question concernant l'existence d'un éventuel contrat d’appui :

En répondant "oui" au contrat d’appui, vous devez renseigner les informations concernant ce contrat :

  • Date de début et date de fin du contrat ;
  • Entreprise contractante (Siren et dénomination) ;
  • Adresse de l’entreprise contractante.

Informations sur l'entrepreneur

  • L'adresse personnelle
  • Et enfin les informations concernant votre régime d’assurance maladie actuel (à compléter selon vos informations personnelles) avec votre numéro de sécurité sociale :
  • Activité antérieure : vous devez cocher "oui" si vous avez déjà eu une activité non salariée précédemment.

Vous devez répondre "oui" à la question sur l’Acre si une demande auprès de l'Urssaf a déjà été effectuée. Dans le cas contraire, la demande d'Acre doit être adressée à l'Urssaf concomitamment à la déclaration de création/de reprise d'entreprise sur le Guichet unique. Le formulaire de demande d’Acre doit être envoyé accompagné du justificatif de création d’activité.

Dans le champ organisme d’assurance vous devez renseigner votre organisme d’assurance actuel. Les organismes proposés sont les suivants :

  • Régime général Agricole Non salarié non agricole
  • Enim Autre

L’Urssaf préconise d’indiquer "régime général" si vous ne connaissez pas votre organisme d’assurance ou en cas de doute.

Exercice d’une activité simultanée : vous devez cocher "oui" si vous exercez une autre activité en plus de votre activité indépendante.

Informations sur l'entreprise

Vous devez ensuite renseigner les informations concernant l’adresse de l’entreprise, c'est-à-dire là où vous exercerez votre activité. Vous pouvez exercer à votre domicile, dans un local professionnel ou encore dans une société de domiciliation. A la question "l’entrepreneur souhaite-t-il fixer l’adresse de son entreprise à son domicile personnel ?", en répondant "oui" une mise en garde s’ouvre pour vous indiquer que la communication de l’adresse de l’entreprise au registre national des entreprise (RNE) est obligatoire et qu’à ce titre elle sera rendue publique et pourra être diffusée. l'adresse de l'entreprise : domicile, local professionnel, coworking...

Vous devez rajouter à cette étape les personnes ayant le pouvoir d’engager l’entreprise, autres que le chef d’entreprise. Si vous êtes seul, vous pouvez passer à l’étape suivante. S’il existe des personnes autres que le chef d’entreprise ayant le pouvoir d’engager l’entreprise ou des indivisaires, vous devez remplir les renseignements suivants : Dans le rôle du mandataire, vous avez le choix entre :

  • Indivisaire ;
  • Personne ayant le pouvoir d’engager l’établissement.

Pour rappel depuis le 15 mai 2022, avec le nouveau statut de l'entrepreneur individuel, il y a une séparation automatique des patrimoines personnel et professionnel de l'entrepreneur. Depuis l'application du Plan Indépendants le 15 mai 2022, le patrimoine personnel du micro-entrepreneur est séparé de son patrimoine professionnel.

Attention, en cochant "oui" vous renoncez à l’insaisissabilité de votre résidence principale. Vous ne devez cocher "oui" que si votre résidence principale est devenue saisissable suite à une déclaration de renoncement de l’insaisissabilité de droit. Si ce n’est pas le cas, cochez "non". L'étape suivante concerne les déclarations d'insaisissabilité des biens fonciers ne servant pas à l'activité professionnelle. Si vous n’avez aucune déclaration d’insaisissabilité, vous pouvez passer à l’étape suivante. Mais si vous avez effectué une déclaration d’insaisissabilité de votre résidence secondaire par exemple, vous devez la déclarer ici :

Étape 2 : Les informations concernant l’établissement

Informations générales

Les informations qui doivent être complétées ensuite sont relatives à l’établissement lui-même. Il s’agit cette fois de compléter l’adresse professionnelle de l’entreprise (pour rappel cette adresse peut être différente de l’adresse du domicile de l’entrepreneur). Indiquez également la présence ou non de salariés dans l’entreprise.

Informations concernant l’activité de la micro-entreprise

A cette étape de l’immatriculation de votre micro-entreprise, vous devez décrire votre activité après avoir cliqué sur "ajouter une activité". Une fois votre activité décrite, vous devez rentrer les différentes catégorisations qui correspondent à votre activité. N’hésitez pas à faire appel au bot pour vous aider dans cette étape ! Ensuite, vous précisez l'activité principale de votre micro-entreprise pour obtenir un code NAF/APE qui permet de classifier votre entreprise selon l'activité pratiquée.

Concernant les informations sur le fonctionnement du Guichet unique ou sur les formalités elles-mêmes, le déclarant peut faire appel à l’assistance téléphonique. Le service Inpi direct est joignable de 9h à 18h les jours ouvrés au +33 (0)1 56 65 89 98.

Renseignez ensuite si l’activité envisagée est une création ou une reprise : En cas de reprise d’entreprise , vous devez indiquer le nom de l’ancien exploitant. La rubrique suivante est à remplir dans le cas où vous souhaitez renseigner votre site internet (en lien avec votre activité). A défaut, vous pouvez passer à l’étape suivante :

Étape 3 : Renseigner les options fiscales

Pour rappel le versement libératoire est un mécanisme d’imposition forfaitaire du chiffre d’affaires généré par l’activité de votre micro-entreprise. L'impôt sur le revenu est payé à titre définitif au fur et à mesure de la déclaration du chiffre d’affaires sur le site de l’Urssaf. Avant d’opter pour le versement libératoire, vous devez vérifier votre éligibilité. Cette option est possible si le revenu de votre foyer fiscal de l'avant dernière année est inférieur ou égal, pour une part de quotient familial, "à la limite supérieure de la 2e tranche du barème de l'impôt sur le revenu de l'année précédente". Cette limite est majorée de 50 % ou de 25 % par demi-part ou quart de part supplémentaire. Cette partie concerne votre imposition en tant que micro-entrepreneur.

Pour être éligible à cette option pour 2024, votre revenu fiscal en 2022 ne doit pas dépasser, pour une part de quotient familial, 27 478 €. A défaut d'option pour le versement libératoire, vous serez imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu sur le chiffre d'affaires abattu réalisé avec les autres revenus du foyer.

Cette étape réalisée, n'oubliez pas ensuite de créer votre compte sur le site autoentrepreneur-urssaf.fr et de faire votre demande d'Acre si vous êtes éligible. Vos données seront alors traitées par l'Urssaf afin de créer votre compte pour que vous puissiez procéder à vos déclaration de chiffre d'affaires. Vous pouvez désormais débuter votre activité !

Pièces justificatives

Si c’est un mandataire qui effectue la déclaration en votre nom, ce dernier doit justifier d’un pouvoir et joindre une pièce d’identité. Enfin, vous pouvez joindre des pièces supplémentaires et notamment :

  • Un acte de renonciation à la protection du patrimoine personnel ;
  • Une déclaration d’insaisissabilité du patrimoine foncier ne servant pas à l’activité professionnelle ;
  • Un acte de cession du fonds de commerce en cas de reprise, ainsi que tous les documents de publicité légale de la cession ;
  • Une copie du contrat Cape ;
  • Un justificatif de jouissance du local (contrat de domiciliation, contrat de bail, facture d’électricité, quittance de loyer, etc.) pour les activités commerciales et artisanales;
  • Un justificatif de la qualification professionnelle pour les activités règlementées ; etc.
  • Un justificatif de domicile datant de moins de 3 mois.

Vous pouvez demander à ce que les informations enregistrées dans le répertoire Siren ne puissent être consultées par des tiers en cochant la première case. Dans la deuxième case, vous pouvez consentir ou non à la mise à disposition de vos données personnelles à des fins de prospection.

Vous pourrez visionner un récapitulatif de vos déclarations. En cochant la case "valider le dossier", un Pdf de votre formalité sera généré. Il est à conserver.

Une fois que vous avez envoyé votre dossier avec l’ensemble des pièces justificatives demandées, vous allez recevoir un récépissé de dépôt de dossier qui comportera la mention « en attente d’immatriculation ». Ce récépissé vous permettra de réaliser l’ensemble des démarches nécessaires vis-à-vis des différents organismes : assurances professionnelles notamment.

Les obligations et informations importantes

Après avoir immatriculé votre micro-entreprise, il est important de comprendre les obligations et les informations clés pour gérer votre activité sereinement.

Obligations et informations importantes

Numéros SIRET et SIREN

Les numéros SIRET et SIREN sont des identifiants essentiels attribués lors de la création d'une entreprise en France. Ces numéros sont utilisés pour vos formalités fiscales et administratives telles que la TVA et les cotisations sociales.

Franchise en base de TVA

En micro-entreprise, vous pouvez bénéficier d'une franchise en base de TVA. Si vous souhaitez toutefois être redevable de la TVA pour votre micro-entreprise afin de la collecter auprès de vos clients, mais aussi de la déduire de vos achats professionnels, vous devez en faire la demande auprès de votre Service des impôts des entreprises (SIE) après l'immatriculation de votre micro-entreprise.

Attention : La réforme du régime de la franchise en base de TVA est suspendue pour quelques mois. Elle prévoit l’abaissement de la franchise en base de TVA à 25 000 €.

Chaque facture de l’auto-entrepreneur doit comporter des mentions légales obligatoires.

Assurances

Être protégé est essentiel quand on exerce une activité indépendante.

  • et bien plus encore : assurance perte d'exploitation, assurance responsabilité décennale...

Compte bancaire

En tant qu'auto-entrepreneur, vous n'êtes pas obligé d'ouvrir un compte bancaire professionnel car vous n'avez pas de dépôt de capital social à faire.

Cotisations sociales

En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes affilié au Réseau de la Sécurité sociale des Indépendants (SSI). Les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur sont calculées en fonction de votre chiffre d’affaires réalisé. Le système de déclaration est simplifié pour les auto-entrepreneurs.

Cotisations sociales

Aides financières

Il est accordé par des associations telles qu’Initiative France ou Réseau Entreprendre.

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