Processus d’obtention de financement auprès de la Banque mondiale pour projets
Le Groupe de la Banque mondiale propose aujourd’hui une gamme d’instruments et de modalités de financement destinés à accroître la capacité de prêt, à mobiliser des capitaux privés et à soutenir des projets ayant des retombées transfrontalières et des impacts mondiaux. Ces innovations s’inscrivent dans un processus d’évolution institutionnelle accompagné de réformes visant à renforcer l’efficacité, l’appétence au risque et l’impact des financements.
Instruments financiers et réformes récentes
Le Groupe de la Banque mondiale a adopté une série de réformes et mis au point des instruments financiers novateurs dans le cadre de l’examen du cadre d’adéquation des fonds propres, conformément aux recommandations du Groupe d’experts du G20. Parmi les innovations récentes figurent un instrument de capital hybride destiné aux actionnaires et une plateforme de garantie de portefeuille. À ce jour, 12 actionnaires se sont engagés en faveur de ces deux instruments, avec un effet de levier qui pourrait permettre d’augmenter la capacité financière de près de 20 milliards de dollars sur dix ans.
La capacité de levier exceptionnelle du Groupe de la Banque mondiale permettra de multiplier par six à huit, sur 10 ans, les contributions annoncées en faveur du mécanisme de capital hybride et de la plateforme de garantie de portefeuille. Le ratio minimum fonds propres/prêts de la BIRD a par exemple été réduit de 20 % à 18 %, ce qui a permis d’augmenter la capacité de prêt de la BIRD de 70 milliards de dollars sur dix ans.
Modalités de prêt et conditions d’accès
La BIRD a pris d’autres mesures en vue d'introduire des modalités de prêt sur 50 ans pour la BIRD, sans coût supplémentaire pour les emprunteurs. Ces prêts seront utilisés pour des projets qui ont des retombées transfrontalières. Dans le but de mieux répondre aux besoins des pays et d’alléger les coûts, la BIRD a introduit en octobre 2024 une série de modifications de ses conditions de financement, rendant ainsi ses prêts plus accessibles et abordables.
- la mise en place d’une période de différé de paiement des commissions d’engagement au titre des soldes non décaissés
- la suppression de la prime de paiement anticipé afin de donner aux clients plus de latitude pour rembourser leurs emprunts
- l’adoption de taux réduits pour les prêts à court terme dont l’échéance est inférieure à sept ans
- l’application des tarifs les plus faibles de la BIRD aux prêts des petits États, plus vulnérables
Cadre pour les incitations financières et Plateforme d’accélération des solutions globales
Le Cadre pour les incitations financières (FFI), approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale le 9 avril 2024, comprend des mesures visant à aider les pays emprunteurs à accéder à davantage de financements et à des incitations tarifaires, de manière à réduire les coûts des projets éligibles. Il s’agit du premier dispositif de cette portée mis en place au sein des BMD qui fournit des financements dédiés à des projets ayant des retombées positives dans plusieurs pays.
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Le cadre FFI comprend la création de la Plateforme d’accélération des solutions globales, qui fournit des financements supplémentaires pour des projets visant à répondre à des enjeux mondiaux. Au mois de juin 2025, 17 projets avaient reçu le soutien du FFI.
Mobilisation du secteur privé et création d’actifs investissables
Nous redoublons d’efforts pour mobiliser des capitaux privés. Sur le seul exercice 2025, la BIRD, l’IDA et IFC ont levé près de 79 milliards de dollars par le biais d’émissions obligataires. Ces fonds levés auprès d’investisseurs privés contribuent à financer la mission du Groupe de la Banque mondiale. La BIRD a également inauguré un nouveau type d’emprunt obligataire (les Outcome Bonds) qui lie le rendement financier à des résultats de développement mesurables.
Lancée en 2021, les obligations basées sur les résultats ont permis de lever 625 millions de dollars à ce jour. Parmi ces initiatives innovantes figure l'émission d’une obligation pour la conservation de la vie sauvage destinée à protéger le rhinocéros noir tout en soutenant les populations locales en Afrique du Sud. Autre exemple : une obligation liée à la réduction des déchets plastiques qui a permis de canaliser des capitaux privés vers deux projets au Ghana et en Indonésie.
La Société financière internationale (IFC), notre branche dédiée au secteur privé, a conclu en septembre 2025 sa toute première opération de titrisation. D’un montant de 510 millions de dollars, cette opération regroupe un portefeuille mondialement diversifié d’actifs de grande qualité et couvrant plusieurs secteurs et pays parmi les marchés émergents. Cette transaction adossée à des prêts s’inscrit dans la volonté de créer une nouvelle catégorie d’actifs pour amener les plus grandes réserves de capitaux du monde - fonds de pension, compagnies d’assurance et gestionnaires d’actifs - à investir plus massivement dans les marchés émergents.
Mécanismes de gestion du risque et protections
Cette hausse prudente de notre appétence au risque a été rendue possible par de nouvelles mesures de protection permettant de préserver notre note AAA, y compris un système de suivi renforcé de la solvabilité de la BIRD et des mesures d’urgence visant à rétablir sa santé financière en cas de tensions. La BIRD a également relevé les plafonds appliqués aux garanties bilatérales de ses actionnaires et utilisé une garantie de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, avec à la clé une capacité de prêt supplémentaire de 10 milliards de dollars.
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Le mécanisme d’assurance du risque de crédit d’IFC permet à des compagnies d’assurance de s’associer à IFC pour avoir accès à des transactions à fort impact, tout en augmentant considérablement sa capacité de prêt. Nous aidons aussi nos clients à mieux gérer la volatilité des taux de change, en encourageant les prêts en monnaie locale. Autre innovation : un nouveau mécanisme de change à plusieurs niveaux, qui fournit aux investisseurs un filet de sécurité en cas de défaut de paiement d’une entreprise publique dû à une dépréciation inattendue de la monnaie locale.
Financement pour la prévention, la résilience et les crises
Nous apportons également des solutions budgétaires pour aider les pays à faire face à des chocs climatiques, des urgences sanitaires et autres crises. En avril 2024, nous avons renouvelé cinq obligations-catastrophe pour un montant total de 745 millions de dollars, dont quatre en faveur du Mexique (595 millions de dollars) qui couvrent les risques de séismes et d’ouragans, et une en faveur de la Jamaïque (150 millions de dollars) contre des risques de tempête prédéfinis.
Selon les données disponibles fin septembre 2025, nous avons aidé les pays à transférer des risques de catastrophes représentant 6,5 milliards de dollars sur les marchés internationaux. Sur ce montant, une couverture de 1,4 milliard de dollars est toujours active contre les risques de séismes et d’ouragans au Chili, en Jamaïque et au Mexique.
Autre élément important au sein de la panoplie d’outils de crise du Groupe de la Banque mondiale : la clause de suspension temporaire de la dette après un choc climatique, qui offre aux petits États emprunteurs de la BIRD et de l’IDA la possibilité de différer le paiement des intérêts et du principal pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans en cas de catastrophe naturelle. À ce jour, 22 pays ont souscrit à cette clause et l’un d’entre eux, Saint-Vincent-et-les Grenadines, y a déjà eu recours après le passage de l’ouragan Beryl, en 2024.
Impact et effet de levier des contributions des actionnaires
Les institutions du Groupe de la Banque mondiale reposent sur des modèles financiers sans équivalent, dont l'efficacité permet d’amplifier l’impact de chaque dollar de contribution et d’optimiser ainsi la valeur apportée aux pays actionnaires du Groupe. Les capitaux procurés par nos actionnaires nous permettent d’emprunter sur les marchés financiers à un coût très faible et d’utiliser ces fonds pour accorder des prêts à nos clients.
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Depuis leur création, trois des institutions du Groupe de la Banque mondiale (la BIRD, IFC et la MIGA) ont reçu 29 milliards de dollars au total de la part des actionnaires et mobilisé ces fonds pour fournir environ 1 500 milliards de dollars sous forme de dons, de prêts, de garanties et de prises de participation en faveur des pays en développement, soit un effet multiplicateur de plus de 50 pour un dollar de contribution. Les revenus générés par ces actifs ont permis d'abonder à hauteur de 24 milliards de dollars le fonds de l’IDA, dédié aux pays les plus pauvres du monde. Et, à son tour, l’IDA a capitalisé sur cette contribution et celles de ses donateurs pour fournir plus de 567 milliards de dollars de dons ou prêts hautement concessionnels.
Procédure pratique pour obtenir un financement
- Identifier un projet éligible : les projets d’investissement de la Banque mondiale nécessitent l’acquisition de biens, de travaux de génie civil et/ou de services pour produire les résultats de développement attendus.
- Prioriser les retombées transfrontalières ou globales lorsque c’est pertinent : des instruments comme la Plateforme d’accélération des solutions globales ciblent des projets qui ont des retombées positives pour plusieurs pays.
- Préparer la documentation : le projet doit être accompagné d’indicateurs préalablement définis pour mesurer l’état d’avancement et les résultats escomptés.
- Conformité aux sauvegardes : respecter la sauvegarde environnementale et sociale de la Banque mondiale et les procédures de consultation et de participation retenues par le pays.
- Soumission et examen : la Banque évalue le projet, son alignement avec les stratégies nationales et sectorielles, et les risques associés.
- Approbation et mise en œuvre : une fois approuvé, le projet bénéficie d’un suivi régulier et des mécanismes de gestion financière et de passation des marchés sont appliqués.
Mesures pour maximiser les chances d’obtention
- Aligner le projet sur les défis mondiaux prioritaires soutenus par la Banque (climat, biodiversité, sécurité alimentaire, eau, énergies, fragilité et conflits, prévention des pandémies, numérisation).
- Mettre en avant l’emploi local et le renforcement des capacités pour démontrer des bénéfices socio-économiques durables.
- Prévoir des indicateurs mesurables et des mécanismes de suivi transparents.
- Considérer des cofinancements et l’utilisation d’instruments innovants (FFI, outcome bonds, garanties) pour alléger le risque et réduire le coût du projet.
Ressources et soutien technique
Le Groupe propose conseils et formation et le transfert de connaissances. Nous aidons aussi nos clients à mieux gérer la volatilité des taux de change, en encourageant les prêts en monnaie locale, et mettons en place des lignes de crédit en monnaie locale avec des banques nationales, à commencer par des opérations pilotes au Kenya, qui seront reproduites ailleurs.
| Instrument | Objectif | Effet attendu |
|---|---|---|
| Capital hybride | Augmenter fonds propres mobilisables | Capacité financière accrue sur 10 ans |
| Plateforme de garantie de portefeuille | Partager risques et attirer capitaux privés | Levier financier multiple |
| Outcome Bonds | Lier rendement à résultats | Attirer investisseurs centrés sur impact |
| Obligations-catastrophe | Transférer risques climatiques | Couverture financière après catastrophe |
En combinant ces instruments, les pays emprunteurs peuvent accéder à des financements plus abordables, renforcer la résilience face aux chocs et mobiliser des ressources privées pour des projets de développement prioritaires et transfrontaliers.
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