Niveau de confiance des PME envers les banques en France

Le taux de marge des petites et moyennes entreprises (PME) françaises a globalement résisté en 2023, malgré le ralentissement de l’activité et la fin des aides du fonds de solidarité. Fin 2024, les PME et les ETI présentaient des signes forts de résilience, avec notamment des taux de marge qui ont continué de résister, des taux d’endettement en baisse, et une trésorerie toujours solide.

Contexte macroéconomique et situation financière des PME

L’année 2024 a toutefois été marquée par un ralentissement de l’activité et des coûts de financement toujours en hausse. La Banque de France a revu à la baisse sa projection de croissance annuelle pour l’année en cours, soit une croissance réelle du Produit Intérieur Brut de 0,7 %. Cette révision intégrait les hypothèses de la loi de finance 2025 du 14 février, mais ne prenait donc pas encore en compte les propositions de la Commission européenne visant à augmenter les dépenses militaires, ni l’ensemble des annonces de l’administration américaine relatives aux droits de douane survenues ultérieurement.

Le taux d’endettement a par ailleurs diminué, en particulier grâce au renforcement des capitaux propres et au remboursement des prêts garantis par l’État. Au total, dans un contexte de remontée des taux d’intérêt, la capacité de remboursement des PME françaises, telle que mesurée par la cotation Banque de France, était préservée à fin 2023. Toutefois, la capacité de remboursement des PME et ETI françaises, telle que mesurée par la cotation Banque de France, s’est légèrement dégradée en 2024.

Liquidité, trésorerie et recours au crédit

Le coût des financements et la dynamique des crédits ont influencé les comportements des entreprises : la proportion d'entreprises ayant demandé de nouveaux crédits d'investissement diminue à 18 % pour les PME. Pour ce type de crédit, les taux d'obtention en totalité ou à plus de 75 % sont très élevés pour les PME : 96 % des PME ayant demandé un prêt l'ont obtenu en totalité ou à plus de 75 %. La proportion d'entreprises ayant demandé des nouveaux crédits de trésorerie reste stable, à 6 %, pour les PME.

Indicateur Valeur / tendance
Taux de marge (PME) Résilience en 2023-2024
Taux d’endettement En diminution grâce au renforcement des fonds propres et au remboursement des PGE
Taux d’obtention des prêts PME 96 % (prêts d'investissement)
Taux d’obtention crédits d’équipement (PME) 94 %
Trésorerie Généralement solide, mais signes d’érosion après des progrès initiaux

Relation banques - TPE/PME : confiance et accompagnement

La banque partenaire de confiance des TPE : 80,6% des dirigeants de TPE font confiance à leurs banques. Pour la moitié d’entre eux c’est la relation avec leur conseiller qui fait la différence. Cette confiance est renforcée par une satisfaction générale de la relation avec la banque et une bonne image de celle-ci, ainsi que par l’accompagnement de la banque et son soutien y compris en cas de difficultés.

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Un sentiment de confiance réciproque : Si plus de 8 dirigeants de TPE sur 10 font confiance à leur conseiller, ce sont près de 9 dirigeants sur 10 qui pensent que leur conseiller leur fait confiance. La demande de crédit : un moment clé. Plus de 9 TPE sur 10 dont les demandes de crédit se sont déroulées sans encombre font confiance à leurs banques. Et plus de 7 TPE sur 10 ayant rencontré des difficultés lors de leur demande de crédit font aussi confiance à leurs banques. Le baromètre montre ainsi que la confiance s’appuie sur la capacité d’écoute, la pédagogie et l’accompagnement dans cette étape importante de la vie d’une entreprise.

Marie-Anne Barbat-Layani, Directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF) souligne : « Je suis heureuse et fière des excellents résultats de ce premier baromètre de la confiance des TPE envers les banques. Cette confiance est très précieuse aux yeux des banques françaises qui ont à coeur d’être les partenaires des entrepreneurs. »

Perception générale de la solidité bancaire par les Français

L’enquête IFOP pour Atlantico sur la confiance en la solidité des banques révèle qu’une majorité de Français accorde aujourd’hui leur confiance aux banques françaises pour faire face aux suites de la crise financière. 56% des Français expriment leur confiance dans la solidité des banques françaises face aux suites de la crise financière (contre 44% qui ne leur font pas confiance), soit un résultat légèrement supérieur à celui observé il y a deux semaines (52% contre 48%).

Les opinions ne sont néanmoins pas tranchées d’un côté comme de l’autre, signe de grande incertitude à ce sujet : 5% des personnes interrogées déclarent en effet avoir « tout à fait confiance » et à l’inverse 8% d’entre elles déclarent n’avoir « pas du tout confiance ». L’âge et la catégorie socioprofessionnelle apparaissent comme des critères de différenciation. La confiance est ainsi davantage donnée aux banques françaises par les personnes âgées de 50 ans et plus (62% à 64%) et les cadres supérieurs (61%). A l’inverse, le niveau de confiance est moins fort chez les employés (47%) et les ouvriers (52%).

Elle fait également l’objet d’un clivage partisan, la confiance accordée par les sympathisants de gauche (55%) contrastant avec celle accordée par les sympathisants de l’UMP (78%).

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Comportements d’épargne et réactions face au risque bancaire

Les Français ne semblent pas être anxieux quant aux suites de la crise financière et son impact sur les banques. Seuls 14% des interviewés déclarent ainsi avoir pensé à placer par précaution tout ou partie de leurs économies dans un autre établissement que leur banque principale (score stable). Et ils sont autant à avoir pensé à retirer par précaution tout ou partie de leurs économies de leur banque (14%, +5). Les tendances sont néanmoins à surveiller sur ce dernier point, puisque lors de notre précédente enquête, ils n’étaient que 9% à avoir pensé à retirer leurs économies de leur banque.

On ne note guère de divergences selon les différents segments sociodémographiques. En revanche, les sympathisants UMP se démarquent: 8% d’entre eux ont pensé à placer leurs économies dans une autre banque (contre 17% des sympathisants de gauche) et 9% d’entre eux ont pensé à retirer leurs économies de leur banque (contre 16% des sympathisants de gauche).

Capacité des banques à soutenir les entreprises

Les banques françaises ont fait du financement des entreprises leur première priorité stratégique. Elles sont de loin les plus dynamiques en Europe pour le crédit aux entreprises, avec des taux particulièrement attractifs et un taux d’acceptation des crédits très élevé. Au-delà des chiffres, les banques sont à l’écoute des entreprises.

Le coût du risque connaît une progression notable tout en restant contenue, passant de 10 Md€ en 2023 à 12,1 Md€ en 2024 (+20,7 %). Cette hausse provient principalement du portefeuille de crédits aux SNF (+28,3% à 6,6 Md€) et se concentre sur les encours en défaut (niveau 3 IFRS9), avec le provisionnement de dossiers de place. A contrario, le coût du risque sur les ménages se replie de 11,1 % à 6,1 Md€.

Le ratio de solvabilité de fonds propres de base de catégorie 1 [Common Equity Tier 1, CET1] des six principaux groupes bancaires français s’élève à 15,6 % à fin 2024, stable par rapport à fin 2023. Les banques françaises présentent une situation de liquidité stable et une structure de financement diversifiée. Les ratios réglementaires de liquidité des six groupes bancaires français s’établissent au-dessus du seuil de 100 %, avec des marges relativement confortables.

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Risques et signaux à surveiller

Tout en restant limitée, l’augmentation du risque de crédit s’est poursuivie en 2024, année marquée par un contexte macroéconomique incertain. Les incertitudes politiques et géopolitiques pèsent sur le risque de crédit. Le montant d’encours de prêts non performants (non‑performing loans - NPL) progresse sur un an de +2,1 %, à 113,3 Md€. Le taux de NPL des encours aux SNF est quant à lui relativement stable à 3,62 % malgré la hausse des défaillances d’entreprises. Les encours aux petites et moyennes entreprises (PME) restent néanmoins marqués par un taux de NPL en hausse de +32 pdb sur l’année.

Les progrès de trésorerie observés après la crise sanitaire montrent ensuite des signes d’érosion. Les entreprises ont vu leur solde de trésorerie augmenter ainsi de 46 % en moyenne sur certaines périodes, et bénéficier d’aides directes comme le fonds de solidarité et des PGE, mais ces améliorations ne sont pas uniformes et la situation médiane masque une forte hétérogénéité.

Ce que cela implique pour la confiance des PME

La confiance des dirigeants de TPE/PME envers leurs banques repose sur une combinaison d'éléments : qualité de la relation conseiller-dirigeant, fluidité des demandes de crédit, capacités d'accompagnement en cas de difficulté, et stabilité de la liquidité et de la solvabilité des banques. Les banques françaises, dotées d'une structure de financement diversifiée et de ratios de liquidité confortables, apparaissent donc en mesure de continuer à soutenir les PME, même si la hausse du coût du risque et la pression macroéconomique incitent à la vigilance.

En synthèse, malgré un contexte marqué par la remontée des taux d’intérêt, la hausse ponctuelle du coût du risque et une croissance ralentie, la confiance des TPE/PME françaises envers leurs banques demeure globalement élevée, portée par des relations de proximité et des taux d’obtention de crédits favorables, tout en restant sensible aux évolutions économiques et aux signaux de détérioration de la trésorerie et des NPL.

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